Zurich - Les prix des matières premières, des agents énergétiques aux métaux précieux en passant par les métaux industriels, vont nécessairement devoir s'ajuster à la hausse des coûts d'extraction de l'industrie minière sur le long terme, a expliqué mardi Nick Brooks, responsable recherche et stratégie d'investissement chez ETF securities à AWP. Dans l'immédiat, cependant, les anticipations des marchés devraient contenir les mouvements de la plupart des matières premières dans des fourchettes restreintes.
"Même l'impact des bouleversements géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, dont les conséquences se font sentir principalement sur les cours du pétrole, ne devrait pas résister à l'épreuve du temps", a illustré M. Brooks, en marge de la conférence organisée par sa société sur les investissements dans les matières premières à Zurich.
L'amorce d'ouverture des Etats-Unis envers l'Iran engendre depuis quelques jours une pression sur les prix du brut en raison de craintes sur une suroffre. "Mais les marchés anticiperont cette évolution, comme ils ont anticipé la hausse de production du gaz naturel, puis du pétrole de schiste aux Etats-Unis", a assuré l'économiste. Le prix du baril de brent devrait ainsi s'inscrire dans une fourchette de 100 à 120 USD.
Les producteurs énergétiques sont en effet à même de passer d'une source à l'autre en fonction de leurs prix respectifs. "La hausse des prix du gaz aux Etats-Unis au cours de la récente vague de froid a ainsi été plafonnée lorsque, devenu trop cher, il a été remplacé par du charbon meilleur marché", a de son côté décrypté Peter Helles, stratégiste en matières premières chez Bank of Amerika Merrill Lynch.
OR EN COUVERTURE
Du côté des métaux précieux, l'or devrait également osciller autour de son bas niveau actuel d'environ 1200 USD l'once au cours de cette annnée. En dépit de l'importance des positions à court terme, la solide demande physique devrait empêcher un nouveau plongeon du cours du métal jaune. "La Chine à elle seule engloutit via Hong Kong un quart de la production mondiale, tandis que les banques centrales en achètent environ 10%", a détaillé M. Brooks. La baisse continue de la production d'or recyclé devrait soutenir le mouvement.
En raison de son caractère défensif, l'or pourrait même connaître un regain de demande des investisseurs liée à une nécessité de couverture des nombreuses positions courtes en cas de déception du côté de la croissance économique, notamment américaine, ou sur le marché des actions. "Mais nous estimons ce scénario peu probable", a-t-il nuancé.
CUIVRE PALLADIUM ET PLATINE EN VEDETTE
Parmi les métaux, le spécialiste d'ETF securities privilégie le cuivre, en raison notamment de stocks en baisse constante depuis des mois. La hausse sensible de la demande, parallèle au rétablissement de la conjoncture mondiale, de même que des "surprises possibles" du côté de la production, pourraient faire s'envoler les cours de cette matière.
Platine et palladium font également partie des métaux préférés de l'analyste en raison de leur application industrielle et/ou dans la joaillerie. Le secteur automobile américain et chinois montre un appétit grandissant pour le palladium, indispensable aux échappements des moteurs à essence.
La demande en platine semble assurée par la convalescence de l'industrie automobile européenne, où il est utilisé dans la production des échappements diesel. Il est également de plus en plus utilisé dans la bijouterie en Chine. En amont, l'Afrique du Sud qui produit environ 80% de ce métal connaît depuis une année des mouvements sociaux d'ampleur dans le secteur minier, qui pourraient bien se poursuivre en 2014. Les pannes récurrentes de l'approvisionnement des infrastructure en courant électrique devraient également peser sur l'extraction.
awp
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