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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

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lundi 29 décembre 2014

UE: Weidmann (Bundesbank) optimiste en 2015 grâce à la baisse du pétrole

Berlin - Le chef de la banque centrale allemande Jens Weidmann a estimé dimanche que la situation économique en Europe n'était pas aussi mauvaise que certains le pensaient, en particulier grâce à la baisse des prix du pétrole.


"L'Europe ne va pas si mal que certains le pensent", a-t-il déclaré à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (édition dominicale de la FAZ), rappelant que "les experts prévoient une reprise dans la zone euro, mais à un rythme lent".

Il a redit son opposition à l'idée de rachat d'actifs par la Banque centrale européenne pour relancer la croissance, estimant que la chute des prix du pétrole devrait suffire à faire repartir l'économie.

"Nous venons de recevoir un instrument de stimulation gratuit, pourquoi y ajouter avec la politique monétaire?", a-t-il déclaré.

"Cela m'énerve d'entendre tout le monde débattre d'une seule chose : quand allez-vous finalement procéder au rachat'", a-t-il expliqué, ajoutant que la BCE ne devait pas céder aux pression des marchés financiers. "Ces rachats vont se traduire par des dettes qui seront celles des banques centrales de la zone euro, et donc au final des contribuables".

Les délais accordés par la Commission européenne à la France, l’Italie et la Belgique pour faire de nouveaux efforts budgétaires risque d’affaiblir les règles européennes de stabilité, juge lundi la Banque centrale allemande dans son rapport mensuel.


« Les règles budgétaires doivent garantir la solidité des finances publiques. Pour cela, elle doivent aussi être transparentes et compréhensibles », écrit la Bundesbank dans ce document.

Ce résultat risque « toutefois d’être difficile à atteindre si, outre une mise en oeuvre de plus en plus complexe et difficilement compréhensible, les progrès en matière de consolidation peuvent désormais être troqués contre des projets de réformes », met toutefois en garde l’institution monétaire allemande, qui pointe du doigt la situation de la France, de l’Italie et de la Belgique.

Fin novembre, la Commission européenne, qui dispose désormais d’un droit de regard sur les budgets des Etats membres de l’Union, avait donné jusqu’à mars à ces trois pays pour faire de nouveaux efforts budgétaires et accélérer leur programme de réformes, après avoir jugé que leur projet de budget présentait des risques de non-conformité avec les règles européennes.

Les conséquences concrètes de cet examen « sont au mieux très limitées », juge toutefois la « Buba », qui souligne que « même si les règles budgétaires permettent des marges de manoeuvre, les règles seraient encore affaiblies si la Commission accordait une grande importance aux projets de réformes lors de sa nouvelle évaluation en mars 2015 et excusait les erreurs des politiques budgétaires de ces dernières années ».

En vertu de prérogatives renforcées à la faveur de la crise financière, l’exécutif européen peut demander à un Etat membre de revoir sa copie s’il constate des dérapages sévères en terme de déficit. Cette arme n’a encore jamais été utilisée et la Commission « semble à peine vouloir se servir de cet instrument », regrette la Bundesbank.


awp
afp

mercredi 26 novembre 2014

UE: Juncker annonce un plan pour mobiliser 315 milliards d'euros d'investissements

Strasbourg - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé mercredi un plan destiné à mobiliser 315 milliards d'euros pour des investissements en Europe, afin de remettre l'Europe au travail.


Nous créons un nouveau Fonds européen pour l'investissement stratégique qui permettra de mobiliser 315 milliards d'euros au cours des trois prochaine années, a déclaré M. Juncker devant le Parlement européen.

Il est temps de lancer les travaux et de remettre l'Europe au travail. Nous n'avons pas besoin d'argent frais, mais besoin d'un nouveau départ et de nouveaux investissements, a-t-il souligné. 

Je vois des enfants dans une école à Thessalonique travaillant sur des ordinateurs flambant neufs, je vois un Français rechargeant sa voiture électrique sur l'autoroute, a déclaré le président de la Commission européenne, en évoquant de possibles projets d'investissements.

Le plan s'appuiera sur une partie du budget européen et sur la BEI, le bras financier de l'UE, mais ne sera pas alimenté par des contributions directes des Etats membres, même si la porte est laissée ouverte pour que les Etats participent.

Les Etats membres devraient participer à ce fonds pour augmenter son efficacité, a affirmé M. Juncker en allemand, dans une adresse directe à Berlin. Nous devons être conscients que nous avons une communauté de destin, cela implique de la solidarité avec tout le monde, a-t-il plaidé, soulignant que les contributions des Etats membres ne seraient pas comptabilisées dans leur déficit et leur dette.

Parant aux critiques sur le manque d'ambition du plan, il a affirmé que l'argent mobilisé est plus important que ce que les Etats membres peuvent faire par eux-mêmes.

Il n'a pas exclu d'aller au-delà de 315 milliards d'euros. Nous avons besoin d'un mécanisme souple, simple d'utilisation qui puisse se développer au fil du temps. Il pourra être reconduit en 2018, 2019, 2020, a-t-il dit.




awp

mardi 4 novembre 2014

L'Europe demeure en plein marasme, la Commission mise sur l'investissement

Bruxelles - L'Europe, en particulier la zone euro, va mettre plus de temps que prévu à sortir du marasme économique, selon les dernières prévisions de la Commission européenne, qui mise sur un plan d'investissement massif pour faire repartir croissance et emploi.

La croissance de la zone euro ne devrait pas dépasser 0,8% cette année et 1,1% en 2015, selon les prévisions économiques d'automne rendues publiques mardi par la Commission, qui se montre nettement plus pessimiste qu'au printemps dernier.

En mai, elle anticipait encore une croissance de 1,2% cette année et 1,7% l'an prochain pour les 18 pays de l'union monétaire. La zone euro ne devrait atteindre finalement 1,7% de croissance du PIB qu'en 2016, soit un an plus tard que prévu.

Ces anticipations sont plus pessimistes que celles du Fonds monétaire international, qui prévoyait début octobre 1,3% pour 2015.

"La situation de l'économie et de l'emploi ne s'améliore pas assez vite", a commenté Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne chargé de la croissance. "La Commission européenne utilisera tous les outils et ressources à sa disposition pour créer plus d'emplois et de croissance en Europe", a-t-il insisté, notamment sous la forme du plan d'investissement de 300 milliards d'euros sur trois ans promis par son président, Jean-Claude Juncker.

"Il n'y a pas de solution unique et simple pour résoudre les difficultés de l'économie européenne. Il nous faut ordonner notre action autour de trois axes: des politiques budgétaires crédibles, des réformes structurelles ambitieuses et l'investissement indispensable des secteurs public et privé", a renchéri le nouveau commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Ces prévisions plus pessimistes s'expliquent notamment par une confiance moindre, en raison des risques géopolitiques accrus et de perspectives économiques globales moins bonnes, explique la Commission.

La situation est contrastée selon les pays, mais la situation dans les trois principales économies de la zone euro n'incite pas à l'optimisme.


ALLEMAGNE GRIPPÉE, FRANCE EN PANNE

Le moteur allemand semble grippé, selon la Commission, qui a nettement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour ce pays, à 1,3% cette année (contre 1,8% au printemps) et surtout 1,1% en 2015 (contre 2%).

La France patine, avec une croissance de 0,3% cette année (1% prévu au printemps), 0,7% en 2015 (contre 1,5% prévu précédemment), puis 1,5% en 2016. Sans compter un déficit qui devrait s'aggraver, à 4,4% du PIB cette année, 4,5% l'an prochain et 4,7% en 2015, de plus en plus loin du maximum de 3% inscrit dans les règles budgétaires européennes, ce qui ferait de Paris le plus mauvais élève de la zone euro.

L'Italie devrait rester en récession cette année pour la troisième année consécutive (-0,4%) alors que la Commission prévoyait encore une croissance de 0,6% au printemps, un niveau qui ne devrait être atteint qu'en 2015. Rome devrait aussi continuer à se débattre avec une dette publique énorme, qui devrait continuer de plafonner au-dessus des 130% du PIB.

Autre signe préoccupant, l'inflation dans la zone euro ne devrait pas dépasser 0,5% cette année et 0,8% en 2015, un niveau très bas lié à la lenteur de la reprise économique.

L'union monétaire devrait donc échapper à la déflation, caractérisée par une spirale négative des prix et des salaires néfaste à la croissance, mais l'inflation ne devrait pas dépasser 1,5% en 2016, alors que l'objectif de la Banque centrale européenne est de maintenir une inflation inférieure mais proche de 2%.

Quant au chômage, il ne devrait baisser que lentement, avec un taux à 11,6% cette année, 11,3% l'an prochain et 10,8% en 2016. Il devrait stagner en France, à 10,2% en 2016 après 10,4% cette année et l'an prochain, ainsi qu'en Italie, où il ne passerait que de 12,6% cette année à 12,4% dans deux ans.

Au rang des bonnes nouvelles, les pays qui ont bénéficié d'un programme d'aide semblent mieux tirer leur épingle du jeu. La Grèce devrait sortir de plusieurs années de récession cette année et sa croissance devrait atteindre 3,7% en 2016, tout comme l'Irlande.

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, qui a bénéficié d'un plan d'aide pour ses banques, devrait aussi faire mieux que ses grands voisins, avec une croissance passant de 1,2% cette année à 1,7% l'an prochain et 2,2% en 2016.








awp

lundi 28 juillet 2014

Frapper l'économie russe, un geste pas sans conséquence pour l'économie européenne

Bruxelles - Choqués par le drame du vol MH17, les Européens s'apprêtent à prendre pour la première fois des mesures économiques d'envergure contre la Russie et cette décision pourrait avoir des conséquences sur leurs économies si Moscou optait pour des mesures de représailles.

François Hollande, Barack Obama, Angela Merkel, David Cameron et Matteo Renzi ont confirmé lundi leur intention d'adopter de nouvelles mesures contre la Russie, au vu de l'évolution de la situation en Ukraine. Une réunion des ambassadeurs de l'UE est prévue à ce sujet mardi.

Mais ce geste risque de se payer sur le plan économique: le FMI a prévenu que les sanctions à l'encontre de Moscou pourraient avoir des répercussions sur les pays de la région qui ont des liens commerciaux très actifs et très directs avec la Russie, notamment en Europe centrale et orientale.

En outre, il est évident qu'il y a un risque de représailles russes, souligne un diplomate européen, citant la mise en place d'embargos commerciaux. La Russie est souvent accusée d'utiliser l'arme commerciale, notamment avec des motifs sanitaires, comme moyen de pression diplomatique. Sans plus attendre, elle a menacé lundi de limiter les importations de certains fruits en provenance de pays de l'UE. En cause: la découverte de la présence d'un insecte ravageur.

Les retombées sur l'économie européenne sont dans tous les esprits alors que les 28 envisagent de couper les financements des banques publiques russes sur leur sol et d'interdire la vente d'armes, de technologies sensibles dans le domaine de l'énergie et de biens à double usage militaire et civil à Moscou. 

Ces mesures devraient avoir des retombées importantes sur l'économie russe et affecter modérément les économies européennes, a promis le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. 

Selon des informations du site spécialisé EU Observer, l'UE devrait perdre 40 milliards d'euros cette année avec ces mesures, soit 0,3% de son PIB et encore 50 milliards l'an prochain (0,4% du PIB). Ces projections sont sans commune mesure avec le choc attendu par l'économie russe: elle devrait perdre 1,5 point de croissance puis 4,8% l'an prochain, retombant lourdement en récession.

Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, souligne toutefois un diplomate. Ils dépendent de nombreux paramètres, notamment l'inclusion du gaz et du pétrole dans les mesures restrictives.

- Risques géopolitiques -

Mais ils apparaissent comme de nouveaux nuages au-dessus d'une économie en panne. L'UE a affiché une croissance de seulement 0,3% début 2014. Les chiffre du deuxièmee trimestre sont attendus mi-août, mais déjà des indicateurs montrent que les tensions géopolitiques commencent à peser sur le moral des ménages, et donc la consommation, ainsi que sur la confiance des entrepreneurs.

Les sanctions déjà en place, de faible amplitude, ont déjà eu des effets sur l'économie allemande. Des sanctions plus sévères vont avoir à des conséquences beaucoup plus importantes, a indiqué Ulrich Grillo, président de la fédération BDI de l'industrie allemande dans le Handelsblatt.

Après avoir longtemps freiné des quatre fers, il se montre désormais favorable à un geste fort des Européens afin de restaurer le droit international et les droits fondamentaux en Europe.

Tous les pays sont conscients qu'il peut y avoir un impact sur leurs économies, indique une diplomate. C'est la raison pour laquelle les capitales bataillent ferme pour partager au mieux ce fardeau susceptible de toucher à la fois la City, les contrats d'armement britannique et français, d'avoir des retombées sur les entreprises implantées en Russie comme sur les contrats gaziers avec Moscou.

En l'état, l'interdiction de vendre des technologies sensibles ne devrait concerner que le secteur pétrolier et non gazier afin de garantir la sécurité énergétique de l'UE, selon le document envoyé en fin de semaine par M. Van Rompuy aux dirigeants européens.

Le principe de non-rétroactivité devrait également s'appliquer aux contrats d'armement, selon ce même document. Mais l'Allemagne ne l'entend pas ainsi.

Nous ne livrons pas (d'armes ou d'équipements militaires) même si les contrats ont été conclus par le passé, vient d'affirmer le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, tout en envisageant des mesures compensatoires pour les entreprises concernées. 

En 2013, les importations russes dans l'UE se sont élevées à 207 milliards d'euros et les exportations à 120 milliards, selon la Commission européenne.






awp

vendredi 18 juillet 2014

Lagarde (FMI): une inflation obstinément basse peut gravement nuire à la croissance en Europe

Paris - La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a averti vendredi que la croissance en Europe pourrait être gravement affectée si l'inflation y demeure très basse et a prévenu que l'orientation actuelle des marchés est peut-être trop positive.

Une inflation obstinément basse peut gravement nuire à la croissance et alourdir le poids de la dette, a-t-elle déclaré dans un discours prononcé devant la Fondation Robert Schuman à Paris, appelant la BCE à maintenir une politique monétaire accommodante.

La politique monétaire doit rester accommodante, pas de manière indéfinie, mais jusqu'à ce que la demande privée se soit complètement rétablie et que la BCE ait atteint son objectif de stabilité des prix, a-t-elle déclaré, dans une allusion à l'objectif d'un peu moins de 2% d'inflation de la Banque centrale européenne. 

Interrogé par le journal français Le Monde de vendredi sur la faiblesse de l'inflation en Europe, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré: Il n'y a pour le moment aucun signe de déflation.

Je pense que ni les banques centrales ni les économistes ne sont capables d'expliquer pourquoi, au niveau mondial, avec la masse de liquidités que l'on a et avec l'endettement très élevé des pays industriels, comparable en fait à celui de l'après-guerre, l'inflation reste si basse. Les recettes classiques de la croissance engendrée par des déficits publics ou par de la création monétaire ne fonctionnent plus, a déclaré au journal M. Schäuble, qui s'est lui aussi exprimé vendredi devant la Fondation Robert Schuman à Paris.

La patronne du FMI a toutefois présenté comme une bonne nouvelle que l'économie européenne soit en train de commencer à se remettre de la crise. On le voit sur un certain nombre d'indicateurs. On le voit aussi à l'orientation très positive des marchés, peut-être trop positive par rapport aux fondamentaux, a-t-elle ajouté.

Dans un apparent appel du pied à l'Allemagne, elle a par ailleurs estimé que les pays disposant de marges budgétaires suffisantes doivent pouvoir engager une politique d'investissements publics.









awp

mardi 8 juillet 2014

UE: 1 mrd EUR débloqué pour les énergies propres

Bruxelles - La Commission européenne a annoncé mardi une enveloppe d'1 mrd EUR pour des projets visant à accroÎtre la production d'énergies propres, dont un projet de capture de CO2 de quelque 300 millions EUR au Royaume-Uni.

Le programme "NER 300" sera financé grâce au produit de la vente de quotas d'émission de l'UE, ce qui fait que "les pollueurs deviennent l'élément moteur du développement de nouvelles initiatives en faveur de la réduction des émissions de CO2", selon la Commission.

"NER 300" porte sur toutes les sources d'énergie renouvelables: bioénergies, solaire, géothermie, photovoltaïque, éolien, énergie océanique, mais aussi sur le captage et le stockage du CO2.

"Ces projets permettront de contribuer à la protection du climat et de réduire la dépendance de l'Europe en matière d'énergie", a déclaré au cours d'une conférence de presse la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard.

La Commission européenne souhaite obtenir des 28 qu'ils s'engagent à réduire d'ici 2030 leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% par rapport aux niveaux de 1990.

Le milliard d'euros "aura pour effet d'attirer quelque 900 mio EUR supplémentaires d'investissement privé, ce qui portera à près de 2 mrd EUR le montant des investissements", a précisé Mme Hedegaard.

Les projets permettront d'accroÎtre de près de 8 térawatt-heures (TWh) la production annuelle d'énergie renouvelable de l'UE, ce qui correspond à la consommation électrique annuelle de Chypre et Malte réunis, selon la Commission.

Un des projets les plus ambitieux se situe au Royaume-Uni, pays travaillé par l'euroscepticisme, voire une franche europhobie, où va être développé le premier projet de captation de CO2 à grande échelle dans l'Union. Mme Hedegaard a précisé que le montant de l'aide européenne serait de quelque 300 millions d'euros.

Il fera appel à la technique de "l'oxycombustion" pour capter 90% du gaz carbonique résultant de la combustion du charbon à la centrale électrique de Drax, près de Selby, dans le Yorkshire, avant de les stocker dans un site en mer du Nord. C'est un "grand pas en avant pour cette technologie en Europe", a assuré Mme Hedegaard.

La Commission prévoit aussi un financement pour le premier projet transfrontalier au titre de "NER 300": la construction d'une centrale géothermique à cheval sur la frontière franco-allemande près de Strasbourg, destinée à produire de l'électricité et de la chaleur.

Au total 19 projets ont été retenus dans 12 États membres: Croatie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, France, Irlande, Italie, Lettonie, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

Outre l'action en faveur du climat, il s'agit de "réduire la dépendance de l'Europe en matière d'énergie", a souligné Connie Hedegaard, rappelant que l'Europe était "de loin le premier importateur d'énergie fossile dans le monde", et donc "vulnérable" au vu des crises notamment en Ukraine et en Irak. "La Russie peut geler le gaz, mais pas notre soleil", a-t-elle lancé.






awp

mardi 24 juin 2014

UE: une monnaie commune ne suffit pas pour forger un destin commun

Rome - Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a insisté mardi sur une communauté de valeurs propres à l'Union européenne pour permettre sa relance, assurant qu'une monnaie commune ne suffisait pas à ce projet.
Il ne suffit pas d'avoir une monnaie, un président ou une source de financement en commun. Soit nous acceptons un destin et des valeurs en commun, soit nous perdons le rôle de l'Europe face à elle-même, a déclaré M. Renzi devant les députés italiens en illustrant le semestre de présidence italienne de l'UE qui débutera le 1er juillet.

