Bonjour

Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.




Affichage des articles dont le libellé est crise européenne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est crise européenne. Afficher tous les articles

vendredi 11 juillet 2014

Portugal, crise de la BES: le gouvernement joue l'apaisement

Lisbonne - Sous pression, les autorités du Portugal ont multiplié vendredi les signes d'apaisement afin d'enrayer la crise de la plus grande banque privée du pays, un message entendu par les marchés qui se remettaient doucement des frayeurs subies la veille.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a écarté le scénario d'une intervention publique pour venir en aide à la banque BES, exposée aux graves difficultés financières du reste du groupe Espirito Santo.

"Il n'y a aucune raison pour que l'État intervienne dans une banque qui a des fonds propres solides et qui dispose d'une marge confortable pour faire face à toute éventualité, même la plus adverse", a-t-il assuré.

En clair, la banque pourrait tenir le choc d'un éventuel défaut de paiement d'une des nombreuses sociétés de l'empire Espirito Santo, dont l'image a été ternie par la découverte de pertes de 1,3 milliard d'euros dissimulées par la holding Espirito Santo International (ESI).

"Les épargnants ont toutes les raisons de faire confiance à la BES quant à la sécurité de leurs économies", a insisté M. Passos Coelho.

En dernier ressort, le gouvernement peut toujours compter sur 6,4 milliards d'euros non utilisés de l'enveloppe de 12 milliards d'euros prévue pour la recapitalisation des banques dans le cadre du plan de sauvetage du Portugal, qui a pris fin en mai dernier.

Peu avant, la Banque du Portugal s'est elle aussi employée à rassurer épargnants et investisseurs, en affirmant que "la BES possède des réserves financières suffisantes pour absorber un éventuel impact négatif de son exposition à la branche non financière du groupe Espirito Santo".

La cotation du titre de la BES, suspendu jeudi après avoir plongé de 17,24%, a repris en milieu de matinée à la Bourse de Lisbonne et rebondissait de 4,91% à 12H10 GMT après un bref passage dans le rouge. En chute de 4,18% la veille, la place lisboète progressait de 2,3%.

La Commission européenne a également volé au secours du Portugal. "Le système financier portugais a été nettement renforcé au cours des dernières années grâce à sa recapitalisation", a déclaré un porte-parole.


MATELAS FINANCIER

Une certaine accalmie était de retour sur les marchés européens vendredi, secoués jeudi en raison des craintes d'une contagion de la crise de la BES aux autres pays fragiles de la zone euro.

Sur le marché de la dette, le taux d'emprunt du Portugal à dix ans reculait à 3,879% contre 3,985% la veille, une détente également perceptible pour l'Espagne et l'Italie.

"La Banque du Portugal, qui a annoncé que la BES avait les moyens de faire face aux difficultés de son groupe, a rassuré le marché et calmé le jeu", a relevé Nordine Naam, stratégiste chez Natixis.

Les marchés boursiers semblaient, eux aussi, rassérénés, mais restaient "prudents sur la situation au Portugal", commentaient les analystes de ETX Capital.

Soucieux de freiner la chute de la BES, le gendarme de la Bourse portugaise a décidé d'interdire pendant la journée de vendredi la vente à découvert du titre, un mécanisme spéculatif qui consiste à parier sur la baisse d'une action.

La cotation a repris après la diffusion dans la nuit de jeudi à vendredi d'un communiqué dans lequel la BES a chiffré à 1,18 milliard d'euros son exposition directe au reste du groupe Espirito Santo, dont la solvabilité a cristallisé les inquiétudes des marchés.

La BES a reconnu avoir placé auprès de ses clients 853 millions d'euros de titres de dette des autres sociétés du groupe. Et elle a surtout assuré que son matelas financier, soit 2,1 milliards d'euros, était supérieur à son exposition directe et indirecte au groupe.

Un chiffre qui semblait convaincre les experts: "la situation d'Espirito Santo ne constitue pas une menace pour l'ensemble du système bancaire", jugent les analystes de Barclays.







awp

mardi 10 juin 2014

Grèce: la baisse des prix s'accélère en mai

Athènes - Les prix à la consommation en Grèce, en baisse depuis plus d'un an, ont accéléré leur glissade en mai, reculant de 2% sur un an alors que la BCE tente de prévenir la généralisation de cette déflation à l'ensemble de la zone euro, a annoncé mardi l'Autorité grecque des Statistiques (Elstat).

En avril et en mars, la baisse des prix s'était établie 1,3%.

Sur un mois, par rapport à avril, l'indice des prix à la consommation a baissé de 0,8%

Entre avril et mai, la plus forte baisse concerne le secteur de l'habillement (-8,9%). Une baisse des prix de 1% a été enregistrée dans le secteur de l'alimentation et des boissons non alcoolisées.

Dans ces deux secteurs, la réduction des prix a été particulièrement patente sur un an avec -9,4% pour l'habillement, -2,9% pour l'alimentation. Les seuls secteurs où l'inflation a été positive sur un an sont l'alcool et le tabac (+1,6%) et la santé (+2,1%).

Soumise à une politique d'austérité drastique, la Grèce est en récession depuis 2008, ce qui a entraÎné une chute du pouvoir d'achat, après des coupes importantes sur les salaires et les retraites, et une baisse des prix à la consommation apparue en mars 2013, une première depuis 45 ans.

Sur l'année 2013, les prix ont baissé de 0,9%, après un taux moyen d'inflation de 1% en 2012 et 3,1% en 2011.

Mais le retour du pays en avril sur les marchés d'emprunt, avec l'émission d'une obligation d'environ trois mrd EUR sur cinq ans, une première depuis quatre ans, est "la preuve", selon le gouvernement d'une amélioration de la situation. Selon ses prévision budgétaires, la Grèce espère renouer avec la croissance d'ici fin 2014.

Après la crise des dette souveraines, le risque de déflation est le nouvel épouvantail de la zone euro où les prix ont augmenté de seulement 0,5% en mai avec une croissance très molle de 0,2% au premier trimestre.

La Banque centrale européenne a annoncé la semaine dernière un arsenal de mesures d'une portée historique, dont l'abaissement à -0,10% d'un de ses taux directeur, afin de prévenir ce phénomène qui risque de miner un peu plus la croissance.

En Espagne, les prix ont baissé de 0,2% en mars, pour la première fois depuis octobre 2009. Au Portugal, les prix baissent depuis février.








awp

lundi 19 mai 2014

Zone euro: le Portugal sort de la tutelle de la troïka, mais l'austérité reste

Lisbonne - Le Portugal est devenu samedi officiellement le deuxième pays sous perfusion de la zone euro à retrouver son autonomie financière et s'apprête, à l'instar de l'Irlande, à faire le grand saut sans filet sur les marchés.

Le gouvernement se garde de tout triomphalisme: "l'heure n'est pas à l'euphorie", a assuré son porte-parole Luis Marques Guedes. "Il faut maintenir la rigueur pour éviter de retomber dans les erreurs du passé", a-t-il martelé.

Très attendu par la population, le départ définitif des inspecteurs de la troïka (UE-FMI-BCE), surnommés les "men in black", est loin de signer la fin de l'austérité.

"Le Portugal a réussi à surmonter une des pires crises de l'histoire récente, mais il reste encore beaucoup à faire. La discipline budgétaire sera une responsabilité de tous les jours", a prévenu le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

A l'instar de l'Irlande, le Portugal a renoncé à demander à ses partenaires européens une ligne de crédit de précaution, profitant de la brusque baisse de ses taux d'emprunt et de ses confortables réserves financières.

"C'est une décision définitive, qui a été réfléchie et bien mesurée par le gouvernement. Nous avons la certitude que c'est la meilleure décision pour les Portugais", a assuré Carlos Moedas, secrétaire d'Etat adjoint au Premier ministre.

Au bord de la faillite et incapable de se financer sur les marchés, le Portugal s'était résolu en avril 2011 à appeler à la rescousse la troïka, après la Grèce et l'Irlande.

En contrepartie d'un prêt de 78 milliards d'euros, le gouvernement de centre droit a appliqué une sévère cure d'austérité, taillant dans les retraites, prestations sociales et salaires des fonctionnaires.


DES GAGES AUX INVESTISSEURS

A l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement a donné samedi des gages aux investisseurs sur la poursuite du programme de réformes et de rigueur au-delà du 17 mai, dans un document intitulé "Le chemin vers la croissance".

Côté croissance, l'annonce jeudi d'une rechute du Produit intérieur brut du Portugal de 0,7% au premier trimestre a fait l'effet d'une douche froide.

Dû à l'essoufflement passager des exportations, ce recul ne devrait pourtant pas compromettre la reprise progressive de l'économie, selon les analystes. Et le gouvernement a maintenu samedi à 1,2% sa prévision de croissance pour l'année en cours.

Pour Pedro Lino, gérant de Dif Broker, ce contretemps fâcheux n'empêchera pas le Portugal de retourner la tête haute sur les marchés, "tant que le pays poursuit les réformes".

De nombreux économistes ont cependant plaidé en faveur d'une rallonge, estimant que l'ancien maillon faible de la zone euro se retrouverait en première ligne en cas de turbulences sur les marchés.

"Sans filet, nous serons seuls face aux marchés, et la moindre erreur peut nous coûter cher. Il va falloir continuer à tailler dans les dépenses publiques", estime Joao Cesar das Neves, professeur d'économie de l'Université catholique de Lisbonne.

L'intervention de la troïka a été efficace dans ce domaine: en trois ans, les déficits publics ont été divisés par deux, à 4,9%. Mais la dette a continué à enfler, passant de 94% à 129% du PIB, et la croissance est encore timide.

"Les politiques de rigueur budgétaire et les réformes visant à soutenir la croissance doivent être maintenues pendant les mois et années à venir", a averti le vice-président de la Commission européenne Siim Kallas.

Pour Joao Camargo du collectif "Que se lixe a troika" (Que la troïka aille se faire voir), "ces trois années ont été une catastrophe pour les Portugais. Et le départ de la troïka, c'est une farce, de fait elle reste".

Le Portugal célèbre la fin de la tutelle, mais les créanciers continueront à surveiller le pays jusqu'au moment où 75% des prêts seront remboursés, ce qui ne devrait pas arriver avant vingt ans.








awp

dimanche 9 mars 2014

Grèce: les banques en ordre de bataille pour se recapitaliser

Athènes - Trois des quatre banques grecques systémiques ont dévoilé vendredi leur stratégie pour couvrir leurs besoins en capitaux rendus publics la veille à l'issue de tests de résistance, la quatrième étant, selon la presse, sur le point de le faire.

Eurobank, l'établissement affichant, d'après ces tests, le déficit de fonds propres le plus important (2,945 mrd EUR) a annoncé la prochaine convocation d'une assemblée générale extraordinaire pour procéder à une augmentation de capital "pour un montant en capital qui permettra de couvrir les besoins de la banque".

Cette banque est le seul établissement de crédit qui avait entièrement été privatisé par l'Etat grec lors de la première vaste recapitalisation du système bancaire du pays en 2013, grâce à une somme de 50 mrd EUR octroyée par la troïka des créanciers, UE, BCE et FMI, pour soutenir les banques grecques.

La Banque nationale grecque (BNG), au second rang en terme de besoins de capitaux avec un déficit de fonds propres estimé à 2,18 mrd EUR, a fait savoir qu'elle couvrirait ses besoins sans appel aux investisseurs. Elle a précisé que le résultat la concernant résultait principalement des performances de sa filiale turque Finansbank.

La BNG pourrait procéder par des ventes d'actifs, dont une cession de parts dans Finansbank, avançaient vendredi le quotidien grec Kathimerini.

De son côté, la Banque du Pirée a été la première à réagir à la publication de l'examen effectué par le fonds d'investissement BlackRock en annonçant dès jeudi soir son intention de procéder à une augmentation de capital de 1,75 mrd EUR via émission d'actions.

Cette opération aura pour but de rembourser 750 millions EUR d'aides accordées par l'Etat, en achats d'actions préférentielles, pour soutenir l'établissement pendant la crise et de faire face à ses besoins en capitaux estimés par les tests à 425 millions EUR.

AlphaBank, aux besoins évalués à 262 millions EUR, n'a pas encore communiqué sur sa stratégie mais était pressenti pour le faire dans la journée, la presse grecque avançant l'hypothèse d'une augmentation de capital d'environ 1 mrd EUR.

Le fonds national de sauvetage des banques, le FHSF, actionnaire majoritaire des quatre principales banques depuis leur première recapitalisation, a indiqué dans un communiqué être prêt à fournir des capitaux restant disponibles et estimés à 8 mrd EUR.

Pour l'ensemble du secteur bancaire grec, les quatre banques systémiques et deux établissements de moindre importance, les besoins en capitaux sont évalués à 6,4 milliards d'euros, selon les résultats des tests grecs publiés par la Banque de Grèce et contestés par la troïka.

Ces résultats pourraient être révisés à la fin de l'année à l'issue de la revue des actifs des banques européennes et des tests de résistance organisés à l'échelle de la zone euro avant que la BCE assume sa nouvelle fonction de superviseur direct des grandes banques européennes.









awp

samedi 8 mars 2014

Le Portugal poussé vers une sortie sans filet de son plan d'aide

Lisbonne - Berlin a annoncé la couleur, puis Bruxelles a emboîté le pas: le jour J, le 17 mai, le scénario idéal pour le Portugal sera une sortie de son plan d'aide sans filet de sécurité, une voie toutefois jugée périlleuse par les économistes.

