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vendredi 27 juin 2014

L'Allemagne entérine le remaniement de sa transition énergétique

Berlin - Les subventions aux énergies renouvelables vont baisser en Allemagne en vertu d'une loi adoptée vendredi, destinée à remettre sur les rails une transition énergétique victime de son succès et très critiquée.

C'est, aux côtés du salaire minimum, le premier gros projet du gouvernement Merkel III, entré en fonction fin 2013. Présenté en janvier par le ministre de l'Economie et de l'Energie Sigmar Gabriel, le texte a fait l'objet d'un intense marchandage, en Allemagne et avec Bruxelles. 

L'enjeu est ni plus ni moins de donner un nouveau souffle à la transition énergétique, tâche herculéenne comme l'a rappelé mercredi Angela Merkel, mais qui suscite de plus en plus de scepticisme dans le reste du monde, a reconnu le même jour M. Gabriel. 

L'Allemagne a pris à la fin des années 90 le tournant des renouvelables en instaurant un généreux régime de subvention des énergies vertes. Un mécanisme qui a porté ses fruits - 27% de l'électricité consommée dans le pays au premier trimestre était issue de renouvelables - mais coûte cher. Les consommateurs financent le système par une taxe imposée à chaque kilowatt-heure produit et consommé, soit un surcoût de plus de 20 milliards d'euros par an.

La nouvelle loi réduit de manière substantielle les subsides accordés aux énergies propres, et prévoit que, graduellement, le courant produit par vent et soleil, qui doit représenter à l'horizon 2050 80% de la consommation totale, se soumette aux mécanismes du marché. Pour le moment il est prioritaire dans l'approvisionnement du réseau et n'entre pas en concurrence avec le charbon ou l'atome.

Nous réduisons les coûts, c'est absolument nécessaire, s'est justifié M. Gabriel devant les députés. 

Premier pas dans la bonne direction pour la fédération BDEW, qui représente essentiellement les producteurs conventionnels, la réforme signe l'arrêt de mort des renouvelables aux yeux de ses critiques, Verts et associations d'énergies propres et de protection de l'environnement. 

Le député vert Oliver Krischer a qualifié M. Gabriel de boule de démolition des énergies renouvelables lors du débat parlementaire vendredi. 

En attendant que les renouvelables montent davantage en puissance, et, alors que l'Allemagne éteint un à un ses réacteurs nucléaires, le charbon a la part belle (45,5% en 2013) dans la production de courant. Ce qui s'est traduit ces deux dernières années par une hausse des émissions de dioxyde de carbone du pays et écorne son image de pionnier de la protection de l'environnement. 

Pour nous, il est difficile d'imaginer comment vous allez remplir vos engagements de réduction d'émissions de CO2, faisait remarquer cette semaine à Berlin le patron du norvégien Statoil, Helge Lund. 

On ne peut pas sortir en même temps du charbon et du nucléaire, rétorque M. Gabriel, alors que les résistances notamment à l'exploitation à ciel ouvert du lignite se font très fortes en Allemagne.


Pomme de discorde

L'énergie est aussi une grosse pomme de discorde au niveau européen. 

La loi votée vendredi sera sans doute immédiatement contestée par Bruxelles puisque, malgré des mois de négociations, un point important fait toujours débat: pour la Commission, l'application de cette taxe de soutien aux renouvelables sur le courant importé, y compris le courant vert, est une forme de barrière douanière, incompatible avec le marché libre.

La détérioration des relations avec Bruxelles sur ces dossiers est d'autant plus regrettable que Berlin a encore du pain sur la planche en la matière. 

Sur une course de 100 mètres, nous n'avons fait que les 10 premiers, a reconnu M. Gabriel, dont les services doivent maintenant se pencher sur un mécanisme de capacité, la question des réseaux, ou encore la coordination européenne d'une transition énergétique pour le moment très unilatérale. 

Autant de questions systémiques (qui) ont été complètement laissées de côté, reconnaît M. Gabriel qui admet que l'Allemagne a totalement sous-estimé la complexité du projet.






awp

jeudi 26 juin 2014

Merkel tend la main à Cameron qui se prépare à encaisser sa défaite

La chancelière allemande Angela Merkel a tendu la main à David Cameron. Son homologue britannique est réduit à encaisser la défaite sur la désignation du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.

"Nous devons faire en sorte de trouver un large terrain d'entente sur le contenu" des politiques européennes dans les prochaines années, a affirmé Mme Merkel à son arrivée à une réunion de la droite européenne avant l'ouverture d'un sommet de l'UE.

Lâché dans la foulée par ses alliés suédois Fredrik Reinfeldt et néerlandais Mark Rutte, avec lesquels il avait organisé il y a deux semaines une conjuration des anti-Juncker, M. Cameron a dû en prendre acte.

"Il y aura un vote demain et nous verrons son issue. Mais il est absolument vital que les gens sachent que je fais ce que je dis", a-t-il encore martelé à la BBC.


Cameron écarte la perspective d'une rupture


S'il a jugé que ses homologues commettaient une erreur en cédant au Parlement européen sur leurs prérogatives concernant la nomination du chef de l'exécutif européen, il a exclu d'agiter la menace d'une rupture.

Le nouveau Premier ministre conservateur finlandais, Alexander Stubb, a lui aussi tenté de lui faciliter la tâche, en souhaitant que les chefs d'Etat et de gouvernement fixent à M. Juncker un programme de "libéralisation" économique, "plus près de la position britannique".

Pour les tenants de l'orthodoxie budgétaire, l'enjeu est de ne pas perdre l'allié britannique face à l'offensive de la gauche européenne en faveur d'une plus grande souplesse dans l'application des règles budgétaires.


Soutiens de Hollande et Renzi à Junker


Les dirigeants sociaux-démocrates, emmenés par le Français François Hollande et l'Italien Matteo Renzi, avaient apporté leur soutien à M. Juncker dès le week-end dernier. Mais en échange, ils réclament une plus grande flexibilité dans l'application du Pacte de stabilité, pour soutenir l'investissement et la croissance.

Angela Merkel a répété mercredi son refus de modifier ce Pacte. Les dirigeants européens devraient s'entendre sur la nécessité d'exploiter toutes les marges existantes, selon un projet de conclusions obtenu par l'AFP.


Hommage aux victimes de la "Grande" guerre


Les 28 dirigeants ont mis momentanément de côté leurs querelles pour rendre hommage aux millions de morts de la Première Guerre mondiale, près d'un siècle après l'attentat de Sarajevo qui, le 28 juin 1914, avait déclenché le conflit.

Ils ont symboliquement ouvert leur sommet dans la ville martyre d'Ypres, au nord-ouest de la Belgique, théâtre de plusieurs batailles majeures et de la première utilisation d'armes chimiques.

Leur dÎner doit être consacré aux priorités de l'UE, et donc au programme de la Commission, pour les cinq prochaines années, avant la désignation de M. Juncker comme président vendredi.










ats

mercredi 25 juin 2014

L'Allemagne a sous-estimé la transition énergétique

Berlin - L'Allemagne a sous-estimé l'ampleur de la tâche en se lançant dans sa transition énergétique, a jugé mercredi le ministre de l'Economie et de l'Energie Sigmar Gabriel, s'affirmant toutefois convaincu du succès du projet à terme. 

Le coeur du problème, c'est que la transition énergétique a été totalement sous-estimée dans sa complexité par les politiques et dans le débat public, a déclaré M. Gabriel lors d'un congrès du secteur à Berlin. 

Pendant longtemps a prévalu le principe du plus vite possible dans l'installation de capacités de production de renouvelables, et toutes les questions systémiques ont été complètement laissées de côté, a poursuivi le ministre social-démocrate. Il a défini comme tâche principale du mandat du gouvernement Merkel III, en place depuis décembre, d'apporter des réponses à toutes ces questions, qui concernent entre autres la sécurité d'approvisionnement, les réseaux, la coordination au niveau européen. 

L'Allemagne a pris à la fin des années 90 le tournant des renouvelables, et Angela Merkel a fixé en 2011, dans la foulée de la catastrophe de Fukushima, de nouveaux objectifs au pays: 80% de la consommation d'électricité doit provenir de renouvelables à l'horizon 2050, contre environ un quart à l'heure actuelle. Un généreux régime de subventions a assuré l'essor continu de l'éolien et du solaire ces dernières années, mais coûté très cher. 

Le scepticisme dans le reste du monde, en Europe à l'égard de la façon dont nous faisons les choses a augmenté de manière significative, a relevé M. Gabriel, à part en Scandinavie nous n'avons pas beaucoup de soutien. 

Le ministre veut réformer le système de soutien aux renouvelables, avec une réduction drastique des subsides et l'introduction progressive de mécanismes de marché dans ce segment. La loi correspondante doit être votée vendredi au Bundestag, au terme de vives discussions dans le pays et avec la Commission européenne. 

Cette réforme est seulement un premier pas, a prévenu M. Gabriel.

A terme je n'ai absolument aucun doute que (la transition énergétique) sera un succès, aussi un succès économique, a-t-il assuré. 

Dans un discours aux députés mercredi matin, la chancelière Angela Merkel a reconnu elle aussi que la transition énergétique restait une tâche herculéenne qui demandait des efforts supplémentaires. 





awp

mercredi 18 juin 2014

Pas de nécessité de modifier le pacte de stabilité, affirme Merkel

Berlin - La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré mercredi qu'elle ne voyait pas la nécessité de modifier le pacte européen de stabilité, alors que des propos de son ministre de l'Économie Sigmar Gabriel ont été interprétés comme allant dans ce sens.