Nous avons confié à la monnaie unique la tâche de construire l'Europe, mais cela ne suffit pas, a martelé le jeune leader, lançant à l'UE: soit nous acceptons d'avoir des valeurs communes soit vous gardez votre monnaie et vous nous laissez nos valeurs.

M. Renzi, qui a parlé près de 45 minutes, a lourdement insisté sur le côté humain, de communauté des valeurs et culturel de l'UE, en évoquant par exemple l'immigration ou le chômage des jeunes et des femmes, sans négliger pour autant l'aspect économique et politique.

L'Europe vit aujourd'hui un grand dilemme devant la question: qu'est-ce-que c'est l'Europe? L'Europe aujourd'hui c'est de l'ennui elle est submergée de chiffres et privée d'une âme, a-t-il dit.

Dans ce discours improvisé mais qu'il souhaitait faire voler haut, M. Renzi n'a pas voulu entrer dans la polémique sur les noms des futurs dirigeants européens, même s'il semble acquis que Rome soutiendra Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, préférant souligner la nécessité d'établir d'abord les lignes stratégiques de la politique européenne dans les années à venir.

La stabilité (financière, ndlr) sans croissance devient de l'immobilisme, a poursuivi M. Renzi abordant le volet économique de son discours, alors que Rome réclame davantage de souplesse dans l'interprétation des traités européens pour tenter de relancer une croissance anémique.

La politique économique et financière suivie jusqu'à présent a préservé l'euro mais n'a pas permis la croissance, a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement italien a très fermement souligné que Rome ne demandait pas de dépasser la limite des 3% de déficit budgétaire par rapport au PIB mais d'utiliser la marge de flexibilité qui existe dans les traités européens.

Evoquant le succès relatif des partis de droite et opposés à la construction européenne lors des récentes élections pour le parlement européen, M. Renzi a estimé que personne ne peut faire semblant de ne pas comprendre que ce résultat électoral est une sonnette d'alarme.

En partant de ce constat, il estime qu'une autoroute s'est ouverte devant l'UE pour relancer la croissance, principal moyen à ses yeux de combattre le scepticisme envers la construction communautaire.






awp

vendredi 20 juin 2014

Union européenne: disposition contre l'évasion fiscale des entreprises adoptée

Luxembourg - Les ministres européens des Finances ont adopté vendredi une disposition renforçant la législation européenne pour lutter contre l'optimisation fiscale pratiquée par certaines entreprises pour échapper à l'impôt en Europe.

Il s'agissait d'une proposition d'amendement de la Commission pour renforcer la directive européenne dite "mères-filiales".

Cette directive avait été initialement conçue pour éviter que les entreprises d'un même groupe établies dans plusieurs Etats membres ne soient imposées deux fois pour le même revenu.

Mais certaines entreprises exploitaient cette disposition en profitant des disparités entre les règles des différents Etats membres pour éviter toute forme d'imposition dans quelque pays que ce soit, à travers des montages fiscaux appelés "prêts hybrides".

"C'est un important élément utilisé par les multinationales pour éviter l'impôt", avait expliqué avant la réunion le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, soulignant que cela faisait "perdre des sommes d'argent considérables aux Etats". En remédiant aux failles du dispositif, "nous contribuerons à regarnir les coffres des Etats membres et à assurer une égalité de traitement" au sein de l'UE, a-t-il ajouté.

Les nouvelles règles devraient combler les lacunes de la directive en faisant notamment en sorte que ces prêts hybrides ne puissent plus bénéficier d'exonérations fiscales.

C'est du "bon travail", s'est réjoui le ministre grec, Guikas Hardouvelis, qui présidait la réunion des 28 ministres. Les décisions européennes en matière fiscale requièrent l'unanimité des Etats membres.
Le texte a été adopté après la levée des réserves exprimées par Malte, le seul pays qui s'opposait jusqu'ici à l'adoption de cette disposition, et qui a obtenu les garanties qu'il réclamait auprès de la Commission.

Les Etats membres auront jusqu'au 31 décembre pour transposer la directive amendée dans leur législation nationale.

La question de l'évasion fiscale des entreprises figure parmi les priorités politiques de nombreux pays de l'UE et a aussi été mise en avant dans d'autres instances comme le G20. La modification de la directive "mères-filiales" fait partie d'un plan d'action plus vaste de la Commission européenne, présenté fin 2012, pour lutter contre ce phénomène.

Récemment, la Commission s'est attaquée par un autre biais aux pratiques fiscales agressives des multinationales en ouvrant des enquêtes approfondies visant trois Etats (Irlande, Pays-Bas et Luxembourg), soupçonnés d'accorder des avantages fiscaux injustifiés à des entreprises comme Google ou Starbucks.





awp

lundi 16 juin 2014

UE: la fiscalité s'est alourdie en 2012, selon Eurostat

Bruxelles - La proportion des recettes fiscales par rapport au PIB a augmenté en 2012 dans l'Union européenne, selon des chiffres publiés lundi par l'office européen de statistiques Eurostat, la France faisant partie des pays où la charge fiscale a le plus augmenté.

Le ratio des recettes fiscales (soit le montant total des impôts et des cotisations sociales) en pourcentage du PIB s'est établi à 39,4% en 2012 dans l'UE contre 38,8% l'année précédente. Dans la zone euro, le ratio est passé de 39,5% à 40,4%.

Parmi les pays où la charge fiscale a le plus augmenté en un an figure la France, où elle est passée de 43,7% à 45,0%. De manière générale, la charge fiscale diffère sensiblement d'un pays à l'autre, relève Eurostat: elle va de 27,2% en Lituanie à 48,1% au Danemark.

Parmi les pays où la charge fiscale est la plus élevée, outre le Danemark et la France, figurent la Belgique (45,4%), la Suède (44,2%), la Finlande (44,1%) ou l'Italie (44,0%).

La taxation du travail représente la principale source de recettes fiscales dans presque tous les pays de l'UE. Les proportions les plus élevées ont été observées en Suède (58,6%), aux Pays-Bas (57,5%), en Autriche (57,4%) et en Allemagne (56,6%).

Les taxes sur la consommation ont été la principale source de recettes fiscales en 2012 en Bulgarie (53,3%) et en Croatie (49,1%). A l'autre bout de l'échelle figurent la Belgique (23,7%), la France et l'Italie (24,7% chacune).

Enfin, les impôts sur le capital ont représenté la plus petite proportion des recettes fiscales dans tous les pays européens en 2012. La proportion n'a dépassé 25% que dans quelques pays: le Luxembourg (27,5%), le Royaume-Uni (27,4%), Malte (26,6%) et Chypre (26,1%).

Le fait que la taxation du travail occupe toujours une telle place dans les recettes fiscales des 28 "confirme les préoccupations de la Commission", a réagi dans un communiqué le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta.

La Commission a en effet recommandé aux Etats de diminuer la taxation du travail pour favoriser la création d'emplois.

"La taxation du travail reste trop élevée, tandis que des bases fiscales favorables à la croissance, comme les taxes sur l'environnement, sont sous-utilisées dans de nombreux pays", regrette-t-il.







awp

vendredi 13 juin 2014

Climat: l'UE limite l'usage de terres arables pour les biocarburants

Luxembourg - Les gouvernements de l'Union européenne sont parvenus vendredi à un accord pour plafonner à 7% la part des biocarburants destinés aux transports afin de limiter l'utilisation des terres arables pour cette production.
Longtemps présentés comme une alternative au pétrole dans les transports, les agrocarburants sont désormais épinglés en raison de leur impact négatif sur les productions alimentaires et sur la déforestation.

Les négociations pour parvenir à ce compromis ont eu pour conséquence de réduire nos ambitions, mais mieux vaut cela que ne pas prendre de décision du tout, a commenté le commissaire à l'Energie Günther Oettinger.

Ce compromis est raisonnable et équilibré. Il n'est pas parfait, mais il est attendu par beaucoup d'acteurs industriels, a souligné de son côté Alexis Dutertre, représentant de la France, au cours du débat organisé au cours d'une réunion des ministres européens de l'Energie à Luxembourg.

Deux pays --la Belgique et le Portugal-- ont refusé le compromis, approuvé par tous les autres pays.

Les négociations vont pouvoir s'engager avec le Parlement européen qui s'est prononcé en septembre 2013 pour plafonner à 6% la part des biocarburants produits à partir de céréales ou de diverses plantes sucrières et oléagineuses. Ce sera difficile, a estimé le ministre italien Claudio de Vicenti, dont le pays assurera la présidence semestrielle de l'UE à compter du 1er juillet.

L'UE s'est fixé l'objectif de 10% d'énergies renouvelables pour les transports en 2020. Les biocarburants ont été vus comme la solution et les investissements encouragés, mais leurs effets pervers sur l'agriculture --déforestation, disparition de cultures vivrières, augmentation des prix des denrées alimentaires-- ont contraints l'UE a réviser sa position.

En septembre, le Parlement européen s'était également fixé un objectif de 2,5 % à atteindre pour les biocarburants avancés, ceux jugés plus vertueux, à base de déchets agricoles et forestiers ou de microalgues.

Les élus souhaitaient aussi que soit pris en compte le changement d'affectation des sols indirect (dit facteur CASI ou ILUC en anglais). C'est le cas lorsque les plantations destinées aux agrocarburants entraînent la destruction de forêts ou de prairies en Amazonie ou en Indonésie, et donc une perte d'écosystèmes captant le dioxyde de carbone (CO2). Le Parlement demandait la prise en compte, à partir de 2020, de ce facteur CASI dans la directive sur la qualité des carburants, afin de distinguer les bons des mauvais agrocarburants en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre.









awp

jeudi 12 juin 2014

UE: liberté de choix donnée aux Etats de cultiver ou non les OGM

Luxembourg - Les gouvernements européens ont donné leur accord politique jeudi à Luxembourg à un compromis qui laisse le choix aux Etats membres d'autoriser ou d'interdire la culture des OGM sur leur territoire et vont tenter de le faire avaliser par le Parlement européen.

