Madrid - L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, poursuivra sa reprise en 2014, a estimé mercredi la banque centrale, qui prévoit une croissance du PIB de 1,2%, puis de 1,7% en 2015, au-dessus des attentes du gouvernement.
"Après le début de reprise de l'activité observé dans la seconde moitié de 2013, nous prévoyons que la progression de l'économie espagnole se poursuive tout au long de cet exercice", écrit la Banque d'Espagne dans son bulletin économique, se montrant donc plus optimiste que le gouvernement conservateur, qui prévoit une croissance de 1% en 2014 puis 1,5% en 2015.
La croissance de 1,2% attendue par la banque centrale pour 2014 "serait la première positive, en rythme annuel, depuis le 0,1% atteint en 2011, et la plus élevée depuis 2007", souligne l'organisme.
Le pays a été l'un des plus frappés par la crise en zone euro et vient de vivre deux récessions en l'espace de cinq ans. Il a renoué avec une timide croissance au troisième trimestre (0,1%), confirmée au quatrième trimestre (0,2%) mais, sur l'ensemble de 2012, son PIB a encore reculé de 1,2%.
Pour le premier trimestre 2014, le gouvernement a dit attendre une croissance "au moins égale" à celle atteinte au dernier trimestre 2013, soit 0,2%.
"Les indicateurs conjoncturels qui se réfèrent au premier trimestre 2014 montrent, en général, une prolongation de la trajectoire de lente amélioration de l'activité", confirme mercredi la Banque d'Espagne, sans fournir cette fois de prévision chiffrée.
Entre janvier et mars, l'organisme attend "une modeste croissance" de la consommation privée et souligne la hausse des immatriculations de voitures neuves et des ventes de détail.
Alors que le pays a vu ses exportations fortement augmenter ces derniers mois, la consommation des ménages reste minée par un chômage très élevé (26,03%), tandis que les faillites d'entreprises sont très nombreuses, notamment en raison de leur difficulté à obtenir des crédits bancaires pour se financer.
La Banque d'Espagne, qui table sur un recul du chômage à 25% en 2014 puis 23,8% en 2015, se montre optimiste sur ce point: "nous prévoyons que la consommation des familles augmente en 2014 et 2015, après les baisses des trois années précédentes", tandis que, grâce à l'amélioration des comptes des entreprises, "il faut espérer que diminuent progressivement les obstacles financiers qui peuvent limiter les plans d'investissement de certaines sociétés".
Ainsi, d'ici 2015, "la demande intérieure prendra progressivement la relève du secteur extérieur comme principale source de contribution à la croissance du PIB, stimulée par l'amélioration de la confiance et un certain assouplissement des conditions financières".
awp
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire