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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

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mardi 25 novembre 2014

Chine: des assouplissements possibles après la décision de la banque centrale

Shanghai - Après des mois de coups de pouce ponctuels à son économie, la Chine a sorti l'artillerie lourde en recourant à la baisse de ses taux d'intérêt, préambule à d'autres mesures d'assouplissement monétaire destinées à remédier à son ralentissement économique, selon les analystes.


Première mesure de ce type depuis 2012, la Banque populaire de Chine (PBOC, banque centrale) a annoncé vendredi une baisse des taux de référence sur les dépôts de 0,25 point à 2,75% et de 0,40 point à 5,60% sur les emprunts à un an, effective depuis samedi.

Saluée par les marchés, cette décision inattendue risque toutefois de s'avérer insuffisante à elle seule pour remédier au ralentissement de la deuxième économie mondiale, estiment les analystes.

Certes, "il s'agit d'un changement majeur d'approche, que peu avaient prévu" car la PBOC excluait jusque là toute baisse générale des taux d'intérêt, a relevé Mark Williams, chef économiste pour l'Asie chez Capital Economics.

Le gouvernement lui a préféré cette année des "mesures ciblées" en forme de coups de pouce, notamment des baisses limitées des fonds propres des banques ou, par deux fois, des injections de liquidités dans le système bancaire, pour un total de 769,5 mrd de yuan (121,3 mrd CHF) pour alimenter l'activité.

Mais malgré ces "mini-plans de relance", la progression du produit intérieur brut (PIB) chinois s'est établie officiellement à 7,3% sur juillet-septembre --soit son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2009, quand la crise financière mondiale battait son plein--, après une croissance de 7,5% au deuxième trimestre.

L'objectif du gouvernement de parvenir à une croissance 2014 d'"environ 7,5%" semble désormais menacé.

La décision de la banque centrale est ainsi "une mesure claire de l'intensité de l'assouplissement de la politique monétaire et une réponse aux puissants vents contraires nés de la correction du marché immobilier", a jugé la firme de courtage Nomura.


L'économie chinoise est minée par sa bulle immobilière et le ralentissement de ses exportations, tout en étant confrontée à une sévère campagne anti-corruption qui touche plusieurs secteurs et nombre de décideurs.

"L'économie chinoise est sous le coup de pressions à la baisse depuis le début de l'année", avait averti le Premier ministre Li Keqiang à la veille de l'annonce de la PBOC devant un parterre d'hommes d'affaires acteurs dans l'internet.


UN "SIGNAL FORT"

Le climat accentue en outre la menace de déflation, l'indice des prix à la consommation d'octobre approchant d'un plus bas depuis cinq ans à 1,6%, tandis qu'une série de mesures début novembre destinées à encourager l'accès des investisseurs étrangers au marché boursier national ne recevait qu'un accueil très mitigé.

"La marché va probablement voir (la décision de la PBOC) comme un signal positif" de la part du gouvernement qui "répond à la demande faiblissante du secteur privé et à l'augmentation des risques déflationnistes en envoyant finalement un signal puissant", estime la banque Barclays.

La Bourse de Shanghai a bondi lundi de 1,85% en réaction à la baisse des taux.

Les entreprises d'Etat devraient recevoir la part du lion des crédits nouvellement disponibles auprès des grandes banques nationales, ainsi que les acquéreurs d'appartements.

Mais le reste des banques devrait voir ses marges se réduire en proportion de la baisse des taux.

Les analystes prévoient de nouvelles baisses à venir pour soutenir l'activité: la PBOC "a changé sa politique monétaire pour une autre, plus accommodante", et "les conditions sont mûres pour un nouvel assouplissement", juge ainsi Liu Ligang, chef économiste pour la Chine chez ANZ Bank.

Simultanément, la banque centrale a fait un pas en direction d'une libération très attendue des taux d'intérêt en autorisant vendredi les banques à rémunérer les dépôts à des taux supérieurs de 20% au taux officiel, contre 10% auparavant.

Une mesure "positive", a jugé Song Yu, économiste chez Beijing Gao Hua Securities Co.

La Chine a autorisé en juillet 2013 les banques à fixer les intérêts de leurs prêts, mais maintient un contrôle administratif sur la rémunération des dépôts.

Certains analystes mettent toutefois en garde contre un soutien à court terme à la croissance, au détriment des réformes et de la réorientation souhaitées par Pékin vers un rôle accru de la consommation.

Au risque "d'exacerber les points faibles de l'économie chinoise en créant des problèmes plus graves encore à l'avenir", prévient ainsi Nomura.




awp

vendredi 5 septembre 2014

Zone euro: Draghi forcé d'admettre que les pouvoirs de sa BCE ont leurs limites

Berlin - Le président de la BCE Mario Draghi a déjà sauvé une fois la zone euro mais il est forcé de reconnaître que ses pouvoirs ne suffiront pas à renouveler l'exploit si les gouvernements européens n'y mettent pas du leur.

 Après un arsenal conséquent de mesures en juin, la Banque centrale européenne a encore frappé jeudi avec une nouvelle baisse de taux - la septième en moins de trois ans - et l'annonce d'un programme non quantifié de rachat de titres de dette.

 Objectif: revivifier le marché du crédit, condition pour faire repartir la machine économique et lutter contre le risque de déflation.

 Mais M. Draghi a également prévenu: "Il sera très difficile d'atteindre l'objectif d'une inflation proche de 2% sur la base de la politique monétaire; il faut des politiques budgétaires, il faut des réformes structurelles avant tout, il faut que chacun fasse son travail".

"On a le sentiment que la BCE met tout sur la table et que Mario Draghi nous dit que la politique monétaire ne peut pas tout", a réagi pour l'AFP Frederik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole CIB.

 "Le fait que les annonces d'aujourd'hui surviennent trois mois seulement après le dernier feu d'artifice monétaire montre à quel point la BCE est inquiète", renchérit Carsten Brzeski, de la banque ING. Pour lui l'institution a "presque entièrement vidé sa caisse à outils" d'instruments.


SAUVER LA FACE

En août 2012, il avait suffi à M. Draghi, alors en poste depuis quelques mois seulement, de quelques mots ("whatever it takes") pour éviter l'implosion d'une zone euro en pleine crise. L'institution n'avait même pas eu à dégainer le fameux programme annoncé ce jour-là à Londres.

Deux ans plus tard les choses sont plus compliquées. La zone euro est en plein marasme, le contexte géopolitique explosif et l'évolution des prix bien loin de l'objectif de la BCE.

 "Rien faire n'est pas une option" pour celle-ci et son président, analyse Marcel Fratzscher, président de l'institut de recherche allemand DIW, pour qui "les nouvelles mesures reflètent la tentative de la BCE de sauver la face vis-à-vis des marchés et des entreprises".

 Mais dans le même temps, Mario Draghi lui-même qualifie la baisse des taux décidée jeudi d'"ajustement technique", preuve s'il était besoin qu'il ne se fait pas beaucoup d'illusions sur ses effets sur l'économie.

Quant aux autres mesures, elles sont certes à même de donner un coup de pouce au marché du crédit, mais, comme le faisait remarquer récemment le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, ce sont avant tout les perspectives de rentabilité qui président aux décisions d'investissement - la mise à disposition de liquidités seule ne fait pas repartir l'économie.


COURTISER BERLIN

 Cela, M. Draghi le sait. Aux côtés de la politique monétaire, "il faut de la croissance", a-t-il martelé jeudi, et c'est aux gouvernements d'en créer les conditions, par le biais de la politique budgétaire et de réformes structurelles. Trois piliers qui ne sont pas sans rappeler les "Abenomics" du Premier ministre japonais Shinzo Abe, note Chris Williamson, du cabinet Markit.

