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dimanche 15 mars 2015

Grèce : Schäuble n'exclut pas une sortie désordonnée de l'euro pour Athènes

Vienne - Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué ne pas pouvoir exclure une sortie désordonnée de la Grèce de la zone euro si Athènes ne parvenait pas à un accord avec ses bailleurs internationaux.

Interrogé par la télévision publique autrichienne ORF sur la possibilité d'un Grexident, une sortie désordonnée de l'euro pour la Grèce, M. Schäuble a déclaré tard jeudi : Nous ne pouvons pas l'exclure.

Dans la mesure où la Grèce seule a la responsabilité, la possibilité de décider ce qui se passe, et comme nous ne savons pas exactement ce que les responsables grecs font, nous ne pouvons pas l'exclure, a déclaré le responsable allemand, tenant d'une ligne dure envers Athènes.

L'Europe est prête à aider la Grèce, mais la Grèce doit se laisser aider, a-t-il souligné.

Jeudi soir, lors d'un forum organisé à Vienne, le ministre autrichien des Finances, Hans Jörg Schelling s'était inquiété de la possibilité d'une sortie en catastrophe de l'euro pour Athènes, estimant que l'inexpérience politique des nouveaux dirigeants grecs augmente le risque d'un possible accident.

Participant à ce forum, M. Schäuble avait souligné qu'à ses yeux la Grèce n'est en aucun cas un cas désespéré.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a accueilli vendredi matin à Bruxelles le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, pour de nouvelles discussions, a totalement exclu un échec dans ce dossier, tout en déplorant un manque de progrès.

Interrogée vendredi lors d'une conférence de presse, une porte-parole du ministère des Finances a mis en garde contre une sur-interprétation des propos de M. Schäuble. Pour clarifier les choses, notre désir est de renforcer la zone euro. Nous ne souhaitons pas une sortie de la Grèce, a-t-elle souligné.

Mais il est important de souligner que maintenant la balle est dans le camp de la Grèce qui doit tenir ses engagements de réformes comme il a été convenu, a-t-elle ajouté. Il est aussi important de souligner qu'il n'y a pas de chèque en blanc, le principe qui prévaut est celui d'une aide en échange de contre-parties.

Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a souligné aussi vendredi que le dossier de l'aide à la Grèce n'était pas une question bilatérale entre Athènes et Berlin mais un dossier européen. Quant à l'attitude de son pays, il a souligné : nous voulons être un bon ami et partenaire de la Grèce et je crois que ce que l'Allemagne a entrepris ces dernières années dans la crise européenne en témoigne.





awp

lundi 23 décembre 2013

Schäuble appelle le Parlement européen à ne pas ralentir l'union bancaire

Berlin - Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a appelé le Parlement européen à ne pas ralentir le projet d'union bancaire, pour qu'il puisse être adopté en début d'année prochaine, dans un entretien à l'édition dominicale du Frankurter Allgemeine Zeitung.

"Je suis très satisfait de ce qui a été décidé sur l'union bancaire. Maintenant c'est au Parlement européen de prendre ses responsabilités pour que nous puissions boucler la législation européenne avant les prochaines élections européennes en mai" 2014, a déclaré le ministre, selon un extrait de l'interview envoyée samedi par le journal.

Les ministres des Finances européens étaient parvenus mercredi soir à un accord majeur sur l'union bancaire, un projet complexe destiné à éviter une nouvelle crise de la zone euro.

Cet accord doit permettre la création d'un mécanisme unique de résolution, chargé d'organiser la faillite éventuelle des banques de la zone euro.

Mais le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, avait promis jeudi "de très longues négociations" avec les députés européens, jugeant le texte "inquiétant" et "très éloigné" des ambitions des députés européens.

M. Schulz avait notamment critiqué la complexité du mécanisme proposé: création d'un fonds commun abondé par les banques, destiné à financer d'éventuelles liquidations, et une "autorité de résolution" chargée de prendre les décisions, sous l'autorité toutefois, en dernier recours, des gouvernements nationaux.

Pour M. Schulz, il serait "inacceptable" que le Parlement perde ses prérogatives législatives au profit d'un mécanisme purement intergouvernemental.






awp

lundi 13 mai 2013

Union bancaire: Schäuble propose une approche "en deux temps"


Berlin - Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a appelé dans une tribune publiée lundi à mettre en place un mécanisme de résolution bancaire européen "en deux temps", en s'appuyant au départ sur les systèmes existant dans certains pays.

Les traités européens "ne suffisent pas à ancrer dans la loi "de manière indéfectible une autorité centrale forte de résolution", écrit le ministre dans le Financial Times, dans une tribune destinée de toute évidence à mettre au clair la position allemande.

Une telle institution est censée superviser de manière ordonnée le démantèlement des banques en faillite, dans le cadre de l'union bancaire que les pays de la zone euro et un certain nombre de leurs partenaires de l'UE sont en train de mettre sur pied.

