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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.




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mardi 30 décembre 2014

Zone euro: le programme d'emprunts des principaux pays en 2015

Paris - Les pays de la zone euro vont lever 913 mrd EUR sur les marchés en 2015 pour financer leurs déficits, contre 936 mrd en 2014, selon les projections réalisées mi-décembre par la banque Natixis.


Voici le programme pour 2015 des émissions d'obligations des principaux pays de la zone euro. Ces chiffres ne concernent en principe que les emprunts obligataires (échéance de plus d'un an), sauf indication contraire. Ils n'incluent donc pas les émissions de court terme.

Le rendement du taux à 10 ans fourni correspond aux données de Bloomberg du 29 décembre à la clôture sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.


FRANCE

L'Agence France Trésor (AFT) prévoit de lever 187 mrd EUR d'obligations à moyen et long termes sur les marchés en 2015, soit légèrement plus que les montants prévus en 2014, où ses taux d'emprunt sur le marché secondaire ont atteint des plus bas historiques. Elle a mené cette année un programme de financement de 173 mrd EUR.

Rendement de l'OAT à 10 ans: 0,831%.


ALLEMAGNE

La Finanzagentur, qui gère la dette allemande, devrait emprunter 185,5 mrd EUR dont 147 mrd à moyen et long terme, soit moins que les 205 mrd EUR initialement prévus cette année.

En 2014, les taux d'emprunt allemands ont touché des plus bas historiques.

Rendement du Bund allemand à 10 ans: 0,544%


BELGIQUE

Le Trésor belge prévoit des besoins de financement pour 2015 de 39,90 mrd EUR, contre 38,77 mrd en 2014.

L'agence de la dette prévoit d'émettre pour 32,5 mrd EUR d'obligations à moyen et long terme (OLO), contre 31,82 mrd émis en 2014.

Rendement de l'OLO belge à 10 ans: 0,846%


PAYS-BAS

L'État néerlandais aura besoin de 94,4 mrd EUR en 2015 contre 93,7 mrd programmés en 2014.

Le montant prévu pour des émissions d'obligations de moyen et long terme s'élève à 48 mrd EUR.

Rendement de l'obligation néerlandaise à 10 ans: 0,681%.


ESPAGNE

Le Trésor espagnol n'a pas rendu public ses prévisions pour 2015.

Les économistes de Natixis tablent sur un programme de 122 mrd EUR contre 136 mrd en 2014.

Le pays a profité de la détente des marchés pour boucler dès le 21 novembre son programme de refinancement à moyen et long terme pour 2014.

L'année a en effet été marquée par une nette descente des taux d'emprunts espagnols qui ont touché leurs plus bas historiques.

Rendement du Bono espagnol à 10 ans: 1,673%


ITALIE

Le Trésor italien n'a pas diffusé d'objectifs pour les opérations prévues en 2015.

Les économistes de Natixis tablent sur un programme 260 mrd EUR contre 269 mrd en 2014.

L'année a aussi été marquée par une nette descente des taux d'emprunts italiens avec également des records historiques à la baisse.

Rendement du BTP italien à 10 ans: 1,982%


IRLANDE

"Les besoins de financement pour 2015 sont évalués à 8,7 milliards d'euros", selon un porte-parole du ministère des Finances.

"Mais les besoins de l'État sont déjà complètement financés pour 2015 et les émissions de 2015 serviront donc à anticiper les besoins pour 2016", a-t-il précisé.

Rendement de l'obligation irlandaise à 10 ans: 1,268%


PORTUGAL

Selon le projet de budget 2015 du Portugal, le pays devrait émettre des obligations (à moyen et long terme) à hauteur de 12 mrd EUR, dont 6,6 mrd de remboursement, soit un besoin de financement net de 5,4 mrd.

En tout, en incluant la dette à court terme et celle auprès de particuliers, le besoin de financement net du Portugal s'élèvera en 2015 à 7,7 mrd EUR.

Rendement de l'obligation portugaise à 10 ans: 2,753%.


GRECE

Le pays n'a pas annoncé de projet précis d'émission d'obligations à moyen-long terme pour 2015.

En avril 2014, la Grèce est revenue pour la première fois sur le marché obligataire depuis l'éclatement de la crise en 2010, avec le placement de 3 mrd EUR à cinq ans, un succès puisque l'obligation avait été sursouscrite huit fois.

Elle a tenté de revenir en juillet, avec une obligation à trois ans, mais a été victime des déboires, le même jour, de la Banque portugaise Espirito Santo. Du coup, elle n'avait levé ce jour-là qu'1,5 mrd EUR alors que, selon des rumeurs de marché, elle espérait placer 2,5 à 3 mrd EUR.

Rendement de l'obligation grecque à 10 ans: 9,532%.




awp

mercredi 18 juin 2014

Japon: la BoJ est le plus gros détenteur d'obligations de l'Etat nippon

Tokyo - La Banque centrale du Japon (BoJ) est devenue pour la première fois fin mars le plus gros détenteur d'obligations de l'Etat nippon, une conséquence de sa politique monétaire d'assouplissement quantitatif, ont révélé mercredi des statistiques de l'institut d'émission.

La BoJ, qui rachète ces titres obligataires sur le marché secondaire à raison de 6000 à 8000 mrd JPY par mois, en possédait fin mars l'équivalent de 201'000 mrd JPY (1450 mrd EUR), un montant record qui correspond à 20,1% du total de 998'000 mrd JPY en circulation.

Alors que le cumul a augmenté de seulement 3% sur un an, la BoJ a quant à elle élevé son solde de 57,2%.

Cette progression est non seulement la conséquence mais aussi le but de sa politique monétaire, puisque la banque a décidé en avril 2013 d'élever de 50'000 mrd JPY (350 mrd EUR) par an son stock d'obligations d'Etat.

Ces dispositions monétaires ont pour objectif de mettre des liquidités dans les circuits financiers et de doubler la masse monétaire en deux ans (2013-2015) afin de pousser les banques à prêter davantage aux entreprises et particuliers. Le but ultime est de doper l'activité et la croissance du pays sur fond d'inflation modérée.

La part détenue pas la BoJ est ainsi devenue supérieure à celle des compagnies d'assurances qui détenaient fin mars 19,3% des obligations d'Etat, et largement plus que les petites et moyennes sociétés financières notamment (15,9%) ou les banques nationales (13%).

La part détenue par les étrangers est quant à elle restée relativement faible (8,4%).






awp

mardi 8 octobre 2013

Le MES emprunte 7 mrd EUR pour sa première émission obligataire long terme

Francfort - Le Mécanisme européen de stabilité (MES) a annoncé mardi avoir placé pour 7 mrd EUR de titres lors de sa première émission obligataire à long terme, qui a rencontré une très forte demande.

Cette émission a reçu pour près de 21 mrd EUR d'offres, venues de plus de 200 investisseurs à travers le monde, a précisé dans un communiqué le MES, qui a fait appel aux banques HSBC, JP Morgan et SGCIB pour la placer.

Le taux s'est affiché à 1,288% pour ces obligations à échéance du 15 octobre 2018.

Il s'agissait de la première émission à long terme du MES, qui a en revanche déjà émis plusieurs fois des titres à trois et six mois depuis sa mise en place en début d'année, afin de remplacer à terme le fond d'aide transitoire FESF.

Pour Frédéric Gabizon, responsable des émissions de dette chez HSBC, "l'engouement pour le MES tient au fait qu'on est aujourd'hui davantage convaincu qu'on est dans un cercle vertueux dans la zone euro qu'il y a quelques mois. Mais il ne faut pas croire que cette émission a profité d'une bascule en raison de la crise actuelle aux Etats-Unis".

"La transaction s'est très bien passée car le FESF, dont le MES est le prolongement, a admirablement fonctionné en période de crise aiguë et car nous sommes dans un environnement plus stable. On se situe même 6 points de base en dessous du taux du FESF sur le marché secondaire", a-t-il ajouté, soulignant que "de nouveaux investisseurs, pas présents lors des émissions du FESF, et notamment des banquiers centraux, ont participé à cette opération".

Les fonds levés servent à la fois à financer les Etats de la zone euro sous programme d'assistance et à rembourser les précédents emprunts.

Au total, le MES compte lever 9 mrd EUR à long terme cette année et 17 mrd en 2014.

Le FESF avait annoncé lui vouloir lever entre 55 et 60 mrd EUR d'emprunts de long terme en 2013, tandis que le programme d'emprunts à court terme a été remplacé par celui du MES.





afp

mardi 7 mai 2013

Le Portugal réalise son premier emprunt à 10 ans depuis 2011


Lisbonne - Le Portugal a testé les marchés avec succès en réalisant mardi son premier emprunt à long terme depuis sa demande d'aide internationale il y a deux ans, au moment où ses créanciers examinaient un nouveau train de mesures de rigueur.

Avant même la conclusion de l'émission de dette, le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar, a salué depuis Bruxelles "un grand succès" qui "normalise l'accès du Portugal aux marchés" et représente une "étape cruciale" pour conclure son plan de sauvetage en juin 2014, comme prévu.

Par le biais d'un emprunt syndiqué, le Trésor portugais a placé 3 milliards d'euros à 10 ans au taux de 5,669%, enregistrant une demande supérieure à 10 milliards d'euros, a-t-on appris auprès de HSBC, une des banques qui ont mené l'opération.

Cet emprunt syndiqué, qui consiste à se financer directement auprès de quelques banques sélectionnées d'avance, a permis à Lisbonne de tester l'appétit des investisseurs sans courir de trop grands risques.

Son coût a été nettement inférieur à celui du dernier emprunt à 10 ans, adjugé au taux de 6,76% en janvier 2011, soit trois mois avant que le pays ne demande une aide internationale car il ne parvenait plus à se financer sur les marchés à un prix acceptable.

"Le risque d'un nouveau plan de sauvetage s'est réduit", a constaté David Schnautz, analyste à la Commerzbank, jugeant que l'émission de mardi représentait "un grand pas dans la bonne direction" car, après l'emprunt à cinq ans déjà placé en janvier dernier, le Portugal pourrait prétendre à bénéficier du plan de rachat de dette mis en place par la BCE.


OPÉRATION "POSITIVE"

Selon Paula Gonçalves, économiste à la banque BPI, "le taux d'intérêt est encore très élevé" mais le Portugal "a profité de l'accalmie politique en Italie, des politiques de soutien à la relance des banques centrales et d'un plus grand appétit pour le risque".

Estimant aussi que l'opération était "positive" pour le Portugal, Michele Napolitano, responsable de l'agence de notation financière Fitch pour les dettes souveraines, a toutefois rappelé que "les faibles perspectives économiques compliquent les plans de redressement budgétaire du gouvernement".


RÉDUCTION DES DÉPENSES PUBLIQUES

"Le Portugal n'a fait qu'une partie de son ajustement" et "un retour complet aux marchés dépendra de la crédibilité et de la mise en oeuvre de son plan de réduction des dépenses", a-t-il ajouté.

Le lancement de l'emprunt a coïncidé avec l'arrivée mardi d'une mission de la "troïka" représentant l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, pour évaluer les nouvelles mesures que le gouvernement a mis au point pour réduire les dépenses publiques de façon permanente, mais aussi pour compenser celles que la Cour constitutionnelle a rejetées le mois dernier.

Présenté la semaine dernière, ce nouveau plan de rigueur comprend notamment le report de l'âge du départ à la retraite à taux plein de 65 à 66 ans, un programme de départs volontaires visant quelque 30.000 fonctionnaires sur près de 700.000 au total et le rallongement de leur temps de travail de 35 à 40 heures hebdomadaires.

Son approbation par la "troïka" est indispensable au versement d'une nouvelle tranche d'aide de 2 milliards d'euros dans le cadre du prêt de 78 milliards d'euros accordé au Portugal en mai 2011.

Un satisfecit de ses créanciers ouvrirait aussi la voie à un allongement des délais de remboursement des prêts octroyés par l'Union européenne, mais le temps presse car les ministres des Finances de la zone euro se réunissent lundi prochain.

Les nouvelles mesures de rigueur, qui représentent des économies de 4,8 milliards d'euros à l'horizon 2015, font encore l'objet de négociations entre le gouvernement de centre-droit, les syndicats et l'opposition.

Mais si la "troïka" considère qu'un large consensus est essentiel pour assurer le succès du plan de redressement, l'isolement du Premier ministre Pedro Passos Coelho ne cesse de s'accroître alors que l'économie doit reculer cette année de 2,3% et le chômage dépasser le taux record de 18%.







awp

mardi 23 avril 2013

Forte détente sur le marché obligataire des pays européens en difficulté


Paris - Le marché obligataire en zone euro s'est nettement détendu mardi, dans une séance marquée par un nouveau plus bas historique pour le taux d'emprunt de la France et une forte baisse de celui de l'Italie qui est passé sous 4% pour la première fois depuis fin 2010.

Les investisseurs se sont non seulement rués vers les obligations souveraines en zone euro, mais également sur les actions, qui ont signé une forte hausse, notamment à Paris.

"Cette situation est assez étonnante au regard des fondamentaux économiques qui ne sont pas brillants. Il s'agit d'un appétit pour le risque pur de la part des investisseurs", observe Cyril Regnat.
Plus généralement, cette détente presque généralisée est également le signe que "les marchés actent le fait qu'on est en train d'écarter certaines risques sur la zone euro", qui empoisonnaient les marchés depuis plusieurs années, estime le stratégiste.

Le taux d'emprunt de la France est en particulier tombé à 1,701% à 14H40 (12H40 GMT) et a effacé son précédent record de début avril. A 18H00, il remontait à 1,747% (contre 1,749% lundi à la clôture) sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

En revanche, le taux de l'Allemagne, qui s'était détendu en début de séance, progressait à 1,260% (contre 1,232%). La dette allemande fait plutôt office de valeur refuge et pâtissait de l'appétit pour le risque du marché.

De son côté, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Italie est passé sous 4% mardi sur le marché obligataire, pour la première fois depuis novembre 2010 et en dépit du blocage politique persistant dans le pays.
A 15H40 (13H40 GMT), le taux est tombé à 3,889%, avant de s'établir à 3,944% à 18H00 (contre 4,058% lundi à la clôture).

La veille, le taux italien s'était déjà très fortement détendu pour évoluer à ses niveaux de l'automne 2010. Il avait grimpé jusqu'à 7,5% en novembre 2011 en pleine crise de la dette en zone euro et s'établissait encore autour de 6,7% en juillet 2012.

Cette détente est liée "uniquement aux signaux qui vont dans le sens de l'émergence d'un gouvernement peut-être moins instable que prévu dans le pays", explique Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.

Cet espoir de voir se former rapidement un gouvernement a été nettement renforcé depuis la réélection de Giorgio Napolitano.

Le président réélu a d'ailleurs repris mardi ses consultations avec les forces politiques dans l'optique de former "sans tarder" un gouvernement pour sortir de la crise la troisième économie de la zone euro.

Pour sa part, le taux de l'Espagne reculait à 4,280% (contre 4,489%). La prime de risque est tombé en séance sous 300 points de base (3 points de pourcentage), une première depuis mars 2012.

Les investisseurs ont pourtant eu de mauvaises statistiques à digérer puisque l'activité privée dans la zone euro a continué de se contracter en avril au même rythme que le mois précédent, avec des signes inquiétants en provenance d'Allemagne qui font craindre une intensification de la récession début 2013.

Mais ces indicateurs ne font que confirmer une conjoncture vacillante en zone euro, ce quI fait qu'"une action de la BCE en mai devient plus probable désormais", selon Martin van Vliet, économiste chez le bancassureur ING.

Cette perspective d'une baisse des taux, qui est susceptible de se produire dès jeudi 2 mai lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), alimentait ainsi les achats d'actifs de la part des investisseurs.

Hors zone euro, le taux britannique à 10 ans montait à 1,715% contre 1,652% lundi.





awp

jeudi 27 décembre 2012

L'Espagne restera dans la ligne de mire des marchés en 2013


Madrid  - L'Espagne a réussi à terminer l'année sans recourir à l'aide financière de la Banque centrale européenne (BCE), mais elle reste à la merci des marchés en 2013: toute remontée des taux d'intérêt rendra difficilement évitable le sauvetage européen.

"Le pays va dans la bonne direction en réduisant son déficit. Mais finalement, tout dépendra des marchés", note ainsi Rafael Pampillon, directeur des analyses économiques à l'IE Business School.

Revirement dans la politique économique italienne, doutes quant aux capacités de l'Espagne à faire face à ses échéances de remboursement en 2013, etc. Nombreux sont les facteurs qui peuvent faire remonter la prime de risque espagnole (la différence entre le taux d'intérêt à dix ans du pays et celui de l'Allemagne) à des niveaux difficilement soutenables pour se financer sur les marchés, souligne l'économiste.

Au coeur de l'été, la prime de risque de la quatrième économie de la zone euro avait dépassé les 600 points de base, et peu pensaient alors qu'elle échapperait à l'aide financière de la BCE.

La seule annonce, en septembre, du mécanisme permettant à la BCE d'acheter de la dette pour un montant illimité sur le marché secondaire des pays de la zone euro qui en feraient la demande avait toutefois suffi à marquer un tournant psychologique et à calmer la tension sur les marchés.


DEMANDE DE SAUVETAGE PAS IMPOSSIBLE

Depuis, la grande majorité des économistes et des responsables politiques s'accorde à dire que la probabilité d'un sauvetage de l'Espagne est moindre, tout du moins à court terme.

"Il n'est pas impossible qu'ils demandent (le sauvetage) mais ils le repousseront le plus longtemps possible, et il semble que cela puisse être pour assez longtemps", estime ainsi Edward Hugh, économiste britannique basé près de Barcelone.

Mais le pays, confronté à la fois à une économie en récession et à un déficit public élevé, n'est pas débarrassé pour autant du scepticisme des marchés. La prime de risque, qui mesure le degré de défiance des investisseurs vis-à-vis de sa dette, s'établissait jeudi autour de 391 points.

Un niveau qui n'est "pas viable à long terme", selon Jesus Castillo, économiste de Natixis, qui rappelle que si les taux à 10 ans fixent le niveau auquel se finance le gouvernement, ils déterminent aussi en grande partie celui des ménages et des entreprises.

"Si l'économie espagnole est aujourd'hui étranglée, c'est parce qu'un niveau de taux d'intérêt élevé tue dans l'oeuf tout projet d'investissement", poursuit-il.

Une logique qui semble plaider pour le sauvetage: l'achat de dette espagnole par la BCE apporterait une bouffée d'oxygène à l'économie, qui compte plus de 25% de chômeurs et dont le PIB devrait reculer de 0,5% en 2013, après une baisse de 1,5% en 2012, selon les objectifs du gouvernement.

Or le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, répète sans relâche qu'il se décidera en fonction de "l'intérêt général" du pays. Mais, alors que son gouvernement conservateur a déjà engagé une politique d'austérité sans précédent, il a également à l'esprit les contreparties que Bruxelles pourrait exiger en échange de son aide, ainsi que le coût politique d'un tel sauvetage.

Selon un sondage publié la semaine dernière par la société d'études InvyMark pour une chaîne de télévision espagnole, 54,5% des personnes interrogées estiment que M. Rajoy ne devrait pas demander le sauvetage, contre 31,5% qui pensent qu'ils devraient le faire. Et plus des deux tiers (69,1%) jugent qu'une telle aide de l'Europe ne serait pas positive pour les citoyens espagnols.

Quant au patronat du pays, qui incitait encore en septembre le gouvernement à faire appel à Bruxelles, ses représentants sont devenus beaucoup plus prudents dans leurs dernières déclarations, estimant que de nouvelles coupes dans les dépenses publiques pourraient être contreproductives.

"Il est urgent d'attendre" pourrait donc devenir un slogan à la mode en 2013, d'autant que les marchés pourraient aussi y trouver leur intérêt. "Dans l'environnement actuel, il est difficile de trouver du rendement et ces obligations (espagnoles) sont bonnes pour le rendement", souligne ainsi M. Hugh.





awp

lundi 3 décembre 2012

Grèce: délicat rachat de dette, scruté par la zone euro


Athènes - La Grèce a lancé lundi sa délicate opération de rachat de dette, clef de voûte d'un accord prorogeant le soutien de l'UE et du FMI, et qui sera examinée par la zone euro à Bruxelles, avec le sauvetage de Chypre et la supervision bancaire.

L'objectif de la transaction, dont les premiers résultats seront connus le 13 décembre lors du sommet européen, est de ramener la dette grecque à 124% du PIB en 2020, comme convenu lors de la dernière réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles il y a juste une semaine.

Sa réussite conditionne le déblocage, attendu le 13 décembre, du versement par l'UE et le FMI de tranches de prêts au pays, gelés depuis juin et vitaux pour lui éviter la cessation de paiement.

Aux termes de l'opération lancée lundi matin, les créanciers privés d'Athènes vont se voir proposer jusqu'à 10 milliards d'euros de titres du Fonds européen de secours en échange des obligations souveraines qu'ils détiennent.

Ils devront accepter une décote conséquente, puisque l'Etat grec a fixé une fourchette de rachat allant d'un plancher de 30,2% à 38,1% (selon les échéances des titres) de la valeur des obligations rachetées, à un plafond de 32,2% à 40,1%, a précisé le PDMA.

L'opération offre toutefois aux investisseurs une légère prime par rapport à la valeur de ces titres sur le marché secondaire (où s'échange la dette déjà émise) vendredi dernier.

Elle porte sur 20 lignes d'obligations arrivant à échéance entre 2023 et 2042, pour un montant global de quelque 62,3 milliards d'euros. En mars dernier, quelque 107 milliards de créances avaient déjà été effacées.

Les analystes estiment que cette fois, environ 20 milliards d'euros de dette grecque devraient l'être.
La PDMA a précisé que l'offre expirera le vendredi 7 décembre, pour un bouclage de l'opération dix jours plus tard.

Le FMI a indiqué vouloir attendre les résultats de la transaction pour décider de débloquer sa part des prêts consentis à Athènes, mais le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn s'est lui montré confiant vendredi sur le versement prochain de ces fonds, laissant entendre que les Européens pourraient si nécessaire prendre les devants.

De son côté, le ministre grec des Finances Yannis Stournaras a souligné vendredi que le pays avait "un devoir patriotique" de réussir l'opération, dans un appel implicite aux banques grecques d'y participer. Il a affirmé que les bailleurs de fonds du pays avaient "un plan B" en cas d'échec.

A l'Eurogroupe, les ministres doivent également discuter du sauvetage financier de Chypre afin d'aboutir à une "décision finale le plus tôt possible", a indiqué M. Rehn, prévenant qu'il y a encore du travail à faire.

"Le problème est qu'actuellement, il n'y a pas de vision réelle des besoins de l'île", a confié un diplomate européen, "Nous attendons une présentation exhaustive et transparente de la situation économique de Chypre".

Mardi, les ministres des 27 pays de l'UE prendront le relais pour tenter d'avancer sur deux sujets liés au secteur bancaire: la mise en place d'un superviseur unique en zone euro confiée à la Banque centrale européenne et le cadre réglementaire "Bâle III", dont l'entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2013 semble compromise.

Pour le superviseur bancaire, les 27 doivent trouver un compromis qui prenne en compte les desiderata des pays non-membres de la zone euro, comme la Suède, qui veulent participer au mécanisme et avoir leur mot à dire. Ils doivent également s'entendre sur la question de la supervision des petites banques qui pourrait se faire au niveau local, sous certaines conditions.

Sur les nouvelles normes du secteur bancaire, dont les travaux ont pris du retard, les Européens pourraient envisager de modifier le calendrier initial.

"Faut-il reporter? Très probablement", avance un diplomate, même si certaines dispositions pourraient être adoptées dès janvier, suggère-t-il.



AWP

lundi 10 septembre 2012

Zone euro: fin du premier programme de rachat d'obligations de la BCE

Francfort - Pour sa dernière semaine d'activité, le programme de rachats d'obligations de la Banque centrale européenne (BCE), dit "SMP", n'a pas racheté d'obligations publiques de la zone euro, a annoncé lundi l'institution monétaire.

Le volume total de ce programme, mis en sommeil depuis la mi-mars, totalise 209 milliards d'euros. Jeudi dernier le président de la BCE, Mario Draghi, avait déclaré que ces titres seraient gardés par l'institution jusqu'à leur échéance.

Pour éviter toute pression inflationniste, la BCE "stérilise" ce volume de rachats chaque semaine en absorbant un montant équivalent de liquidités bancaires, ce qu'elle va continuer de faire à l'avenir.

Le programme SMP prend fin après plus de deux ans d'existence. Il avait été lancé en mai 2010 lors de la première crise grecque, pour freiner l'envolée des taux d'emprunt d'Athènes sur les marchés financiers. L'an dernier, il avait été aussi employé pour contrer l'envol des taux de l'Italie et de l'Espagne.

Mario Draghi a annoncé jeudi dernier un nouveau programme illimité de rachats d'obligations baptisé "OMT", qui visera en particulier des titres de dette de court et moyen termes.

Contrairement au SMP, l'activation de ce nouveau programme dépendra toutefois de conditions strictes: les pays appelant la BCE à l'aide devront au préalable avoir fait appel à un plan d'aide du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou de son futur successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Cette procédure doit obliger, en échange, les Etats demandeurs à se conformer à des exigences de consolidation budgétaire et de réformes structurelles. L'Espagne, pays de la zone euro le plus pressenti à demander un plan de sauvetage, veut d'abord connaître ces conditions en détail avant de se prononcer.





awp

jeudi 6 septembre 2012

La BCE sort l'artillerie lourde pour enrayer la crise

Francfort - La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de frapper fort face à ceux qui doutent de la viabilité de la zone euro et de la monnaie unique, annonçant entre autres un programme illimité de rachat de dette des pays les plus fragiles, comme l'Espagne ou l'Italie.

