Berlin - L'économie allemande devrait nettement rebondir en 2014 et 2015, aidée par la consommation privée et l'accalmie de la crise en zone euro, même si les tensions actuelles en Ukraine représentent un nouveau risque, a estimé mercredi la fédération allemande des banques.
Pour l'Allemagne, "les perspectives de conjoncture sont tout à fait bonnes", a déclaré, lors d'une conférence de presse, l'économiste Stefan Schilbe, président de la commission politique économique de la fédération BDB.
Constatant un début d'année "réussi" aidé par un hiver doux, la fédération, qui représente les banques privées présentes dans le pays, dont Deutsche Bank et Commerzbank, les deux plus gros établissements, table pour 2014 sur une progression du Produit intérieur brut (PIB) allemand de 1,8% et de 2% pour 2015. C'est-à-dire exactement la même chose que le gouvernement allemand.
Outre un environnement clairement apaisé dans la zone euro, l'Allemagne peut compter sur les investissements en équipements, qui devraient rebondir de 5% en 2014, ainsi que sur la consommation privée, censée augmenter de 1,1% cette année, profitant à la fois de la bonne tenue du marché du travail, de la faible inflation et des bas taux d'intérêt.
Cependant, Stefan Schilbe a souligné que des risques planaient sur la conjoncture tant européenne qu'allemande, dont les tensions récentes entre l'Ukraine et la Russie, important partenaire commercial de l'Allemagne.
"Nous prenons cela très au sérieux", a dit M. Schilbe, jugeant très important qu'une spirale "dangereuse" de sanctions soit évitée. Rappelant que la Russie est la destination de 3% des exportations allemandes, il a toutefois estimé "extrêmement difficile d'évaluer" pour l'heure l'impact économique de ce risque "nouveau".
Ces tensions ont déjà pesé sur le moral des investisseurs allemands, comme l'a montré mardi la chute du baromètre ZEW.
La BDB s'est par ailleurs déclarée "tout à fait critique" de la politique de la coalition gouvernementale conservateurs/sociaux démocrates. Michael Kemmer, directeur général de la fédération, a estimé que le pays avait besoin "d'autres méthodes" que celles du gouvernement actuel, qui va notamment instaurer un salaire minimum national et améliorer les conditions de retraite pour certains.
awp
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