En attendant de pouvoir réaliser les changements de traité nécessaires, ce qui "prend du temps", M. Schäuble propose de s'appuyer sur "un réseau d'autorités nationales", et d'utiliser les fonds que certains pays, dont l'Allemagne, ont déjà mis en place pour venir en aide aux banques en difficultés.
La Commission européenne doit présenter une directive en ce sens le mois prochain.

"Cela serait une union bancaire à la charpente en bois, pas en acier", reconnaît le ministre, "mais cela remplirait son office et laisserait le temps de créer la base légale pour notre objectif à long terme, une véritable union bancaire européenne supra-nationale".


LA FRANCE POUR DÈS LE DÉBUT

Interrogé à son arrivée à Bruxelles à une réunion des ministres des Finances de la zone euro, son homologue français Pierre Moscovici a estimé que M. Schäuble "n'est en rien un frein" et qu'il "soulève une difficulté".

"La France, depuis le début, plaide pour une union bancaire globale et qu'on avance vite", a-t-il cependant ajouté. "Nous devons aller le plus loin possible dans le cadre des traités existants et envisager ensuite un changement de traité, mais nous pouvons aller très loin dans le cadre des traités existants", a-t-il insisté.

"Je ne vois pas ce qui pourrait nous empêcher de faire des progrès vers l'union bancaire", a déclaré de son côté le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Quant au Luxembourgeois Luc Frieden, il a estimé que le fait d'"attendre la révision des traités ne semble pas être la bonne voie à suivre, car cela signifie qu'on introduit la supervision au niveau européen mais que s'il y a un problème, ce sont quand même les Etats qui paient". Pour lui, "tout cela doit évoluer en même temps".

Le porte-parole de M. Schäuble, Martin Kotthaus, a précisé lors d'une conférence de presse: "Nous ne trouvons pas dans les traités de base juridique pour une institution" de restructuration des banques, or "nous avons besoin de règles claires comme de l'eau de roche".


PERSONNE NE VEUT D'INCERTITUDE JURIDIQUE

La semaine dernière, M. Kotthaus avait déclaré qu'il était déjà possible de "faire beaucoup" dans le cadre des traités actuels en matière de résolution bancaire, sur une base nationale, et avait rejeté les accusations récurrentes faites à Berlin de vouloir bloquer le processus. "Non seulement nous n'appuyons pas sur la pédale de frein, mais nous accélérons", avait-il dit.

Selon M. Kotthaus, "personne ne veut cette incertitude" juridique, qui permettrait par exemple à d'éventuels plaignants d'avoir raison en justice s'ils venaient à attaquer la nouvelle autorité chargée de restructurer les banques.

"La résolution est un mécanisme violent qui peut entraîner des recours", a insisté lundi une source gouvernementale et "un mécanisme de résolution basé sur une autorité centrale ne passera pas les autorités constitutionnelles de certains pays, à cause de l'interférence colossale sur les finances nationales".

De source gouvernementale allemande, avec la procédure par étapes défendue par M. Schäuble, la zone euro pourra aller plus vite tout en évitant certains écueils judiciaires.

"Ce mécanisme ne dépend pas de l'existence d'une autorité centrale de résolution", a insisté cette source, jugeant que parfois "à vouloir aller vite, on crée des attentes et des déceptions".

Elle a par ailleurs souligné que le cas de la supervision bancaire, confiée à la Banque centrale européenne (BCE) et qui ne devrait pas démarrer avant juillet 2014, avait été "moins compliqué" car "les lois nationales sont déjà harmonisées".







awp

lundi 16 janvier 2012

Schäuble et Merkel résolument contre la hausse des garanties du FESF

Francfort - Le gouvernement allemand a exclu lundi de manière catégorique toute augmentation des garanties apportées au fonds de secours européen FESF par les membres de la zone euro, dictée par la dégradation de la note de neuf pays de la région.

Le gouvernement allemand n'a aucune raison de penser que le volume des garanties du FESF ne suffirait pas à remplir ses obligations, a dit le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, lors d'un point presse.

Mme Merkel avait déjà fait des déclarations en ce sens dès le week-end.

Les garanties apportées au FESF suffisent largement pour ce qu'il a à faire au cours des prochains mois, a déclaré pour sa part le ministre des Finances Wolfgang Schäuble dans un entretien à la radio Deutschlandfunk.

Il a souligné que le FESF a dû déjà payer des taux plus élevés lors de ses dernières émissions. Ce qui signifie que cela ne dépend donc pas seulement de la notation des pays qui s'en portent garants.

M. Seibert a lui rappelé que les Européens avaient décidé d'avancer à cette année l'entrée en vigueur du fonds de secours permanent en zone euro, le MES, qui lui est moins dépendant des agences de notation, en raison d'une structure de capital différente.

La capacité de prêts de l'actuel fonds temporaire FESF est de 250 milliards d'euros environ sur une enveloppe initiale de 440 milliards, un montant insuffisant s'il fallait venir en aide à un pays comme l'Italie.