"Tous les Etats, à l'exception de la Belgique et du Luxembourg, ont donné leur accord à ce compromis", a annoncé le ministre grec de l'Environnement, Ioanis Maniatis, dont le pays préside actuellement l'UE.

Le nouveau cadre permet à chaque Etat d'interdire la culture d'un OGM sur tout ou partie de son territoire pour des raisons autres que la santé et l'environnement, comme l'ordre public, l'aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination.

Les Etats membres anti-OGM ne pourront en revanche pas interdire le transit sur leur territoire des OGM autorisés.

L'accord ouvre désormais les terres de l'Union européenne à la culture des OGM, une mesure attendue par les semenciers depuis quatorze ans.

"Le nouveau système garantit aux Etats la possibilité de choix, s'ils souhaitent cultiver ou non", a expliqué la ministre française de l'Environnement Ségolène Royal.

Ce nouveau système "permet du sur mesure", s'est félicité la ministre néerlandaise Wilma Mansveld.
Son homologue luxembourgeoise Carole Dieschbourg a en revanche émis de sérieuses réserves sur la solution retenue en raison du "rôle important laissé aux entreprises de biotechnologies" et a dit redouter "une vague d'autorisation de cultures" dans l'UE.

La Belgique s'est également abstenue mais son représentant, le diplomate Olivier Belle n'a pas expliqué sa position. Le gouvernement belge, démissionnaire, gère actuellement les affaires courantes.

L'accord politique est une étape dans le processus. Il doit encore être avalisé par le nouveau Parlement européen qui entre en fonction le 1er juillet.

Quatre OGM ont obtenu une autorisation de culture, mais un seul est encore cultivé : le maïs MON810 du groupe américain Monsanto, qui a demandé le renouvellement de cette autorisation. Les autres, deux maïs (BT176 et T25) et la pomme de terre Amflora, ont été abandonnés. Mais six demandes de culture pour des OGM sont en attente d'une autorisation dont le maïs TC1507 du groupe Pioneer.





awp

mercredi 4 juin 2014

L'UE donne son feu vert à la Lituanie pour entrer dans l'euro en 2015


Bruxelles - La Commission européenne et la Banque centrale européenne ont donné mercredi leur feu vert pour l'entrée dans l'euro en janvier 2015 de la Lituanie, qui deviendra le 19e membre de la zone.

La Lituanie remplit maintenant tous les critères de convergence, a indiqué l'exécutif européen, qui propose que la Lituanie puisse adopter l'euro le 1er janvier 2015.

La décision doit être encore soumise aux dirigeants européens, puis validée par les ministres des Finances mi-juillet. Le Parlement aura également son mot à dire.

Le commissaire européen chargé des affaires économiques, Olli Rehn, a salué la politique budgétaire et les réformes économiques sérieuses de la Lituanie. Ces efforts ont conduit à une augmentation impressionnante de la prospérité des citoyens lituaniens, a-t-il ajouté.

Nos efforts et le travail que nous avons fournis ont été salués, s'est félicité de son côté le Premier ministre lituanien, Algirdas Butkevicius, qui voit dans ce feu vert une étape vers une croissance plus rapide, ainsi qu'une vie meilleure pour tous les habitants du pays.

Compte tenu des développements à nos frontières, l'adoption de l'euro prend encore plus d'importance. C'est un pas supplémentaire vers plus de sécurité au niveau économique, financier et politique, a-t-il ajouté, sans mentionner directement les tensions avec la Russie.

Vilnius voit l'euro comme un rempart contre la Russie et une manière de renforcer son poids politique en Europe. Pays balte de 3 millions d'habitants, membre de l'UE depuis 2004, la Lituanie suit dans la voie de l'euro l'Estonie et la Lettonie voisine, déjà membres de l'euro depuis respectivement 2011 et 2014.

La décision annoncée mercredi n'est qu'un début, a réagi le ministre lituanien des Finances, Rimantas Sadzius. Nous devons nous assurer que cette nouvelle sera bien accueillie par la population et que le passage à l'euro se fera en douceur.





awp

vendredi 30 mai 2014

Banques européennes: perspective de 82 établissements abaissée à "négative"

Paris - L'agence de notation Moody's a annoncé vendredi avoir revu à la baisse la perspective de 82 banques européennes, qui passe de "stable" à "négative" à la suite de l'adoption de la directive sur le redressement des banques et la résolution des crises bancaires dans la zone euro.

Moody's justifie cette décision par le fait que la directive européenne impose aux banques de mutualiser les risques, via le mécanisme unique de résolution, avec des établissements en difficulté, afin de réduire l'implication des Etats dans les résolutions des crises bancaires.

L'agence de notation précise par ailleurs dans un communiqué qu'elle "continuera à évaluer les implications de la directive sur l'aide systémique, à mesure que le nouveau cadre se mettra en place et gagnera en clarté quant à son application pratique".

