Vienne - Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué ne pas pouvoir exclure une sortie désordonnée de la Grèce de la zone euro si Athènes ne parvenait pas à un accord avec ses bailleurs internationaux.
Interrogé par la télévision publique autrichienne ORF sur la possibilité d'un Grexident, une sortie désordonnée de l'euro pour la Grèce, M. Schäuble a déclaré tard jeudi : Nous ne pouvons pas l'exclure.
Dans la mesure où la Grèce seule a la responsabilité, la possibilité de décider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font, nous ne pouvons pas l'exclure, a déclaré le responsable allemand, tenant d'une ligne dure envers Athènes.
L'Europe est prête à aider la Grèce, mais la Grèce doit se laisser aider, a-t-il souligné.
Jeudi soir, lors d'un forum organisé à Vienne, le ministre autrichien des Finances, Hans Jörg Schelling s'était inquiété de la possibilité d'une sortie en catastrophe de l'euro pour Athènes, estimant que l'inexpérience politique des nouveaux dirigeants grecs augmente le risque d'un possible accident.
Participant à ce forum, M. Schäuble avait souligné qu'à ses yeux la Grèce n'est en aucun cas un cas désespéré.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a accueilli vendredi matin à Bruxelles le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, pour de nouvelles discussions, a totalement exclu un échec dans ce dossier, tout en déplorant un manque de progrès.
Interrogée vendredi lors d'une conférence de presse, une porte-parole du ministère des Finances a mis en garde contre une sur-interprétation des propos de M. Schäuble. Pour clarifier les choses, notre désir est de renforcer la zone euro. Nous ne souhaitons pas une sortie de la Grèce, a-t-elle souligné.
Mais il est important de souligner que maintenant la balle est dans le camp de la Grèce qui doit tenir ses engagements de réformes comme il a été convenu, a-t-elle ajouté. Il est aussi important de souligner qu'il n'y a pas de chèque en blanc, le principe qui prévaut est celui d'une aide en échange de contre-parties.
Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a souligné aussi vendredi que le dossier de l'aide à la Grèce n'était pas une question bilatérale entre Athènes et Berlin mais un dossier européen. Quant à l'attitude de son pays, il a souligné : nous voulons être un bon ami et partenaire de la Grèce et je crois que ce que l'Allemagne a entrepris ces dernières années dans la crise européenne en témoigne.
awp
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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.
Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.
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dimanche 15 mars 2015
lundi 24 novembre 2014
Zone euro: les Allemands outrés par une BCE qui grignote leur chère épargne
Francfort - La BCE est une fois de plus sous le feu des critiques en Allemagne, où sa politique monétaire conduit certaines banques à pénaliser leurs clients, suscitant de vives inquiétudes dans un pays où épargner est une vertu.
Commerzbank, deuxième banque privée allemande, a provoqué une vague d'émoi en annonçant jeudi vouloir faire payer les clients - grandes entreprises et investisseurs institutionnels à ce stade - qui stockent au moins dix millions d'euros sur leurs comptes à vue.
"Un tabou a été brisé", titrait la chaîne allemande d'informations en continue n-tv, reprenant à son compte, comme beaucoup de médias du pays, l'expression de taux "punitifs".
De fait, l'idée de départ est bien celle d'une punition. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé en juin de faire payer les établissements bancaires qui stationnent de l'argent dans ses coffres. Elle a amené son "taux de dépôt marginal", le taux appliqué aux dépôts que les banques effectuent chez elle pour 24 heures, en territoire négatif pour la première fois de son histoire, à -0,10%, avant de l'abaisser encore à -0,20% en septembre.
La mesure doit inciter les instituts de crédit à faire circuler l'argent, en prêtant à entreprises et particuliers au lieu de thésauriser. Mais pour le moment elle incite surtout Commerzbank à lui emboîter le pas.
POLITIQUE EN ÉCHEC
En Allemagne la BCE, déjà vertement critiquée pour son soutien jugé dispendieux et risqué aux pays de la zone euro, est très attaquée aussi sur ce point.
"Les taux punitifs sont l'aboutissement d'une politique monétaire en échec, qui a conduit depuis le début de la crise à rendre de moins en moins attractive l'épargne", s'est ému Lutz Goebel, président de la Fédération des entreprises familiales.
"Au lieu de mener à des investissements, la politique de taux négatifs de la BCE conduit à accroître la charge sur l'économie", pour Martin Wansleben, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK).
Les taux d'intérêt au plus bas - 0,05% pour le taux directeur de la BCE - sont problématiques pour tous les épargnants européens. Mais pour l'Allemagne encore plus, qui voue un culte à l'épargne. Ménages et entreprises préfèrent des placements à faible rendement mais stables, plutôt que d'investir sur les marchés actions ou obligataires.
En 2013, le pays affichait le taux d'épargne annuel le plus élevé d'Europe (16,2%), selon des chiffres Eurostat compilés par l'Office de l'épargne européenne.
La question est d'autant plus sensible que le pays a introduit depuis 2002 une forte dose de capitalisation dans son système de retraite et encourage la constitution d'épargne privée pour les vieux jours.
LES RETRAITES MENACÉES ?
Dès l'été le tabloïd Bild s'interrogeait en Une, faisant directement le lien avec la politique de Mario Draghi, le président de la BCE: "quelle proportion prendra la pauvreté des vieux?". Des bataillons de retraités allemands, de plus en plus nombreux, s'inquiètent que leurs économies ne rapportent plus rien, voire finissent elles aussi par être la cible de taux négatifs.
Une crainte qui s'est déjà en partie matérialisée en Thuringe (est), où une petite banque régionale, la Skatbank, applique des frais de 0,25% aux dépôts à vue des clients privés d'un montant supérieur à trois millions d'euro.
Commerzbank est la première grande banque européenne à répercuter le coût des décisions de la BCE sur ses clients, mais d'autres pourraient suivre dans les prochains mois, selon une source financière. Pourtant du côté des grandes banques espagnoles ou françaises interrogées par l'AFP, aucune n'envisage de tels taux négatifs pour le moment.
La fédération des banques privées allemandes se veut rassurante, soulignant que "la forte concurrence des instituts de crédits plaide contre l'idée de taux négatifs dans la banque de détail".
Pour autant, "les taux relèvent de la politique individuelle de chaque institut", ajoute-t-elle.
awp
Commerzbank, deuxième banque privée allemande, a provoqué une vague d'émoi en annonçant jeudi vouloir faire payer les clients - grandes entreprises et investisseurs institutionnels à ce stade - qui stockent au moins dix millions d'euros sur leurs comptes à vue.
"Un tabou a été brisé", titrait la chaîne allemande d'informations en continue n-tv, reprenant à son compte, comme beaucoup de médias du pays, l'expression de taux "punitifs".
De fait, l'idée de départ est bien celle d'une punition. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé en juin de faire payer les établissements bancaires qui stationnent de l'argent dans ses coffres. Elle a amené son "taux de dépôt marginal", le taux appliqué aux dépôts que les banques effectuent chez elle pour 24 heures, en territoire négatif pour la première fois de son histoire, à -0,10%, avant de l'abaisser encore à -0,20% en septembre.
La mesure doit inciter les instituts de crédit à faire circuler l'argent, en prêtant à entreprises et particuliers au lieu de thésauriser. Mais pour le moment elle incite surtout Commerzbank à lui emboîter le pas.
POLITIQUE EN ÉCHEC
En Allemagne la BCE, déjà vertement critiquée pour son soutien jugé dispendieux et risqué aux pays de la zone euro, est très attaquée aussi sur ce point.
"Les taux punitifs sont l'aboutissement d'une politique monétaire en échec, qui a conduit depuis le début de la crise à rendre de moins en moins attractive l'épargne", s'est ému Lutz Goebel, président de la Fédération des entreprises familiales.
"Au lieu de mener à des investissements, la politique de taux négatifs de la BCE conduit à accroître la charge sur l'économie", pour Martin Wansleben, directeur de la Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK).
Les taux d'intérêt au plus bas - 0,05% pour le taux directeur de la BCE - sont problématiques pour tous les épargnants européens. Mais pour l'Allemagne encore plus, qui voue un culte à l'épargne. Ménages et entreprises préfèrent des placements à faible rendement mais stables, plutôt que d'investir sur les marchés actions ou obligataires.
En 2013, le pays affichait le taux d'épargne annuel le plus élevé d'Europe (16,2%), selon des chiffres Eurostat compilés par l'Office de l'épargne européenne.
La question est d'autant plus sensible que le pays a introduit depuis 2002 une forte dose de capitalisation dans son système de retraite et encourage la constitution d'épargne privée pour les vieux jours.
LES RETRAITES MENACÉES ?
Dès l'été le tabloïd Bild s'interrogeait en Une, faisant directement le lien avec la politique de Mario Draghi, le président de la BCE: "quelle proportion prendra la pauvreté des vieux?". Des bataillons de retraités allemands, de plus en plus nombreux, s'inquiètent que leurs économies ne rapportent plus rien, voire finissent elles aussi par être la cible de taux négatifs.
Une crainte qui s'est déjà en partie matérialisée en Thuringe (est), où une petite banque régionale, la Skatbank, applique des frais de 0,25% aux dépôts à vue des clients privés d'un montant supérieur à trois millions d'euro.
Commerzbank est la première grande banque européenne à répercuter le coût des décisions de la BCE sur ses clients, mais d'autres pourraient suivre dans les prochains mois, selon une source financière. Pourtant du côté des grandes banques espagnoles ou françaises interrogées par l'AFP, aucune n'envisage de tels taux négatifs pour le moment.
La fédération des banques privées allemandes se veut rassurante, soulignant que "la forte concurrence des instituts de crédits plaide contre l'idée de taux négatifs dans la banque de détail".
Pour autant, "les taux relèvent de la politique individuelle de chaque institut", ajoute-t-elle.
awp
jeudi 17 juillet 2014
Zone euro: le Parlement européen donne son feu vert à l'euro en Lituanie
Strasbourg - Le Parlement européen a massivement approuvé mercredi l'entrée de la Lituanie dans la zone euro, dont elle deviendra le 19e membre le 1er janvier 2015.
L'introduction de la monnaie unique dans le petit pays balte a été approuvée par 545 voix pour, 116 contre et 34 abstentions. L'avis du Parlement sur cette question n'était que consultatif.
En juin, le processus avait déjà reçu le feu vert de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne, puis des ministres de la zone euro, lesquels avaient considéré que la Lituanie présentait un "degré élevé de convergence durable avec la zone euro" et qu'elle remplissait donc les conditions nécessaires.
L'ensemble des États membres de l'Union doit encore donner son feu vert le 23 juillet.
Vilnius voit l'euro comme un rempart contre la Russie et une manière de renforcer son poids politique en Europe. Pays balte de 3 millions d'habitants, membre de l'UE depuis 2004, la Lituanie rejoint ses voisines l'Estonie et la Lettonie, déjà dotées de l'euro depuis respectivement 2011 et 2014.
"L'Europe et l'euro constituent un havre de paix géopolitique", a souligné mardi devant le Parlement européen le jeune eurodéputé conservateur lituanien Gabrielius Landsbergis, petit-fils du père de l'indépendance lituanienne Vytautas Landsbergis.
"La population ressentira les effet positifs de l'euro, du fait de taux en baisse qui contribueront à la croissance, et aux investissements dont nous avons cruellement besoin", a souligné de son côté l'élue socialiste lituanienne Vilija Blinkeviciute.
Le rapporteur du texte, le conservateur allemand Werner Langen, a observé que la Lituanie présentait "un taux de change stable, une inflation basse malgré une dépendance énergétique en hausse, un endettement public réduit, un déficit limité", et tout cela "malgré la crise financière".
awp
mardi 24 juin 2014
UE: une monnaie commune ne suffit pas pour forger un destin commun
Rome - Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a insisté mardi sur une communauté de valeurs propres à l'Union européenne pour permettre sa relance, assurant qu'une monnaie commune ne suffisait pas à ce projet.
Il ne suffit pas d'avoir une monnaie, un président ou une source de financement en commun. Soit nous acceptons un destin et des valeurs en commun, soit nous perdons le rôle de l'Europe face à elle-même, a déclaré M. Renzi devant les députés italiens en illustrant le semestre de présidence italienne de l'UE qui débutera le 1er juillet.
Nous avons confié à la monnaie unique la tâche de construire l'Europe, mais cela ne suffit pas, a martelé le jeune leader, lançant à l'UE: soit nous acceptons d'avoir des valeurs communes soit vous gardez votre monnaie et vous nous laissez nos valeurs.
