Francfort - Le principal indice du climat des affaires en Allemagne, l'Ifo, a créé la surprise vendredi en affichant une hausse en juin, déjouant les pronostics des analystes et évoluant à contre-courant de la tendance mondiale à la baisse des grands indicateurs.
L'indice s'est hissé à 114,5 points, contre 114,2 points en mai. Les analystes sondés par l'agence Dow Jones Newswires prévoyaient un recul à 113,5 points, s'attendant à ce que les soucis financiers de la Grèce et les inquiétudes sur la conjoncture économique mondiale pèsent de tout leur poids.
C'est la première hausse de l'Ifo depuis février, où l'indice avait atteint son record absolu (115,4 points), précise l'institut de sondage et de recherche du même nom dans son communiqué.
"Les entreprises évaluent la situation actuelle de leurs affaires de façon beaucoup plus positive qu'en mai", et elles "restent confiantes" pour les mois à venir, selon le communiqué.
Le baromètre mensuel du climat des affaires Ifo est la moyenne de deux sous-indicateurs: l'appréciation par les entreprises de la situation économique du moment et leur degré d'optimisme pour les six mois à venir.
L'appréciation de la situation actuelle s'est améliorée en juin à 123,3 points contre 121,5 points en mai, un nouveau record absolu, tandis que celle pour les six mois à venir a légèrement baissé (106,3 points contre 107,4 points le mois dernier).
La progression de l'Ifo en juin contraste avec la dégringolade mardi de l'indice Zew, qui mesure la confiance des milieux financiers allemands. Le Zew a chuté de 12 points par rapport à mai et s'est retrouvé en territoire négatif (-9 points), son plus bas niveau depuis janvier 2009.
"Dans le contexte européen et mondial, l'indice allemand Ifo est un peu un marginal", résume Holger Schmieding, économiste de la banque privée Berenberg, rappelant que beaucoup d'indicateurs macroéconomiques dans le monde ont ralenti ces derniers mois, à cause de la hausse des prix du pétrole notamment.
"L'Ifo va probablement suivre la tendance dans les mois à venir", prédit-il.
"L'Allemagne ne devrait pas échapper éternellement au ralentissement de l'économie mondiale", renchérit Carsten Brzerski d'ING, même si le pays "évolue pour le moment dans une catégorie à part".
La Bundesbank table sur une croissance de 3,1% du Produit intérieur brut (PIB) allemand cette année, s'alignant sur la plupart des économistes qui prédisent une hausse parfois bien supérieure à 3%. La chancelière Angela Merkel a également récemment jugé vraisemblable que la croissance dépasse ce niveau.
En 2010 le PIB allemand s'était affiché en hausse de 3,6% après un recul très marqué en 2009 (-4,7%). Les exportations, mais aussi de plus en plus la demande intérieure soutiennent l'activité économique du pays, dont le dynamisme profite aussi fortement au marché de l'emploi.
rp
AWP
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire