WASHINGTON - La croissance économique des Etats-Unis s'est nettement accélérée au premier trimestre, mais pas la demande intérieure, qui peine à permettre un véritable décollage de la reprise, selon la première estimation officielle du PIB américain de l'hiver publiée vendredi.
Le produit intérieur brut du pays a augmenté de 2,5% en rythme annualisé de janvier à mars, a indiqué le département du Commerce dans un communiqué.
Au quatrième trimestre, le PIB américain avait crû officiellement de 0,4%. Le nouveau taux de croissance annoncé par le ministère est moins bon que ne l'attendaient les analystes, dont la prévision médiane donnait une accélération plus forte de l'activité économique, à 2,8%.
L'amélioration de la croissance résulte d'une accélération de la production stockée par les entreprises privées, d'une accélération de la consommation des ménages, d'un redressement des exportations et d'une baisse de la dépense publique moins forte [qu'au trimestre précédent] dont les effets ont été gommés en partie par un redressement des importations et un ralentissement de l'investissement privé hors logement, écrit le gouvernement.
Le ministère précise que la consommation des ménages a connu pendant les trois mois d'hiver sa progression la plus forte en plus de deux ans (3,2%) en rythme annualisé, et qu'elle a fourni à elle seule plus de 2,2 points de croissance au pays, alors même que le revenu disponible réel des Américains chutait de 5,3% sous l'effet de la hausse des cotisations sociales salariales.
Pour autant, l'évolution de la demande intérieure finale pour les produits américains n'a pas du tout suivi celle de la consommation privée et du taux de croissance de l'économie, puisqu'elle a ralenti à 1,5%, contre 1,9% pendant l'automne.
Cela s'explique par le fait que la seule hausse des stocks des entreprises (un effet essentiellement comptable) a rapporté plus d'un point de croissance au pays pendant l'hiver et par la cure de rigueur budgétaire que s'impose le pays, et qui continue de déprimer la demande publique.cr
afp
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Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.
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vendredi 26 avril 2013
mardi 16 avril 2013
USA: recul des prix à la consommation en mars
Washington - Les prix à la consommation ont baissé aux Etats-Unis en mars, sous l'effet de la baisse des cours des hydrocarbures, selon des chiffres publiés par le département du Travail mardi à Washington.
Ils ont reculé de 0,2% par rapport à février, en données corrigées des variations saisonnières, a indiqué le ministère, alors que la prévision médiane des analystes les donnait en baisse de 0,1%.
Après deux mois de stagnation, l'indice des prix à la consommation avait bondi de 0,7% en février, principalement sous l'effet du renchérissement de l'essence.
En mars, indique le gouvernement, la baisse du coût de la vie a résulté "avant tout" d'une chute des prix à la pompe (-4,4%). Les prix de l'électricité et du fioul ont reculé également et, d'une manière générale, le coût de l'énergie pour les ménages a chuté de 2,6%, ajoute le ministère.
Selon les données officielles, les prix de l'alimentation sont restés stables et l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) a atteint 0,1% sur un mois, soit un peu moins que ce que donnait la prévision médiane des analystes (0,2%).
En glissement annuel, la hausse de l'indice général des prix a ralenti nettement, passant de 2,0% en février à 1,5% en mars, son niveau le plus faible depuis juillet, indique le gouvernement.
L'inflation sous-jacente a ralenti aussi, à 1,9%, revenant officiellement au niveau du point bas qu'elle avait touché en août.
Le gouvernement précise que, sous l'effet de la baisse des prix et d'une légère hausse du temps de travail hebdomadaire moyen (34,6 heures), le salaire hebdomadaire réel moyen des employés du secteur privé a rebondi en mars de 0,5% par rapport au mois précédent, après avoir reculé de 0,3% en février.
En glissement annuel, le pouvoir d'achat des employés a augmenté de 0,6% en mars, ajoute le ministère.
Pour Jennifer Lee, économiste de BMO Marchés des capitaux, l'inflation reste "maîtrisée", et c'est une bonne nouvelle dans le flot des indicateurs économiques américains à la tonalité assez contrastée qui parviennent depuis quelques semaines.
Son collègue Jim O'Sullivan, estime que l'inflation "reste suffisamment faible pour donner des arguments aux dirigeants de la banque centrale (Fed) défendant la poursuite d'une politique monétaire sans cesse plus accommodante" afin de soutenir la reprise économique.
awp
lundi 12 novembre 2012
La soif de pétrole de la planète va continuer à augmenter, prévient l'AIE
PARIS - La demande pétrolière mondiale et les prix de l'or noir vont continuer à grimper dans les décennies qui viennent, portés par la consommation liée aux transports, a prédit lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
La demande de brut va augmenter de 14% d'ici 2035 pour atteindre 99,7 millions de barils par jour (mbj), indique l'AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Cela dépasse de 700.000 barils ce qu'elle anticipait un an plus tôt.
L'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, table aussi sur un prix moyen du baril de brut autour de 125 dollars le baril en 2035 (en dollars constants), contre environ 107 dollars cette année, alors qu'elle prédisait l'an dernier un prix du baril de 120 dollars à cet horizon.
La croissance de la consommation de pétrole dans les pays émergents, particulièrement celle liée aux transports en Chine, en Inde et au Moyen-Orient, va plus que compenser la réduction de la demande dans l'OCDE, faisant monter nettement l'usage du pétrole, justifie l'AIE, bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Le transport représente déjà plus de la moitié de la consommation pétrolière mondiale, et cette part va s'accroître alors que le parc automobile doublera à 1,7 milliard de voitures, et que la demande liée au fret (transport de marchandise) routier augmente rapidement, ajoute-t-elle.
Le fret routier représentera à lui seul 40% de la hausse de la demande d'ici 2035, car la consommation de carburants liée aux camions (essentiellement du gazole) augmente bien plus rapidement que celle liée aux voitures, notamment parce qu'ils sont moins soumis à des mesures d'économie d'énergie.
Du côté de la production d'or noir, l'AIE estime que la part des pays hors Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) va aller en augmentant durant la décennie en cours, mais prévient que le poids du cartel se renforcera ensuite à nouveau.
La production non-Opep devrait atteindre un plateau autour de 53 mbj après 2015 (contre moins de 49 mbj en 2011), sous l'effet de l'essor de la production de pétrole non conventionnel en Amérique du Nord (pétrole compact aux Etats-Unis, sables bitumineux canadiens), un bond des condensats (pétrole associé au gaz naturel), et la montée en puissance de la production au large du Brésil.
Ce plateau (phase de stagnation de la production) durera jusque vers 2025, après quoi elle retombera autour de 50 mbj. Parallèlement, le poids de l'Opep dans la production mondiale, actuellement autour de 42%, remontera autour de 50% vers 2035, prévoit l'AIE.
L'AIE dit prévoir une augmentation de la demande de gaz quels que soient les scénarios utilisés, mais son usage variera fortement selon les régions. En Amérique du Nord, l'extraction du gaz de schiste a fait chuter les prix du gaz naturel. Résultat, il se substitue au charbon dans la production d'électricité, et pourrait devenir la première source d'énergie aux Etats-Unis, devant le pétrole, vers 2030.
L'avenir du charbon est très incertain, car il dépendra des choix énergétiques en Asie, et de sa compétitivité par rapport aux autres sources d'énergies dans la production d'électricité.
Les énergies renouvelables (surtout le solaire) devraient de leur côté se développer à un rythme soutenu et assurer près du tiers de la production d'électricité en 2035, tandis que l'agence a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l'énergie nucléaire, freinée par la catastrophe de Fukushima.
Enfin, l'AIE reste inquiète concernant l'impact de l'énergie sur le climat, répétant que l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C devient plus difficile et coûteux à atteindre année après année, mais que des mesures rapides permettraient de retarder de quelques années le point de non-retour.
Les développements dans l'énergie aux Etats-Unis sont profonds et leurs effets vont se faire ressentir bien au-delà de l'Amérique du Nord et du secteur.
En effet, vers 2020, les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole et dépasseront l'Arabie saoudite au moins jusqu'au milieu de la décennie 2020.
Cette révolution programmée dans la planète pétrole ramènerait aux débuts de l'industrie pétrolière. De la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle, le pays avait été le principal producteur d'or noir au monde, ce qui avait nourri son développement industriel, économique et stratégique. Les Etats-Unis sont devenus dans le même temps la première puissance mondiale.
L'AIE appuie sa prédiction sur l'essor de la production des hydrocarbures non conventionnels, autrement dit le gaz et le pétrole de schiste, ainsi que les réservoirs imperméables de pétrole léger (ou tight oil), qui furent longtemps considérés trop coûteux et trop difficiles à extraire.
Le rebond récent de la production américaine de pétrole et de gaz, menée par des essors technologiques qui permettent d'extraire ces ressources non-conventionnelles, comme la fracturation hydraulique, interdite en France à cause des risques qu'elle fait peser sur l'environnement, transforme à un rythme soutenu le rôle de l'Amérique du Nord sur l'échiquier énergétique mondial, explique l'agence.
Les chiffres semblent conforter la prédiction de l'AIE, bien que le débat fasse toujours rage entre les experts sur l'arrivée prochaine du pic pétrolier, c'est-à-dire le moment inéluctable où la production mondiale d'or noir amorcera son inexorable déclin.
Depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont extrait environ 6,2 millions de barils de brut par jour, contre 5 millions en 2008, soit un bond de 24%, selon les statistiques du département américain à l'Energie.
L'AIE anticipe que ce bond de la production américaine, couplé à des mesures visant à réduire la consommation des véhicules, fera chuter progressivement les importations pétrolières du pays, jusqu'à ce que l'Amérique du Nord devienne un exportateur net de brut, aux alentours de 2030.
Résultat, le Graal de l'indépendance énergétique, un objectif longtemps considéré comme inatteignable, serait désormais bel et bien en vue pour les Etats-Unis, avance même l'AIE.
Le pays, qui importe actuellement environ 20% de ses besoins en énergie, deviendra pratiquement auto-suffisant en termes nets, un renversement spectaculaire de la tendance qui prévaut pour la plupart des pays importateurs, prédit-elle.
Cette question s'était d'ailleurs invitée dans la campagne présidentielle. Le républicain Mitt Romney, qui a échoué la semaine dernière à détrôner le démocrate Barack Obama, avait promis l'indépendance énergétique pour 2020, en misant sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), tandis que son concurrent victorieux préférait mettre l'accent sur les énergies renouvelables (solaire, éolien) et les économies d'énergie.
Un tel renversement aurait d'immenses conséquences. Il redessinerait la carte du commerce pétrolier mondial, recentrée sur l'Asie, et avec elle, une grande partie des équilibres et déséquilibres stratégiques actuels.
AFP
World Energy Outlook, AIE
La demande de brut va augmenter de 14% d'ici 2035 pour atteindre 99,7 millions de barils par jour (mbj), indique l'AIE dans son World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle. Cela dépasse de 700.000 barils ce qu'elle anticipait un an plus tôt.
L'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, table aussi sur un prix moyen du baril de brut autour de 125 dollars le baril en 2035 (en dollars constants), contre environ 107 dollars cette année, alors qu'elle prédisait l'an dernier un prix du baril de 120 dollars à cet horizon.
La croissance de la consommation de pétrole dans les pays émergents, particulièrement celle liée aux transports en Chine, en Inde et au Moyen-Orient, va plus que compenser la réduction de la demande dans l'OCDE, faisant monter nettement l'usage du pétrole, justifie l'AIE, bras énergétique de l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Le transport représente déjà plus de la moitié de la consommation pétrolière mondiale, et cette part va s'accroître alors que le parc automobile doublera à 1,7 milliard de voitures, et que la demande liée au fret (transport de marchandise) routier augmente rapidement, ajoute-t-elle.
Le fret routier représentera à lui seul 40% de la hausse de la demande d'ici 2035, car la consommation de carburants liée aux camions (essentiellement du gazole) augmente bien plus rapidement que celle liée aux voitures, notamment parce qu'ils sont moins soumis à des mesures d'économie d'énergie.
Du côté de la production d'or noir, l'AIE estime que la part des pays hors Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) va aller en augmentant durant la décennie en cours, mais prévient que le poids du cartel se renforcera ensuite à nouveau.
La production non-Opep devrait atteindre un plateau autour de 53 mbj après 2015 (contre moins de 49 mbj en 2011), sous l'effet de l'essor de la production de pétrole non conventionnel en Amérique du Nord (pétrole compact aux Etats-Unis, sables bitumineux canadiens), un bond des condensats (pétrole associé au gaz naturel), et la montée en puissance de la production au large du Brésil.
Ce plateau (phase de stagnation de la production) durera jusque vers 2025, après quoi elle retombera autour de 50 mbj. Parallèlement, le poids de l'Opep dans la production mondiale, actuellement autour de 42%, remontera autour de 50% vers 2035, prévoit l'AIE.
L'AIE dit prévoir une augmentation de la demande de gaz quels que soient les scénarios utilisés, mais son usage variera fortement selon les régions. En Amérique du Nord, l'extraction du gaz de schiste a fait chuter les prix du gaz naturel. Résultat, il se substitue au charbon dans la production d'électricité, et pourrait devenir la première source d'énergie aux Etats-Unis, devant le pétrole, vers 2030.
L'avenir du charbon est très incertain, car il dépendra des choix énergétiques en Asie, et de sa compétitivité par rapport aux autres sources d'énergies dans la production d'électricité.
Les énergies renouvelables (surtout le solaire) devraient de leur côté se développer à un rythme soutenu et assurer près du tiers de la production d'électricité en 2035, tandis que l'agence a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l'énergie nucléaire, freinée par la catastrophe de Fukushima.
Enfin, l'AIE reste inquiète concernant l'impact de l'énergie sur le climat, répétant que l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C devient plus difficile et coûteux à atteindre année après année, mais que des mesures rapides permettraient de retarder de quelques années le point de non-retour.
Les Etats-Unis en route vers l'indépendance énérgétique
Les Etats-Unis deviendront le 1er producteur de pétrole de la planète vers 2020, et un exportateur net de brut autour de 2030, un bouleversement du paysage énergétique provoqué par l'essor des hydrocarbures non conventionnels, prédit lundi l'Agence internationale de l'énergie.
Les développements dans l'énergie aux Etats-Unis sont profonds et leurs effets vont se faire ressentir bien au-delà de l'Amérique du Nord et du secteur.
En effet, vers 2020, les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole et dépasseront l'Arabie saoudite au moins jusqu'au milieu de la décennie 2020.
Cette révolution programmée dans la planète pétrole ramènerait aux débuts de l'industrie pétrolière. De la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle, le pays avait été le principal producteur d'or noir au monde, ce qui avait nourri son développement industriel, économique et stratégique. Les Etats-Unis sont devenus dans le même temps la première puissance mondiale.
L'AIE appuie sa prédiction sur l'essor de la production des hydrocarbures non conventionnels, autrement dit le gaz et le pétrole de schiste, ainsi que les réservoirs imperméables de pétrole léger (ou tight oil), qui furent longtemps considérés trop coûteux et trop difficiles à extraire.
Le rebond récent de la production américaine de pétrole et de gaz, menée par des essors technologiques qui permettent d'extraire ces ressources non-conventionnelles, comme la fracturation hydraulique, interdite en France à cause des risques qu'elle fait peser sur l'environnement, transforme à un rythme soutenu le rôle de l'Amérique du Nord sur l'échiquier énergétique mondial, explique l'agence.
Les chiffres semblent conforter la prédiction de l'AIE, bien que le débat fasse toujours rage entre les experts sur l'arrivée prochaine du pic pétrolier, c'est-à-dire le moment inéluctable où la production mondiale d'or noir amorcera son inexorable déclin.
Depuis le début de l'année, les Etats-Unis ont extrait environ 6,2 millions de barils de brut par jour, contre 5 millions en 2008, soit un bond de 24%, selon les statistiques du département américain à l'Energie.
L'AIE anticipe que ce bond de la production américaine, couplé à des mesures visant à réduire la consommation des véhicules, fera chuter progressivement les importations pétrolières du pays, jusqu'à ce que l'Amérique du Nord devienne un exportateur net de brut, aux alentours de 2030.
Résultat, le Graal de l'indépendance énergétique, un objectif longtemps considéré comme inatteignable, serait désormais bel et bien en vue pour les Etats-Unis, avance même l'AIE.
Le pays, qui importe actuellement environ 20% de ses besoins en énergie, deviendra pratiquement auto-suffisant en termes nets, un renversement spectaculaire de la tendance qui prévaut pour la plupart des pays importateurs, prédit-elle.
Cette question s'était d'ailleurs invitée dans la campagne présidentielle. Le républicain Mitt Romney, qui a échoué la semaine dernière à détrôner le démocrate Barack Obama, avait promis l'indépendance énergétique pour 2020, en misant sur les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), tandis que son concurrent victorieux préférait mettre l'accent sur les énergies renouvelables (solaire, éolien) et les économies d'énergie.
Un tel renversement aurait d'immenses conséquences. Il redessinerait la carte du commerce pétrolier mondial, recentrée sur l'Asie, et avec elle, une grande partie des équilibres et déséquilibres stratégiques actuels.
AFP
World Energy Outlook, AIE
samedi 19 mai 2012
La croissance dans la zone euro au coeur des discussions du G-8
CAMP DAVID, Maryland — La situation économique en Europe a largement dominé les débats des dirigeants du G-8 samedi, deuxième et dernier jour du sommet de Camp David. Les grandes puissances se sont accordées sur la nécessité d'allier austérité budgétaire et recherche de la croissance pour surmonter la crise de la dette dans la zone euro qui pèse sur la relance mondiale.
"Nous sommes tous absolument déterminés à veiller à ce que la croissance ainsi que la stabilité et la consolidation budgétaire figurent dans un programme général" de mesures, a souligné l'hôte du sommet, le président américain Barack Obama, alors que ses invités et lui-même se retrouvaient pour de nouvelles discussions dans le cadre décontracté et boisé de Camp David (Maryland), à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Washington.
Dans leur communiqué final, les dirigeants du G-8 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Canada, Japon et Russie) saluent les "discussions en cours en Europe sur la façon de générer de la croissance, tout en maintenant un engagement ferme sur l'application de la consolidation budgétaire". "Nous sommes d'accord sur l'importance d'une zone euro forte et unie pour la stabilité et la relance mondiales", soulignent-ils.
L'exigence de relance de la croissance en Europe fait justement partie des priorités portées par le nouveau président français François Hollande. Lors d'un point de presse, il a insisté sur le "sérieux budgétaire" allié à la "recherche" de croissance, précisant que la France prendrait toute sa part pour faire des propositions en ce sens lors du sommet européen informel du 23 mai prochain.
Par ailleurs, "le message que j'ai voulu porter", a répété François Hollande, comme la veille à Washington, "c'était le souhait que la Grèce reste dans la zone euro".
De nouvelles législatives ont dû être convoquées en Grèce le 17 juin prochain, une coalition gouvernementale n'ayant pu être formée après le scrutin du 6 mai. Ces élections ont été marquées par l'émiettement des forces politiques, avec une percée des formations opposées à l'austérité, notamment Syriza (gauche radicale), qui veut annuler les douloureux engagements pris par Athènes en échange de l'aide internationale.
L'incertitude politique fait planer le doute sur la poursuite de l'aide internationale à la Grèce, qui a dû demander deux plans de sauvegarde à l'Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI) et sur son maintien même dans la zone euro.
Dans leur communiqué final, les pays du G-8 soulignent leur souhait que "la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements".
Pour François Hollande, ce G-8 a été "utile", "fructueux" et "permet d'envoyer un double message: un message de confiance et un message de croissance". "J'avais, au nom de la France, l'objectif de mettre la croissance au coeur des débats", a rappelé le président français qui faisait ses premiers pas sur la scène internationale dans le décor rustique de la résidence de campagne des présidents américains.
Il s'est félicité que cette volonté de croissance ait été "partagée" par tous les responsables du G-8 même si chacun, a-t-il reconnu, y met "ses propres mots". Il a d'ailleurs salué la "grande franchise entre les participants", avec une "volonté de trouver des solutions".
"Il n'y a pas eu de blocage au sens où certains auraient été arc-boutés sur des exigences de consolidation budgétaire et les autres sur la priorité donnée à la croissance", a-t-il expliqué. "Dès lors que j'ai considéré, et je n'ai pas été le seul, que ce qui ne se discutait pas, c'était le sérieux budgétaire, alors nous pouvons donner toutes les chances à la croissance".
"Le président Obama a aussi voulu que la croissance soit évoquée comme une manière de donner confiance aux opinions publiques et aussi aux marchés", a-t-il noté.
François Hollande avait eu un premier tête à tête avec Barack Obama vendredi à la Maison Blanche suivi d'un entretien avec le Premier ministre britannique David Cameron, toujours à Washington. A Camp David, il a retrouvé la chancelière allemande Angela Merkel, à laquelle il avait réservé mardi soir sa première visite présidentielle, et les responsables des gouvernements italien, russe, japonais et canadien.
Lors d'un dîner de travail vendredi soir, les dirigeants du G-8 ont aussi abordé la question du nucléaire iranien, convenant de continuer à conjuguer sanctions et diplomatie, selon un haut responsable américain qui rendait compte des discussions.
Concernant la Syrie, les dirigeants du G-8 ont réaffirmé leur soutien au plan de sortie de crise présenté par l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue Arabe Kofi Annan.
Le sommet du G-8, vendredi et samedi à Camp David, sera suivi par celui de l'OTAN dimanche et lundi à Chicago. François Hollande devra justifier à nouveau devant ses partenaires de l'Alliance atlantique sa volonté de retirer les troupes françaises combattantes d'Afghanistan, qui servent au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN, d'ici à la fin 2012, avec deux ans d'avance sur le reste des alliés.
Vendredi lors de son entretien avec M. Obama, François Hollande avait affirmé qu'il tiendrait son "engagement" pris devant le peuple français. Mais il a ajouté qu'il avait "précisé qu'il y aurait toujours un soutien à l'Afghanistan" d'une "autre nature", sous une "autre forme", "en bonne intelligence avec nos alliés".
AP
jeudi 3 mai 2012
Les Etats-Unis souhaitent plus de réformes en Chine et un yuan plus fort
Pékin - Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a appelé jeudi la Chine à laisser sa monnaie s'apprécier davantage et à mettre en oeuvre des réformes économiques essentielles à ses yeux pour combattre le ralentissement de la croissance économique mondiale.
Un yuan plus fort permettra à la Chine de "s'orienter vers une production à plus forte valeur ajoutée, réformer son système financier et encourager la demande intérieure", a déclaré M. Geithner à l'ouverture de deux jours de "dialogue stratégique et économique" entre les deux puissances.
M. Geithner a reconnu que le yuan s'était apprécié d'environ 13% depuis que la Chine a réinstauré en juin 2010 une marge de fluctuation journalière de sa monnaie par rapport au dollar.
Mais il a appelé Pékin a faire plus. Le faible cours du yuan est un sujet récurrent entre les deux premières économies de la planète et est jugé par les Etats-Unis comme en partie responsable de l'énorme déficit commercial américain, qui a atteint en 2011 le record de 295,5 milliards de dollars.
La marge de fluctuation du yuan, qui était de plus ou moins 0,5% par rapport au dollar, a été élargie à 1% le mois dernier. Mais sa valeur reste déterminée par la banque centrale, qui fixe son cours quotidiennement, et non par la loi de l'offre et de la demande comme c'est le cas pour la plupart des grandes monnaies de la planète.
La monnaie chinoise se rapproche désormais de sa vraie valeur, tant pour le gouvernement chinois, que pour nombre d'analystes.
"Le taux de change s'est rééquilibré, il n'y a plus de raison que le yuan continue à s'apprécier", a déclaré à l'AFP Lu Zhengwei, économiste à la China Industrial Bank.
Les Etats-Unis devraient désormais demander que le yuan devienne pleinement convertible, y compris pour le rapatriement des capitaux investis en Chine, au lieu de se focaliser sur son taux de change, selon cet expert.
Washington s'est par ailleurs réjoui que la Chine, premier exportateur mondial, veuille adhérer à un accord permettant que les exportateurs chinois ne soient pas avantagés par rapport à leurs concurrents étrangers en matière de crédits à l'exportation.
"Alors que la Chine est selon certaines mesures le premier pourvoyeur de crédits à l'exportation dans le monde, c'est un changement très important", a estimé un responsable américain sous couvert de l'anonymat.
M. Geithner a souligné que la Chine devait mettre en oeuvre un certain nombre de réformes structurelles et s'ouvrir davantage à la compétition internationale.
"La croissance économique à venir nécessite une nouvelle inflexion fondamentale dans votre politique économique", a déclaré le secrétaire au Trésor américain à ses hôtes chinois.
En février, un rapport conjoint de la Banque mondiale et de conseillers économiques du gouvernement chinois a préconisé une nouvelle vague de privatisations en Chine ainsi qu'une libéralisation du secteur bancaire qui avantage aujourd'hui les entreprises d'Etat au détriment du secteur privé.
"Les Etats-Unis, ainsi que le reste du monde, ont fortement intérêt à ce que ces réformes réussissent", a estimé M. Geithner, ajoutant que la deuxième économie mondiale devait dépendre moins des exportations et davantage de la consommation intérieure.
Le vice-Premier ministre chinois en charge des Finances, Wang Qishan, a pour sa part appelé les Etats-Unis à ne pas "politiser" les questions économiques.
Il a souligné que la Chine avait augmenté ses importations et amélioré la protection de la propriété intellectuelle, qui constitue une autre pierre d'achoppement entre les deux pays.
"Nous espérons que les Etats-Unis vont prendre des mesures concrètes pour relâcher leurs contrôles sur les exportations de produits de haute technologie vers la Chine, étendre la coopération sur les infrastructures, améliorer l'accès aux marchés financiers", a déclaré M. Wang.
Pékin appelle régulièrement Washington à lever les restrictions pesant sur les exportations de produits de haute technologie vers la Chine, justifiées aux yeux des Américains par les applications militaires que peuvent avoir certaines de leurs technologies.
AWP
jeudi 15 décembre 2011
Etats-Unis: l'économie des US ignore le ralentissement de l'Europe et de la Chine
Washington - L'économie des Etats-Unis semble ignorer les difficultés de l'Europe et le ralentissement chinois, au vu d'une série d'indicateurs publiés jeudi et témoignant que la croissance américaine gagne de l'élan.
Selon le département du Travail, les nouvelles inscriptions au chômage sont tombées à leur niveau le plus faible en un peu plus de trois ans et demi dans la semaine du 4 au 10 décembre.
Après l'annonce officielle, au début du mois, d'une baisse du taux de chômage à 8,6% en novembre, son niveau le plus bas depuis le printemps 2009, les chiffres du ministère suscitent de l'optimisme.
"C'est une nouvelle inattendue et formidable", s'enthousiasme Ian Shepherdson, économiste du cabinet HFE, pour qui "la déprime du marché de l'emploi du printemps et de l'été semble avoir été laissée loin derrière".
Son confrère Michael Gapen, de Barclays capital, y voit un signe annonciateur d'une accélération des embauches "dans les mois qui viennent".
Parallèlement à l'annonce du ministère, d'autres indicateurs sont venus confirmer que les usines du pays, moteur principal de la reprise, continuent de tirer l'économie américaine.
La production manufacturière a certes reculé en novembre de 0,4% par rapport à octobre, selon les chiffres de la banque centrale (Fed), mais celle-ci a revu à la hausse l'ampleur de sa progression, ininterrompue, sur les six mois précédents.
Dans la mesure où la moitié du recul de novembre s'explique par une baisse de la construction automobile, par nature assez volatile, nombre d'analystes voient le recul de la production manufacturière de novembre comme un accident de parcours normal et sans lendemain.
D'autant plus que les deux premières enquêtes régionales avancées, publiées jeudi, également par la Fed, montrent une accélération de la production manufacturière au tournant de décembre à un rythme inédit depuis le printemps dans les régions de Philadelphie et de New York.
Ces deux enquêtes témoignent également d'une nette amélioration des perspectives des industriels pour les six mois à venir.
Pour Paul Edelstein, du cabinet IHS Global Insight, rien ne remet en cause le fait que le secteur manufacturier est "un rayon de soleil pour la lente reprise américaine, grâce à la forte demande en provenance de l'étranger".
Alors que les indicateurs économiques en provenance de Pékin confirment le ralentissement de la croissance chinoise et que l'Europe dans son ensemble semble se diriger inéluctablement vers une nouvelle récession, les dirigeants de la Fed ont estimé mardi que l'économie américaine poursuivait "une expansion modérée".
Pour le cabinet Macroeconomic Advisers, le PIB américain, qui n'a augmenté officiellement que de 2,0% en rythme annualisé au troisième trimestre est parti pour afficher une croissance de 3,7% sur les trois derniers mois de l'année.
La banque Goldman Sachs avance le chiffre de 3,5%. Un de ses économistes, Andrew Tilton, note que c'est "nettement mieux" que ce qu'on pouvait "espérer ne serait-ce qu'il y a quelques semaines" et que cela devrait se faire sentir bientôt sur l'emploi.
Reste qu'à plus long terme, la situation en Europe et en Chine risque fort de peser sur la croissance des Etats-Unis, surtout si, comme le note M. Edelstein, "la demande intérieure ne parvient pas à prendre le relais" de ces marchés, ce qui reste fort probable au vu des difficultés financières des ménages américains.
AWP
mardi 13 décembre 2011
USA: la banque centrale maintient le cap de sa politique monétaire
WASHINGTON - La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé mardi qu'elle maintenait le cap de sa politique monétaire ultra-accommodante et qu'elle restait prête à prendre des mesures supplémentaires pour hâter la reprise de l'économie américaine.
Depuis le début du mois de novembre, l'économie a crû modérément en dépit d'un apparent ralentissement de la croissance mondiale, écrit le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) dans un communiqué publié à Washington, à l'issue de sa dernière réunion ordinaire de l'année.
Si les choses s'améliorent sur le marché de l'emploi, ajoute la banque centrale, le taux de chômage (8,6% en novembre) reste élevé, et les tensions sur les marchés financiers mondiaux représentent toujours des risques importants pour les perspectives de l'économie des Etats-Unis.
Le FOMC indique avoir décidé en conséquence de maintenir le taux directeur de la Fed quasi nul (entre 0 et 0,25%), près de trois ans jour pour jour après l'avoir abaissé à ce niveau. Il table toujours sur le maintien d'un taux directeur extrêmement bas [...] jusque mi-2013 si les conditions le justifient.
Le Comité confirme également la poursuite de ses autres mesures de politique monétaire non conventionnelles, décidées en septembre et destinées à faire baisser encore un peu plus les taux d'intérêts à long terme.
Selon le communiqué final de sa réunion, le FOMC reste prêt à employer les outils à sa disposition pour promouvoir une reprise économique plus forte dans un contexte de stabilité des prix.
Le FOMC précise qu'un des ses membres, Charles Evans, a voté contre le communiqué final, comme il l'avait fait début novembre lors de la réunion précédente, car il est partisan d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire immédiatement.
AFP
Depuis le début du mois de novembre, l'économie a crû modérément en dépit d'un apparent ralentissement de la croissance mondiale, écrit le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) dans un communiqué publié à Washington, à l'issue de sa dernière réunion ordinaire de l'année.
Si les choses s'améliorent sur le marché de l'emploi, ajoute la banque centrale, le taux de chômage (8,6% en novembre) reste élevé, et les tensions sur les marchés financiers mondiaux représentent toujours des risques importants pour les perspectives de l'économie des Etats-Unis.
Le FOMC indique avoir décidé en conséquence de maintenir le taux directeur de la Fed quasi nul (entre 0 et 0,25%), près de trois ans jour pour jour après l'avoir abaissé à ce niveau. Il table toujours sur le maintien d'un taux directeur extrêmement bas [...] jusque mi-2013 si les conditions le justifient.
Le Comité confirme également la poursuite de ses autres mesures de politique monétaire non conventionnelles, décidées en septembre et destinées à faire baisser encore un peu plus les taux d'intérêts à long terme.
Selon le communiqué final de sa réunion, le FOMC reste prêt à employer les outils à sa disposition pour promouvoir une reprise économique plus forte dans un contexte de stabilité des prix.
Le FOMC précise qu'un des ses membres, Charles Evans, a voté contre le communiqué final, comme il l'avait fait début novembre lors de la réunion précédente, car il est partisan d'un nouvel assouplissement de la politique monétaire immédiatement.
AFP
vendredi 9 décembre 2011
Etats-Unis: Le commerce extérieur stagne sur fond de crise en Europe
Washington - Le commerce extérieur américain tend à stagner depuis le début de l'été, sur fond de ralentissement des économies dans le monde et de menace de crise financière en Europe.
En données corrigées des variations saisonnières, les importations des Etats-Unis, qui avaient stagné entre juin et septembre aux alentours de 224 milliards de dollars par mois, ont reculé en octobre de 1,0%, à 222,6 milliards, selon des chiffres publiés vendredi par le département du Commerce.
Cela est dû à une baisse des importations de produits pétroliers, tant en volume qu'en dollars grâce au recul continu du prix du baril importé, descendu sous les 100 dollars pour la première fois depuis mars.
EXPORTATIONS BAISSENT DE 0,8%
Les exportations ont décru moins vite, de 0,8%, à 179,2 milliards de dollars. Cela s'explique curieusement par une chute de 1,7 milliard de dollars des ventes d'or (hors réserves internationales), de bijoux et de diamants, alors que les autres produits américains se sont globalement aussi bien exportés que le mois précédent.
Le secrétaire au Commerce John Bryson a relativisé cette baisse des exportations en rappelant que celles-ci avaient augmenté pendant six mois de suite ce qui leur avait "permis de battre des records" entre mars et septembre.
Mais "la solidité des exportations commence à être éprouvée", a estimé Aaron Smith, de Moody's Analytics. La hausse des expéditions des biens d'équipement, nourrie par la vigueur des pays émergents depuis la fin de la récession mondiale en 2009, a "clairement ralenti, signe que les tensions en zone euro pourraient commencer à avoir des répercussions sur la croissance", a-t-il relevé.
LE COMMERCE AVEC LA ZONE EURO SE MAINTIENT
Pour évaluer les perspectives des exportateurs américains, tous les regards étaient tournés vers la zone euro. Une aggravation de la crise européenne de la dette publique pourrait les pénaliser non seulement si elle fait du tort à la croissance, mais aussi si elle complique le financement du commerce international comme cela s'est vu lors de la crise financière de l'automne 2008, et si elle renchérit le dollar, traditionnellement perçu comme un refuge.
Pour le moment, le commerce de la première économie mondiale avec la zone euro se maintient.
Sur les des dix premiers mois de l'année, les exportations américaines vers la zone ont progressé de 13% sur un an, à peu près autant que vers le Canada, la Corée du Sud ou l'Inde.
En octobre, "les exportations vers la zone euro ont augmenté de 5,4% en données non corrigées des variations saisonnières. Cependant, après correction de ces variations, elles ont baissé de 0,2%, soit le deuxième mois consécutif de baisse", a calculé Troy Davig, de la banque Barclays.
Sur une note optimiste, Dawn Desjardins, économiste de la banque canadienne RBC, espérait une issue positive.
TONALITÉ PESSIMISTE
"Si les dirigeants européens devaient faire des progrès suffisants pour régler la crise de la dette, qui permettraient une réduction de la volatilité sur les marchés financiers mondiaux et une amélioration du moral des entreprises et des ménages, nous prévoyons que la demande d'exportations et d'importations augmentera", expliquait-elle.
Sur une tonalité pessimiste, John Lonski, de Moody's Analytics, imaginait l'éventualité de l'abandon de l'euro par la Grèce, qui "ne peut pas être écartée" même si la probabilité est "mince".
Elle "aurait des effets d'une ampleur considérable sur le système bancaire mondial, le commerce international et les marchés financiers", a-t-il prévenu.
AWP
mercredi 7 décembre 2011
Pressions américaines et pessimisme allemand avant le sommet européen
Paris - Les Etats-Unis ont maintenu mercredi la pression sur l'Europe pour qu'elle endigue enfin sa crise de la dette, mais l'Allemagne s'est dite "pessimiste" à la veille d'un sommet européen présenté, une fois de plus, comme crucial pour créer le "choc de confiance" dont le monde a besoin.
"J'ai souligné à quel point il est important pour les Etats-Unis et le reste du monde que l'Europe réussisse", a déclaré le secrétaire américain au Trésor au cours de l'étape parisienne de sa tournée européenne.
Et "je suis confiant dans le fait qu'elle réussira", a ajouté Timothy Geithner, à l'issue d'un petit-déjeuner de travail avec le ministre français des Finances François Baroin.
L'ALLEMAGNE PESSIMISTE
La pression américaine vient s'ajouter à celle des agences d'évaluation financière, avec la menace de Standard and Poor's d'abaisser les notes de presque toute la zone euro, dont l'Allemagne et la France, si elle juge décevants les résultats du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles.
Et l'Allemagne ne semble pas partager l'optimiste de Timothy Geithner. "Je suis plus pessimiste que la semaine dernière sur la possibilité d'avoir un accord total" car un "certain nombre de partenaires n'ont pas compris la gravité de la situation", a dramatisé une source gouvernementale à Berlin.
Selon elle, il s'agit "de faire un pas décisif sur la structure future de la zone euro" et "ceux qui tentent d'y échapper par des astuces n'ont pas compris les attentes" d'investisseurs ultra-nerveux à l'égard de la rencontre.
Pour autant, les marchés financiers étaient en nette hausse mercredi à la mi-journée, après avoir limité les dégâts la veille, et les investisseurs se voulaient résolument optimistes. L'euro s'est aussi repris face au dollar.
GEITHNER CONTINUE SA TOURNÉE
L'Allemagne a ainsi dissipé les inquiétudes qui avaient surgi avec une émission obligataire ratée il y a deux semaines: elle a emprunté sur cinq ans mercredi avec succès.
Après avoir rencontré mardi les responsables allemands et de la Banque centrale européenne (BCE), le secrétaire américain au Trésor devait ensuite s'entretenir avec le futur chef de gouvernement espagnol Mariano Rajoy dans la soirée à Marseille, dans le Sud-est de la France, puis jeudi en Italie avec le nouveau président du Conseil Mario Monti.
Comme il le fait depuis septembre, l'Américain profite de ce voyage opportunément calé avant le sommet de Bruxelles pour insister sur un point cher à Washington: la construction d'un "pare-feu suffisamment fort" pour empêcher que la crise de la zone euro n'échappe à tout contrôle et enfonce le reste du monde, Etats-Unis en tête, dans la récession.
Ce "pare-feu" sera l'un des grands enjeux du sommet, même s'il a été jusqu'ici occulté par la volonté franco-allemande de doter la zone euro d'un "nouveau traité" et d'une discipline budgétaire accrue.
LE MES VERRAIT LE JOUR PLUS TÔT QUE PRÉVU
La proposition commune de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy vise en effet à renforcer, sur le long terme, la gouvernance et les règles européennes. Elle mise sur des sanctions plus automatiques pour les mauvais élèves de la rigueur budgétaire et sur des "règles d'or" nationales contre les déficits, le tout dans un traité ouvert aux 27 Etats de l'Union européenne mais plus probablement limité aux 17 membres de la zone euro.