M. Renzi, qui a parlé près de 45 minutes, a lourdement insisté sur le côté humain, de communauté des valeurs et culturel de l'UE, en évoquant par exemple l'immigration ou le chômage des jeunes et des femmes, sans négliger pour autant l'aspect économique et politique.
L'Europe vit aujourd'hui un grand dilemme devant la question: qu'est-ce-que c'est l'Europe? L'Europe aujourd'hui c'est de l'ennui elle est submergée de chiffres et privée d'une âme, a-t-il dit.
Dans ce discours improvisé mais qu'il souhaitait faire voler haut, M. Renzi n'a pas voulu entrer dans la polémique sur les noms des futurs dirigeants européens, même s'il semble acquis que Rome soutiendra Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, préférant souligner la nécessité d'établir d'abord les lignes stratégiques de la politique européenne dans les années à venir.
La stabilité (financière, ndlr) sans croissance devient de l'immobilisme, a poursuivi M. Renzi abordant le volet économique de son discours, alors que Rome réclame davantage de souplesse dans l'interprétation des traités européens pour tenter de relancer une croissance anémique.
La politique économique et financière suivie jusqu'à présent a préservé l'euro mais n'a pas permis la croissance, a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement italien a très fermement souligné que Rome ne demandait pas de dépasser la limite des 3% de déficit budgétaire par rapport au PIB mais d'utiliser la marge de flexibilité qui existe dans les traités européens.
Evoquant le succès relatif des partis de droite et opposés à la construction européenne lors des récentes élections pour le parlement européen, M. Renzi a estimé que personne ne peut faire semblant de ne pas comprendre que ce résultat électoral est une sonnette d'alarme.
En partant de ce constat, il estime qu'une autoroute s'est ouverte devant l'UE pour relancer la croissance, principal moyen à ses yeux de combattre le scepticisme envers la construction communautaire.
awp
Il ne suffit pas d'avoir une monnaie, un président ou une source de financement en commun. Soit nous acceptons un destin et des valeurs en commun, soit nous perdons le rôle de l'Europe face à elle-même, a déclaré M. Renzi devant les députés italiens en illustrant le semestre de présidence italienne de l'UE qui débutera le 1er juillet.
Nous avons confié à la monnaie unique la tâche de construire l'Europe, mais cela ne suffit pas, a martelé le jeune leader, lançant à l'UE: soit nous acceptons d'avoir des valeurs communes soit vous gardez votre monnaie et vous nous laissez nos valeurs.
M. Renzi, qui a parlé près de 45 minutes, a lourdement insisté sur le côté humain, de communauté des valeurs et culturel de l'UE, en évoquant par exemple l'immigration ou le chômage des jeunes et des femmes, sans négliger pour autant l'aspect économique et politique.
L'Europe vit aujourd'hui un grand dilemme devant la question: qu'est-ce-que c'est l'Europe? L'Europe aujourd'hui c'est de l'ennui elle est submergée de chiffres et privée d'une âme, a-t-il dit.
Dans ce discours improvisé mais qu'il souhaitait faire voler haut, M. Renzi n'a pas voulu entrer dans la polémique sur les noms des futurs dirigeants européens, même s'il semble acquis que Rome soutiendra Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission, préférant souligner la nécessité d'établir d'abord les lignes stratégiques de la politique européenne dans les années à venir.
La stabilité (financière, ndlr) sans croissance devient de l'immobilisme, a poursuivi M. Renzi abordant le volet économique de son discours, alors que Rome réclame davantage de souplesse dans l'interprétation des traités européens pour tenter de relancer une croissance anémique.
La politique économique et financière suivie jusqu'à présent a préservé l'euro mais n'a pas permis la croissance, a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement italien a très fermement souligné que Rome ne demandait pas de dépasser la limite des 3% de déficit budgétaire par rapport au PIB mais d'utiliser la marge de flexibilité qui existe dans les traités européens.
Evoquant le succès relatif des partis de droite et opposés à la construction européenne lors des récentes élections pour le parlement européen, M. Renzi a estimé que personne ne peut faire semblant de ne pas comprendre que ce résultat électoral est une sonnette d'alarme.
En partant de ce constat, il estime qu'une autoroute s'est ouverte devant l'UE pour relancer la croissance, principal moyen à ses yeux de combattre le scepticisme envers la construction communautaire.
awp
mercredi 4 juin 2014
L'UE donne son feu vert à la Lituanie pour entrer dans l'euro en 2015
Bruxelles - La Commission européenne et la Banque centrale européenne ont donné mercredi leur feu vert pour l'entrée dans l'euro en janvier 2015 de la Lituanie, qui deviendra le 19e membre de la zone.
La décision doit être encore soumise aux dirigeants européens, puis validée par les ministres des Finances mi-juillet. Le Parlement aura également son mot à dire.
Le commissaire européen chargé des affaires économiques, Olli Rehn, a salué la politique budgétaire et les réformes économiques sérieuses de la Lituanie. Ces efforts ont conduit à une augmentation impressionnante de la prospérité des citoyens lituaniens, a-t-il ajouté.
Nos efforts et le travail que nous avons fournis ont été salués, s'est félicité de son côté le Premier ministre lituanien, Algirdas Butkevicius, qui voit dans ce feu vert une étape vers une croissance plus rapide, ainsi qu'une vie meilleure pour tous les habitants du pays.
Compte tenu des développements à nos frontières, l'adoption de l'euro prend encore plus d'importance. C'est un pas supplémentaire vers plus de sécurité au niveau économique, financier et politique, a-t-il ajouté, sans mentionner directement les tensions avec la Russie.
Vilnius voit l'euro comme un rempart contre la Russie et une manière de renforcer son poids politique en Europe. Pays balte de 3 millions d'habitants, membre de l'UE depuis 2004, la Lituanie suit dans la voie de l'euro l'Estonie et la Lettonie voisine, déjà membres de l'euro depuis respectivement 2011 et 2014.
La décision annoncée mercredi n'est qu'un début, a réagi le ministre lituanien des Finances, Rimantas Sadzius. Nous devons nous assurer que cette nouvelle sera bien accueillie par la population et que le passage à l'euro se fera en douceur.
awp
lundi 14 avril 2014
L'euro anormalement fort selon le gouverneur de la Banque de France et le ministre français des Finances
PARIS - Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer et le ministre français des Finances Michel Sapin ont tous deux jugés lundi que le niveau actuel de l'euro était anormalement fort compte tenu de la situation économique de la zone euro.
L'euro est anormalement fort compte tenu de la position de la zone euro dans le cycle économique et de son retard dans la reprise de la croissance par rapport à d'autres, a déclaré M. Noyer, dans une interview publiée lundi par le quotidien Le Figaro, en marge des réunions du G7 à Washington.
Une position partagée par le ministre français des Finances, Michel Sapin: l'euro trop fort aujourd'hui, est un frein à la croissance de la France, a-t-il assuré sur l'antenne de la radio Europe 1.
Il a appelé de ses voeux un euro qui doit être à un bon niveau, l'euro étant aujourd'hui à un niveau anormalement fort.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a assuré samedi que la BCE pourrait décider d'une action monétaire si l'euro continuait de s'apprécier.
Lors de sa déclaration de politique générale mardi, le nouveau Premier ministre français Manuel Valls s'était déjà dit opposé à un euro trop fort qui pénalise, selon lui, les entreprises.
Selon le gouverneur de la Banque de France, cette situation est particulièrement préjudiciable pour l'économie française du fait de son problème de compétitivité qu'il faut absolument traiter.
La France a pris du retard par rapport à l'Italie et surtout à l'Espagne qui ont fait des ajustements de leurs coûts de production, a-t-il ajouté.
Christian Noyer estime cependant que si cette baisse est souhaitable, il est plus facile de l'invoquer que de l'orchestrer, réfutant le rôle de la politique monétaire de la BCE comme explication de cette hausse.
Le niveau des taux européens est aujourd'hui inférieur aux taux américains, sur pratiquement toutes les échéances et notamment à long terme. Les différentiels de taux d'intérêt ne sont pas à l'origine de ce qui se passe sur le marché des changes, a-t-il assuré.
S'exprimant par ailleurs sur les risques de déflation dans la zone euro, M. Noyer a assuré que si la période d'inflation basse devait durer plus longtemps que prévu, nous avons à notre disposition de nombreux instruments pour y remédier.
L'opinion publique et les marchés savent que nous ferons ce que nous devons pour que l'inflation remonte vers sa cible de 2%, a-t-il conclu.
awp
L'euro est anormalement fort compte tenu de la position de la zone euro dans le cycle économique et de son retard dans la reprise de la croissance par rapport à d'autres, a déclaré M. Noyer, dans une interview publiée lundi par le quotidien Le Figaro, en marge des réunions du G7 à Washington.
Une position partagée par le ministre français des Finances, Michel Sapin: l'euro trop fort aujourd'hui, est un frein à la croissance de la France, a-t-il assuré sur l'antenne de la radio Europe 1.
Il a appelé de ses voeux un euro qui doit être à un bon niveau, l'euro étant aujourd'hui à un niveau anormalement fort.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a assuré samedi que la BCE pourrait décider d'une action monétaire si l'euro continuait de s'apprécier.
Lors de sa déclaration de politique générale mardi, le nouveau Premier ministre français Manuel Valls s'était déjà dit opposé à un euro trop fort qui pénalise, selon lui, les entreprises.
Selon le gouverneur de la Banque de France, cette situation est particulièrement préjudiciable pour l'économie française du fait de son problème de compétitivité qu'il faut absolument traiter.
La France a pris du retard par rapport à l'Italie et surtout à l'Espagne qui ont fait des ajustements de leurs coûts de production, a-t-il ajouté.
Christian Noyer estime cependant que si cette baisse est souhaitable, il est plus facile de l'invoquer que de l'orchestrer, réfutant le rôle de la politique monétaire de la BCE comme explication de cette hausse.
Le niveau des taux européens est aujourd'hui inférieur aux taux américains, sur pratiquement toutes les échéances et notamment à long terme. Les différentiels de taux d'intérêt ne sont pas à l'origine de ce qui se passe sur le marché des changes, a-t-il assuré.
S'exprimant par ailleurs sur les risques de déflation dans la zone euro, M. Noyer a assuré que si la période d'inflation basse devait durer plus longtemps que prévu, nous avons à notre disposition de nombreux instruments pour y remédier.
L'opinion publique et les marchés savent que nous ferons ce que nous devons pour que l'inflation remonte vers sa cible de 2%, a-t-il conclu.
awp
vendredi 27 décembre 2013
La Lettonie passe à l'euro le 1er janvier
Riga - La Lettonie, élève modèle de l'Union Européenne avec ses taux de croissance à faire pâlir ses voisins, s'apprête à adopter l'euro le 1er janvier, imperturbable face à une opinion publique réticente.
Ce pays balte de 2 millions d'habitants deviendra le 18e membre de la zone euro et le 4e pays ex-communiste de l'Europe centrale et orientale à adopter la monnaie commune après la Slovénie en 2007, la Slovaquie en 2009 et l'Estonie en 2011.
La Lituanie voisine devrait suivre le mouvement en 2015, les trois pays baltes - trois anciennes républiques soviétiques - seront alors tous dans l'euro.
Avec une hausse annuelle de son PIB de plus de 5% en 2011 et 2012, la Lettonie, membre de l'UE depuis 2004, caracole en tête du bloc des 28 et devrait continuer en 2013 avec une croissance de plus de 4%.
Mais elle a payé le prix fort pour redresser ses finances et se plier aux critères de Maastricht, avec une cure d'austérité drastique pour s'extirper de la plus profonde récession au monde, ayant entrainé une chute de son PIB de près d'un quart en 2008-2009.
Aujourd'hui, le Premier ministre Valdis Dombrovskis fait valoir que l'adhésion à l'euro aidera l'économie lettone en facilitant les échanges et en renforçant la confiance des investisseurs.
Mais il peine à convaincre ses compatriotes qui redoutent que l'abandon de leur devise nationale, le lats, ne provoque une flambée des prix.
Seulement 20% des Lettons soutiennent le passage à l'euro et 58% y sont opposés, selon les sondages.
PASSAGE EN DOUCEUR?
Le ministre letton des Finances, Andris Vilks, assure que le passage à l'euro va se faire en douceur.
"Je ne pense pas qu'il y aura des problèmes importants. Nous avons beaucoup appris de l'exemple de l'Estonie où les prix n'ont augmenté que de 0,2% ou 0,3%", lors de l'adoption de l'euro en 2011, a-t-il déclaré récemment à la télévision.
Mais les prestataires de services sociaux ne se montrent pas aussi confiants.
"Notre département des finances est préparé. Je pense qu'il faudra trois ou quatre mois pour mesurer l'impact, mais nous avons des plans pour aider les gens - en particulier les personnes âgées - s'il y a des problèmes", dit à l'AFP Diana Indzere, chef des services sociaux dans la petite ville de Sigulda, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Riga.
Leonara Timofejeva, 56 ans, qui habite avec son fils de 25 ans près du village de Krivi au nord de Riga, fait partie de ceux qui estiment que l'euro ne va pas rendre la vie plus facile.
"Tout le monde s'attend à ce que les prix augmentent en janvier", dit-elle à l'AFP.
Elle avoue ne pas s'habituer à l'affichage des prix en euros et en lats, obligatoire depuis octobre. "Je pense aux prix en lats, alors quand je vois le prix du lait en euros, ça me semble cher", dit-elle, sachant qu'un euro s'échange pour 0,7 lats.
Leonora assure l'entretien des tombes du petit cimetière local et gagne le salaire minimum (284 euros par mois).
Son fils, Arkadijs, vit de petits boulots. Pour lui, l'adoption de l'euro n'est qu'un exemple de plus des changements subis par la Lettonie depuis l'effondrement du bloc soviétique en 1991.
"Depuis que je suis né, ce sera la quatrième fois que nous changeons de devise (le rouble soviétique, le rouble letton, le lats et l'euro). J'espère que l'euro va durer, mais qui sait, peut-être qu'il va falloir à nouveau en changer un jour", commente-t-il.
Leur voisine, Anita Dabola, 62 ans, qui habite avec sa famille dans une petite maison de bois, est plus positive. "Tout ce qui peut nous rapprocher de l'Ouest est une bonne chose", dit-elle, faisant allusion au grand voisin russe.
"Les pays baltes se souviennent qu'ils étaient occupés par l'Union Soviétique il y a à peine plus de 20 ans, donc tout ce qui peut les éloigner de cela est perçu comme un énorme avantage. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour se rapprocher du coeur de l'Union Européenne, afin d'éviter toute répétition de l'histoire", explique à l'AFP Witold Orlowski, analyste de PricewaterhouseCoopers.
awp
jeudi 7 février 2013
L'euro est trop fort pour l'économie française, pas pour l'allemande
Paris - La France, encore confrontée à un déficit commercial abyssal, redoute que la montée de l'euro ne vienne réduire à néant ses efforts de compétitivité, mais la valeur optimale de la monnaie unique varie selon les pays en raison des divergences au sein de la zone euro.
Le niveau de la monnaie européenne donne lieu à un débat, qui tourne au dialogue de sourds entre Paris et Berlin, avec la Banque centrale européenne (BCE) en juge de paix.
L'euro est "peut-être trop fort à certains égards", a estimé le ministre français des Finances Pierre Moscovici, inquiet pour les exportations hexagonales. Il "n'est pas surévalué" si on s'en tient à une "comparaison historique", a rétorqué le gouvernement allemand.
Le président de la BCE Mario Draghi a semblé donner raison à l'Allemagne en affirmant jeudi que le niveau de la monnaie unique était proche de sa moyenne de long terme.
L'euro tourne actuellement autour de 1,35 dollar, après avoir touché un sommet depuis 14 mois, à 1,3711 dollar. L'été dernier, il était environ 11% moins cher, autour de 1,22 dollar.
Et depuis ses origines en 1999, l'euro a varié de 0,82 à 1,60 dollar.
Pierre Moscovici lui-même reconnaît que les économistes sont "partagés" sur le fait de savoir si "l'euro est ou non surévalué".
En fait, le niveau optimal d'une devise dépend du contexte économique. Selon une étude de Morgan Stanley, la "juste valeur" de la monnaie européenne est de 1,33 dollar, tandis que Gilles Moëc, chef économiste de Deutsche Bank, fixe aujourd'hui à 1,37 dollar le "seuil de douleur" au-delà duquel la zone euro risque de perdre en compétitivité.
L'ALLEMAGNE PEUT SUPPORTER UN EURO À 1,53 USD
Mais il s'agit de références globales. C'est tout le problème de l'Union économique et monétaire (UEM), une zone monétaire aux réalités très disparates, surtout en phase de crise.
Ainsi, l'Allemagne peut supporter un euro valant 1,53 dollar selon les calculs de Morgan Stanley, voire jusqu'à 1,94 dollar d'après Deutsche Bank, tandis que la compétitivité française commence à pâtir lorsque sa monnaie dépasse 1,23 dollar. L'Italie est en position encore plus délicate, et la Grèce souffre dès que l'euro s'échange contre 1,07 dollar ou plus.
Paris estime d'ailleurs que si la devise européenne reste à son niveau actuel sur la durée, cela risque de coûter à sa croissance déjà atone 0,3 point de pourcentage.
D'où la difficulté d'établir une politique de change qui convienne à l'ensemble des 17 Etats de l'UEM.
Pire, selon l'ex-industriel Louis Gallois, auteur d'un rapport sur la compétitivité pour le gouvernement français, l'euro fort est "un élément de divergence et de dissolution de la solidarité industrielle européenne".
En effet, explique-t-il, les pays comme l'Allemagne, qui ont fait le pari de la qualité et peuvent fixer leurs prix sur les marchés étrangers, "ont bénéficié d'un euro fort qui réduisait le coût de leurs importations sans faire souffrir leur exportations". En revanche, "les pays exposés à la compétition par les prix - la France en fait partie - ont vu leur compétitivité durement remise en cause" par l'appréciation de la monnaie.
Pour Louis Gallois, "l'euro fort renforce les forts et affaiblit les faibles".
awp
mardi 29 mai 2012
Les Européens n'aiment pas l'euro, mais ne veulent pas l'abandonner
New York - "Je t'aime, moi non plus", c'est un peu le sentiment face à l'euro des habitants de cinq pays européens, dont la Grèce, deux ans après le début de la crise de la dette qui plombe l'économie du Vieux Continent, d'après un sondage publié par le "New York Times" (édition du 29 mai).
"Malgré les troubles financiers qui secouent l'Europe, une majorité des habitants des cinq pays sondés préfère garder la monnaie unique, de 52% en Italie à 71% en Grèce", d'après ce sondage réalisé également en Allemagne, France et Espagne par le projet Global Attitudes (comportements mondiaux) du Pew Research Center.
La Grèce, pays qui risque même de sortir de la zone euro, est l'exemple même de cette contradiction, écrit le New York Times: "c'est là que les sondés ont eu le plus tendance à dire que leur pays avait été affaibli par l'intégration européenne. Et leur soutien à l'euro y est le plus fort, selon l'enquête, peut-être une indication de la tendance de leur vote au moment où de nouvelles élections législatives sont prévues pour le 17 juin".
D'après Bruce Stokes, directeur des comportements économiques mondiaux du Pew Research Center, situé à Washington, c'est l'aversion au risque qui est le moteur de cette apparente contradiction: les gens "réalisent (qu'abandonner l'euro) serait un grand bond dans l'inconnu".
Le soutien aux programmes d'aides dans les pays les plus touchés par la crise a divergé d'une manière qui semble aller à l'encontre des idées préconçues: le sondage a mis en évidence que 49% des Allemands, pourtant réputés peu enclins à aider des pays qui ont été moins vertueux en matière de finances publiques, sont en faveur de ces programmes, en hausse par rapport aux 42% de réponse à la même question il y a un an.
En France, à l'inverse, le soutien à ces programmes d'aide a chuté à 44% contre 53 au printemps 2010.
"Il y a une connexion directe entre la perception de l'économie et la perception de l'intégration", remarque M. Stokes. "A présent les gens sont au milieu d'une économie qui décline et ils en sont très affectés, et cela semble influencer leur volonté de s'aider les uns les autres, ce qui n'est pas sans conséquences".
Malgré le quasi-effondrement de l'économie grecque, le pourcentage de Grecs qui pensent que l'euro est une bonne chose pour leur pays s'élève à 46%, le solde divisé à part à peu près égales entre "une mauvaise chose" et "ni l'un ni l'autre".
En Italie, seules 30% des personnes interrogées pensent que l'euro est "une bonne chose", et 31% en France.
Par comparaison, à l'automne 2011, l'Eurobaromètre de la Commission européenne trouvait que 53% des européens étaient en faveur de la monnaie unique, ce qui s'affichait déjà en baisse par rapport à 63% au printemps 2007, avant le début de la crise financière.
L'étude met aussi en évidence le fait que l'Allemagne est le pays le plus admiré de la zone et sa dirigeante, la chancelière Angela Merkel, la plus respectée, malgré son combat pour plus d'orthodoxie budgétaire en Europe. Le pays le moins admiré est la Grèce.
Le sondage a été réalisé entre le 17 mars et le 16 avril auprès de 1000 personnes environ dans chaque pays.
AWP
mardi 27 décembre 2011
Euro: 10 ans déjà, bilan mitigé
Paris - En dix ans d'existence, l'euro a dopé les échanges entre les pays qui l'ont adopté, contribué à juguler l'inflation, mais, faute de coordination des politiques économiques, n'a pas eu les effets escomptés sur la croissance, estiment les économistes interrogés par l'AFP.
Quels sont les bienfaits de la monnaie commune sur l'économie des Etats de la zone euro? En pleine crise de la dette, la question fait d'abord sourire.
"Des avantages' Oui, il doit bien y en avoir", ironise le chef économiste de la banque allemande Commerzbank, Jörg Krämer. "Ils ne sautent pas aux yeux aujourd'hui", renchérit Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cépii) en France.
L'actualité, toutefois, fait bien partie du bilan de l'euro. D'autant qu'elle a mis en exergue les lacunes de l'Union monétaire en matière de gouvernance et d'intégration économique.
Car en soi, la devise européenne n'a pas que des défauts.
Selon les études les plus récentes, elle a "stimulé les échanges entre les pays qui l'ont adoptée, pas énormément mais de l'ordre de 6%", relève Agnès Bénassy-Quéré.
Une autre conséquence majeure concerne l'inflation.
Economiste à l'Université Bocconi de Milan, Francesco Giavazzi rappelle que, dans un premier temps, "les entreprises dans les secteurs peu concurrentiels ont profité du passage à l'euro pour augmenter les prix".
Toutefois, souligne Agnès Bénassy-Quéré, ce sont surtout les achats fréquents comme le café ou la baguette qui ont été "arrondis vers le haut", et non les autres, donnant aux gens "la perception fausse que l'euro a fait monter les prix".
En réalité, "du point de vue de la stabilité des prix, le bilan est extrêmement positif", avec une inflation moyenne proche de 2%, explique l'économiste française.
"Les pays du sud de l'Europe ont importé une faible inflation, par rapport à leur tendance historique, c'est une grande avancée", enchaîne son collègue allemand.
La fin des risques de change a aussi renforcé l'intégration du marché européen.
Dans le même temps, et c'était aussi un des objectifs, les taux d'intérêt ont considérablement chuté, grâce à un alignement sur les pays les plus vertueux comme l'Allemagne, y compris pour des Etats habitués à emprunter au prix fort.
Et les taux d'intérêt réels, calculés en retranchant l'inflation, "ont baissé de manière encore plus significative", constate Jörg Krämer. Dans des pays qui ont conservé des taux d'inflation un peu plus élevés que la moyenne en raison d'un certain dynamisme économique, comme l'Espagne, cela s'est même traduit par des taux d'intérêt réels négatifs qui ont incité à l'endettement et entraîné une "bulle immobilière", ajoute-t-il.
"On s'attendait à ces divergences, dès lors que la politique monétaire est la même pour tous, les taux nominaux sont identiques mais les taux réels varient", explique Agnès Bénassy-Quéré.
Autre bienfait de l'euro, aux yeux de Francesco Giavazzi: avoir sevré les gouvernements accros aux dévaluations. "L'Italie a enfin abandonné l'idée qu'elle pouvait récupérer artificiellement ses retards de compétitivité par des dévaluations successives", se réjouit-il.
Du coup, poursuit l'universitaire italien, les Etats et les entreprises ont été confrontés "à leur vraie productivité" et les erreurs de politique économique "deviennent plus flagrants et plus coûteux" car "il n'y a plus le filet de la dévaluation".
Cela aurait dû, selon ces économistes, les inciter à faire des réformes structurelles pour libéraliser les marchés des produits et du travail. Ce qui n'a pas toujours été le cas.
"Par définition, les points énumérés sont positifs pour la croissance", souligne Jörg Krämer. "Mais les politiques n'ont pas respecté l'esprit des traités, en laissant entrer dans l'euro des pays comme l'Italie ou la Grèce qui ne remplissaient pas les critères", déplore l'économiste allemand.
