Washington - Les chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain du troisième trimestre devraient témoigner d'une croissance toujours modeste, avant un dernier trimestre marqué par la fermeture du gouvernement en octobre.
Le département du commerce doit publier jeudi à 08H30 (13H30 GMT) sa première estimation du PIB pour juillet, août et septembre.
Selon la prévision médiane des analystes, le rapport du ministère devrait faire apparaître que l'économie américaine a progressé de 1,9% en rythme annualisé. Au deuxième trimestre, le rythme de croissance de la première économie mondiale s'était établi à 2,5%.
Mais les opinions sont très partagées et certains analystes sont beaucoup plus optimistes comme ceux de Macroeconomic Advisers et de HFE, qui ont révisé leur prévision en forte hausse pour annoncer 2,7% de croissance au troisième trimestre.
"Nous avons réévalué notre estimation au vu des bons chiffres de la production automobile ainsi que de la production d'énergie", ont indiqué dans une note les analystes de Macroeconomic Advisers.
Les commandes industrielles en septembre ont rebondi par rapport à août (+1,7%) dopées par le secteur des transports mais aussi par les commandes de biens durables. Les analystes ont aussi noté une montée des stocks des entreprises manufacturières.
Dans son Livre Beige, un rapport de conjoncture qu'elle publie toutes les six semaines environ, la Réserve fédérale a relevé à la mi-octobre que l'économie des Etats-Unis avait poursuivi son expansion de façon "modeste à modérée" du 26 août au 7 octobre.
"Notre espoir est que l'amélioration de la croissance du PIB, que bien des économistes espéraient déjà entamée, va se matérialiser bientôt et que l'économie va croître suffisamment pour améliorer durablement le marché de l'emploi", a déclaré lundi un responsable de la Réserve fédérale (Fed), Eric Rosengren, président de l'antenne régionale de Boston.
Il a souligné que les coupes budgétaires et les augmentations d'impôts en 2013 avaient "réduit la croissance de 1,5 point de pourcentage".
"En dépit des progrès, l'économie n'a pas crû assez vite et le rythme des embauches n'a pas été assez fort pour ramener notre économie autour du plein emploi", résumait lundi un responsable du Trésor, Seth Carpenter.
Le taux de chômage a reculé en septembre mais les créations d'emplois ont fait pâle figure. Il s'est établi à 7,2%, son plus bas niveau depuis près de cinq ans mais la création d'emplois nets n'a pas dépassé 148.000, soit 23% de moins qu'en août.
Pour le quatrième trimestre, la croissance devrait encore marquer le pas, principalement en raison de la fermeture des services administratifs pendant deux semaines et demie, de l'avis d'une majorité d'analystes qui l'évalue bien au-dessous des 2%.
Mais le dynamisme devrait reprendre l'année prochaine, à moins que le débat sur le budget et la dette ne vienne à nouveau perturber la confiance.
Pour les experts de Brewer Capital Management, "la confiance dans notre économie a été restaurée maintenant que nos élus ont finalement décidé de mettre une fin à la paralysie du gouvernement".
"Certains secteurs vont être affectés à court terme mais l'économie du pays semble progresser de façon notable", ajoutent-ils.
"On s'attend à ce que l'économie soit plus forte dans l'année qui vient, mais le processus politique constitue un risque", a souligné Seth Carpenter, du Trésor. "Le Congrès a financé le gouvernement jusqu'au 15 janvier et relevé le plafond de la dette jusqu'au 7 février".
"L'impact exact (de la fermeture du gouvernement) ne sera pas connu avant un certain temps mais les analystes du secteur privé estiment qu'elle risque d'avoir réduit le PIB d'un quart, voire un demi-point de pourcentage", a-t-il assuré.
Pour l'année 2014, le produit intérieur brut du pays (PIB) devrait accélérer sa croissance à 2,9%, voire 3,1% , estime la Réserve Fédérale.
awp
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire