Athènes - L'agence de notation Standard & Poor's a constaté vendredi "le rééquilibrage progressif" de l'économie grecque grâce à un important effort d'assainissement des finances publiques, malgré le niveau toujours élevé de la dette.
SP a maintenu à "B-/B" (spéculatif) la note du pays en qualifiant de "stable" sa perspective à long terme.
"Nous pensons que l'économie grecque se rééquilibre progressivement, comme le montrent la hausse des exportations de services et l'effort notable d'assainissement budgétaire réalisé, qui témoignent d'une amélioration de la compétitivité et du renforcement de la capacité institutionnelle du pays", écrit l'agence dans un communiqué.
La balance des comptes courants a été légèrement positive en 2013, comparée à un déficit de 15% en 2008.
L'agence table sur une reprise progressive de la croissance du PIB, portée par une poursuite des exportations de services (tourisme), une reprise des investissements grâce à la stabilisation du secteur bancaire et le remboursement progressif des arriérés de paiements accumulés par l'Etat à l'égard du secteur privé.
La volonté de réforme institutionnelle du gouvernement semble convaincre l'agence qui met en exergue les changements intervenus dans la régulation du marché du travail, la collecte des impôts et ceux à venir dans le secteur du commerce. SP table sur une stabilité politique et sociale sur la base de cette consolidation économique.
Parmi les ombres au tableau, "la vulnérabilité extérieure du pays persiste compte tenu du haut niveau de la dette, de la tendance déflationniste de son économie, de sa flexibilité monétaire limitée". La demande intérieure qui portait la croissance grecque avant la crise va également rester en berne durablement compte tenu du taux record de chômage (plus de 27%) et de la "chute de 20% du revenu disponible depuis 2008".
Après une dégradation continue de sa notation depuis 2009 et l'éclatement de la crise de la dette, la Grèce, passée à un cran du défaut de paiement, avait retrouvé en décembre 2012 la catégorie dite "spéculative", celle qui rassemble les émetteurs de dette qui risquent de ne pas honorer leurs échéances.
Toujours sous assistance financière de l'UE et du FMI, elle vient d'obtenir après six mois d'âpres négociations le déblocage d'une nouvelle tranche de prêts de ses créanciers qui estiment que le pays atteindra ses objectifs budgétaires en 2014. Le gouvernement mise sur le retour d'une faible croissance de 0,6% après six années de récession.
awp
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