Pour sa collègue française, "si l'euro n'a pas eu tous les avantages qu'on en attendait, c'est en grande partie à cause des gouvernements", car "ces dix premières années ont été un échec de la coordination des politiques économiques", une des sources principales de la crise actuelle.
AWP
vendredi 16 décembre 2011
Allemagne: les prix ont augmenté de 1,6% par an depuis que l'euro circule
FRANCFORT - Les prix ont augmenté de 1,6% en moyenne chaque année depuis l'introduction il y a dix ans des pièces et billets en euro en Allemagne, a indiqué vendredi l'institut fédéral de statistiques Destatis.
Publiée à l'occasion du dixième anniversaire de l'introduction physique de la monnaie unique, l'étude de Destatis ne permet pas de déterminer clairement si cette introduction a eu un effet sur les étiquettes.
L'inflation était ainsi plus élevée dans les dix années précédent l'euro fiduciaire (+2,2% en moyenne) mais cela reflète de fortes augmentations de prix au début des années 1990 après la Réunification allemande, selon Destatis.
A l'inverse, l'inflation annuelle a été plus faible (+1,4%) entre 1996 et 2001, que depuis que l'euro circule.
Depuis la création du Deutsche Mark en 1948 jusqu'à 2001, les prix ont grimpé en moyenne de 2,6% par an.
Depuis l'introduction de l'euro, les prix des matières premières (carburants et énergie surtout) ont alimenté l'inflation. Le fioul domestique et les carburants coûtaient 85% plus cher en novembre 2011 qu'en 2002 et l'électricité 66% plus cher.
A l'inverse, les loyers n'ont augmenté que de 12%.
L'inflation est calculée par Destatis sur la base de relevés mensuels des prix d'une sélection de produits témoins dans une sélection de magasins.
En Allemagne comme dans les autres pays de la zone euro, une hausse des prix avait été ressentie par les consommateurs sur de nombreux produits après l'introduction de l'euro, ce qui avait alimenté la nostalgie de l'ancienne monnaie, particulièrement forte pour le Deutsche Mark.
Les statistiques se basent sur un panier de biens qui ne correspond pas forcément au panier de biens subjectif du consommateur, qui a l'impression d'une inflation généralisée quand il s'aperçoit que les prix de certains produits ont augmenté, a déclaré à l'AFP Carl-Ludwig Thiele, membre du directoire de la Bundesbank, la Banque centrale allemande.
Les hausses de prix (observées après l'introduction de l'euro) n'ont pas toutes duré longtemps, les prix de certains produits ont même de nouveau reculé par la suite et d'autres ont même baissé par rapport au temps du Deutsche Mark, a-t-il ajouté en citant l'exemple des biens électroniques.
AFP
Publiée à l'occasion du dixième anniversaire de l'introduction physique de la monnaie unique, l'étude de Destatis ne permet pas de déterminer clairement si cette introduction a eu un effet sur les étiquettes.
L'inflation était ainsi plus élevée dans les dix années précédent l'euro fiduciaire (+2,2% en moyenne) mais cela reflète de fortes augmentations de prix au début des années 1990 après la Réunification allemande, selon Destatis.
A l'inverse, l'inflation annuelle a été plus faible (+1,4%) entre 1996 et 2001, que depuis que l'euro circule.
Depuis la création du Deutsche Mark en 1948 jusqu'à 2001, les prix ont grimpé en moyenne de 2,6% par an.
Depuis l'introduction de l'euro, les prix des matières premières (carburants et énergie surtout) ont alimenté l'inflation. Le fioul domestique et les carburants coûtaient 85% plus cher en novembre 2011 qu'en 2002 et l'électricité 66% plus cher.
A l'inverse, les loyers n'ont augmenté que de 12%.
L'inflation est calculée par Destatis sur la base de relevés mensuels des prix d'une sélection de produits témoins dans une sélection de magasins.
En Allemagne comme dans les autres pays de la zone euro, une hausse des prix avait été ressentie par les consommateurs sur de nombreux produits après l'introduction de l'euro, ce qui avait alimenté la nostalgie de l'ancienne monnaie, particulièrement forte pour le Deutsche Mark.
Les statistiques se basent sur un panier de biens qui ne correspond pas forcément au panier de biens subjectif du consommateur, qui a l'impression d'une inflation généralisée quand il s'aperçoit que les prix de certains produits ont augmenté, a déclaré à l'AFP Carl-Ludwig Thiele, membre du directoire de la Bundesbank, la Banque centrale allemande.
Les hausses de prix (observées après l'introduction de l'euro) n'ont pas toutes duré longtemps, les prix de certains produits ont même de nouveau reculé par la suite et d'autres ont même baissé par rapport au temps du Deutsche Mark, a-t-il ajouté en citant l'exemple des biens électroniques.
AFP
mercredi 14 décembre 2011
L'idée d'un retour au Mark est "absurde"
Francfort - L'idée d'un retour au Deutsche Mark, évoquée par certaines voix en Allemagne en raison de la crise traversée par la zone euro, est "absurde", juge le président de la Banque centrale allemande (Bundesbank) Jens Weidmann.
"Nous travaillons à ce que ce scénario n'existe pas", a ajouté le responsable monétaire allemand lors d'un entretien mardi soir à Francfort avec la presse et dont le contenu n'était pas publiable avant mercredi midi.
"Le scénario auquel nous travaillons avec la Banque centrale européenne (BCE) c'est celui d'un euro solide", a encore dit M. Weidmann, qui dans l'après-midi doit participer au ministère allemand des Finances à Berlin à une cérémonie pour les dix ans de l'introduction de l'euro (1er janvier 2002).
PAS DE PLAN B
"Il n'y a pas de plan B, pas d'imprimante dans les caves de la Bundesbank", a encore ironisé M. Weidmann pour qui "les seuls Deutsche Mark (existants) sont ceux exposés au Musée de la monnaie et ceux que les gens continuent de nous rapporter" pour les échanger contre des euros.
M. Weidmann a par ailleurs une nouvelle fois rejeté les appels des politiques et des économistes à une intervention de grande envergure de la BCE en faveur des Etats en difficulté de la zone.
"Il faut résoudre les causes du problème au lieu de chercher une option nucléaire", a-t-il dit, moquant par là le terme "bazooka" employé ces derniers temps par certains dirigeants européens et analystes.
LE FESF EST LÉGITIME
Pour M. Weidmann, c'est aux fonds de secours européens, le FESF mis en place au printemps 2010 et son futur successeur le MES, d'assurer le rôle d'aider les Etats en difficulté.
"Celui qui est légitime c'est le FESF. On peut discuter de la question des garanties dont il dispose, si elle sont suffisantes ou non mais pas de l'instrument" lui-même, a-t-il ajouté, estimant que le manque de succès de la stratégie suivie actuellement par la zone euro vient du fait "qu'à chaque sommet il y a une nouvelle idée discutée".
"Faisons d'abord ce qui a été décidé et ensuite on verra", a-t-il réclamé.
Pour M. Weidmann, la BCE a un rôle clair, "maintenir la stabilité monétaire" et une interdiction tout aussi claire: "financer les Etats".
"Respecter la frontière entre politique monétaire et budgétaire permet d'assurer l'indépendance" de l'institution monétaire de Francfort et "sa capacité à remplir son mandat", a-t-il poursuivi, soulignant que "faire face à la pression des politiques n'était pas chose facile" dans le contexte actuel.
Mais "la solidarité et les transferts ne peuvent être décidés que par les parlements démocratiquement élus et les gouvernements", et pas par la BCE, a-t-il encore dit.
AWP
dimanche 16 octobre 2011
Trichet: l'euro n'est pas menacé par la crise
PARIS - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a récusé dimanche l'idée que l'euro soit menacé par la crise de la dette, mais a plaidé pour une réforme des traités de l'UE pour empêcher que les dérapages d'un pays de la zone ne menacent les autres.
Demain, à mon avis, il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres, a déclaré en allusion à la Grèce M. Trichet, interrogé sur la radio française Europe 1 et la chaîne d'information continue i>TELE.
Il faut être capable de faire cela parce que c'est la leçon de la crise, a-t-il insisté.
Il a plaidé pour une réforme qui rendrait le Conseil européen capable d'imposer des décisions à un pays en dérapage sur la base d'une proposition de la Commission, avec des règles appropriées de majorité.
La leçon de la crise, c'est qu'il faut en effet aller plus loin que les recommandations, éventuellement avec (des) sanctions, a-t-il ajouté.
Au delà des mesures d'urgence sur lesquelles elle planche pour endiguer la contagion de la crise grecque, l'Europe, qui avait juré de ne plus revenir sur ses traités après les déboires du traité de Lisbonne, a donné récemment les premiers signes d'un possible revirement vers un nouveau changement de texte.
Les propos de M. Trichet s'inscrivent dans le sillage de ceux d'Angela Merkel, qui a donné le ton début octobre en affirmant lors d'une visite à Bruxelles que réviser les traités européens ne doit pas être un tabou.
Abondant dans le sens de la chancelière allemande, le président français Nicolas Sarkozy avait fait savoir le 8 octobre que Paris et Berlin proposeraient des modifications importantes des textes européens.
Il s'était également dit favorable à une plus grande intégration de la zone euro, sans préciser le contenu de sa pensée.
Dimanche, à un peu plus de deux semaines de son départ de la présidence de la BCE, qu'il s'apprête à céder à l'Italien Mario Draghi, Jean-Claude Trichet a assuré ne pas du tout croire que la zone euro soit menacée par la crise actuelle.
Je crois encore moins que l'euro lui-même en tant que monnaie soit le moins du monde menacé, a-t-il déclaré.
Il a insisté en revanche sur la nécessité pour tous les Européens d'être extrêmement vigilants en matière de finances publiques: tous les pays (de la zone) sans aucune exception doivent être extrêmement vigilants, tous les pays sans exception doivent être extrêmement prudents.
Le bon sens consiste à se protéger, à prémunir plutôt que guérir... Il est très important de surveiller attentivement les politiques budgétaires, a-t-il souligné.
Il dépend de nous que nous puissions avoir le moins de ralentissement de la croisssance, a ajouté le président de la BCE, au lendemain de la réunion des ministres des Finances du G20 à Paris.
AFP
Demain, à mon avis, il faut changer le traité pour être capable d'empêcher un membre de la zone euro de vagabonder et de créer des problèmes pour tous les autres, a déclaré en allusion à la Grèce M. Trichet, interrogé sur la radio française Europe 1 et la chaîne d'information continue i>TELE.
Il faut être capable de faire cela parce que c'est la leçon de la crise, a-t-il insisté.
Il a plaidé pour une réforme qui rendrait le Conseil européen capable d'imposer des décisions à un pays en dérapage sur la base d'une proposition de la Commission, avec des règles appropriées de majorité.
La leçon de la crise, c'est qu'il faut en effet aller plus loin que les recommandations, éventuellement avec (des) sanctions, a-t-il ajouté.
Au delà des mesures d'urgence sur lesquelles elle planche pour endiguer la contagion de la crise grecque, l'Europe, qui avait juré de ne plus revenir sur ses traités après les déboires du traité de Lisbonne, a donné récemment les premiers signes d'un possible revirement vers un nouveau changement de texte.
Les propos de M. Trichet s'inscrivent dans le sillage de ceux d'Angela Merkel, qui a donné le ton début octobre en affirmant lors d'une visite à Bruxelles que réviser les traités européens ne doit pas être un tabou.
Abondant dans le sens de la chancelière allemande, le président français Nicolas Sarkozy avait fait savoir le 8 octobre que Paris et Berlin proposeraient des modifications importantes des textes européens.
Il s'était également dit favorable à une plus grande intégration de la zone euro, sans préciser le contenu de sa pensée.
Dimanche, à un peu plus de deux semaines de son départ de la présidence de la BCE, qu'il s'apprête à céder à l'Italien Mario Draghi, Jean-Claude Trichet a assuré ne pas du tout croire que la zone euro soit menacée par la crise actuelle.
Je crois encore moins que l'euro lui-même en tant que monnaie soit le moins du monde menacé, a-t-il déclaré.
Il a insisté en revanche sur la nécessité pour tous les Européens d'être extrêmement vigilants en matière de finances publiques: tous les pays (de la zone) sans aucune exception doivent être extrêmement vigilants, tous les pays sans exception doivent être extrêmement prudents.
Le bon sens consiste à se protéger, à prémunir plutôt que guérir... Il est très important de surveiller attentivement les politiques budgétaires, a-t-il souligné.
Il dépend de nous que nous puissions avoir le moins de ralentissement de la croisssance, a ajouté le président de la BCE, au lendemain de la réunion des ministres des Finances du G20 à Paris.
AFP
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