Ce nouveau programme, soumis à condition et baptisé "Outright monetary transactions" (OMT), va prendre la suite de celui lancé en mai 2010, lors de la première crise grecque, le SMP. Ce dernier s'est montré incapable d'éviter l'aggravation de la crise de la dette, car limité en temps et surtout en montant.

L'OMT se justifie par "les perturbations graves observées sur le marché des obligations publiques qui proviennent de craintes infondées de la part des investisseurs sur la réversibilité de l'euro", a déclaré le président de la BCE Mario Draghi lors de sa conférence de presse mensuelle à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de l'institution de Francfort.

Ce programme sera toutefois enclenché à la condition stricte que les Etats qui souhaitent en bénéficier aient auparavant fait appel à l'aide des fonds de secours européens, le FESF, provisoire, et le MES, son futur successeur. En clair, il faudra qu'un pays comme l'Espagne, très réticent jusqu'à présent, réclame officiellement cette aide avant qu'elle ne puisse être mise en oeuvre.

Les places boursières, qui craignaient que la BCE tergiverse après avoir promis cet été une action d'envergure, ont salué ces annonces, la plupart évoluant en nette hausse.

Pour Holger Schmieding, économiste à la banque Berenberg, M. Draghi a "tenu parole".

"Après une année au cours de laquelle la BCE a laissé le tumulte sur les marchés obligataires empêcher la transmission de sa politique monétaire, elle s'attaque au coeur du problème de la crise de la zone euro" et signifie qu'elle ne "laissera aucun membre solvable de l'euro faire faillite", ajoute-t-il.

Selon lui, les investisseurs qui ont appris à ne pas se mettre en travers du chemin de la Banque centrale américaine, la Fed, vont désormais réaliser qu'il ne faut pas non plus se frotter à la BCE.

En Espagne, où le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy recevait la chancelière allemande Angela Merkel au même moment, les deux dirigeants ont refusé de commenter les décisions de la BCE.

Alors que Madrid, en proie aux attaques des marchés, devrait être le premier bénéficiaire de l'action de la BCE, M. Rajoy s'est contenté de déclarer: "Quand j'aurai du nouveau, je vous le dirai".

L'Espagne, qui a déjà adopté des mesures d'austérité douloureuses, se refuse pour l'instant à faire appel à une aide globale européenne -après celle obtenue pour ses banques- tant qu'elle ne sait pas ce qu'il lui sera demandé comme sacrifice.

Mme Merkel a elle aussi éludé la question: "la conférence de M. Draghi a lieu en ce moment", a-t-elle dit, alors que l'annonce du nouveau programme d'achat de la BCE avait déjà été rendu public.

"La BCE agit dans le cadre de son indépendance et de son statut", a-t-elle toutefois ajouté, alors que la banque centrale allemande a confirmé jeudi son opposition au rachat de dette publique, qu'elle assimile à une manière détournée de financer les déficits publics, ce qui est interdit à la BCE.

M. Draghi a indiqué que le nouveau programme avait été voté à l'unanimité du conseil des gouverneurs de l'institution moins une voix, celle donc de Jens Weidmann, président de la Bundesbank.

Dans un communiqué jeudi après-midi, la Bundesbank a réitéré ses critiques.

"Si ce programme conduit les Etats à repousser les réformes nécessaires, cela va de nouveau saper la confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise", a-t-elle estimé.

Le programme OMT doit se concentrer sur les obligations de court et moyen termes, "entre un et trois ans", a déclaré M. Draghi, précisant que trois ans était "la maturité la plus efficace pour atteindre les objectifs".

Contrairement au scénario qui avait circulé dans la presse, la BCE ne va pas viser de niveaux spécifiques sur les écarts de taux d'emprunt (spreads) entre les Etats de la zone euro au-delà desquels elle interviendrait automatiquement en achetant des titres de dette.

La BCE va par ailleurs de nouveau alléger ses critères pour les garanties (collatéraux) qu'elle exige des banques de la zone euro en contrepartie des prêts qu'elle leur accorde via ses opérations de refinancement.

Elle a en revanche laissé son principal taux directeur à 0,75%, son plus bas niveau historique. Peu d'analystes attendaient une nouvelle baisse de ce baromètre du crédit en zone euro, alors que la précédente en juillet n'avait eu que peu d'effet, de l'aveu même des dirigeants de la BCE.




awp

mardi 4 septembre 2012

L'Espagne affronte jeudi le marché, espoirs dans la BCE et Merkel

Madrid - L'Espagne testera jeudi la confiance des investisseurs, avec sa première émission obligataire à long terme depuis un mois, misant tous ses espoirs sur deux événements qui auront lieu ce même jour: la visite d'Angela Merkel et la réunion de la BCE.

Le ministre de l'Economie Luis de Guindos s'est voulu confiant, lundi: "la Banque centrale européenne sait parfaitement quelle est la problématique de l'euro et agira en conséquence".

Même optimisme concernant la chancelière allemande: "je crois qu'elle vient, essentiellement, soutenir les décisions déjà prises et annoncées par le gouvernement espagnol", a-t-il déclaré.

Difficile pourtant d'oublier à quel point l'Espagne, quatrième économie de la zone euro, est actuellement en position de faiblesse face à ses partenaires: bénéficiant d'une promesse d'aide de 100 milliards d'euros pour ses banques, elle est sous pression pour demander un sauvetage financier plus large.

Si la tension est un peu retombée en août, c'est grâce aux paroles apaisantes de la BCE, qui s'est dite prête à soutenir les pays les plus chahutés en zone euro, comme l'Espagne ou l'Italie, en leur achetant des obligations.

Mais "l'effet d'annonce semble perdre de la force", notent les analystes de la banque Inversis.

Un indice est la prime de risque, surcoût que doit payer l'Espagne pour se financer par rapport à l'Allemagne: celle-ci est passée ces derniers jours de moins de 500 points à quelques 550 (5,5 points de pourcentage).

Le marché attend maintenant des actes et s'il sent que les choses n'avanceront pas, il pourrait en faire payer le prix au Trésor espagnol, qui cherchera jeudi à lever jusqu'à 3,5 milliards d'euros en obligations à 2, 3 et 4 ans, sa première opération à long terme après un mois de trêve estivale.

Quelques heures plus tard, Mario Draghi devrait dessiner les contours de son nouveau plan d'achat d'obligations, mais il a déjà fait savoir que la BCE n'agirait qu'en coordination avec les fonds de secours européens, le FESF et son successeur le MES.

La balle est donc dans le camp des Etats souhaitant bénéficier de ce soutien, qui devront faire une demande officielle d'aide, impliquant des efforts accrus d'assainissement des finances publiques, qui pourraient être préparés avec le FMI.

La BCE doit elle jongler entre deux types de réticences: celles de l'Allemagne d'abord, peu encline à signer un chèque en blanc aux pays fragilisés de la zone euro.

Mais aussi, celles de l'Espagne elle-même, qui se hérisse dès que le mot "sauvetage" est prononcé et ne fera sa demande que quand elle sera assurée que ce soutien n'implique pas de mise sous tutelle de son économie, comme ce fut le cas pour la Grèce, le Portugal et l'Irlande.

Pourtant, "avec des besoins de financement d'ici la fin de l'année de presque 80 milliards d'euros, entre les échéances de dette et le déficit public à financer, et avec la prime de risque du pays qui est à nouveau à 550 points, la marge de manoeuvre du gouvernement (espagnol) est faible voire nulle", estiment les analystes de Link Securities.

Le pays attend donc beaucoup de la venue d'Angela Merkel: la chancelière "a un défi qui est commun à tous les Européens mais elle, comme chancelière allemande, doit en prendre les manettes", a estimé ce week-end le chef du gouvernement Mariano Rajoy, interrogé par quatre journaux européens.

Et ce "défi est de résoudre les problèmes de l'instabilité de l'euro et d'avancer dans l'intégration européenne". Justement, la chancelière allemande est "prête" à jouer "un rôle moteur dans la résolution des problèmes pressants de la zone euro", veut croire le dirigeant espagnol.

Côté allemand, le porte-parole de la chancellerie, Steffen Seibert, a indiqué à la presse qu'il s'agissait d'une rencontre "à laquelle (l'Allemagne) accorde beaucoup d'importance", devant permettre "d'intensifier le travail en commun".

Après leur conférence de presse commune, les deux chefs de gouvernement doivent participer à une conférence économique, au cours de laquelle Angela Merkel fera un discours.

"Cette conférence peut donner une nouvelle dynamique", selon M. Seibert, qui salue le "remarquable" programme de réformes espagnol.



afp

lundi 20 août 2012

Berlin semble vouloir tuer dans l'oeuf les espoirs d'intervention massive de la BCE

Berlin  - L'Allemagne a tué dans l'oeuf lundi les espoirs de grandes annonces sur la crise de la dette lors de rencontres au sommet prévues cette semaine à Berlin, et lancé un avertissement sans frais à la BCE sur ses projets d'achats d'obligations d'Etat.

Les porte-parole du gouvernement allemand se sont donnés le mot pour faire retomber les attentes avant la visite prévue à Berlin du président français François Hollande, jeudi, et du premier ministre grec Antonis Samaras, vendredi.

"Il ne faut pas attendre (de ces entretiens) que l'on prenne les décisions essentielles", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert.

Son homologue du ministère des Finances, Martin Kotthaus, a embrayé en rappelant que Berlin "attendait le rapport de la troïka" avant toute décision sur la Grèce, en particulier sur un éventuel rallongement du délai imparti à Athènes pour ses réformes.

Cette phrase devenue un leitmotiv à Berlin signifie que l'Allemagne n'avalisera aucune décision avant que la troïka des bailleurs de fonds (Union européenne, Fonds monétaire international, Banque centrale européenne) n'ait achevé son évaluation des réformes grecques en septembre.

Le dossier grec est particulièrement brûlant pour la chancelière Angela Merkel, officiellement revenue de vacances la semaine dernière mais qui fera réellement sa rentrée européenne jeudi en recevant M. Hollande.

Pour Mme Merkel, forte jusqu'ici d'une popularité inébranlable, cette rentrée politique marque le coup d'envoi de la campagne pour les élections législatives, prévues à l'automne 2013.

Et cela signifie que sa marge de manoeuvre se réduit, en particulier en ce qui concerne la Grèce, symbole en Allemagne de toutes les dérives de la zone euro.

L'aile droite de la coalition conservateurs/libéraux de Mme Merkel rejette tout délai et toute nouveau soutien financier pour Athènes.

Et l'opposition de gauche, à la traîne dans les sondages, a averti qu'elle ne voterait aucune nouvelle aide à la Grèce. Or, sans ces voix des sociaux-démocrates et des Verts, Mme Merkel risque la paralysie parlementaire.

Autre indice d'un durcissement de ton à Berlin, le porte-parole du ministère des Finances a fait lundi une entorse inhabituelle à la règle qui veut qu'en Allemagne, la politique monétaire ne fasse l'objet d'aucun commentaire du gouvernement.

Si la Banque centrale européenne (BCE) déterminait des écarts maximum de taux d'emprunt entre pays européens, au-delà desquels elle interviendrait en achetant en masse des obligations publiques, cela serait "d'un point de vue théorique très problématique", a-t-il dit.

Le porte-parole du ministère a dit "ne rien savoir" d'un tel projet, évoqué dans l'hebdomadaire Der Spiegel et très commenté sur les marchés.

Le gouvernement a bénéficié lundi du soutien franc et massif de la banque centrale allemande, qui a rappelé qu'elle était "critique" vis-à-vis des rachats d'obligations car ils contiennent selon elle des "risques élevés pour la stabilité".

La BCE elle-même, qui d'habitude s'astreint à un silence rigoureux sur les informations de presse, s'est efforcée de calmer le jeu en déclarant lundi à propos de l'article du Spiegel qu'il était "trompeur d'écrire sur des décisions qui n'ont pas encore été prises".

Le président de la BCE Mario Draghi avait suscité un émoi considérable début août en promettant de nouvelles mesures de lutte contre la crise de la dette, faisant miroiter des interventions massives sur le marché des obligations publiques. Il doit en dire plus le 6 septembre.

La BCE dispose déjà d'un instrument lui permettant de racheter des obligations publiques sur le marché secondaire, mais elle ne l'a pas mis en oeuvre depuis plusieurs mois, malgré une flambée des taux de l'Espagne et de l'Italie.

Fixer des écarts de taux limite reviendrait pour la BCE à institutionnaliser ce programme, censé être une mesure d'urgence temporaire. Cela serait "une étape majeure pour dissiper les tensions en zone euro et gagner du temps pour les réformes", selon Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg.







awp

dimanche 19 août 2012

Taux d'emprunt des pays en difficulté: la BCE pourrait intervenir au-delà d'un niveau maximum

BERLIN - La Banque centrale européenne (BCE) étudie la possibilité d'acheter des obligations des pays en difficulté de la zone euro afin d'empêcher leurs taux d'emprunt de dépasser un certain niveau, défini à l'avance, affirme le journal allemand Der Spiegel dimanche.

La banque va définir un taux limite d'emprunt pour des pays tels que l'Espagne et l'Italie, et interviendra sur les marchés pour s'assurer qu'il n'est pas dépassé, affirme l'hebdomadaire, sans citer ses sources.

Dernièrement en raison de la crise en zone euro, l'Espagne et l'Italie ont vu flamber les taux d'emprunt consentis lors de leurs émissions de dette, tandis que la Grèce, le Portugal et l'Irlande ont dû recourir à des plans de sauvetage mis en place par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).

Vendredi le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne reculait à 6,523% sur le marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise, s'éloignant de la barre des 7% jugés insoutenables sur le long terme compte tenu des finances du pays.

De son côté le taux de l'Italie remontait à 5,793%.

En revanche l'Allemagne, pays aux finances réputées être les plus solides, bénéficiait d'un taux à 10 ans de 1,529%, signe de la confiance des investisseurs à son égard.

Selon Der Spiegel, le spread ou différence entre le taux d'emprunt de l'Allemagne et celui des pays englués dans la crise de la dette serait le critère pour fixer le taux d'emprunt maximum.

Le président de la BCE Mario Draghi a annoncé au début du mois que son institution pouvait entreprendre des opérations sur le marché obligataire d'une taille adéquate pour atteindre son objectif, face aux taux d'emprunt inacceptables consentis par certains pays de la zone euro.

Mais ces pays doivent d'abord se montrer prêts à faire intervenir les fonds de secours européens FESF et MES sur le marché obligataire, à des conditions strictes, a-t-il estimé.

Selon Der Spiegel, c'est lors de la prochaine réunion des gouverneurs de la BCE prévue le 6 septembre que ces derniers décideront de la mise en place éventuelle de ce taux d'emprunt maximum.





AFP

jeudi 9 août 2012

La BCE prend acte du creusement des écarts de taux de rendement

Berlin - Les écarts de rendement entre les obligations des pays les mieux notés et les pays en difficulté ont continué à se creuser en zone euro entre juin et août, sur fond d'inquiétudes pour la croissance et de forte aversion pour le risque, selon le rapport mensuel de la BCE publié jeudi.

"Entre fin juin et le 1er août 2012, les taux de rendement des obligations de long terme émises en zone euro par les pays notés "triple A" (la meilleure note possible, ndlr) ont baissé d'environ 40 points, à environ 1,8%", précise le rapport.

A l'inverse, les taux de rendement des obligations de la plupart des pays bénéficiant d'un plan d'aide financière, ainsi que l'Espagne et l'Italie, ont augmenté, ajoutait-il.

Sur la période, l'écart de taux de rendement avec l'Allemagne s'est donc creusé pour la plupart des pays en difficulté, tandis qu'il s'est réduit "de 20 à 40 points de base pour la Belgique, la France, les Pays-bas, l'Autriche et la Finlande", qui bénéficient d'une meilleure image auprès des investisseurs.

En particulier, "l'attention des marchés s'est focalisée sur l'Espagne après que plusieurs régions espagnoles ont demandé une aide financière au gouvernement central, alimentant les spéculations au sujet d'un plan d'aide financière global en faveur de Madrid", explique la BCE.

L'institut monétaire souligne que les rendements des obligations de long terme émises par les pays notés triple A de la zone euro ont atteint des niveaux historiquement bas sur la période, malgré un rebond observé après le 20 juillet.

A cette date, la BCE avait annoncé ne plus accepter que les banques déposent en garantie auprès d'elle des titres de dette émis par la Grèce, dans l'attente du rapport que la troïka (FMI-UE-BCE) doit rendre en septembre concernant l'état d'avancement des réformes dans le pays, contribuant ainsi à raviver les tensions sur les marchés obligataires.

Selon l'institut monétaire, la baisse historique des taux de rendement est lié à une aversion de plus en plus grande des investisseurs pour le risque, en raison notamment d'un abaissement des prévisions de croissance.

"Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions globales de croissance et a souligné le risque lié à l'insuffisance des décisions politiques en zone euro", rappelle le rapport.
De plus, "la baisse des taux directeurs de la BCE début juillet a contribué à faire baisser les taux de rendement des pays notés triple A en zone euro", ajoute-t-il.





AWP

lundi 23 juillet 2012

Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne touche 7,5%, nouveau record

Paris  - Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne s'est envolé lundi, jusqu'à 7,5%, soit un nouveau record, signe que les investisseurs craignent que le pays dans son ensemble ait besoin d'être secouru.

Vers 18H00, le rendement espagnol atteignait 7,425%, contre 7,226% vendredi en clôture, après avoir signé en séance (7,501%) un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro en 1999.

Du coup, le "spread", ou écart du taux à 10 ans avec l'Allemagne, a établi un record, à 643 points de base, soit 6,43 points de pourcentage.

"C'est vraiment une situation quasi critique. Les marchés ne savent pas à quoi se raccrocher", estime Cyril Regnat, stratégiste obligataire de Natixis.

La situation de l'Espagne est au coeur des préoccupations des investisseurs qui craignent que la quatrième économie de la zone euro soit dans l'obligation de demander une aide financière globale et non plus seulement pour ses banques.

"Les spéculations progressent sur un plan de soutien à grande échelle", résument les économistes de Crédit Agricole CIB.

Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a de nouveau écarté lundi l'idée d'un plan de sauvetage global du pays.

Selon M. Regnat, si la situation continue à s'aggraver, le pays risque de ne plus avoir accès au marché pour se financer, ce qui nécessiterait une aide internationale.

Les craintes se sont accentuées avec la demande d'aide de la région de Valence, une des plus importantes du pays.

Les investisseurs n'ont donc pas été rassurés par l'approbation vendredi des modalités du plan de secours aux banques espagnoles, pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros, mis sur pied par la zone euro.

La recapitalisation directe des banques par l'Europe ne pourra se faire en outre qu'une fois la supervision bancaire européenne sur les rails, c'est-à-dire pas avant plusieurs mois.

En dehors de l'Espagne, la capacité de la Grèce à respecter ses engagements financiers est un autre facteur de crainte. Les experts de la Troïka sont attendus à Athènes cette semaine alors que leur rapport déterminera si le pays recevra le nouveau prêt prévu d'ici septembre.

Dans le sillage de l'Espagne, le taux long italien dépassait largement les 6% à 6,314% contre 6,150% vendredi soir.

Désormais, les taux à 10 ans de l'Espagne et de l'Italie évoluent au-dessus de ceux de l'Irlande, pourtant sous assistance financière internationale.

Selon les analystes, le seul espoir de court terme réside dans une intervention de la Banque centrale européenne (BCE).

"La préservation de l'euro fait partie de notre mandat", et pour y parvenir, "nous sommes très ouverts et n'avons pas de tabous", a affirmé Mario Draghi, président de la BCE, dans un entretien au Monde.

Une action de la BCE "reste une possibilité dans les semaines à venir si la situation se détériore encore", estiment les stratégistes de BNP Paribas.

Pour sa part le taux à 10 ans de l'Allemagne a résisté et était en très faible hausse à 1,175% (contre 1,166%), après avoir reculé en début de séance tout près de son plus bas historique atteint le 1er juin (1,125%).

De son côté, le taux de la France remontait un peu à 2,140% (contre 2,067%) après avoir touché vendredi son plus bas niveau historique à 2,017%.

En dehors de la zone euro, le taux à 10 ans britannique baissait à 1,467%, contre 1,483% vendredi. Il a touché en séance un plus bas historique à 1,406%.

Par ailleurs, le taux à 10 ans des Etats-Unis jouait son rôle de valeur refuge et tombait à 1,435% (contre 1,457%), après avoir touché un plus bas historique à 1,411%.

Le taux à 30 ans reculait à 2,513% (contre 2,545%). Le taux à 3 mois était stable à 0,09%.





AWP

mardi 19 juin 2012

Les marchés, toujours inquiets pour l'Espagne, lui font payer le prix fort


Madrid - Madrid a vu mardi ses taux d'intérêt s'envoler pour emprunter 3 milliards d'euros sur le marché, dans un accès d'angoisse des investisseurs en zone euro, à peine rassurés par le résultat des élections grecques et à nouveau inquiets quant à la solvabilité de l'Espagne.

La quatrième économie de la zone euro a réussi à lever 3,040 milliards à 12 et 18 mois, mais à des taux en très nette hausse par rapport à la dernière émission similaire, le 14 mai: 5,074% à 12 mois (contre 2,985%) et 5,107% à 18 mois (contre 3,302%).

C'était le premier rendez-vous de l'Espagne avec le marché obligataire depuis l'annonce, le 9 juin, d'un plan de sauvetage européen pour ses banques, qui pourrait atteindre 100 milliards d'euros.

Un plan qui n'a pas apaisé les esprits: pour preuve, quatre jours plus tard, l'agence Moody's a dégradé la note du pays de trois crans, à Baa3, tout proche de la catégorie des emprunteurs à risque, dite spéculative.

L'envolée des taux était donc attendue: les investisseurs, laissant derrière eux le dossier grec même s'il est encore loin d'être résolu, se montrent de plus en plus impatients de connaître le montant que devra prêter la zone euro à l'Espagne.


PAS DE DÉTENTE AVANT LA CLARIFICATION DES TERMES DU SAUVETAGE

"Le sauvetage des banques espagnoles, ou plutôt le manque de détails sur ce plan de sauvetage, commence à être un poids trop lourd sur les épaules de l'Etat et cela se traduit sur les marchés obligataires, avec la peur de l'effet contagion de cette interminable crise de la dette", pointe Amilcar Barrios Villonga, gérant de portefeuille de la maison de courtage Tressis.

"Tant que ne seront pas clarifiés les termes du sauvetage, dont il est nécessaire de connaître le montant, les marchés obligataires ne se détendront pas", renchérit Link Securities.

Surtout que la situation du secteur, fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, semble empirer rapidement: lundi, la Banque d'Espagne a révélé que quasiment un prêt sur dix (8,72% du montant des créances) était désormais considéré comme douteux, donc avec un risque fort de ne pas être remboursé.

Si Madrid prend la totalité des 100 milliards d'euros proposés par la zone euro, sa dette publique grimpera immédiatement de dix points et avoisinera en fin d'année les 90% du PIB, ce qui rendra les taux d'intérêt actuels très préoccupants.


TAUX PROHIBITIFS

Le taux de ses obligations à dix ans, qui a franchi lundi la barre symbolique des 7% - un record historique -, restait mardi au-dessus de ce niveau jugé insoutenable à long terme, à 7,003%.

"Il est évident que ces taux d'intérêt sont prohibitifs pour n'importe quel pays pour se financer à long terme, mais nous espérons que ces tensions vont se calmer au fur et à mesure que se dissipent les incertitudes des marchés, par exemple, sur comment sera le sauvetage bancaire espagnol", a déclaré le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, Amadeu Altafaj, à ABC Punto Radio.

L'audit mené par les cabinets allemand Roland Berger et américain Oliver Wyman, attendu d'ici jeudi, sera essentiel pour déterminer le montant nécessaire.

Le journal El Mundo, citant des sources proches des deux sociétés, expliquait mardi que les deux cabinets travaillent chacun de façon indépendante et communiqueront donc chacun leur chiffre.

A des milliers de kilomètres de là, le chef du gouvernement Mariano Rajoy et son ministre de l'Economie Luis de Guindos tentaient mardi de rassurer leurs partenaires sur la solvabilité de l'Espagne, lors du sommet du G20 à Los Cabos (Mexique), où était attendue une déclaration commune des dirigeants reflétant leur préoccupation pour l'économie européenne.

Mais même cela ne devrait pas suffire à rétablir le calme: "le marché est surtout dans l'attente d'une intervention de la BCE en soutien à la dette publique des pays périphériques" comme l'Espagne et l'Italie, soulignent les analystes de la maison de courtage Renta4.

Une intervention déjà réclamée par Mariano Rajoy, et à nouveau lundi par le ministre du Budget Cristobal Montoro: "la BCE doit répondre avec toute sa fermeté, sa fiabilité, à ces marchés qui continuent de faire obstacle au développement du projet commun de l'euro".

D'ici là, un nouveau test attend l'Espagne jeudi, avec une émission où elle tentera d'emprunter jusqu'à 2 milliards à 2, 3 et 5 ans.








AWP