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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.




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mardi 20 janvier 2015

FMI: le pétrole pas suffisant pour soutenir l'économie mondiale

Washington - La chute des prix du pétrole ne suffira pas à soutenir durablement l'économie mondiale, freinée par des "faiblesses" persistantes en zone euro et un ralentissement chinois sans précédent depuis 25 ans, a estimé le FMI en abaissant mardi ses prévisions de croissance.


"La baisse des prix du pétrole donnera un coup d'accélérateur à la croissance mondiale. Mais cette impulsion devrait être plus que compensée par des facteurs négatifs, notamment la faiblesse de l'investissement", écrit le Fonds monétaire international.

Faisant à peine mieux qu'en 2014, le produit intérieur brut (PIB) mondial ne devrait plus progresser que de 3,5% en 2015 et de 3,7% en 2016, marquant dans les deux cas un repli de 0,3 point par rapport aux projections d'octobre, selon le FMI.

D'après l'institution, la chute spectaculaire des prix du baril, qui ont dégringolé d'environ 55% depuis septembre, va globalement profiter à l'ensemble des pays importateurs de brut mais sans toutefois masquer les "divergences croissantes" en leur sein.

Portés par une économie florissante, les Etats-Unis confirment leur statut de locomotive mondiale en étant la "seule grande économie à voir ses prévisions relevées" cette année (+3,6%, en hausse de 0,5 point par rapport à octobre), indique le Fonds.

La zone euro est, elle, promise à un sort moins enviable. Menacée de déflation et de "stagnation", son économie ne devrait progresser que 1,2% (-0,2 point) cette année, précise le Fonds à l'heure où la Banque centrale européenne pourrait annoncer jeudi de nouvelles mesures pour relancer l'activité.

"La réponse de la politique monétaire reste trop lente" en Europe, tacle au passage le FMI -- qui ne mentionne pas le récent coup de tonnerre provoqué par la banque centrale suisse.

L'institution fait aussi part de son pessimisme pour le Japon, dont "à ce stade le potentiel de croissance est à moyen terme très très bas", pénalisé par "une demande interne et extérieure décevante", a observé le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard, lors d'une conférence de presse à Pékin.

L'institution mise sur une croissance nippone de tout juste 0,6% en 2015 (-0,2 point).


RÉCESSION RUSSE

L'optimisme n'est par ailleurs guère de mise pour la plupart des pays émergents et en développement, dont les monnaies se sont "affaiblies" et dont les perspectives se sont assombries depuis octobre, énumère le Fonds.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine devrait, elle, connaître une nette décélération cette année en raison principalement d'un "ralentissement" de l'investissement, selon le FMI.

Sa croissance économique devrait désormais s'établir à 6,8% cette année, soit sa plus faible progression depuis 1990, avant de ralentir encore davantage en 2016 à 6,3%, indique le Fonds.

Ce tassement de la Chine "aura un impact négatif pour ses partenaires commerciaux, en particulier dans le reste de l'Asie", a prévenu M. Blanchard.

Le FMI se montre bien plus pessimiste pour le Brésil, affaibli par des sorties de capitaux et qui ne devrait échapper que de peu à la récession cette année (+0,3% de croissance, -1,1 point par rapport à octobre).


C'est toutefois la Russie qui devrait connaître le plus de turbulences. Malmené par la chute des cours du pétrole et par les sanctions économiques liées à l'Ukraine, le pays voit sa prévision sabrée de 3,5 points et devrait voir son PIB se contracter de 3% cette année.

Les risques liés aux tensions géopolitiques, notamment en Ukraine, placée sous perfusion financière du FMI, restent d'ailleurs "élevés", souligne également l'institution.

Les pays émergents ne sont toutefois pas au bout du chemin, prévient le FMI. De nouveaux "accès de volatilité" pourraient déstabiliser leur économie, notamment si la Banque centrale américaine décidait, comme attendu par les marchés, de relever ses taux directeurs cette année.

Les pays producteurs d'or noir sont eux déjà soumis à de profondes turbulences même s'il existe, selon le FMI, une "incertitude" sur la longévité du baril à bas coût.

Le Nigeria voit ainsi sa prévision de croissance sabrée cette année de 2,5 points, à 4,8%, entraînant dans son sillage l'ensemble de l'Afrique sub-saharienne (-0,9 point, à 4,9%) mise à mal par la baisse d'autres matières premières.

"L'économie mondiale est confrontée à de forts et complexes courants contraires", avait résumé Olivier Blanchard dans une note récente.

"D'un côté, les grandes économies bénéficient de la chute des prix du pétrole. De l'autre, dans de nombreux endroits du globe, les perspectives sur le long terme affectent négativement la demande et conduisent à un reflux" de l'activité, poursuivait-il alors.





awp

lundi 29 décembre 2014

UE: Weidmann (Bundesbank) optimiste en 2015 grâce à la baisse du pétrole

Berlin - Le chef de la banque centrale allemande Jens Weidmann a estimé dimanche que la situation économique en Europe n'était pas aussi mauvaise que certains le pensaient, en particulier grâce à la baisse des prix du pétrole.


"L'Europe ne va pas si mal que certains le pensent", a-t-il déclaré à la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (édition dominicale de la FAZ), rappelant que "les experts prévoient une reprise dans la zone euro, mais à un rythme lent".

Il a redit son opposition à l'idée de rachat d'actifs par la Banque centrale européenne pour relancer la croissance, estimant que la chute des prix du pétrole devrait suffire à faire repartir l'économie.

"Nous venons de recevoir un instrument de stimulation gratuit, pourquoi y ajouter avec la politique monétaire?", a-t-il déclaré.

"Cela m'énerve d'entendre tout le monde débattre d'une seule chose : quand allez-vous finalement procéder au rachat'", a-t-il expliqué, ajoutant que la BCE ne devait pas céder aux pression des marchés financiers. "Ces rachats vont se traduire par des dettes qui seront celles des banques centrales de la zone euro, et donc au final des contribuables".

Les délais accordés par la Commission européenne à la France, l’Italie et la Belgique pour faire de nouveaux efforts budgétaires risque d’affaiblir les règles européennes de stabilité, juge lundi la Banque centrale allemande dans son rapport mensuel.


« Les règles budgétaires doivent garantir la solidité des finances publiques. Pour cela, elle doivent aussi être transparentes et compréhensibles », écrit la Bundesbank dans ce document.

Ce résultat risque « toutefois d’être difficile à atteindre si, outre une mise en oeuvre de plus en plus complexe et difficilement compréhensible, les progrès en matière de consolidation peuvent désormais être troqués contre des projets de réformes », met toutefois en garde l’institution monétaire allemande, qui pointe du doigt la situation de la France, de l’Italie et de la Belgique.

Fin novembre, la Commission européenne, qui dispose désormais d’un droit de regard sur les budgets des Etats membres de l’Union, avait donné jusqu’à mars à ces trois pays pour faire de nouveaux efforts budgétaires et accélérer leur programme de réformes, après avoir jugé que leur projet de budget présentait des risques de non-conformité avec les règles européennes.

Les conséquences concrètes de cet examen « sont au mieux très limitées », juge toutefois la « Buba », qui souligne que « même si les règles budgétaires permettent des marges de manoeuvre, les règles seraient encore affaiblies si la Commission accordait une grande importance aux projets de réformes lors de sa nouvelle évaluation en mars 2015 et excusait les erreurs des politiques budgétaires de ces dernières années ».

En vertu de prérogatives renforcées à la faveur de la crise financière, l’exécutif européen peut demander à un Etat membre de revoir sa copie s’il constate des dérapages sévères en terme de déficit. Cette arme n’a encore jamais été utilisée et la Commission « semble à peine vouloir se servir de cet instrument », regrette la Bundesbank.


awp
afp

mercredi 17 décembre 2014

Zone euro: la baisse du prix du pétrole va soutenir la croissance

Francfort - La baisse du prix du pétrole est une bonne nouvelle pour la zone euro et va soutenir la croissance dans la région en 2015, estime un dirigeant de la Banque centrale européenne (BCE) dans une interview publiée mercredi.


La baisse du pétrole est incontestablement une bonne nouvelle, a déclaré Benoît Coeuré, membre du directoire de l'institution monétaire de Francfort, dans un entretien publié par le quotidien français l'Opinion.

Pour le banquier central, un coût de l'énergie plus faible soutiendra le pouvoir d'achat des ménages et donc la croissance en 2015. Cet effet-là est avéré.

En début de mois, le président de la BCE Mario Draghi s'était inquiété publiquement de l'évolution des cours de l'or noir, qui risque de faire flancher encore l'inflation déjà très basse dans la région (0,3% en novembre). 

Ces propos avaient alimenté les spéculations concernant le lancement prochain par la BCE d'un programme d'achat d'actifs à très grande échelle (assouplissement quantitatif ou QE), sur le modèle de celui pratiqué par la Réserve fédérale américaine ou la Banque du Japon.

Je trouve la fascination pour l'assouplissement quantitatif un peu naïve rien n'assure que ce qui a fonctionné aux Etats-Unis ou Japon peut être reproduit à l'identique chez nous, a tempéré M. Coeuré.

Selon lui, le risque lié au repli du prix du pétrole serait que les observateurs interprètent mal les futurs chiffres d'inflation et qu'ils s'inquiètent de les voir se réduire trop vite.

Il faudra par conséquent bien faire le distinguo entre l'indicateur global d'inflation, qui devrait baisser avec les prix du pétrole, et l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) qui en principe ne devrait pas être affectée, ajoute-t-il.

Il rappelle par ailleurs la position de la BCE, qui affirme depuis plusieurs mois que l'efficacité de son action dépend des progrès réalisés par les membres de la zone euro dans la mise en oeuvre de réformes structurelles.

Et le fait que jusqu'au printemps 2015 nous ne sachions pas quel sera le jugement définitif de la Commission sur quelques grands Etats est un facteur additionnel de complexité pour notre politique monétaire.

Fin novembre, la Commission européenne a donné jusqu'à mars 2015 à la France, l'Italie et la Belgique pour faire de nouveaux efforts budgétaires, après avoir jugé que leur projet de budget risquait d'enfreindre les règles européennes.




awp

vendredi 28 novembre 2014

Pétrole: l'Opep a maintenu le statu quo de crainte de perdre sa part de marché

Koweït - La décision de l'Opep de maintenir jeudi son objectif de production, malgré une offre surabondante, a été motivée par la crainte du cartel de perdre sa part de marché, a indiqué le ministre koweïtien du Pétrole.


"Aujourd'hui, il y a beaucoup de concurrents, et l'Opep pompe seulement 30% de la production mondiale", a déclaré le ministre, Ali Omair, à la chaîne satellitaire koweïtienne Al-Watan, qui l'interrogeait à Vienne où il a participé à la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

"Il était inévitable de prendre la bonne décision de ne pas réduire la production, car une réduction peut être compensée par d'autres (producteurs) présents sur le marché", a-t-il ajouté.

"En conséquence, nous avons décidé que les prix allaient se réajuster en fonction de l'offre et de la demande et que l'Opep était censée préserver sa part de marché pour ne pas perdre ses clients", a encore dit le ministre.

"L'Opep n'acceptera plus de supporter le fardeau supplémentaire d'une réduction de la production tandis que d'autres se précipitent pour augmenter leur production", a-t-il conclu.

La décision de l'Opep de maintenir sa production à 30 millions de barils/jour (mbj) a aussitôt entraîné une tempête sur les marchés.

Le baril de Brent de la mer du Nord échangé à Londres a chuté jusqu'à 71,25 dollars, son plus bas depuis le 7 juillet 2010, perdant 6,5 dollars depuis la clôture de la veille.

De son côté, le baril de "light sweet crude" (WTI) coté à New York est passé sous la barre symbolique des 70 dollars dans les échanges électroniques, atteignant même 67,75 dollars, un minimum depuis le 25 mai 2010.




awp

mercredi 12 novembre 2014

Energie: la hausse de la demande quelque peu freinée d'ici 2040 (AIE)

Paris - La consommation d'énergie augmentera fortement dans le monde d'ici à 2040, et celle du pétrole plus modérément, mais cette croissance sera freinée par un renchérissement des prix et une efficacité énergétique accrue, a prédit mercredi l'Agence internationale de l'énergie.

"La demande mondiale d'énergie augmentera de 37% d'ici à 2040 dans notre scénario central, mais la croissance démographique et économique sera moins consommatrice d'énergie qu'auparavant", a souligné l'AIE dans sa grande étude prospective annuelle.

"La croissance de la demande mondiale marque nettement le pas, passant de plus de 2% par an au cours des deux dernières décennies à 1% annuel après 2025", a-t-elle précisé.

L'Agence, basée à Paris, attribue cette tendance à la hausse des prix et aux mesures d'efficacité énergétique, mais aussi au "changement structurel de l'économie mondiale au profit des services et d'une industrie plus légère".

La géographie de la demande sera également bouleversée, avec l'essor économique des pays émergents. La consommation stagnera dans la plupart des pays européens, au Japon, en Corée du Sud et en Amérique du Nord, tandis qu'elle s'inscrira en hausse dans le reste de l'Asie - qui représentera 60% de la demande mondiale -, en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et en Amérique latine. 

La tendance est semblable pour le pétrole, dont la demande mondiale passera de 90 millions de barils par jour (mbj) en 2013 à 104 mbj en 2040.

"Les pays asiatiques importeront d'ici à 2040 deux tiers des barils échangés à l'échelle internationale", précise-t-il. Au début des années 2030, la Chine devancera même les Etats-Unis comme premier consommateur mondial d'or noir. 

Mais ici aussi, "les prix élevés et les nouvelles politiques ralentissent progressivement le rythme de croissance de la consommation globale, la ramenant à un niveau plateau".

Cependant la question est plutôt de savoir si la production suivra. Actuellement, les cours du pétrole souffrent d'une demande en berne face à une offre abondante, liée notamment au boom des hydrocarbures de schiste américains. Mais pour l'AIE, cette situation ne doit pas faire perdre de vue les défis futurs de l'approvisionnement en pétrole, qui dépendra de plus en plus d'un nombre relativement réduit de producteurs. 

Au total, le pétrole devrait représenter environ un quart des approvisionnements dans le monde en 2040, une portion similaire à celle du gaz, du charbon et des ressources faiblement émettrices de carbone, comme les énergies renouvelables mais aussi le nucléaire. 

L'or noir sera supplanté par le gaz naturel, dont la demande augmentera de plus de 50%, selon l'AIE. Cette ressource fossile deviendra la principale énergie du bouquet énergétique des pays de l'OCDE à l'horizon 2030.  





awp

mercredi 25 juin 2014

Baisse de 10% de la demande de carburant en Europe et en Amérique du Nord d'ici 2020

Londres - La demande de carburant en Europe et en Amérique du Nord devrait décliner de 10% d'ici 2020 en raison de l'utilisation d'automobiles plus légères, selon des prévisions du cabinet britannique Wood Mackenzie publiées mercredi.

L'utilisation croissante de matériaux plus légers pour améliorer le rendement du carburant dans le transport routier devrait permettre une baisse de 10% de la demande de carburant en Europe et en Amérique du Nord d'ici 2020, estime le cabinet. 

Les véhicules ont gagné du poids de façon presque continue durant plusieurs dizaines d'années mais maintenant, avec des standards plus exigeants en termes d'économies de carburant et des réglementations plus strictes sur les émissions (de CO2), les véhicules commencent à devenir plus légers, explique Renate Cakule, analyste chez Wood Mackenzie, citée dans l'étude. 

A l'image de la nouvelle version du camion pick-up F-150 présentée par Ford en début d'année, les constructeurs automobiles utilisent de moins en moins d'acier et de plus en plus d'aluminium, ce qui rend les véhicules moins gourmands en carburant.

Les analystes de Wood Mackenzie projettent ainsi une baisse de 2 à 3 millions de tonnes de la demande d'acier aux États-Unis d'ici 10 ans - qui sera toutefois contrebalancée par une hausse de la demande dans les pays émergents. 

La demande de zinc, qui sert à galvaniser l'acier utilisé dans l'industrie automobile, devrait également souffrir de l'allègement des voitures, signale Wood Mackenzie. 

Par contre, la demande d'aluminium dans l'industrie automobile devrait s'en trouver renforcée, ainsi que celle de composants plastiques, qui permettent également de réduire le poids des véhicules. 

Une réduction de 10% du poids d'une voiture petite ou moyenne équivaut à une amélioration du rendement du carburant entre 2% et 4%, en fonction de la façon dont le véhicule est conduit, la taille des pneus, la maintenance et d'autres facteurs, explique Richard Warner, analyste de Wood Mackenzie. 

L'amélioration du rendement du carburant offert par la réduction du poids des véhicules est une considération importante pour les conducteurs, les constructeurs et les décideurs, surtout dans un monde où les prix pétroliers sont constamment élevés, conclut le cabinet britannique. 

Depuis début 2011, le cours du Brent s'est pratiquement toujours maintenu au-dessus des 100 dollars le baril.






awp

mercredi 18 juin 2014

L'Arctique russe, nouvelle terre promise des géants du pétrole

Moscou - Des dizaines de degrés en dessous de zéro en hiver, des espèces menacées et des infrastructures lointaines: bienvenue dans l'Arctique russe, nouvelle terre promise des compagnies pétrolières malgré une litanie d'obstacles pour l'exploiter.

L'Arctique est l'une plus grandes zones restantes du monde qui renferme des ressources en pétrole et de gaz non encore découvertes, a rappelé Rex Tillerson, patron du géant américain ExxonMobil, lors du Congrès pétrolier mondial, événement qui réunit cette semaine des représentants du secteur à Moscou.

C'est même l'un des derniers endroits avec un potentiel de découverte de gisements énormes de pétrole et de gaz, renchérit Tim Dodson, un des responsables de la compagnie publique norvégienne Statoil.

Selon un rapport publié en 2008 par l'Institut géologique américain, l'USGS, plus de 20% des réserves d'hydrocarbures planétaires restant à découvrir sont situées dans l'Arctique.

Ce trésor à 84% sous-marin serait situé en grande partie en Russie (au large de la Sibérie occidentale et à l'extrémité orientale du pays), et attire des groupes pétroliers russes et occidentaux, tels le norvégien Statoil, ou ExxonMobil, qui a forgé l'an dernier une alliance pour extraire du pétrole dans l'Arctique avec le géant pétrolier local, Rosneft.

Si, comme l'a rappelé Rex Tillerson, l'Arctique n'est pas une terre inconnue pour le secteur (de vastes gisements sont exploités parfois depuis des décennies en Alaska, au Nord de la Norvège ou à Sakhaline, dans l'extrême-Orient russe), il ne faut pas négliger pour autant les obstacles, prévient M. Dodson.

Les quatre défis spécifiques sont la sécurité et l'environnement; la production et la logistique; l'utilisation du gaz, qui faute de débouchés sur place nécessitera de construire des gazoducs, ou de le réinjecter dans les gisements, et l'exportation du pétrole via des oléoducs sous-marins ou des tankers adaptés à l'Arctique, énumère Oleg Mikhaïlov, vice-président de la compagnie russe Bachneft.


Coûteuses contraintes

Parmi ces casse-têtes, si l'on veut extraire du pétrole et du gaz à grande échelle dans l'Arctique russe, il faudrait transporter des millions de tonnes de matériel jusqu'à l'une des régions les plus isolées du monde, ce qui requiert une expansion de l'infrastructure ferroviaire, et la construction d'un réseau de ports et de bases côtières, prévient-il.

Sans oublier des installations pour traiter les déchets, assembler les équipements de forages...

Côté sécurité et environnement, la glace, la neige, le froid et l'obscurité créent un environnement à la fois hostile et magnifique, et bien que nous travaillions depuis une quarantaine d'années dans des conditions extrêmement dures, nous savons qu'il faut être particulièrement vigilant quand on intervient dans l'Arctique, souligne M. Dodson.

Il faut s'assurer que les compagnies qui opèrent en Arctique aient les équipements, les personnes et la formation nécessaires pour combattre une marée noire, renchérit le dirigeant de Bachneft.

En effet, la catastrophe de 2010 dans le Golfe du Mexique a montré l'épreuve à laquelle même les plus grandes compagnies du monde peuvent être confrontées en cas de marée noire incontrôlée, et s'occuper d'une marée noire dans l'Arctique, dans une mer gelée, serait une épreuve encore plus redoutable, reconnaît-il.

Un risque qui fait frémir les ONG environnementales, comme Greenpeace, dont 30 militants ont été interpellés par les autorités russes en septembre alors qu'ils menaient une action contre une plateforme pétrolière de Gazprom, avant d'être relâchés fin décembre après une grâce présidentielle.

Pour les ONG, les activités pétrolières et gazières en Arctique sont condamnables à double titre, puisqu'elles mettent en danger un écosystème particulièrement fragile, refuge de nombreuses espèces menacées (ours polaires, cétacés...), et parce qu'elles contribuent à accélérer le changement climatique, déjà lourd de conséquences pour la région.

Au final, ces contraintes peuvent rendre les projets tellement chers que le jeu n'en vaut plus la chandelle. D'où une course entre pétroliers pour trouver des technologies leur permettant de réduire leurs coûts.

Statoil est ainsi en train de concevoir une nouvelle classe de navires de forage, spécialement adaptés à ces conditions extrêmes, tandis que Total cherche depuis des années avec Gazprom une solution rentable pour exploiter le gisement gazier géant de Chtokman, en mer de Barents, sans avoir encore trouvé la martingale.







awp

vendredi 13 juin 2014

Les dirigeants pétroliers réunis à Moscou en pleines tensions géopolitiques

Paris - Le monde du gaz et du pétrole se rassemble de lundi à jeudi à Moscou pour le 21e Congrès mondial du pétrole, en pleine agitation provoquée par la crise ukrainienne et la guerre en Irak.

Cérémonie d'accueil des délégations dimanche soir sous les ors du Kremlin, suivie d'un discours lundi du président russe Vladimir Poutine, pour lancer les travaux: les autorités ont mis les petits plats dans les grands pour cet événement, qui sera l'occasion pour Moscou de réaffirmer son statut incontournable sur la scène pétrolière, et qui devrait confirmer le désir des compagnies occidentales de poursuivre leurs affaires en Russie, en dépit des tensions.

La Russie est depuis plusieurs années au coude-à-coude avec l'Arabie Saoudite, le chef de file de l'Opep, pour le titre de premier producteur d'or noir de la planète.

Pas moins de 5.000 délégués, dont le patron du géant britannique BP et le secrétaire général de l'Opep, Abdallah El-Badri, et les dirigeants des groupes russes Gazprom et Rosneft sont attendus à cet événement d'envergure, organisé par le Conseil mondial du pétrole.

Cet organisme regroupe les représentants du secteur pétrolier (compagnies publiques et privées, agences gouvernementales...) de 65 pays représentant plus de 95% de la production et de la consommation mondiale d'or noir.

Si les thèmes des conférences et tables rondes s'annoncent très classiques (problématiques de financement, derniers développements en matière d'hydrocarbures non conventionnels...), ce sont surtout les questions géopolitiques qui risquent de retenir l'attention.

L'événement intervient en effet sur fond d'offensive jihadiste en Irak, qui menace de compromettre les objectifs de redressement de la production pétrolière du pays, et qui provoque une poussée de fièvre sur le marché, propulsant vendredi le baril à des plus haut depuis septembre, alors que l'Opep a maintenu cette semaine son plafond de production collectif à 30 millions de barils par jour.

Certains acteurs du secteur pétrolier irakien se réuniront aussi lors d'une conférence spécifique mardi et mercredi à Londres.

L'autre sujet de préoccupation, ce sont les négociations très tendues entre Moscou et Kiev sur la question de la fourniture de gaz russe à l'Ukraine.

La Russie a fait savoir vendredi qu'elle ne prévoyait pas de reprise des discussions sur le prix du gaz livré à l'Ukraine avant l'expiration de l'ultimatum de lundi matin fixé par Moscou pour le paiement de la dette ukrainienne. Les négociations triparties UE-Russie-Ukraine sont suspendues depuis mercredi.

- Investissements -

Les compagnies pétrolières devraient profiter de l'occasion pour redire leur volonté de continuer à travailler et investir en Russie, malgré la forte dégradation des relations entre Moscou et l'Occident.

Fin avril, le patron du numéro un du pétrole russe Rosneft, Igor Setchine - un proche du président Vladimir Poutine, et des invités vedettes du Congrès - a ainsi été inclus dans la liste des personnalités visées par des sanctions américaines en réponse à la crise ukrainienne.

Malgré cette mesure, plusieurs sociétés occidentales qui ont noué ces dernières années de gros partenariats avec Rosneft, comme le britannique BP, le norvégien Statoil et l'américain ExxonMobil ont dit vouloir poursuivre leur coopération avec le groupe russe. BP, qui possède près de 20% de Rosneft, avait ainsi assuré qu'il restait attaché à ses investissements et avait l'intention de rester un investisseur à long-terme en Russie.

Le climat glacial entre Moscou et les chancelleries occidentales n'a pas non plus dissuadé d'importantes compagnies européennes de conclure des accords au grand jour avec des groupes russes, lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg fin mai.

Le géant français Total a ainsi créé une coentreprise avec le groupe privé russe Loukoïl, pour exploiter du pétrole de schiste en Sibérie occidentale. BP a aussi signé un accord de 300 millions de dollars pour explorer avec Rosneft des gisements de pétrole non-conventionnel dans la Volga et l'Oural.

