Vouliagmeni (Grèce) - Le ministre des Finances grec a admis lundi que son pays allait devoir accélérer le pas pour parvenir à ses objectifs de réduction du déficit public, comme le lui demandent ses créanciers, tout en regrettant la mauvaise gestion de la crise de la dette par la zone euro.
Le ministre Evangélos Vénizélos a estimé que la semaine qui s'ouvre allait être très difficile pour le pays, pour la zone euro et pour lui personnellement, confrontés à des décisions cruciales sur le soutien financier au pays surendetté et l'avenir de l'euro.
S'exprimant devant un parterre d'hommes d'affaires, il a posé comme priorité le respect de l'objectif budgétaire pour 2011 par la Grèce, impliquant des mesures correctrices de 1,8 milliard d'euros, au vu du dérapage des comptes. Cela doit permettre au pays de continuer à tenir ses engagements prévoyant d'arriver à un excédent budgétaire primaire en 2012, a-t-il ajouté.
Mais pour atteindre cet objectif, il faut prendre maintenant des décisions de caractère historique et si on les prend pas, on sera obligé à les prendre prochainement dans des conditions incontrôlables et douloureuses, a indiqué M. Vénizélos, faisant référence à mots couverts à la probabilité d'un défaut de paiement évoquée ouvertement par les marchés financiers.
Répondant aux recommandations du représentant permanent du Fonds monétaire international à Athènes, Bob Traa, présent également au colloque, qui lui a, suggéré des mesures supplémentaires pour réduire le secteur public, M. Vénizélos a admis qu'il y avait du personnel en excédent dans la fonction publique.
Il faut que le secteur public se réduise et prenne la dimension qui correspond au pays, a-t-il souligné.
Il a annoncé que le gouvernement allait annoncer en octobre la grille unique des salaires dans la fonction publique afin d'unifier les salaires selon les ministères, réduire les rémunérations les plus élevées et abaisser le coût total des salaires.
Nous sommes dans la période de grands changements structurels pour atteindre les objectifs de 2012 (...) et rétablir la justice dans le système budgétaire, a lancé M. Vénizélos avant de quitter le colloque pour se rendre à son ministère, où il devait s'entretenir par téléconférence vers 6H00 GMT avec les chefs de mission de la troïka des créanciers du pays, l'Union européenne, la BCE et le FMI.
La troïka doit ensuite donner son verdict sur l'avancement du redressement des finances publiques grecques, et le sérieux des réformes engagées, avant que les créanciers décident ou non de libérer la prochaine tranche -vitale- de 8 milliards d'euros du prêt consenti en 2010 à la Grèce.
Après la réunion des ministres des Finances européens ce week-end, marquée par la persistance des divisions sur la résolution de la crise de la dette en Europe et une impossibilité de boucler le 2e plan d'aide à la Grèce de près de 160 milliards d'euros décidé le 21 juillet, M. Vénizélos a néanmoins estimé qu'Athènes ne devait pas servir de bouc émissaire.
Il a estimé que certaines institutions utilisaient la Grèce comme une excuse facile pour cacher leur manque de compétence dans la gestion de la crise de la dette.
Malheureusement les clichés négatifs sur le pays dominent (...) et ne concernent pas la capacité de l'Etat d'appliquer les réformes mais la capacité du peuple, de la nation de suivre ces réformes; c'est pourquoi il faut convaincre qu'on a la volonté et la détermination qu'on peut avancer et appliquer tout ce qu'on a dit, a lancé M. Vénizélos.
AFP
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