Au sein du gouvernement allemand, nous sommes d'accord qu'il n'y a pas de nécessité de modifier le Pacte de stabilité, a déclaré Mme Merkel. Le pacte actuel offre déjà suffisamment de flexibilité, c'est notre conviction commune, a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse à Berlin, en soulignant qu'elle avait parlé à M. Gabriel mercredi matin.

Le vice-chancelier et ministre de l'Économie allemand social-démocrate avait proposé lundi à Toulouse d'exclure du calcul du déficit public en zone euro les coûts occasionnés par les mesures de réforme, pour donner plus de temps aux pays concernés par des déficits excessifs.

Cette déclaration avait été comprise comme un pas en direction de l'Italie et de la France qui pousseraient à un assouplissement des règles de stabilité budgétaire en Europe afin de relancer la croissance et l'emploi.

Les conservateurs de Mme Merkel ont toujours adopté une attitude orthodoxe et intransigeante sur cette question très sensible pour l'opinion publique allemande.

Le ministre français de l'Économie, le socialiste Arnaud Montebourg, avait salué lundi les propos de son homologue allemand lors de leur visite conjointe sur le site du constructeur aéronautique Airbus à Toulouse (sud-ouest de la France). L'Europe doit maintenant se bouger et évoluer rapidement pour organiser la sortie de crise. Je remercie M. Gabriel pour ses propos afin que l'on ait un chemin de croissance et non de chaos le moment est venu pour agir en conséquence, avait-il dit.

Sigmar Gabriel a semblé rectifier lui-même le tir dans une interview publiée mercredi matin. Nous ne devons pas nous éloigner en Europe du Pacte de stabilité. Il n'est pas suffisant d'annoncer des réformes. Le Pacte de stabilité donne de la flexibilité et du temps, seulement si elles (les réformes) sont mises en oeuvre, a-t-il déclaré au quotidien Bild.

Le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert s'est aussi employé à une explication de texte mercredi, lors d'une autre conférence de presse mercredi au cours de laquelle il a longuement été interrogé sur le sujet.

Le pacte comprend déjà la flexibilité nécessaire. C'est pourquoi nous devons agir à l'intérieur du pacte, a-t-il dit, en martelant qu'aucune modification n'était envisagée par Berlin.

Il a d'ailleurs remarqué que des Etats européens avaient de fait déjà obtenu plus de temps pour réduire leurs déficits publics.







awp

mercredi 30 avril 2014

Shinzo Abe espère une rapide conclusion d'un accord économique avec l'Europe

Berlin - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a appelé de ses voeux, mercredi à Berlin, une rapide avancée et conclusion des négociations avec l'Union européenne sur un accord de libre-échange.

Nous mettons toutes nos forces pour concrétiser un partenariat économique avec l'Union européenne, a déclaré M. Abe, au premier jour d'une tournée européenne.

Faire avancer les négociations pour une rapide conclusion de l'accord a besoin de votre soutien actif à tous, a ajouté le chef de gouvernement japonais devant un parterre d'industriels allemands, soulignant que le partenariat économique avec l'Europe était un pilier important de la stratégie de croissance de son pays.

Le sujet a également été abordé avec la chancelière Angela Merkel, avec laquelle il a eu une réunion en fin de matinée, suivie d'un déjeuner de travail.

Un tel accord pourrait considérablement améliorer nos relations commerciales, a déclaré Mme Merkel, lors d'une conférence de presse commune à l'issue de la rencontre.

C'est notre volonté à tous les deux qu'un tel accord puisse être conclu. L'année 2015 par exemple serait pour cela une bonne année, a ajouté la chancelière.

L'Union européenne doit décider en mai si elle continue ou suspend les discussions sur un accord de libre-échange avec le Japon, engagé en parallèle dans des négociations laborieuses sur un accord commercial trans-Pacifique sous la houlette des Etats-Unis.

Avant de poursuivre les négociations, les Européens doivent déterminer si le Japon a fait suffisamment de progrès depuis un an, surtout en ce qui concerne les barrières non tarifaires (NTB) qui cadenassent de nombreux marchés nippons.

Pour Tokyo, l'un des enjeux essentiels est que Bruxelles démantèle ses droits de douane sur les voitures japonaises, une question sensible en Allemagne, important fabricant et exportateur de voitures.

Par ailleurs, interrogée sur l'éventualité que les Abenomics inspirent la politique économique en Europe, Angela Merkel a répondu que chaque pays devait chercher sa propre voie, même s'il est certain que tant dans le cas de l'Europe que dans celui du Japon, des réformes structurelles sont nécessaires.

Je crois que notre orientation est la bonne, celle de la consolidation budgétaire, a-t-elle affirmé, ajoutant, reprenant la position de la Banque centrale européenne, que la zone euro n'était pas face à un danger imminent de déflation.

La très faible progression des prix, qui est toutefois légèrement remonté en avril à 0,7%, fait craindre depuis plusieurs mois que la zone euro ne soit confrontée à une période de déflation, qui enrayerait sa timide reprise économique en cours. Le Japon doit faire à des périodes de déflation récurrentes depuis la fin des années 1990. 

Après des visites au Royaume-Uni, au Portugal, en Espagne, en France et en Belgique, Shinzo Abe doit terminer sa tournée européenne par un sommet à Bruxelles le 7 mai.







awp

lundi 7 avril 2014

La politique budgétaire de Paris inquiète, Sapin et Montebourg à Berlin lundi

BERLIN - Les nouveaux ministres français des Finances et de l'Economie, Michel Sapin et Arnaud Montebourg, feront le voyage de Berlin lundi pour rencontrer leurs homologues allemand, a-t-on appris vendredi de source diplomatique française.

Les services de Wolfgang Schäuble avaient annoncé plus tôt que le ministre allemand des Finances recevrait M. Sapin, alors que les projets de Paris en matière budgétaire inquiètent déjà ses partenaires. 

MM. Schäuble et Sapin s'entretiendront dans la matinée, avant de donner une conférence de presse commune à 09H30 GMT puis de déjeuner. M. Sapin repartira pour Paris en début d'après-midi. Première visite, sujets bilatéraux et européens sont au programme de la rencontre, selon le ministère allemand des Finances. 

Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel doit quant à lui recevoir M. Montebourg dans l'après-midi.

MM. Sapin est en poste depuis mercredi après un remaniement ministériel à Paris.

M. Montebourg, qui a un jour comparé la chancelière allemande Angela Merkel au chancelier autoritaire prussien Bismarck, faisait partie du précédent gouvernement français.

M. Sapin a d'ores et déjà annoncé qu'il entendait discuter avec Bruxelles du rythme de la réduction des déficits, laissant entendre que la France pourrait avoir besoin de plus de temps que prévu pour revenir dans les clous du Pacte de stabilité. 

Cette annonce n'est pas faite pour réjouir Berlin, chantre de la discipline budgétaire en Europe. M. Schäuble a pourtant estimé jeudi soir que la France restait un pays fort en dépit d'une situation politique difficile.

Nous faisons confiance à la France pour respecter ses engagements, elle est consciente de ses engagements et de sa responsabilité dans le fonctionnement du Pacte, a déclaré pour sa part vendredi le porte-parole de la chancelière, Angela Merkel. 

Nous devrions rappeler avec force à la France ses engagements, a renchéri Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, cité dans l'édition de samedi du quotidien des affaires Frankfurter Allegmeine Zeitung (la FAZ), qui a publié des extraits de l'entretien dès vendredi. Il faut que la Commission européenne fasse respecter les règles de manière stricte, et qu'elle soit soutenue en ce sens par le gouvernement allemand, a-t-il plaidé. 

Du côté de Bruxelles justement, le commissaire aux Affaires européennes, Olli Rehn, a averti, lui aussi dans la FAZ de samedi, que si on donnait plus de temps à la France sans raison, cela créerait immédiatement un précédent pour d'autres pays membres. Il est très important de respecter les règles et de ne pas les bidouiller, a-t-il ajouté. 

La veille déjà le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi avait mis en garde contre des infractions aux règles européennes qui risquent de saper la confiance, en réponse à une question sur la France. 





afp

jeudi 27 février 2014

Allemagne: le marché du travail en forme à l'approche du printemps

FRANCFORT - Le marché du travail en Allemagne s'est à nouveau montré solide en février, grâce à un hiver doux et à une amélioration de la conjoncture économique, de bon augure pour les mois à venir.




En février, le taux de chômage dans le pays est resté inchangé par rapport à janvier, à 6,8%, et ce pour le troisième mois d'affilée, d'après un chiffre corrigé des variations saisonnières (CVS) publié jeudi par l'Agence pour l'emploi. Il est ressorti conforme aux estimations du consensus d'analystes de l'agence Dow Jones Newswires. 

Ce même mois, le nombre de chômeurs en données CVS a reculé, quoique légèrement moins qu'attendu, de 14.000 contre une baisse escomptée de 15.000. En janvier, le repli avait été plus prononcé, de 28.000 personnes. Mais il s'agit de la troisième baisse consécutive.

Le marché du travail a évolué favorablement en février, a estimé dans un communiqué le président de l'Agence pour l'emploi, Frank-Jürgen Weise.

En données brutes, moins suivies par les analystes, le taux de chômage est resté stable par rapport à janvier, à 7,3%, même si le nombre de chômeurs a progressé d'environ 2.000 personnes pour atteindre un total de 3,14 millions de chômeurs dans le pays.

Aidé par l'accalmie sur le front de la crise en zone euro et par un hiver doux, qui a limité la baisse de l'emploi dans des secteurs sujets aux mauvaises conditions climatiques comme le BTP et l'agriculture, le chômage est dernièrement reparti à la baisse, ce qui va donner une impulsion à la demande des ménages en 2014, relève Timo Klein, économiste du cabinet de conseil IHS.

Les travailleurs allemands bénéficient de plus en plus du retour de la croissance économique, juge pour sa part Christian Schulz, analyste de la banque Berenberg. Pour lui, la force du marché du travail tient toutefois davantage au nombre de créations d'emplois qu'à la baisse modeste du nombre de chômeurs.

Le dynamisme des créations d'emplois, qui ont atteint 40.000 en janvier en données corrigées (les dernières disponibles), s'explique notamment par l'afflux constant de main-d'oeuvre étrangère en Allemagne, souligne son confrère Heinrich Bayer, de Postbank. Ce qui signifie que certains chômeurs allemands ne correspondant pas aux postes offerts restent sur la touche.

Le marché du travail allemand est dans une phase de reprise, qui devrait se renforcer plutôt que s'affaiblir au vu de la conjoncture favorable attendue dans le reste de l'année, pronostique M. Bayer.

Un avis partagé par Stefan Kipar, de BayernLB, pour qui la hausse des créations d'emplois devrait se poursuivre et le chômage encore reculer un peu.

Le même optimisme est affiché par la ministre social-démocrate du Travail, Andrea Nahles. Nous nous dirigeons en Allemagne vers un bon printemps: les perspectives économiques laissent espérer que le marché du travail continuera à évoluer positivement, a-t-elle dit dans un communiqué.

Le nombre de chômeurs CVS - 2,91 millions de personnes en février - continue de se rapprocher de son plus bas en 20 ans enregistré en mars 2012, à savoir 2,86 millions, et le taux de chômage CVS pourrait bientôt connaître un plus bas depuis la Réunification, à 6,7%, analyse Timo Klein. L'économiste se montre néanmoins plus mesuré sur l'évolution à court terme, tablant sur une stagnation voire une correction du taux de chômage entre mars et mai du fait du moindre potentiel de rattrapage du secteur du bâtiment.








awp

mardi 21 janvier 2014

Allemagne: la transition énergétique en question

Berlin - Berlin veut freiner le subventionnement des énergies renouvelables et enrayer la hausse des prix de l'électricité pour préserver la compétitivité de son industrie, mais met ainsi en péril aux yeux de beaucoup la transition énergétique du pays.

Quelques semaines après sa prise de fonction le ministre de l'Economie et de l'Energie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a fait ses premières propositions sur ce qu'il a qualifié mardi de "plus gros défi pour notre pays".

M. Gabriel veut commencer par tailler dans le soutien aux renouvelables, pierre angulaire de la transition énergétique amorcée il y a 15 ans par le gouvernement de Gerhard Schröder, et passée à la vitesse supérieure quand sa successeur Angela Merkel a décidé en 2011 l'abandon rapide du nucléaire.

Des subventions généreuses ont permis aux renouvelables d'assurer dorénavant près d'un quart de la production et de la consommation d'électricité du pays. L'objectif est de 80% de la consommation à l'horizon 2050. Mais elles se traduisent par des prix de l'énergie qui ont grimpé en flèche, et une surcharge évaluée par M. Gabriel à 24 mrd EUR par an pour l'économie du pays.

"Il faut faire attention à ne pas trop charger la barque" pour un pays où "l'industrie est la base" de l'économie, a dit M. Gabriel mardi.

D'ici fin juillet, le système va être remanié pour concentrer les aides sur "les technologies les plus prometteuses", l'éolien et le solaire. Même pour celles-ci le rythme de développement doit être mieux contrôlé.
A moyen terme le ministre social-démocrate veut aussi introduire plus de mécanismes de marché dans le système d'aides. Toutes ces mesures vont enrayer la hausse des prix, pas les faire baisser, a toutefois prévenu le ministre.


L'INDUSTRIE SATISFAITE

"C'est un grand pas dans la bonne direction", a réagi a fédération BDEW des énergéticiens. La fédération BDI de l'industrie, très critique du système actuel, a aussi salué "des premiers pas judicieux", dans un communiqué.

Elle se réjouit tout particulièrement de la volonté de Berlin de continuer à exempter les industries gourmandes en énergie de toute ou partie de la taxe sur l'énergie, dont les recettes financent les aides aux renouvelables. Ces exemptions sont cependant dans le collimateur de Bruxelles, et Berlin doit les aménager pour satisfaire les services de la concurrence de la Commission européenne.

Pour la présidente du parti d'opposition Vert, Simone Peter, "les propositions de M. Gabriel (...) mettent en péril la transition énergétique".

En suivant cette voie, l'Allemagne, pour qui le charbon est toujours la première source d'électricité, n'atteindra pas ses objectifs de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO2), a prévenu Hermann Falk, de la fédération des énergies renouvelables BEE.

"Les mesures prévues sont si radicales qu'elles ressemblent à une opération à coeur ouvert", commentait dans un éditorial le quotidien de gauche Frankfurter Rundschau, qui s'inquiète pour le développement de l'éolien.

Mais la révision du soutien aux renouvelables ne constitue que la première étape du chantier qui attend M. Gabriel. Il doit aussi trouver une solution qui assure la rentabilité des centrales fossiles, et notamment à gaz. Beaucoup d'entre elles ne survivent pas à la concurrence des énergies renouvelables. Or le pays en a besoin pour assurer son approvisionnement les jours sans vent et sans soleil.

Peter Terium, le patron du numéro deux allemand de l'énergie RWE, a pressé le ministre de s'atteler au problème. "L'industrie est dans une situation catastrophique", a-t-il dit. La concurrence des renouvelables est source de grosses pertes pour son groupe, qui va supprimer près de 7000 emplois d'ici 2016.





awp

lundi 23 septembre 2013

Merkel, leader incontestée en Europe, mais pour quoi faire

Bruxelles - Angela Merkel, forte de sa victoire éclatante aux élections de dimanche, assoit sa position de leader de l'UE, et elle devrait rester fidèle à sa ligne faite de rigueur sur le front économique et de prudence politique, selon les analystes.

La chancelière allemande a obtenu une victoire personnelle, son parti conservateur obtenant un score historique et frôlant la majorité absolue.

"Le triomphe électoral de Mme Merkel en fait le patron incontesté, cela renforce sa position en Europe", estime Jean-Dominique Giuliani, le président de la Fondation Robert Schuman.

Lundi matin, l'échec du mouvement anti-euro AfD à faire son entrée au Bundestag suscitait un sentiment de soulagement en Europe. D'autres se réjouissaient du revers cuisant subi par les libéraux, partenaires de Mme Merkel dans la coalition sortante, qui ont été évincés du Parlement.

Ainsi l'ancien chef du gouvernement italien, Mario Monti, a jugé que le FDP avait "souvent fait obstacle aux politiques européennes", espérant des "avancées dans l'intégration européenne" en cas de grande coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, ce qui semblait lundi l'issue la plus probable.

Un tel scénario permettrait aussi d'alléger la pression des eurosceptiques de la CDU-CSU sur Mme Merkel.

Pour autant, les analystes estiment que la chancelière ne va pas bouger sur sa volonté de rigueur, en échange du soutien financier apporté aux pays les plus fragiles de l'UE. "Les Allemands ont voté pour la ligne adoptée par Merkel", affirme le directeur de Carnegie Europe, Jan Techau, en soulignant que ni les sociaux-démocrates, qui ont voté la plupart des plans d'aide, ni les Verts ne soutiennent un changement de cap.

"L'Europe d'Angela Merkel est une Europe rigoureuse, dans laquelle la grande majorité des Allemands, grâce à elle, se sent impliquée", note le quotidien italien Corriere della Sera.


PAS PLUS D'INTÉGRATION

Pour Ilias Nikolakopoulos, analyste à l'Institut grec Opinion, "rien ne changera dans les orientations de l'Allemagne". "On aura la même politique, même avec les sociaux-démocrates au gouvernement".

Au delà de la lutte contre la crise, beaucoup doutent de la volonté de Mme Merkel de prendre le leadership pour plus d'intégration économique et politique de l'Europe. "Aussi longtemps qu'elle sera au pouvoir, elle ne poussera pas à plus d'intégration", pense M. Techau.

Toute avancée dans ce domaine passe aussi par les deux autres grandes capitales européennes, Paris et Londres. Jusqu'à présent, les initiatives communes, que beaucoup appellent de leurs voeux en Europe pour relancer le traditionnel moteur franco-allemand, semblent patiner.

Lundi, la France a clairement appelé de ses voeux une grande coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates, en estimant que cela permettrait un "rapprochement" entre les deux pays. Le ministre français des Affaires européennes, Thierry Repentin, a notamment souhaité plus de "souplesse" de Berlin en matière sociale.

Quant à David Cameron, il a pu compter sur le soutien de Mme Merkel dans la bataille du budget européen, pour obtenir des coupes drastiques dans les dépenses et un budget en baisse pour la première fois depuis le début de la construction européenne.

Pendant la campagne électorale, la chancelière a aussi fait écho aux préoccupations du Premier ministre britannique, qui a promis un référendum sur l'appartenance de son pays à l'UE en 2017, en se prononçant pour une Europe moins bruxelloise.

Mais les Britanniques ne doivent pas se faire trop d'illusions, prévient M. Techau. "Mme Merkel n'est pas dans leur camp. Elle ne défendra pas plus d'intégration, mais il est tout aussi clair qu'elle n'ira pas aussi loin qu'ils le demandent" dans la renégociation des pouvoirs entre la Commission et des Etats membres.

"Il y a peu de chances que le prochain gouvernement allemand fasse des cadeaux" à M. Cameron, renchérit Peter Wilding, directeur de British Influence.

Angela Merkel ne souhaite pas que les affaires européennes soient traitées uniquement au niveau des Etats, souligne une source européenne. Elle veut une Commission "à sa place", notamment dans son rôle de "facilitateur du dialogue avec les petits pays".






awp

Législatives en Allemagne: victoire de Merkel, pas de majorité absolue

Berlin - Angela Merkel a remporté un triomphe historique dimanche aux élections législatives allemandes et un troisième mandat d'affilée de chancelière, frôlant la majorité absolue au Bundestag, selon les résultats officiels provisoires.

A 59 ans, Angela Merkel a confirmé son statut de femme la plus puissante du monde, en devenant le premier dirigeant européen d'un grand pays à être reconduit depuis la crise financière et monétaire qui a secoué l'Union européenne.

La chancelière a offert à son parti, la CDU, son score le plus élevé depuis la Réunification du pays en 1990 avec 41,5% des voix, en hausse de 7,8 points par rapport à la dernière élection de 2009.

Le parti conservateur est arrivé très loin devant le parti social-démocrate (SPD) à 25,7% (+2,7), qui reste proche de son plus bas historique d'il y a quatre ans.

Mais l'allié libéral de Mme Merkel, le FDP, a été éjecté du parlement pour la première fois depuis l'après-guerre, avec son plus faible score jamais enregistré (4,8%).

Les Verts sont en baisse sensible à 8,4% (-2,3 points), victimes d'une mauvaise stratégie de campagne et d'une polémique sur la tolérance passée du mouvement envers la pédophilie. La gauche radicale, Die Linke, a baissé de 3,3 points, à 8,6%.

Un nouveau mouvement anti-euro, créé au printemps, a réussi un bon score, à 4,7%, sans atteindre les 5% nécessaires pour avoir des députés. L'AFD ("Alternative für Deutschland") espérait peser davantage en rassemblant un vote protestataire et en surfant sur l'hostilité de nombreux Allemands aux plans de sauvetage des pays européens en crise.

Angela Merkel est apparue rayonnante devant ses supporters pour se féliciter d'un résultat "super" et promettre "quatre nouvelles années de succès". Elle a jugé qu'il était "trop tôt" pour se prononcer sur la démarche à suivre en termes d'alliances.

Prudente, elle a déclaré qu'il fallait "attendre les résultats définitifs", tout en soulignant qu'on avait "déjà le droit de faire la fête".

"La République Merkel", titrait l'édition en ligne du Spiegel, ajoutant: "Deutschland est définitivement Angela-Merkel-Land".

Les Allemands "n'ont pas offert à la chancelière une victoire, mais un triomphe", renchérissait le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, évoquant le "Merkelisme".

Jamais, depuis le chancelier Konrad Adenauer en 1957, les conservateurs (CDU/CSU) n'ont obtenu la majorité absolue des sièges au Bundestag (chambre basse du parlement).

Mme Merkel a échoué de deux sièges sur 598 à rééditer cet exploit, selon les calculs des médias allemands.

Elle sera donc en position de force pour négocier une coalition, probablement avec les sociaux démocrates (SPD) --comme lors de son premier mandat (2005-2009)--, ou hypothétiquement avec les Verts.

Dans une telle configuration, elle pourrait sans problème continuer de mener sa politique de sauvetage de l'euro, selon son principe : "solidarité" en échange de "politiques de rigueur". Le SPD et les Verts ont jusqu'ici approuvé au Bundestag avec les conservateurs toutes les mesures d'aides aux pays en difficulté.

"L'Europe n'a pas de souci à se faire (...) nous allons continuer à jouer notre rôle de façon fiable", a commenté dimanche soir le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Avec son deuxième plus mauvais score de l'après-guerre, le SPD semble avoir souffert de la campagne ratée de son candidat Peer Steinbrück qui a enchaîné les gaffes et polémiques : tout récemment un doigt d'honneur du candidat en Une du magazine Süddeutsche Zeitung a fait de l'ombre au parti.

"Nous n'avons pas obtenu le résultat que nous voulions", a reconnu M. Steinbrück.

Outre la CDU/CSU, trois partis de gauche seraient représentés au Bundestag : le SPD, Die Linke, et les Verts, qui pourraient même disposer d'une majorité ensemble. M. Steinbrück a cependant exclu que son parti noue une alliance avec Die Linke.

Mme Merkel a donc été plébiscitée par les 62 millions d'électeurs allemands, qui la créditent d'avoir bien géré la crise de l'euro et d'avoir su protéger la première économie européenne. Elle a vanté durant la campagne la bonne tenue des finances publiques et la baisse du chômage, à seulement 6,8% de la population active, quand ce même indicateur explosait dans beaucoup de pays européens.
Aucun de ses homologues en Espagne, en France, en Italie ou au Royaume-Uni, ne s'est fait réélire depuis le début de la crise financière.

Dans l'Allemagne d'après-guerre, seuls Konrad Adenauer et le chancelier de la Réunification Helmut Kohl ont réussi à remporter trois mandats de chancelier.

Le président français François Hollande a félicité Mme Merkel pour son succès et les deux dirigeants se sont promis au téléphone de "poursuivre leur coopération étroite" au sein de l'Union européenne.

"J'ai confiance dans le fait que l'Allemagne, avec son nouveau gouvernement, poursuivra son engagement et sa contribution à la construction d'une Europe pacifique et prospère au service de tous ses citoyens", a dit pour sa part le président du Conseil de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.





awp
afp

mercredi 11 septembre 2013

Allemagne: infrastructures en mal d'investissements

Berlin - Routes défoncées, ponts qui s'écroulent, connexions internet lentes: contrairement à des idées reçues, l'Allemagne, première économie européenne, souffre d'infrastructures souvent en mauvais état par manque d'investissements, un enjeu clé de l'élection du 22 septembre.

Le principal rival d'Angela Merkel dans la course à la chancellerie, le social-démocrate Peer Steinbrück, est prêt à mettre 80 milliards d'euros par an sur la table pour investir dans l'éducation, la recherche et massivement dans les infrastructures. La chancelière conservatrice prône un programme moins dépensier pour ne pas mettre en péril l'équilibre des finances publiques.

Pourtant même dans son camp, des personnalités tirent la sonnette d'alarme. Le ministre des Transports Peter Ramsauer déplorait récemment dans la presse que ses homologues étrangers qualifient l'état des routes allemandes de "un-German" (non-allemandes), autrement dit pas dignes de la première puissance européenne.

"Quand ponts et routes sont de plus en plus endommagés, alors cela devient un désavantage compétitif pour l'Allemagne", argue le conservateur Armin Laschet.

Ce responsable de la CDU, le parti de Mme Merkel, sait de quoi il parle: dans son Land de Rhénanie-du-nord-Westphalie, le plus peuplé d'Allemagne, 49 ponts doivent être démolis pour cause de dégradation avancée. Cet Etat fédéral compte à lui seul un quart des embouteillages du pays dans lesquels les Allemands ont passé l'an dernier 230'000 heures. Lignes ferroviaires et canaux sont tout aussi surchargés.

"Nous mettons en péril l'avenir de l'Allemagne", prévenait récemment le directeur du DIW, Marcel Fratzscher. Selon cet institut de recherche indépendant, l'Allemagne souffre d'un manque d'investissement de 75 milliards d'euros par an dans l'éducation, la recherche et les infrastructures.

Le pays a beau bénéficier d'un réseau de transports très dense et d'infrastructures de qualité, il a nettement relâché ses efforts d'investissement après le coup de collier donné au moment de la Réunification, et cela se ressent.

Pour les seuls transports, les ministres régionaux estiment le besoin de financement supplémentaire à plus de 7 milliards d'euros par an.


REDRESSER LES FINANCES PUBLIQUES

En termes d'infrastructures de communication, l'Allemagne affiche une vitesse de connexion moyenne à internet de 7 mégabits par seconde - bien loin des 50 mégabits que la chancelière avait promis à 75% des foyers pour 2014. Hors des grandes villes, les réseaux wifi publics, considérés par toute une génération comme un service de base, sont quasi inexistants.

"Qu'est-il advenu de votre stratégie du haut débit? Rien du tout", a attaqué M. Steinbrück, interpellant la chancelière lors de leur dernière confrontation au Bundestag.

Son parti, le SPD, veut augmenter les impôts des plus nantis pour financer son projet d'investissements massifs.

Le programme électoral des conservateurs insiste lui aussi sur l'importance d'investir, et prévoit 25 milliards d'euros rien que pour les routes sur quatre ans. Ce qui ne représente toutefois que 5 milliards d'euros de plus que ce qui est déjà prévu à moyen terme.

Pour la CDU, l'assainissement des finances publiques reste l'objectif numéro un. L'Allemagne atteindra quasiment l'équilibre budgétaire l'an prochain et le ministre des Finances Wolfgang Schäuble veut ensuite commencer à rembourser la dette.

Les communes, à qui incomberaient certains des investissements nécessaires, rognent justement sur ces dépenses.

Dans une situation budgétaire critique, beaucoup d'entre elles préfèrent ne pas investir car c'est "la manière la plus simple de faire des économies", commente Manfred Morgenstern, co-auteur d'une étude récente de Ernst & Young sur le sujet. "Personne ne s'en plaint, et ce n'est que cinq ou dix ans plus tard, quand les routes se délabrent, qu'on en ressent les conséquences".





awp