En conséquence, la zone euro avait décidé à l'automne d'augmenter sa force de frappe en mettant sur pied un système de garantie partielle des prêts aux pays fragiles de l'Union monétaire. Ce système doit cependant attirer des investisseurs du monde entier pour fonctionner, ce qui n'est pas le cas jusqu'ici.

Avec la dégradation de la note de neuf Etats de la zone euro par l'agence de notation américaine Standard and Poor's, dont celle de la France qui a perdu son triple A, la meilleure note possible, certains craignent de voir le FESF aussi perdre son triple A et certaines voix réclament qu'il soit donc renforcé.

M. Schäuble a par ailleurs une nouvelle fois réclamé de revoir à la baisse l'influence des agences de notation et de ramener leur rôle à ce qu'il est réellement, rappelant que l'Union européenne travaillait à des règles de transparence à leur égard.

Le ministre, qui estime comme de nombreux responsables politiques européens que les dégradations par S&P sont arrivés à contre-temps alors que l'Union européenne et la zone euro sont sur le point de signer un pacte budgétaire plus sévère et que de nombreux pays ont adopté des plans d'austérité, a aussi émis le soupçon que les agences de notation étaient guidées par la compétition qu'elles se livrent pour attirer l'attention publique.

Dans son communiqué vendredi, plus que l'absence de mesures d'économie c'est au contraire leur multiplication que S&P a mis en avant pour expliquer sa décision de dégradation.

Cette critique est infondée, a répliqué M. Seibert, en rappelant que le gouvernement allemand avait identifié dès le départ deux racines du mal en ce qui concerne la crise de l'euro, à savoir d'une part le problèmes des finances publiques, et de l'autre celui de la perte de compétitivité de certains pays.






AFP



mardi 27 septembre 2011

Schäuble juge "stupide" l'idée de renflouer le FESF et rétorque à Obama


Berlin  - Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a qualifié mardi d'"idée stupide" l'hypothèse d'un renflouement du fonds de secours de la zone euro, estimant que cela "n'a pas de sens".

Visiblement remonté, il a aussi vertement rétorqué à ses partenaires et notamment au président américain Barack Obama qui avait critiqué la lenteur des européens à résoudre la crise qui secoue la zone euro.

"Contrairement à ce que pense (Barack) Obama, je ne pense pas que "les problèmes de l'Europe soient la cause des problèmes des Etats-Unis", a déclaré M. Schäuble, renvoyant Washington à ses propres déficits et à son chômage qui stagne.

Il n'a pas épargné non plus la Commission européenne dans ses critiques.

Les Européens discutent manifestement d'une augmentation de la "force de frappe" du fonds de secours européen (FESF) mis en place au printemps 2010 pour venir en aide aux pays en difficulté de la zone euro.

Certaines rumeurs ont fait état d'un plan pour ramener sa capacité de prêt à 2000 milliards d'euros, une hypothèse réfutée par plusieurs responsables européens.

"Si nous augmentons le volume, et je ne comprends pas comment quiconque à la Commission (européenne) peut avoir une idée aussi stupide, le résultat serait que les Etats membres mettraient en danger leur notation AAA. Cela ne marche pas, cela n'a pas de sens", a dit le ministre lors d'une conférence à Berlin.

Le FESF qui émet lui-même de la dette sur le marché pour fournir des crédits aux pays à la peine a une notation AAA, la meilleure possible. C'est parce que ses émissions de dette sont garanties par les Etats membres dont six sur 17 -dont l'Allemagne et la France- bénéficient également de cette meilleure note attribuée par les agences de notation.

Mais faire participer les Etats au fonds dans une beaucoup plus large mesure mettrait en danger la notation de certains pays, la France notamment et par ricochet la solvabilité du fonds lui-même serait menacée.

La ministre espagnole de l'Economie Elena Salgado a déclaré mardi qu'une augmentation du fonds "n'était pas sur la table.

"Il faudrait renforcer" le FESF mais cela ne passera pas "nécessairement" par une augmentation de ses capacités de prêts, a-t-elle déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision TVE.


Quand le premier renforcement du fonds, en cours d'approbation dans les capitales européennes, aura été avalisé par tous, "nous devrons penser au moyen de l'utiliser de la manière la plus efficace dans le respect des traités et conformément à nos convictions", a ajouté M. Schäuble.

Les députés allemand doivent voter jeudi sur l'élargissement du FESF et "il est très difficile de convaincre les membres du parlement", a dit le ministre ajoutant que les discussions sur un prochain renforcement ne l'aidaient pas à cet égard.

"J'espère que le président de la Commission européenne (José Manuel Barroso) fera un discours sage devant le parlement européen" mercredi, a poursuivi M. Schäuble, laissant entendre qu'il contribuerait ainsi à éviter d'attiser les spéculations.


AWP