Plus fragile que l'Irlande, qui s'est affranchie en décembre de la tutelle de ses créanciers sans recourir à une nouvelle aide européenne, le Portugal n'est pas à l'abri d'un brusque retournement de l'humeur des marchés, ont estimé les analystes interrogés par l'AFP.

Le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, a beau affirmer que le pays décidera lui-même de sa stratégie de sortie de son plan de sauvetage octroyé en mai 2011, ses marges de manoeuvre semblent étroites. D'autant que les élections européennes se profilent à l'horizon.

"Le Portugal est proche de la fin de la mission de la troïka et aura une bonne occasion de sortir du plan d'aide sans filet de sécurité", a déclaré sans ambages Steffen Kampeter, secrétaire d'Etat allemand aux Finances.

De passage au Portugal, où il a rencontré mardi le vice-Premier ministre, Paulo Portas, et la ministre des Finances, Maria Luis Albuquerque, il a toutefois pris soin de préciser que la décision finale revenait au gouvernement portugais.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n'a pas tardé à emprunter la voie allemande, alors qu'il avait encore affiché en janvier sa préférence pour une ligne de crédit à laquelle le Portugal pourrait avoir recours en cas de besoin.

"Il est clair qu'un programme de précaution apporte toujours plus de garanties et de sécurité. Mais si le Portugal était en mesure de s'en passer, ce serait mieux pour tout le monde", a-t-il assuré.

Des déclarations qui ont laissé perplexes les économistes, qui estiment qu'une sortie sans filet, encore impensable il y a quelques mois, serait trop risquée.

"Bruxelles et Berlin s'en lavent les mains et ont fermé la porte à une ligne de crédit, en espérant que le problème se réglera tout seul grâce à l'accalmie des marchés", commente Manuel Cadeira Cabral, économiste de l'université du Minho.


RISQUE D'ÉCHEC

L'écart des taux entre le Portugal et l'Irlande reste considérable. Là où Dublin a emprunté en janvier plus de 3 milliards d'euros à dix ans au taux de 3,5%, Lisbonne a dû payer 5,1%.

"Une sortie sans filet serait dure pour le Portugal et la probabilité d'un échec plus élevée", estime Joao Cesar das Neves, économiste de l'Université catholique de Lisbonne.

Pour lui, le gouvernement allemand, qui serait obligé de faire valider une éventuelle demande de ligne de crédit par les députés du Bundestag à la veille des élections européennes, "s'est lassé d'aider les pays périphériques de la zone euro".

Comme l'Irlande, le Portugal aura besoin d'un "large consensus" politique autour de la rigueur budgétaire qui "ira au-delà du mandat du gouvernement actuel", a insisté M. Barroso.

Mais le Parti socialiste, principale formation de l'opposition, rechigne à conclure un pacte avec le gouvernement de centre droit.

"Un consensus ne paraît actuellement pas possible car le PS cherche à capitaliser sur le mécontentement des Portugais" en attendant les élections législatives en 2015, relève Joao Cesar das Neves.

Et sans consensus, prévient Joao Duque, professeur de l'Institut supérieur d'économie et de gestion (ISEG) à Lisbonne, "le Portugal risque de voir se dégrader son image auprès des marchés, engendrant à terme un sérieux problème de financement. Et ce sera à la population d'en supporter le coût".

Quelle que soit la sortie choisie, les Portugais n'ont pas fini de payer. La troïka des créanciers (UE-FMI-BCE) a demandé au gouvernement de présenter de nouvelles mesures de rigueur de 2 milliards d'euros pour 2015. Et, en mai, la troïka s'en ira, mais l'austérité restera.









awp

Espagne: les prix des logements ont continué de fondre fin 2013

Madrid - Les prix des logements en Espagne ont encore baissé au quatrième trimestre 2013, de 7,8% en rythme annuel, poursuivant une tendance de recul ininterrompu depuis 2008, quand la bulle immobilière a explosé, selon les statistiques officielles publiées vendredi.

Le rythme de baisse est toutefois moindre que les années précédentes: sur le même trimestre de 2012, ils avaient fondu de 12,8%, et sur la même période de 2011, ils avaient chuté de 11,2%, selon les chiffres de l'Institut national de la statistique (Ine).

Il est aussi plus faible qu'au troisième (-7,9%), deuxième (-12,1%) et premier (-14,3%) trimestres 2013.
En rythme annuel, les prix des logements en Espagne n'ont cessé de reculer depuis le deuxième trimestre 2008 et ils accumulent une baisse de 37% depuis le pic atteint au troisième trimestre 2007.

La quatrième économie de la zone euro, dont la croissance a longtemps été portée par le boom de la construction, a été fortement fragilisée quand cette bulle a éclaté, de même que son secteur bancaire.

Ce dernier a d'ailleurs dû demander une aide européenne de plus de 40 mrd EUR, ce qui lui a permis de s'assainir, mais les risques demeurent: alors que l'activité immobilière reste sinistrée, les créances douteuses ont atteint fin 2013 leur plus haut niveau en 50 ans, à 13,6%.

Le pays semble, lui, avoir retrouvé les faveurs des marchés et vient de sortir de deux ans de récession, mais son taux de chômage reste à un niveau record (26,03%) et sa croissance très faible (0,2% au dernier trimestre 2013).








awp

samedi 1 mars 2014

Le Portugal obtient un nouveau satisfecit de la troïka pour son plan d'austérité

LISBONNE - Le Portugal a obtenu vendredi un nouveau satisfecit de ses créanciers internationaux pour la mise en oeuvre de sa politique d'austérité, à quelques mois de la sortie de son plan de sauvetage, a annoncé le gouvernement.
Le feu vert des experts de la troïka (UE-BCE-FMI) ouvre la voie au versement d'une nouvelle tranche de crédit de 2,5 milliards d'euros sur un total de 78 milliards d'euros prévus par le plan d'aide mis en place en mai 2011.

Le Portugal termine la onzième évaluation de la troïka de manière positive. Désormais il n'en manque qu'une seule, s'est félicité le vice-Premier ministre Paulo Portas en présentant les conclusions de la mission à la presse.

Pour le Portugal, qui cherche à s'affranchir de la tutelle de ses créanciers le 17 mai, c'était l'avant-dernière d'une série de douze missions de contrôle entamées il y a trois ans.

A l'issue de cette mission, le gouvernement portugais a relevé sa prévision de croissance pour 2014, tablant désormais sur une hausse du PIB de 1,2% contre 0,8% auparavant, grâce notamment à la bonne tenue des exportations.

Dans le même temps, le taux de chômage prévu pour cette année a été revu à la baisse, passant à 15,7%, contre 16,8% auparavant.

Les inspecteurs de la troïka, arrivés à Lisbonne le 20 février, ont passé au crible de nouvelles mesures d'austérité du budget 2014, dont des coupes supplémentaires dans les retraites et la hausse des cotisations d'assurance maladie des fonctionnaires.

L'opposition de gauche du Portugal a d'ores et déjà prévenu vendredi qu'elle comptait saisir la Cour constitutionnelle si le président portugais décidait de promulguer le budget rectificatif contenant ces mesures contestées.

Cette annonce des partis de l'opposition semble éloigner un peu plus la possibilité d'obtenir un consensus autour de la rigueur budgétaire, réclamé mercredi par la troïka.

Les représentants des créanciers, qui ont rencontré les députés, les partenaires sociaux et l'opposition socialiste, ont plaidé en faveur de la poursuite de l'austérité au-delà du programme d'assistance.

Plusieurs milliers de Portugais étaient descendus jeudi soir dans la rue, afin de protester contre les mesures d'austérité budgétaire mises en oeuvre sous la tutelle de l'Union européenne et du FMI.






afp

lundi 30 décembre 2013

La Grèce sortira en 2014 des plans d'aide UE-FMI

ATHENES - La Grèce sortira en 2014 des plans d'assistance UE-FMI et ne demandera pas de nouveau prêt, redevenant un pays normal, a assuré lundi le Premier ministre Antonis Samaras.

En 2014, nous ferons le grand pas de la sortie du plan d'aide, a-t-il déclaré lors de l'allocution télévisée des voeux de Nouvel An. La dette grecque sera officiellement déclarée viable, et il n'y aura pas besoin de nouveaux accords d'assistance ou de prêts, a-t-il martelé.

Ainsi, 2014 sera l'année où la Grèce retournera sur les marchés, et redeviendra un pays normal comme les autres, a assuré M. Samaras.

Le ministre des finances Yannis Stournaras avait tenu dimanche des propos similaires, assurant que la Grèce n'aurait pas besoin d'un nouveau plan de sauvetage UE-FMI après la fin du deuxième plan, toujours en cours, en juillet prochain.

Lors des deux plans successifs depuis le début de la crise en 2010, la Grèce a bénéficié de lignes de crédit de plus de 240 milliards d'euros, en échange de mesures drastiques, qui pèsent depuis lourdement sur le quotidien des Grecs.

L'espoir exprimé par M. Samaras dans ses voeux aux Grecs ne se réalisera qu'en fonction de l'appréciation portée par la troïka des créanciers dans les mois à venir. Ainsi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble a indiqué lundi dans une interview au quotidien Bild : Nous allons décider en milieu d'année (2014) s'il faut à nouveau aider la Grèce.

Le pays espère revenir à une toute petite croissance l'an prochain, après six ans de récession, et avoir enregistré en 2013 un excédent primaire (hors service de la dette) de son budget de 812 millions d'euros.

La Grèce prend mercredi pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne durant laquelle auront lieu les élections européennes dans un contexte marqué par la montée du populisme.

Certains commentateurs ont laissé entendre que le gouvernement de M. Samaras, qui devra sans doute aussi organiser assez rapidement des élections générales anticipées, pourrait bénéficier d'une certaine compréhension de la part de la troïka, notamment dans la présentation d'éventuelles nouvelles mesures nécessaires.






afp

jeudi 19 décembre 2013

Zone Euro: union bancaire, mode d'emploi

Bruxelles - Le projet d'union bancaire, voulu par les Européens pour éviter qu'une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette au sein de la zone euro, se compose de plusieurs mécanismes complexes appelés à se compléter.


- SUPERVISION

Mieux anticiper les difficultés, telle est la mission de ce mécanisme qui vise à éviter les faillites bancaires au sein de la zone euro et entrera en vigueur en novembre 2014.

La mission de supervision est confiée à la Banque centrale européenne (BCE), à travers un conseil qui aura à l'oeil les plus grandes banques de la zone euro, environ 130 établissements. Ce chiffre pourrait encore grimper si des pays de l'UE non membres de la zone euro entrent dans le mécanisme. La BCE pourra aussi assurer directement la supervision de petites banques, si elles semblent poser problème.

Le conseil de supervision sera dirigée par la Française Danièle Nouy. Pour mener à bien cette nouvelle tâche, la BCE va embaucher environ 1.000 personnes et elle procédera dans les prochains mois à une opération d'évaluation du bilan de ces banques et à des tests de résistance.

Le but est de connaître aussi précisément que possible la situation et les besoins de financement des banques qu'elle va superviser. L'idée est aussi de retrouver la confiance des investisseurs échaudés par de précédents examens qui n'ont pas détecté les défaillances de banques comme Bankia en Espagne. Résultat des ces examens prévu à l'automne 2014.


- RENFLOUEMENT INTERNE

Les Européens se sont mis d'accord sur de nouvelles règles pour renflouer les banques sur l'ensemble du continent, en évitant de faire appel aux contribuables, comme ce fut le cas avec Dexia en France et en Belgique.

Désormais, quand une banque sera proche de la faillite, le renflouement interne ("bail-in") s'appliquera, par opposition au "bail-out" privilégié pendant la crise, qui consistait à faire intervenir l'argent public. 

Les premiers à payer seront les actionnaires et les créditeurs, qui devront couvrir au minimum 8% des pertes de la banque avant que l'on puisse faire appel à des fonds nationaux de résolution, abondés par le secteur bancaire.

Les dépôts seront garantis jusqu'à 100.000 euros. Au-dessus de cette somme, les personnes physiques et les petites et moyennes entreprises bénéficieront d'un traitement préférentiel par rapport aux autres créanciers.

Chaque Etat membre devra donc mettre en place des fonds de résolution qui devront atteindre un niveau de 1% des dépôts couverts dans les 10 ans. Ces règles entreront en vigueur début 2016.


- LIQUIDATION

Prévu pour début 2016, ce mécanisme permettra d'appliquer les règles de renflouement interne des banques dans la zone euro. Il s'appliquera à un peu plus de 300 banques, les plus importantes de la zone euro et les banques transfrontalières.

Un conseil de résolution sera crée et devra décider de recapitaliser un établissement ou de le liquider de manière ordonnée.

Un fonds unique viendra compléter le mécanisme et servira notamment à organiser la faillite d'une banque ou financer les coûts de restructuration. Élément essentiel: ce fonds d'environ 55 milliards d'euros sera abondé par le secteur bancaire lui-même.

Il devrait toutefois être pleinement opérationnel d'ici seulement une dizaine d'années. D'ici là, des filets de sécurité ("backstops") sont prévus, impliquant le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro, une solution qui a longtemps buté sur l'opposition de l'Allemagne.


- GARANTIE DES DÉPÔTS

Les dépôts bancaires dans la limite de 100.000 euros seront couverts par des systèmes de garantie qui devront être mis en place dans chaque Etat européen.

Dans un délai de 10 ans à partir de l'entrée en vigueur de ces nouvelles règles, chaque mécanisme national de garantie devra disposer d'un montant égal à 0,8% des dépôts couverts. Les banques y contribueront en fonction de leur profil de risque.








awp

mercredi 18 décembre 2013

Espagne: les créances douteuses au plus haut en cinquante ans

Madrid - Les créances douteuses des banques espagnoles ont grimpé à 13% du total des crédits en octobre, soit un record historique en plus de cinquante ans, malgré la prochaine sortie du pays du programme d'aide européen au secteur, selon les chiffres officiels publiés mercredi.

Ces créances, surtout présentes dans l'immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s'élevaient à 190,97 mrd EUR en octobre, soit 3 mrd EUR de plus qu'en septembre, a annoncé la Banque d'Espagne.

Les plus mauvais payeurs sont les promoteurs immobiliers, dont le taux de créances douteuses est à 33,7%, tandis que les particuliers remboursent mieux leurs crédits pour acheter ou rénover un logement, avec un taux de 5,4%. Mais ces deux chiffres sont eux aussi à un niveau historiquement élevé.

Indice de la vulnérabilité des banques, les créances douteuses ont commencé à grimper dans le bilan de tous les établissements financiers du pays après l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.
Fortement fragilisé par la fin de cette bulle, le secteur bancaire a bénéficié d'un plan d'aide européen accordé en juin 2012 de 41,3 mrd EUR, dont il doit sortir fin janvier.

Dans le cadre de ce sauvetage, l'Espagne a créé une structure de défaisance, ou "bad bank", baptisée "Sareb", pour les actifs immobiliers considérés comme les plus toxiques, dont à la valeur la plus incertaine.

Pour la première fois en 17 mois, le taux et le montant des créances douteuses avaient baissé en décembre après le transfert des actifs des quatre banques nationalisées vers la Sareb. Mais il est depuis reparti à la hausse et se maintient à un niveau record depuis le début de la série statistique, en 1962.

Lors de la précédente grande crise économique et bancaire en Espagne, qui avait frappé le pays dans les années 1990, les créances douteuses avaient atteint un record de 9,15%, en février 1994, désormais largement dépassé.






awp

jeudi 12 décembre 2013

Italie: Letta obtient la confiance du Parlement et promet "un nouveau départ"

Rome - Le Premier ministre Enrico Letta a remporté mercredi deux votes de confiance au parlement, en s'engageant à "un nouveau départ" pour son gouvernement qui fera tout pour que l'Italie "ne replonge pas dans la crise" et pour contrecarrer les populismes.

Son exécutif a obtenu la majorité d'abord à la Chambre des députés puis au Sénat. Dans cette chambre où le vote était un peu plus risqué, il s'est adjugé 173 "oui", 22 voix de plus que la majorité absolue.

Le vote avait été organisé après la sortie de Silvio Berlusconi et d'une partie de ses troupes, de la majorité droite-gauche qui avait été constituée en avril.

"Nous ne permettrons pas que l'Italie replonge", a déclaré M. Letta, devant les Chambres. Selon les économistes, l'Italie s'apprête à sortir de sa plus longue période de récession de l'après-guerre.
Mais elle reste marquée par des tensions sociales.

Mercredi, des militants "forconi" (fourches), mouvement hétéroclite rassemblant agriculteurs angoissés par la fiscalité, commerçants, chauffeurs routiers notamment, ont manifesté, bloquant des carrefours ou les voies ferrées dans plusieurs villes. A Milan, des échauffourées ont opposé des supporteurs hollandais de l'Ajax à des camionneurs qui bloquaient le trafic.

Lundi des incidents importants (saccages, policiers blessés) s'étaient produits à Turin (nord) et avaient reçu le soutien appuyé de l'ex-humoriste Beppe Grillo. Un appui stigmatisé par Enrico Letta qui s'en est pris à ceux qui "veulent mettre en ruines la démocratie représentative". A propos des "forconi", il a évoqué "une petite minorité qui ne représente pas l'Italie".

M. Letta a dénoncé plus généralement les forces populistes, défendant avec énergie l'Union européenne, dont l'Italie assurera la présidence tournante à partir du 1er juillet 2014.

"Aujourd'hui, nous traçons une ligne nette : d'un côté ceux qui aiment l'Europe, en reconnaissent les contradictions et veulent la réformer mais savent que sans l'UE nous retombons dans le Moyen-âge", a-t-il dit. "Et de l'autre côté, ceux qui veulent bloquer l'UE, qui veulent isoler l'Italie, qui cherchent le consensus à travers le populisme. Que ceux-là ne me votent pas la confiance !", a-t-il lancé.

Une allusion aux deux principaux partis d'opposition, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de Beppe Grillo et Forza Italia de Silvio Berlusconi, qui attaquent régulièrement l'UE et l'euro.


LE VOTE NE FAISAIT PAS DE DOUTE

Les "faucons" du camp Berlusconi sont passés dans l'opposition en raison de l'expulsion du Cavaliere de son poste de sénateur après sa condamnation à un an de prison pour fraude fiscale.

L'issue du vote de confiance ne faisait guère de doute, grâce aux voix de la gauche et d'une cinquantaine d'ex-Berlusconiens rassemblés dans le Nouveau centre droit (NCD) dirigé par Angelino Alfano, vice-Premier ministre et ex-bras droit du Cavaliere.

Mais M. Letta a voulu demander la confiance pour "marquer une discontinuité, pour imprimer un +avant+ et un +après" à la suite de la défection du Cavaliere. Un "nouveau départ", selon le Premier ministre, qui juge sa majorité désormais "plus unie" après des mois de "large entente", marqués en réalité par les pressions et les menaces incessantes du magnat des médias.

M. Letta voudrait nouer au sein de sa nouvelle majorité un "pacte à l'allemande", souscrit par toutes les forces favorables au gouvernement et fondé sur un programme de mesures à adopter tout au long de l'année prochaine.

M. Letta a prévu d'inclure dans ses consultations politiques M. Alfano, mais aussi les responsables des petits partis centristes alliés de son gouvernement.

Le Premier ministre a évoqué ce "pacte" et ses priorités pour 2014. Notamment l'adoption d'une nouvelle loi électorale, récemment partiellement invalidée par la Cour constitutionnelle. Il a aussi promis des coupes dans les coûts de la politique, avec notamment une baisse draconienne du nombre des parlementaires, réclamée avec force par le nouveau dirigeant du Parti démocrate (PD), l'ambitieux maire de Florence Matteo Renzi.

M. Letta a aussi réitéré son intention de lutter contre le chômage (supérieur à 12% de la population active), en réformant également le système des aides sociales, et de faciliter un redémarrage économique.








awp

mardi 10 décembre 2013

UE: la crise n'est pas finie, prévient Christine Lagarde

Bruxelles - La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé mardi que la crise économique n'était pas terminée, pressant les Européens de mettre en place les réformes nécessaires, notamment celles concernant l'union bancaire.

"Pouvons-nous vraiment dire que la crise est derrière nous quand il y a 12% de la population active sans emploi?", a demandé la directrice du FMI, qui s'exprimait au Parlement européen devant le Comité économique et social européen (CESE), un organe consultatif auprès des 28.

"Il y a des signes évidents que tout ne va pas bien" au sein de l'Union européenne, même si des efforts ont été faits pour tenter de tourner la page de la crise.

"Il n'y a pas lieu de crier victoire. Il faut faire plus ", a exhorté la patronne du FMI, invitant notamment la Banque centrale européenne (BCE) à laisser encore longtemps ses principaux taux d'intérêt à un niveau bas et à lutter contre le ralentissement de l'inflation.

Elle a également rappelé que l'union bancaire "reste une priorité", au moment où les ministres des Finances de l'Union européenne sont entrés dans le vif des négociations mardi sur le mécanisme chargé de régler le sort des banques en faillite dans la zone euro.

"Notre position au FMI est assez simple: l'union bancaire doit être un ensemble simple avec un mécanisme unique de supervision et un mécanisme unique de résolution des banques équipé d'un filet de sécurité commun".

"Je sais qu'il y a beaucoup de choses compliquées à prendre en compte pour l'instant, mais nous plaidons, nous exhortons, nous supplions que soit envisagé un système simple, efficace, juste et le plus prévisible possible", a-t-elle dit.

De manière plus générale, Mme Lagarde a salué les "progrès" réalisés en Europe depuis le début de la crise, qui se traduisent par des perspectives de croissance à la hausse et une inflexion des chiffres du chômage.

Mais "il ne peut y avoir de relâchement et ce n'est pas avec 1% de croissance (attendu l'an prochain) en zone euro que nous devons ralentir le rythme des réformes", a-t-elle ajouté.





awp