"La difficulté de venir en aide aux grandes banques internationales restera une difficulté et pourrait limiter l'utilisation de l'outil de renflouement", ajoute l'agence.

Les banques allemandes sont les plus nombreuses à voir leur perspective passer à "négative", puisque douze d'entre elles sont concernées, de même que dix banques françaises (dont BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole et Société Générale), huit autrichiennes et cinq suédoises, parmi les 82 établissements en question.

Le mécanisme unique de résolution, créé dans le cadre de la directive sur le redressement des banques et la résolution des crises bancaires, doit gérer la liquidation des banques grâce à un fonds commun abondé, à hauteur de 55 mrd EUR, par le secteur bancaire.

Ces mesures ont été votées mi-avril par le Parlement européen dans le cadre des textes complétant l'union bancaire dans la zone euro.





awp


jeudi 29 mai 2014

Chine: les firmes européennes très inquiètes du ralentissement économique

Pékin - Les entreprises européennes présentes en Chine redoutent que "les années prospères soient derrière elles", s'alarmant du ralentissement de l'économie, des coûts croissants du travail, d'un durcissement des règlements et d'une pollution endémique, selon un rapport publié jeudi.

D'après l'enquête annuelle sur la confiance des firmes européennes en Chine, publiée par la Chambre de commerce de l'Union européenne (UE) dans le pays, près de la moitié d'entre elles pensent que "l'âge d'or des multinationales" sur le marché chinois est désormais révolu.

Alors que Pékin a lancé d'ambitieuses réformes pour "rééquilibrer" le modèle économique du pays, la croissance chinoise est tombée à 7,4% au premier trimestre, au plus bas depuis 18 mois.

Ce ralentissement "est passé devant la hausse du coût du travail comme préoccupation numéro 1 des entrepreneurs concernant leurs perspectives en Chine", souligne la Chambre de commerce.

Des tensions sociales grandissantes, des séries de mouvements de grèves et une réduction de la main-d'oeuvre disponible dans certains secteurs ont conduit les entreprises étrangères à accroÎtre les salaires de leurs employés chinois au cours des dernières années.

"Bien entendu, ce n'est pas vraiment surprenant d'avoir un net sentiment de détérioration quand on est confronté à une croissance de 7% après avoir connu des taux de 10% ou davantage pendant les deux dernières décennies", a observé Joerg Wuttke, président de la Chambre, lors d'une conférence de presse.

Selon l'enquête, pour laquelle ont été interrogées 552 entreprises européennes en Chine, quelque 68% des firmes de plus de 1000 employés décrivent une dégradation du climat des affaires au cours des deux dernières années.


BARRIÈRES RÉGLEMENTAIRES

Parmi les causes de cet accès de morosité, la Chambre pointe un recul des performances financières des entreprises, des révisions à la baisse de leurs objectifs, mais aussi un net durcissement des règlements imposés par les autorités et des cadres de régulation.

Ainsi, "les barrières réglementaires et restrictions d'accès au marché chinois" ont privé les entreprises européennes de 21,3 milliards d'euros de revenus potentiels en 2013, estime la Chambre de commerce, soit l'équivalent du PIB de l'Estonie.

"Les entreprises ont noté que leurs marges bénéficiaires se resserraient et que, pour la toute première fois depuis que cette enquête est réalisée (depuis au moins une décennie, ndlr), leurs marges en Chine étaient plus basses que pour leurs activités mondiales dans leur ensemble", a insisté M. Wuttke.

La pollution atmosphérique qui recouvre régulièrement d'une chape brunâtre les métropoles chinoises a été citée par 68% des entreprises interrogées comme le principal obstacle pour attirer des talents étrangers.

Et 64% des entreprises ont estimé que la pollution était également la plus grosse difficulté rencontrée dans leurs efforts pour conserver leurs employés expatriés en Chine.

Enfin, la salve d'enquêtes très médiatisées, pour corruption ou entente sur les prix, lancées par Pékin contre de grands groupes pharmaceutiques ou agro-alimentaires étrangers n'a rien fait pour améliorer le moral des entrepreneurs européens.

Cet environnement maussade encourage "la moitié des entreprises européennes" en Chine à explorer "de façon routinière" les opportunités d'investissement dans d'autres pays d'Asie, insiste la Chambre.

"Autrefois, on regardait uniquement la croissance économique en Chine et c'est tout. Désormais, on regarde le tableau d'ensemble (dans le monde), et on se demande où l'on peut prospérer avec les meilleures marges", souligne M. Wuttke, évoquant l'amélioration de la conjoncture dans "certaines régions", dont les Etats-Unis.

Pour autant, "les firmes européennes continueront de regarder la Chine comme très importante sur un plan stratégique", tempère la Chambre de commerce, pointant que le marché chinois, de par son envergure, "continuera de générer une grosse part de leurs revenus mondiaux".







awp