Cet empressement des compagnies occidentales à continuer à commercer avec la Russie s'inscrit en fait dans une relation donnant/donnant. Les compagnies étrangères cherchent à accéder aux vastes ressources russes en hydrocarbures pour développer leur production future, tandis que les groupes russes du secteur ont besoin de forger des alliances avec les majors du pétrole, pour bénéficier de leur expertise technologique.






awp

jeudi 12 juin 2014

L'OCDE exhorte le Canada à taxer davantage le pétrole et les mines

Montréal - L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a exhorté mercredi le Canada à davantage lutter contre le réchauffement climatique, en particulier en augmentant les taxes prélevées sur l'exploitation des ressources minières et les hydrocarbures.

L'exploitation des ressources non renouvelables doit être gérée avec soin, à la fois pour réduire aujourd'hui les impacts négatifs sur l'environnement et pour assurer demain un avenir meilleur aux générations futures, a plaidé le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, qui participait à Montréal au Forum Économique International des Amériques.

Dans sa synthèse Études économiques de l'OCDE - Canada, l'organisation internationale passe en revue l'état de l'économie canadienne qui progresse à bon rythme et présente un système financier sain.

Quatre recommandations principales sont formulées, dont deux sont d'ordre environnemental: gérer les recettes tirées des ressources (naturelles) non renouvelables et faire en sorte que la croissance soit respectueuse de l'environnement.

Le Canada s'est retiré de l'accord de Kyoto en 2011 et son Premier ministre conservateur, Stephen Harper, a encore répété lundi que la lutte contre le réchauffement climatique ne devait pas se faire au détriment de l'économie.

L'OCDE appelle à faire preuve de prudence et d'équité pour davantage épargner les profits générés par la production de pétrole et de gaz ainsi que par l'exploitation des mines, citant en exemple la Norvège. 

Notamment, l'organisation souligne que la province d'Alberta, qui dispose des troisièmes réserves mondiales de pétrole, n'a épargné que 8% des recettes pétrolières depuis 1983 car cet argent finance les dépenses courantes en maintenant de faibles taux d'imposition.

Aussi, l'OCDE conseille au Canada d'alourdir les prélèvements sur l'exploitation de ressources non renouvelables.

Comme les Etats-Unis, le Canada vise une réduction de 17% de ses gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005. Or, souligne l'organisation, si la tendance se maintient, une baisse de seulement 0,4% sera constatée dans six ans.

L'OCDE estime que le meilleur moyen d'atteindre l'objectif affiché est de créer un réel marché du carbone national afin d'envoyer un signal-prix unique du carbone, dans l'optique d'une association à terme avec les systèmes internationaux d'échange de droits d'émission.

Enfin, elle note que l'exploitation des ressources naturelles se fait parfois contre le gré des peuples autochtones et suggère la mise en place d'orientations claires obligeant les compagnies minières à prendre en compte ces peuples afin que les projets leur procurent des avantages à long terme.







awp

lundi 24 mars 2014

Espagne: la recherche de pétrole et de gaz pourrait doper l'économie

MADRID - L'exploration et la production d'hydrocarbures en Espagne pourrait créer 260.000 emplois en vingt ans et représenter 4% du PIB, selon une étude du cabinet Deloitte publiée lundi, alors que de possibles prospections aux îles Canaries et Baléares suscitent un fort rejet local.

Le développement d'une activité d'exploration et de production d'hydrocarbures en Espagne aurait un effet significatif sur l'économie nationale en termes de produit intérieur brut, de création d'emploi et de balance commerciale, estime cette étude, réalisée pour le compte de l'Association espagnole des entreprises de recherche, exploration et production d'hydrocarbures (ACIEP).

Selon le scénario moyen envisagé par Deloitte, qui table sur des réserves estimées à 2 milliards de barils équivalent pétrole et 2.500 milliards de mètres cubes de gaz naturel, l'activité créerait d'ici vingt ans 260.000 emplois et représenterait alors 4,3% du PIB espagnol, soit 44 milliards d'euros, tout en comblant le déficit commercial en quinze ans.

Des chiffres bienvenus alors que l'Espagne, qui vient de connaître deux récessions en l'espace de cinq ans, reste plongée dans une profonde crise, avec une croissance faible (+0,2% au dernier trimestre 2013) et un chômage très élevé (26,03%).

Elle est aussi le pays de l'OCDE qui connaît la plus forte dépendance en importation d'hydrocarbures, faisant venir de l'étranger 99,9% du pétrole qu'elle consomme.

L'Espagne est obligée de miser sur la recherche et l'exploration de toute source d'énergie qui réduise sa forte dépendance à l'extérieur, a estimé le sous-secrétaire du ministère de l'Energie, Enrique Hernandez Bento, à l'occasion de la publication de cette étude.

Une politique qui inquiète les associations écologistes: le pays fait face à un risque continu de pollution alors qu'une dizaine d'installations pétrolières opèrent déjà le long de ses côtes, dénonçait récemment Ecologistas en Accion, soulignant le danger pour les espèces marines et la pêche.

Andalousie (sud), région de Valence (est), Catalogne (nord-est), Asturies et Pays Basque (nord-ouest): toutes les régions côtières font l'objet de permis d'exploration pétrolière.

Et même les îles Canaries et Baléares, très prisées des touristes, n'y échappent pas: pour les premières, le groupe espagnol Repsol, qui attend le feu vert du ministère de l'Environnement, pourrait même commencer les prospections entre juillet et septembre, selon le ministère de l'Energie.

Dans les deux archipels, les autorités locales refusent ces prospections, contre lesquelles ont déjà été organisées plusieurs manifestations massives.








afp

jeudi 13 mars 2014

Les USA libèrent une partie de leurs réserves stratégiques de pétrole

NEW YORK - Les Etats-Unis ont annoncé mercredi la libération de 5 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques de pétrole, invoquant la nécessité de tester la fiabilité d'un système chamboulé par les nombreuses évolutions des infrastructures énergétiques du pays.

Afin d'évaluer de manière adéquate les capacités du système (des réserves stratégiques de pétrole) dans l'éventualité d'une perturbation, le ministère de l'Energie a autorisé aujourd'hui la libération et la vente de jusqu'à 5 millions de barils de pétrole brut, a indiqué le porte-parole du ministère américain (DoE) Bill Gibbons, dans un communiqué.

Le DoE précise que le contrôle continu des capacités de mise sur le marché de ses réserves stratégiques de brut est requis par la loi américaine.

La nécessité de mener un test apparaissait de plus en plus pressante au regard des évolutions majeures intervenues dans le paysage énergétique du pays en raison de l'accroissement considérable de la production de pétrole brut, a expliqué le ministère.

Il cite l'expansion du système d'oléoduc, la création de nouvelles infrastructures (...) et l'utilisation accrue des terminaux pétroliers du pays.

La décision de libérer ces réserves était en discussion depuis de nombreux mois au sein du ministère, a-t-il précisé.

Les Etats-Unis ont considérablement accru leur capacité de production de brut au cours des dernières années en raison de l'explosion des nouvelles techniques d'extraction du pétrole et du gaz de schiste et du forage horizontal.

Les Etats-Unis n'avaient pas mené une telle opération test depuis 1990, a précisé le ministère.

La dernière libération de réserves stratégiques de pétrole est toutefois plus récente, datant de 2011, lorsque le pays avait relâché quelque 30 millions de barils d'or noir en coordination avec l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

Les Etats-Unis disposant au total de réserves supérieures à l'équivalent de 200 jours de leurs importations nettes en brut (contre un minimum de 90 jours de réserves requis, ndlr), ils sont habilités à procéder à un tel test dans le strict respect des exigences de l'AIE, a indiqué mercredi cette institution dans un communiqué.







afp

mercredi 15 janvier 2014

Matières premières: renchérissement nécessaire sur le long terme

Zurich - Les prix des matières premières, des agents énergétiques aux métaux précieux en passant par les métaux industriels, vont nécessairement devoir s'ajuster à la hausse des coûts d'extraction de l'industrie minière sur le long terme, a expliqué mardi Nick Brooks, responsable recherche et stratégie d'investissement chez ETF securities à AWP. Dans l'immédiat, cependant, les anticipations des marchés devraient contenir les mouvements de la plupart des matières premières dans des fourchettes restreintes.

"Même l'impact des bouleversements géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, dont les conséquences se font sentir principalement sur les cours du pétrole, ne devrait pas résister à l'épreuve du temps", a illustré M. Brooks, en marge de la conférence organisée par sa société sur les investissements dans les matières premières à Zurich.

L'amorce d'ouverture des Etats-Unis envers l'Iran engendre depuis quelques jours une pression sur les prix du brut en raison de craintes sur une suroffre. "Mais les marchés anticiperont cette évolution, comme ils ont anticipé la hausse de production du gaz naturel, puis du pétrole de schiste aux Etats-Unis", a assuré l'économiste. Le prix du baril de brent devrait ainsi s'inscrire dans une fourchette de 100 à 120 USD.

Les producteurs énergétiques sont en effet à même de passer d'une source à l'autre en fonction de leurs prix respectifs. "La hausse des prix du gaz aux Etats-Unis au cours de la récente vague de froid a ainsi été plafonnée lorsque, devenu trop cher, il a été remplacé par du charbon meilleur marché", a de son côté décrypté Peter Helles, stratégiste en matières premières chez Bank of Amerika Merrill Lynch.


OR EN COUVERTURE

Du côté des métaux précieux, l'or devrait également osciller autour de son bas niveau actuel d'environ 1200 USD l'once au cours de cette annnée. En dépit de l'importance des positions à court terme, la solide demande physique devrait empêcher un nouveau plongeon du cours du métal jaune. "La Chine à elle seule engloutit via Hong Kong un quart de la production mondiale, tandis que les banques centrales en achètent environ 10%", a détaillé M. Brooks. La baisse continue de la production d'or recyclé devrait soutenir le mouvement.

En raison de son caractère défensif, l'or pourrait même connaître un regain de demande des investisseurs liée à une nécessité de couverture des nombreuses positions courtes en cas de déception du côté de la croissance économique, notamment américaine, ou sur le marché des actions. "Mais nous estimons ce scénario peu probable", a-t-il nuancé.


CUIVRE PALLADIUM ET PLATINE EN VEDETTE

Parmi les métaux, le spécialiste d'ETF securities privilégie le cuivre, en raison notamment de stocks en baisse constante depuis des mois. La hausse sensible de la demande, parallèle au rétablissement de la conjoncture mondiale, de même que des "surprises possibles" du côté de la production, pourraient faire s'envoler les cours de cette matière.

Platine et palladium font également partie des métaux préférés de l'analyste en raison de leur application industrielle et/ou dans la joaillerie. Le secteur automobile américain et chinois montre un appétit grandissant pour le palladium, indispensable aux échappements des moteurs à essence.

La demande en platine semble assurée par la convalescence de l'industrie automobile européenne, où il est utilisé dans la production des échappements diesel. Il est également de plus en plus utilisé dans la bijouterie en Chine. En amont, l'Afrique du Sud qui produit environ 80% de ce métal connaît depuis une année des mouvements sociaux d'ampleur dans le secteur minier, qui pourraient bien se poursuivre en 2014. Les pannes récurrentes de l'approvisionnement des infrastructure en courant électrique devraient également peser sur l'extraction.





awp

mardi 12 novembre 2013

AIE: La soif d'or noir sera étanchée par les nouvelles ressources pétrolières

PARIS - Les nouvelles ressources fossiles permettront de compenser le déclin des champs pétroliers existants pour répondre à la hausse de la demande mondiale d'or noir d'ici à 2035, tout en accroissant la compétitivité des pays qui les exploiteront, a prédit mardi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Tirée par les pays émergents comme la Chine et l'Inde, notamment dans le secteur pétrochimique et les transports, la consommation mondiale de brut devrait atteindre 101 millions de barils par jour (mbj) en 2035, indique l'AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Soit 14 mbj supplémentaires en un quart de siècle et 1,3 million de barils de plus que les 99,7 mbj anticipés l'an dernier.

Parallèlement, la production des champs pétroliers aujourd'hui en activité chutera de plus de 40 mbj à cette échéance, et la part de pétrole conventionnel dans la consommation d'or noir reculera à 65 mbj, contre environ 70 actuellement. 

Pas de crise énergétique en vue, rassure toutefois l'AIE: les réserves estimées d'hydrocarbures ont été revues en hausse grâce à la découverte de nouveaux puits de pétrole et au développement des hydrocarbures non conventionnels, rendu possible par l'avancement technologique.

L'augmentation du pétrole non conventionnel (dont le pétrole de réservoirs compacts) et des liquides de gaz naturel permet de combler le fossé grandissant entre la demande pétrolière mondiale et la production de pétrole brut conventionnel, assure le bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).


Nouvelle donne mondiale

Ces nouvelles ressources dites non-conventionnelles feront des Etats-Unis le premier producteur pétrolier mondial et mèneront le pays vers l'indépendance énergétique à l'horizon 2035, tout en lui conférant un avantage compétitif grâce à des prix énergétiques bas. 

C'est surtout vrai pour le gaz. Le prix du gaz aux Etats-Unis représente un tiers des prix à l'importation payés en Europe et un cinquième de ceux payés par le Japon, écrit l'AIE. 

Même si l'écart de prix devrait se réduire à terme, les Etats-Unis verront leur part dans les exportations de biens à forte teneur énergétique augmenter légèrement. La part combinée de l'Union européenne et du Japon devrait reculer d'un tiers dans les secteurs très énergivores, comme la chimie, l'acier, le verre et le papier. 

Dans le même temps, la production montera en puissance au large du Brésil grâce à la découverte de gisements offshore qui feront de ce pays d'Amérique du Sud un des poids lourds du secteur.

Mais on ne se trouvera pas pour autant à l'orée d'une nouvelle ère d'abondance, prévient l'AIE, qui défend les intérêts des consommateurs. 

Les nouveaux investissements se justifient surtout par le prix de l'or noir, qui continuera à croître. L'Agence table sur un prix moyen du baril de brut autour de 128 dollars en 2035 (en dollars constants), contre une centaine de dollars cette année, alors qu'elle prédisait l'an dernier un prix du baril de 125 dollars à cet horizon.

Le rôle croissant du Brésil et la production de pétrole non conventionnel en Amérique du Nord chamboulent, au moins temporairement, la géographie de la production mondiale de pétrole. Le poids de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ira en déclinant sur les dix prochaines années. 

Le poids du cartel se renforcera ensuite à nouveau, à mesure que la production non conventionnelle stagnera ou se repliera.

La géographie de la demande sera également bouleversée, avec l'essor économique des pays émergents. La Chine deviendra le plus important consommateur de pétrole devant les Etats-Unis en 2030, et la consommation d'hydrocarbures au Moyen-Orient dépassera celle de l'Union européenne à cette date également, estime l'AIE. Dès 2020, l'Inde prendra le relais et justifiera l'essentiel de la hausse de la demande.

Face à cette nouvelle donne mondiale, les capacités de raffinage seront redéployées en Asie et au Moyen-Orient, où se concentrera la demande. D'ici à 2035, nous estimons que près de 10 mbj de la capacité mondiale de raffinage est en danger. Les raffineries de l'OCDE, et de l'Europe en particulier, sont parmi les plus vulnérables.







afp