Mais un point porte précisément sur le "pare-feu": le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours permanent de l'Union monétaire initialement prévu pour mi-2013, verrait le jour un an plus tôt.
Parallèlement, le président de l'UE Herman Van Rompuy avance d'autres pistes potentiellement controversées: le MES pourrait venir s'ajouter au mécanisme temporaire, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), au lieu de le remplacer, de manière à démultiplier les capacités d'intervention de la zone euro pour venir en aide, si besoin, à de grandes économies comme l'Italie ou l'Espagne. Et le fonds permanent pourrait aussi être considéré comme un établissement bancaire et se financer ainsi au guichet "illimité" de la BCE, une solution longtemps défendue par Paris mais rejetée par Berlin.
CRÉER UN CHOC DE CONFIANCE
Sur tous ces points, les Européens se préparent à des longues et difficiles tractations à Bruxelles.
"La situation est grave" et, en conséquence, "ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy ne quitteront la table sans qu'un accord fort soit signé", a prévenu mercredi François Baroin.
"Nous devons créer un choc de confiance. Et un choc de confiance, c'est répondre à toutes les problématiques qui ont été posées par les investisseurs qui se sont retirés" de la zone euro, a ajouté le ministre français.
AWP
mardi 22 novembre 2011
Crise de la zone euro: Washington lance un appel du pied à la BCE
BRUXELLES - L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Union européenne a laissé entendre mardi que la Banque centrale européenne avait le potentiel de faire davantage afin de résoudre la crise de la dette en zone euro, alors que le débat fait rage en Europe sur cette question.
Nous suivons avec une vive attention ce que la Banque centrale européenne est capable de faire ainsi que le potentiel qu'elle a de faire davantage face à la crise, a déclaré William Kennard, lors d'une rencontre avec quelques journalistes à Bruxelles.
De nombreux économistes estiment que seule la BCE est en mesure aujourd'hui de jouer efficacement les pompiers pour éteindre l'incendie et qu'elle devrait suivre l'exemple de la Réserve fédérale (Fed). La banque centrale américaine agit en tant que prêteur en dernier ressort de l'administration en rachetant sans limite sur les marchés les emprunts du Trésor américain.
Lors du pic de la crise (financière) que nous avons connue (aux Etats-Unis), nous avons été en mesure d'utiliser la Fed d'une manière différente de celle dont l'Europe peut utiliser la BCE. Il s'agit d'une différence structurelle fondamentale, a estimé l'ambassadeur.
M. Kennard a ajouté ne pas savoir comment allait évoluer la crise de la dette.
L'issue de cette crise est assez imprévisible, nous ne savons pas comment elle va être résolue et je pense que personne ne le sait, a-t-il dit.
Plusieurs pays, France en tête, plaident depuis longtemps pour que l'institut monétaire de Francfort joue un rôle accru. Paris a ainsi proposé qu'il puisse prêter sans limite au Fonds de secours de la zone euro pour les pays en difficulté.
Si on ne fait pas intervenir la BCE, tout pètera, a déclaré mardi Jean Peyrelevade, ancien patron de la banque française Crédit Lyonnais et actuel président de la banque d'affaires européenne Leonardo.
Mais l'Allemagne, et la BCE elle-même, s'opposent pour le moment à une telle évolution. Berlin redoute d'une part qu'en faisant ainsi tourner la planche à billets l'inflation ne s'envole. Le gouvernement craint aussi que cela n'incite les pays très endettés à ne plus faire d'efforts de réduction de leurs déficits.
Dans l'immédiat, la BCE aide les pays fragiles comme l'Italie ou l'Espagne en rachetant des montants limités de leurs emprunts obligataires sur les marchés, afin de freiner la hausse des taux obligataires.
La BCE est l'alternative principale à court terme pour lutter contre la contagion de la crise de la dette, a indiqué mardi un source proche de la Commission européenne à Berlin.
L'ambassadeur américain auprès de l'UE a en outre réaffirmé les fortes réticences de son pays à augmenter les ressources du Fonds monétaire international afin de lui donner davantage de moyens pour aider les pays en crise au sein de la zone euro.
Nous avons dit très clairement que nous pensons qu'il s'agit d'une crise que l'Europe doit résoudre par ses propres moyens et qu'elle a les ressources pour le faire, a-t-il dit, en demandant notamment que soient mobilisées des ressources significatives afin de dresser un pare-feu financier efficace face aux risques de contagion.
AFP
Nous suivons avec une vive attention ce que la Banque centrale européenne est capable de faire ainsi que le potentiel qu'elle a de faire davantage face à la crise, a déclaré William Kennard, lors d'une rencontre avec quelques journalistes à Bruxelles.
De nombreux économistes estiment que seule la BCE est en mesure aujourd'hui de jouer efficacement les pompiers pour éteindre l'incendie et qu'elle devrait suivre l'exemple de la Réserve fédérale (Fed). La banque centrale américaine agit en tant que prêteur en dernier ressort de l'administration en rachetant sans limite sur les marchés les emprunts du Trésor américain.
Lors du pic de la crise (financière) que nous avons connue (aux Etats-Unis), nous avons été en mesure d'utiliser la Fed d'une manière différente de celle dont l'Europe peut utiliser la BCE. Il s'agit d'une différence structurelle fondamentale, a estimé l'ambassadeur.
M. Kennard a ajouté ne pas savoir comment allait évoluer la crise de la dette.
L'issue de cette crise est assez imprévisible, nous ne savons pas comment elle va être résolue et je pense que personne ne le sait, a-t-il dit.
Plusieurs pays, France en tête, plaident depuis longtemps pour que l'institut monétaire de Francfort joue un rôle accru. Paris a ainsi proposé qu'il puisse prêter sans limite au Fonds de secours de la zone euro pour les pays en difficulté.
Si on ne fait pas intervenir la BCE, tout pètera, a déclaré mardi Jean Peyrelevade, ancien patron de la banque française Crédit Lyonnais et actuel président de la banque d'affaires européenne Leonardo.
Mais l'Allemagne, et la BCE elle-même, s'opposent pour le moment à une telle évolution. Berlin redoute d'une part qu'en faisant ainsi tourner la planche à billets l'inflation ne s'envole. Le gouvernement craint aussi que cela n'incite les pays très endettés à ne plus faire d'efforts de réduction de leurs déficits.
Dans l'immédiat, la BCE aide les pays fragiles comme l'Italie ou l'Espagne en rachetant des montants limités de leurs emprunts obligataires sur les marchés, afin de freiner la hausse des taux obligataires.
La BCE est l'alternative principale à court terme pour lutter contre la contagion de la crise de la dette, a indiqué mardi un source proche de la Commission européenne à Berlin.
L'ambassadeur américain auprès de l'UE a en outre réaffirmé les fortes réticences de son pays à augmenter les ressources du Fonds monétaire international afin de lui donner davantage de moyens pour aider les pays en crise au sein de la zone euro.
Nous avons dit très clairement que nous pensons qu'il s'agit d'une crise que l'Europe doit résoudre par ses propres moyens et qu'elle a les ressources pour le faire, a-t-il dit, en demandant notamment que soient mobilisées des ressources significatives afin de dresser un pare-feu financier efficace face aux risques de contagion.
AFP
lundi 21 novembre 2011
Les USA ont encore le temps de régler leur problème de déficit
Washington - Un échec de la "super-commission" budgétaire des Etats-Unis laisserait encore du temps au pays pour régler ses problèmes de déficit, non seulement parce que les coupes automatiques dans les dépenses ne commenceront qu'en 2013, mais aussi parce qu'il emprunte à un coût très bas.
Cette instance bipartite de douze parlementaires était en passe lundi d'abandonner ses travaux destinés à trouver des mesures qui réduiraient le déficit budgétaire de l'Etat fédéral d'au moins 1200 milliards de dollars cumulés sur dix ans.
La loi dit que faute de compromis avant mercredi soir minuit, le budget sera automatiquement amputé de la même somme au total.
Par conséquent, les chiffres étant équivalents, que la "super-commission" échoue ou réussisse, "il est improbable que les projections de déficit changent de manière substantielle", relève Alec Phillips, analyste de Goldman Sachs.
Mais alors que cette commission avait toute latitude pour répartir l'effort entre augmentation des recettes et baisse des dépenses, si elle échoue tout l'effort portera sur les dépenses, forçant l'Etat fédéral à une cure d'amaigrissement.
Ce n'est pas pour tout de suite: l'effet prévu sur l'exercice 2012 est assez indolore, et s'enclenche véritablement à partir de l'exercice 2013.
D'ici là, le feuilleton peut connaître d'autres rebondissements. Les parlementaires peuvent à tout moment refaire ou défaire leur oeuvre, et il est probable qu'une nouvelle majorité issue des élections législatives de novembre 2012 s'attèle aux questions budgétaires en priorité.
"Ces sujets seront au coeur de l'élection présidentielle à venir", ont souligné les analystes de la banque Barclays.
L'état actuel de la loi incitera le prochain Congrès à travailler vite. Selon les calculs des analystes de Nomura, s'il ne change rien, l'économie américaine devra supporter une austérité telle en 2013 que la politique budgétaire abaissera la croissance de 3 points de pourcentage.
"Cela additionne les effets combinés des plafonds de dépenses dans le cadre de la loi de contrôle du budget [votée en août, et qui a instauré la super-commission], de coupes supplémentaires dans les dépenses via les mécanismes automatiques, de l'expiration prévue des exonérations d'impôts de la présidence Bush, et d'autres impôts qui doivent augmenter automatiquement début 2013", ont-ils précisé.
Se reposera alors la question qui a déchiré la classe politique de Washington en juillet et août, au moment du débat sur le plafond de la dette, et qui risque de faire échouer la "super-commission" quatre mois plus tard: comment tailler dans le déficit sans déprimer la conjoncture?
La tâche est colossale. La dette publique, qui a dépassé depuis quelques jours 15.000 milliards de dollars, approche le seuil de 100% du produit intérieur brut.
Le déficit budgétaire a atteint 1.299 milliards de dollars sur l'exercice 2011, achevé le 30 septembre. La Maison Blanche et le Congrès estiment qu'ils pourront le ramener sous 1.000 milliards lors de l'exercice actuel, pour la première fois depuis l'exercice 2008.
Mais les parlementaires américains ont pour le moment un luxe que les politiciens d'autres pays n'ont pas: des taux d'intérêt très faibles.
La demande des investisseurs pour la dette du Trésor permet de l'offrir à des prix exceptionnellement bas. Lundi, il a vendu des obligations à six mois assorties d'un taux d'intérêt médian de 0,04%. Pour une échéance comparable, la France a dû payer lundi en moyenne 0,742%. Fin octobre, l'Espagne a payé 3,302%, et l'Italie 3,535%.
AWP
mercredi 2 mars 2011
USA: le Congrès approuve le financement de l'Etat fédéral jusqu'au 18 mars.
WASHINGTON - Le Congrès américain a approuvé, après un ultime vote au Sénat mercredi, une loi de finances provisoire de l'Etat fédéral jusqu'au 18 mars, évitant ainsi une fermeture des services de l'administration qui serait sinon intervenue vendredi à minuit.
Barack Obama a immédiatement salué l'adoption de ce texte, approuvé par les sénateurs mercredi par 91 voix contre 9 après un vote à la Chambre des représentants mardi (335 voix contre 91). Mais le président, qui doit promulguer cette loi, s'est aussi dit déterminé à essayer de trouver une solution à long terme.
"Nous ne pouvons pas continuer à travailler de la sorte", a remarqué M. Obama dans un communiqué, en observant que "vivre sous la menace régulière d'une fermeture des services n'est pas responsable, et fait courir un risque à nos progrès économiques".
Le président a solennellement appelé "les chefs démocrates et républicains au Congrès à rencontrer immédiatement le vice-président (Joe Biden), mon secrétaire général (William Daley) et mon directeur du budget (Jack Lew) pour parvenir à un consensus sur un budget qui nous ferait vivre selon nos moyens".
La Chambre des représentants à majorité républicaine et le Sénat aux mains des démocrates alliés de M. Obama bataillent depuis plusieurs semaines sur les niveaux de dépenses de l'Etat fédéral.
Les conservateurs qui ont remporté les élections législatives de novembre 2010 sur la promesse de réduire des déficits abyssaux, souhaitent des coupes budgétaires drastiques. Les démocrates veulent sauver certaines dépenses publiques qu'ils jugent indispensables, notamment dans les programmes sociaux.
Le plan adopté mercredi contient quatre milliards de coupes budgétaires mais sur des dispositifs déjà ciblés par la proposition de budget 2012 du président Obama.
Mais sur le plus long terme, l'impasse demeure même si le chef de la majorité démocrate du Sénat Harry Reid a estimé mardi qu'il avait "bon espoir" de trouver ensuite un accord avec les républicains, pour les sept derniers mois de l'exercice 2011.
Et après le vote de mercredi, M. Reid a déclaré, en écho à M. Obama: "même si je suis heureux que nous ayions évité une fermeture de l'administration, ce n'est pas une solution à laquelle nous pouvons recourir toutes les deux semaines".
M. Reid s'est dit "confiant" sur la perspective d'un accord à long terme avec le président républicain de la Chambre John Boehner.
AFP.
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