Berlin - La production de l'industrie allemande a reculé de 2,2% sur un mois en avril, selon un chiffre publié mercredi par le ministère de l'Economie, dernier en date d'une série d'indicateurs qui mettent à mal l'image d'une Allemagne résistant envers et contre tout à la crise.
Les analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires tablaient sur une baisse moindre (1%) du chiffre de la production industrielle, provisoire et corrigé des variations saisonnières.
Le ministère explique que le chiffre d'avril renvoie pour beaucoup à "un retour de bâton" après un mois de mars faste. Mais le chiffre définitif de mars (+2,2%) est aussi ressorti inférieur à la première estimation communiquée il y a un mois (+2,8%).
Autre facteur explicatif de la contre-performance d'avril, le jour de "pont" avant le 1er mai, tombé cette année un mardi.
"La production dans l'industrie se montre toujours très robuste", se console le ministère, qui fait valoir que sur deux mois, mars-avril par rapport à janvier-février, l'indicateur est en hausse de O,8%. Dans le BTP notamment, l'activité était en avril à un meilleur niveau que sur le premier trimestre, précise-t-il.
En effet "ce qui est positif c'est le niveau" de la production, relève Thilo Heidrich, de Postbank, "au-dessus de ce qui a été mesuré avant la faillite de Lehman en septembre 2008".
Il n'en reste pas moins qu'après un chiffre des commandes décevant mardi, il s'agit du deuxième indicateur en deux jours qui pointe vers le bas pour l'industrie allemande, pilier de l'économie du pays.
Pour Ben May, de Capital Economics, "il confirme le fait que la première économie européenne est peu susceptible d'être un moteur de croissance en zone euro au deuxième trimestre et au-delà", contrairement au premier trimestre, où c'est essentiellement l'Allemagne qui a permis à la zone euro d'échapper à la récession.
"Bienvenue dans la crise de l'euro, Allemagne", commente pour sa part Carsten Brzeski, de la banque ING, notant que "l'immunisation de l'économie allemande contre la crise de la dette souveraine est clairement en train de s'estomper".
C'est également l'impression qui s'est dégagée des indicateurs publiés récemment, que ce soit le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs, celui des milieux financiers compilé par le ZEW ou les derniers chiffres du chômage.
AWP
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