Sydney - L'Australie a affiché une croissance économique plus forte que prévu au premier trimestre 2014, portée par les exportations de minerais, qui ont nettement progressé grâce à une saison des cyclones inhabituellement calme.
Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 3,5% sur un an et de 1,1% par rapport au dernier trimestre 2013, a annoncé mercredi le Bureau australien de la statistique. Les analystes tablaient sur une hausse de 3,1% sur un an et de 0,8% sur trois mois.
Sur les trois derniers mois 2013, le PIB avait progressé de 2,8% sur un an et 0,8% sur trois mois.
Le secteur minier a représenté au total 80% de la croissance enregistrée début 2014, selon les chiffres officiels.
Le Trésorier, Joe Hockey, équivalent du ministre de l'Economie et des Finances, a souligné que l'absence de tempêtes violentes avait contribué à la bonne tenue des exportations minières, qui partent pour la plupart du nord du pays.
"Ce fut un premier trimestre hors norme car il n'y a pas eu de cyclones, notamment dans l'Etat d'Australie occidentale où se trouve Port Hedland. Nos mineurs ont exporté en quantités et merci mon Dieu car ça a eu un impact positif sur l'économie", a-t-il déclaré.
Port Hedland est le premier port pour l'exportation de minerais de fer en Australie. Il est situé dans la région de Pilbara (ouest) d'où est extraite une bonne partie de ces minerais qui ont fait la richesse du pays ces 15 dernières années.
Le nord de l'Australie est régulièrement balayé par des cyclones en début d'année, qui entraÎnent souvent une suspension de l'exploitation minière.
Grâce à ses richesses minières, très demandées par les pays émergents dont la Chine, l'Australie est le seul grand pays développé à avoir échappé à la récession de 2008/2009 et affiche depuis plusieurs années un taux de chômage inférieur à 6%.
Mais les investissements dans ce secteur vont peu à peu décroÎtre, en raison de la baisse des cours des matières premières et du ralentissement de la croissance en Chine. L'économie australienne doit à présent se trouver d'autres moteurs de croissance.
Le gouverneur de la Banque centrale australienne, Glenn Stevens, a ainsi souligné mardi que si la croissance s'était maintenue début 2014, en partie grâce à "des exportations solides" dans le secteur minier, de telles progressions se feraient de plus en plus rares au cours des trimestres à venir.
Felicity Emmett, économiste à la banque ANZ, qualifie les chiffres de la croissance de "résultat particulièrement bon" mais elle souligne que plusieurs indicateurs pointent vers un ralentissement au 2e trimestre.
"Les chiffres sur les ventes de détail suggèrent un nouveau ralentissement de la consommation des ménages et il est peu probable que les exportations contribuent à l'avenir autant à la croissance", estime-t-elle.
"En outre, le ralentissement des investissements dans le secteur minier sera de plus en plus perceptible au fur et à mesure que les gros projets de gaz naturel liquéfié s'achèvent", ajoute l'économiste.
Shane Oliver, chef économiste chez AMP Capital, table sur une croissance trimestrielle de seulement 0,5% en avril-juin. "Le volume des exportations minières va ralentir, de même que la consommation des ménages dont la confiance a été ébranlée par le budget de rigueur (présenté en mai) et la baisse des cours du minerai de fer va peser sur le revenu de la nation", prévoit-il.
La Banque centrale a maintenu mardi, pour le 10e mois d'affilée, son principal taux directeur au niveau historiquement bas de 2,5% afin de soutenir l'investissement dans les secteurs d'activité non-miniers.
awp
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