 Pas question pour autant de laisser filer les déficits, prévient M. Draghi. Dans des propos tenus récemment aux Etats-Unis, certains avaient voulu voir une déviation de cette ligne, alors qu'en Europe le débat entre tenants d'une stricte orthodoxie budgétaire - l'Allemagne - et partisans d'un relâchement de la bride pour soutenir la croissance - Paris, Rome - a repris de plus belle.

 Pour Christian Schulz, de la banque Berenberg, en insistant sur les réformes, M. Draghi caresse Berlin dans le sens du poil. "Si la BCE veut aller plus loin", et brûler sa dernière cartouche, l'achat massif de dette souveraine, "elle a besoin du soutien tacite de Berlin", et elle ne l'aura qu'en prêchant la bonne parole des réformes structurelles, analysait-il.





awp

vendredi 22 août 2014

USA: si l'emploi progresse plus, hausse des taux plus rapide possible

Washington - La présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen a estimé vendredi que le marché de l'emploi américain n'était pas "encore totalement remis" tout en avertissant que si les progrès s'accéléraient, une hausse des taux plus rapide interviendrait.

 Dans un discours à la conférence de Jackson Hole (Wyoming), Mme Yellen a affirmé qu'il n'y avait "pas de recette simple" pour mener une politique monétaire dans un contexte "de considérable incertitude" sur l'évolution de l'inflation et du chômage.

La patronne de la Fed a par ailleurs confirmé que la fin des achats d'actifs pour soutenir la reprise --la troisième vague d'assouplissement monétaire exceptionnel de la Fed depuis la récession--, est prévue pour octobre.

 Dans une allocution consacrée à l'emploi et à la politique monétaire lors de cette conférence académique annuelle qui rassemble des responsables monétaires du monde entier, Mme Yellen est pour la première fois apparue un peu moins du côté des "colombes", qui privilégient d'abord l'emploi au détriment de la lutte contre l'inflation.

D'un côté, elle a souligné, comme elle l'a fait dans le passé, que les progrès en matière de taux de chômage "surestimaient" l'état véritable du marché de l'emploi. Elle a évoqué les nombreux emplois à temps partiels et les chômeurs découragés ne cherchant plus d'emploi. Le taux de chômage se situe actuellement à 6,2% aux Etats-Unis contre 7,3% il y a un an.

D'un autre côté, Mme Yellen n'a pas exclu que l'inflation se réveille plus vite, affirmant que les salaires, dont l'évolution réelle "a été quasiment plate", puissent "augmenter beaucoup plus rapidement".

La hausse des prix est pour l'instant bien en dessous de l'objectif à moyen terme de 2% de la Fed (1,6%, selon l'indice PCE).

 "Si les progrès du marché de l'emploi se poursuivent plus rapidement et que l'inflation progresse aussi plus vite (...), alors des hausses sur des taux sur les fonds fédéraux pourraient intervenir plus rapidement, et continuer plus rapidement aussi", a-t-elle ainsi affirmé.

La présidente du Comité de politique monétaire (FOMC) a reconnu "les différentes interprétations" qu'il existait au sein des responsables monétaires et économiques sur l'appréciation de l'évolution de l'économie américaine. Elle a souligné "les difficultés" et "la complexité à évaluer la relation entre la marge des ressources inutilisées du marché de l'emploi et le déclenchement des tensions inflationnistes".

 La présidente de la Fed a plaidé également une nouvelle fois pour la prise en compte de nombreux différents indicateurs --allant du taux d'abandon des emplois à celui des postes à temps partiel, pour évaluer la santé du marché de l'emploi.







awp

mercredi 13 août 2014

Royaume-Uni: la BoE tempère les attentes d'une hausse de taux cette année

Londres - La Banque d'Angleterre (BoE) a quelque peu tempéré les attentes d'un relèvement de taux avant la fin 2014 en pointant la faiblesse de la hausse des salaires malgré une baisse plus rapide que prévu du chômage.
 Dans son rapport trimestriel sur l'inflation et la croissance publié mercredi, la banque centrale britannique a en effet "mis en lumière les contrastes saisissants (des données) du marché du travail, entre la forte croissance de l'emploi et celle faible des salaires", a relevé James Knightley, économiste chez ING.

 Si l'institution a ainsi salué le repli plus rapide qu'escompté du taux de chômage au Royaume-Uni - qui pourrait tomber sous 6% à la fin de l'année, et autour de 5,5% à mi-2017 (date limite des prévisions de l'institution) - elle a également revu en nette baisse sa prévision de croissance des salaires en 2014, à 1,25% contre 2,5% estimé en mai.

 Les chiffres publiés mercredi par l'Office des statistiques nationales (ONS) ont confirmé cette double tendance, avec une baisse du taux de chômage à 6,4% tandis que les salaires hors bonus ont progressé de 0,6% au deuxième trimestre sur un an - bien plus lentement que l'inflation qui a atteint 1,9% en juin sur un an.

 Ainsi, "à la lumière d'une incertitude accrue sur l'actuel degré de capacités excédentaires (de l'économie), le Comité (de politique monétaire de la BoE, ou CPM) va porter une attention particulièrement importante aux trajectoires des salaires et des coûts de la main-d'oeuvre", a souligné le gouverneur de l'institution Mark Carney, lors d'une conférence de présentation du rapport.

 Mais le Canadien - qui a récemment fêté sa première année à la tête de la "Veille dame" de Threadneedle Street, comme est surnommée l'institution - a tenu à préciser que le CPM n'avait "pas de seuil particulier pour la croissance des salaires". "Nous allons plutôt continuer à surveiller un large éventail de données pour jauger les pressions inflationnistes et établir le calendrier d'une première hausse du taux d'intérêt".

 De plus, Ross Walker, économiste chez RBS, a souligné que "la prévision moyenne d'inflation a été abaissée" à un niveau légèrement inférieur à son rythme voulu de 2%, et ce jusqu'à mi-2017.

 "Si le CPM avait été proche d'une hausse de taux, ses projections pour l'inflation auraient été plus élevées", a estimé M. Walker.


HAUSSE DE TAUX "PROGRESSIVE ET LIMITÉE"

 Le taux directeur de l'institution est figé au niveau exceptionnellement bas de 0,50% depuis mars 2009, période au cours de laquelle l'économie britannique était en profonde récession, et n'a pas connu de hausse depuis 2007.

 Les modifications apportées aux prévisions d'inflation "soutiennent quelque peu l'idée qu'une première hausse de taux viendra plus tard (en février 2015) que tôt (en novembre 2014)", a encore noté M. Walker.

Le gouverneur a de plus martelé la position de la BoE comme quoi la hausse des taux, lorsqu'elle débutera, ne sera que "progressive et limitée".

 M. Carney a ainsi prévenu que, conformément aux attentes du marché, les taux devraient progresser de 15 points de base par trimestre, pour atteindre "seulement 2,25% à la fin de la période" couverte par les prévisions de l'institution, soit mi-2017.

"Le ton d'ensemble du dernier rapport de la Banque d'Angleterre est passablement prudent, et a provoqué un report des attentes de hausse de taux du marché et un repli de la livre", a résumé l'économiste James Knightley.

 La banque centrale britannique a tout de même salué la "robustesse" de la reprise économique britannique, en relevant de 0,1 point ses prévisions de croissance pour 2014, à 3,5%, et pour 2015, à 3,0%, tout en abaissant légèrement sa prévision pour 2016 à 2,6% contre 2,8% dans son rapport de mai.






awp

vendredi 25 juillet 2014

Russie: la banque centrale frappe fort face aux nouvelles sanctions

Moscou - La banque centrale russe a frappé fort vendredi pour éviter une nouvelle fuite des investisseurs face au durcissement des sanctions occidentales contre Moscou, avec une hausse drastique de taux qui risque de fragiliser davantage son économie.

A la surprise générale, la Banque de Russie a décidé lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire de relever son taux directeur à 8%, contre 7,5% depuis avril. Elle s'est dite prête à aller plus loin "si les risques pesant sur l'inflation persistent".

Il s'agit de la troisième fois qu'elle resserre le robinet du crédit depuis mars, sur fond de crise dans l'est de l'Ukraine, où les forces gouvernementales affrontent des rebelles prorusses, et de sanctions occidentales croissantes.

"Les risques inflationnistes se sont renforcés", a expliqué l'institution, citant notamment "l'aggravation des tensions géopolitiques et ses répercussions potentielles sur l'évolution du taux de change". Cette décision vise à "créer les conditions en vue d'un recul de l'inflation à 6-6,5% d'ici à la fin de l'année", a-t-elle précisé, contre 7,8% en juin.

La hausse des taux constitue "clairement une décision préventive pour limiter les fuites de capitaux avant de possibles nouvelles sanctions", a commenté l'économiste Neil Shearing, de Capital Economics.

Au moment du rattachement de la Crimée à la Russie en mars et dans les semaines suivantes, les premières mesures de rétorsion et la menace de sanctions plus sévères avaient provoqué des fuites massives de capitaux de Russie (75 milliards de dollars au premier semestre), faisant plonger le rouble et la Bourse et entraînant par ricochet les prix vers le haut.

La banque centrale avait alors nettement durci sa politique monétaire pour juguler le phénomène, faisant passer son taux directeur de 5% à 7,5%. Après plusieurs semaines de panique, la situation s'était apaisée, avec l'espoir d'une désescalade.

Or, la semaine dernière, peu avant le crash du Boeing malaisien dans l'Est de l'Ukraine, de grandes entreprises russes ont été ajouté dans la liste noire des États-Unis. Visé, le pétrolier Rosneft a assuré vendredi préparer un plan avec ses partenaires occidentaux pour en limiter les effets.

Les Européens, de leur côté, ont prévenu de futures sanctions économiques limitant notamment l'accès des banques publiques russes, qui financent en grande partie l'économie de leur pays, aux marchés financiers européens.



Croissance "proche de zéro"

"La banque centrale réagit au lourd contexte politique et économique", a commenté Ivan Tchakarov, de la banque américaine Citi. "Même si la hausse des taux d'intérêt va affecter la croissance économique, cette approche orthodoxe devrait permettre d'éviter une contagion et démontrer la détermination de la banque centrale".

L'économie russe, en nette perte de vitesse ces dernières années, s'est contractée au premier trimestre et n'a évité la récession que de justesse au deuxième trimestre, selon les estimations du gouvernement.

La hausse des taux "est une grande surprise: elle pousse vers le haut le coût de l'endettement à un moment où l'économie est très fragile", a souligné l'économiste Chris Weafer, de Macro Advisory.

A Moscou, les autorités espèrent pouvoir atteindre une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1% sur l'année (contre 1,3% en 2013 et 3,4% en 2012) malgré les sanctions, la production industrielle ayant bien résisté ces derniers mois.

La Banque de Russie a elle constaté "une reprise modérée" au deuxième trimestre, avec "une croissance proche de zéro après des chiffres négatifs auparavant".

Pour autant, "la demande pour les investissements reste faible avec une faible confiance des entreprises, un accès limité aux financements à la fois sur les marchés internationaux et intérieurs, des bénéfices en recul dans le secteur réel", a-t-elle noté. "En outre, la consommation ralentit".

Jeudi, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé sa prévision de croissance à 0,2% pour 2014 (contre 1,3% auparavant) et 1% pour 2015 (contre 2,3%).

Même si ces chiffres apparaissent rassurants face aux récentes craintes de récession, ils étaient inimaginables avant la crise de 2008-2009, quand la Russie atteignait des croissances annuelles de plus de 7% en plein boom des cours du pétrole.

"Les sanctions déjà introduites et l'atmosphère d'incertitude ont accentué nettement la défiance des investisseurs, qui peut devenir même sans nouvelles sanctions un facteur d'isolation de la Russie", a prévenu vendredi le quotidien Vedomosti.
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awp

mercredi 23 juillet 2014

BoE: statu quo monétaire voté à l'unanimité en juillet

Londres - La Banque d'Angleterre (BoE) a de nouveau opté à l'unanimité en juillet pour le maintien du statu quo sur le taux directeur et les rachats d'actifs de l'institution, selon les minutes de sa réunion publiées mercredi.

Lors de cette réunion tenue les 9 et 10 juillet, les neuf membres du Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale britannique avaient décidé de maintenir à 0,5% le principal taux d'intérêt de l'institution et à 375 milliards de livres (474 milliards d'euros) le montant total de son programme de rachats d'actifs, épuisé en novembre 2012.

Dans un contexte d'amélioration continue de la reprise économique au Royaume-Uni, qui est même quelque peu meilleure qu'escompté au premier semestre, le CPM a tout de même relevé des signes, encore faibles, indiquant que le "ralentissement modeste" de la croissance attendu par l'institution commencerait à se matérialiser au second semestre.

De plus, l'économie britannique a montré des signes contradictoires au cours de la période précédant la réunion de début juillet, comme une amélioration de l'emploi tempérée par la faiblesse de la croissance des revenus. En outre, l'inflation a légèrement accéléré en juin, pour atteindre 1,9%, proche du niveau cible de 2%.

Selon certains membres de l'institution, ces données ont accru les incertitudes sur la vigueur de la reprise économique britannique, accrus par le fait que la croissance mondiale montre également des signes de ralentissement.

Ainsi, "une hausse inattendue des taux d'intérêt quand les salaires n'augmentent pas pourrait entraîner une réaction démesurée et déstabiliser la reprise", ont-ils prévenu.

Un autre membre a de son côté tenté de tempérer cette prudence, estimant que "le risque qu'une faible hausse du taux directeur fasse dérailler" la reprise "diminuait alors que la croissance devenait plus établie".

Le CPM a conclu en soulignant qu'il n'y a "aucun calendrier préétabli pour la première hausse du taux directeur" de l'institution depuis 2007.

En quête d'indices sur une date possible pour un resserrement monétaire, les économistes se tournaient désormais vers le rapport trimestriel de la BoE sur les perspectives de l'inflation et de la croissance dont la publication est prévue le 13 août.

"Si le rapport trimestriel d'août se concentre essentiellement sur la faiblesse de la croissance des salaires et sur les récents signes d'un ralentissement du taux de croissance, cela alimenterait les attentes d'un statu quo de la Banque d'Angleterre jusqu'en 2015", a estimé Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.










awp

jeudi 3 juillet 2014

Zone euro: la BCE laisse son principal taux directeur inchangé, se réunira désormais toutes les 6 semaines

Francfort - La Banque centrale européenne (BCE) a sans surprise laissé inchangé jeudi son principal taux directeur à 0,15%, son niveau le plus bas historique auquel il avait été porté le mois dernier pour tenter de faire décoller croissance et inflation.

Personne n'avait osé prédire un nouvel assouplissement monétaire après la décision de juin de baisser de dix points de base ce taux auquel les banques se refinancent aux guichets de la BCE, qui avait été accompagnée d'un paquet de mesures exceptionnelles destinées à encourager les banques à prêter davantage aux entreprises et ménages.

Parmi ces annonces, l'institution monétaire de Francfort a porté en territoire négatif son taux de dépôt, celui auquel les banques stockent des liquidités auprès d'elle pour 24 heures, à -0,10% , une première pour une grande banque centrale. Elle a aussi prolongé l'octroi illimité et bon marché de liquidités à court terme jusqu'à mi-2016 et annoncé de nouveaux prêts à long terme (TLTRO), d'un montant de 400 milliards d'euros, programme qui ne démarrera qu'en septembre.

Par ailleurs, elle a annoncé continuer à travailler activement à la préparation d'un programme de rachat d'actifs adossés à des prêts (ou ABS).

 La Banque centrale européenne (BCE) a, par ailleurs, décidé d'espacer ses réunions de politique monétaire, qui se tiendront à partir de janvier 2015 toutes les six semaines et non plus tous les mois comme actuellement, a annoncé jeudi le président de l'institution monétaire Mario Draghi.

"La BCE ne peut pas et ne devrait pas agir tous les mois", a affirmé M. Draghi, estimant que des échéances mensuelles étaient "tout simplement trop rapprochées dans la situation actuelle", lors de sa conférence de presse mensuelle de politique monétaire.

"La situation actuelle est bien plus complexe qu'elle ne l'était il y a quelques années et entraÎne des attentes des marchés, des pays et de l'opinion publique que nous fassions face à cette plus grande complexité" et donc une demande d'intervention, a poursuivi le président de l'institution de Francfort.

Depuis sa création, le conseil des gouverneurs de la BCE, composé des six membres du directoire et des 18 gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euro, se réunissait chaque premier jeudi du mois pour réévaluer l'orientation de sa politique monétaire et le niveau de ses taux d'intérêt.

Jugeant que cette fréquence rapprochée provoque "un certain comportement des marchés, pouvant n'avoir rien ou peu à voir avec les fondamentaux" économiques, Mario Draghi a expliqué vouloir éviter "des attentes s'auto-alimentant, ayant des conséquences sur les marchés".

Le nouveau calendrier des réunions sera fixé le 16 juillet par le conseil des gouverneurs et publié dans la foulée sur le site internet de la BCE, a-t-elle précisé dans un communiqué. Les réunions ne portant pas sur la politique monétaire continueront en revanche d'avoir lieu au moins une fois par mois.

Par ailleurs, des comptes rendus de chaque réunion seront publiés à compter de janvier 2015, comme le font déjà ses homologue américaine, la Fed, et britannique, la BoE, a ajouté M. Draghi, une possibilité évoquée par la BCE depuis plusieurs mois mais difficile selon lui à mettre en oeuvre avec des réunions tous les mois.

Interrogé sur une volonté de coordonner les réunions de la BCE avec celles de la Fed, qui se réunit également toutes les six semaines, Mario Draghi a affirmé "ne pas prévoir de synchroniser les réunions avec qui que ce soit d'autre".





awp

jeudi 5 juin 2014

Zone euro: la BCE baisse son taux directeur, le taux de dépôt vire au négatif

Francfort  - La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé son principal taux directeur à 0,15% lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire, un nouveau plus bas historique, a annoncé jeudi un porte-parole.

Le loyer de l'argent en zone euro stationnait à 0,25% depuis le mois de novembre.

La BCE a également abaissé son taux de prêt marginal à 0,40% (contre 0,75%) et surtout porté en territoire négatif son taux de dépôt, à -0,10%, une mesure inédite pour une grande banque centrale. Il stagnait à 0% depuis juillet 2012.

Ces mesures étaient largement attendues par les analystes et les marchés face à l'inflation très faible qui prévaut depuis des mois en zone euro et à une croissance qui peine à décoller (+0,2% au premier trimestre).

La hausse des prix a atteint 0,5% en mai, selon une première estimation, après 0,7% en avril et 0,5% en mars. Soit très loin de l'objectif de la BCE qui est d'assurer une inflation proche mais en dessous de 2%, gage selon elle de stabilité des prix et de progression harmonieuse de l'activité économique.

Ses responsables, après avoir longtemps espéré un rebond qui ferait taire la menace d'un glissement en déflation de la région, synonyme de baisse généralisée des prix et des salaires et par conséquent de l'activité économique, ont finalement admis qu'il se faisait trop attendre et qu'une intervention était nécessaire.

En portant son taux de dépôt à un niveau négatif, la BCE espère pousser les banques à prêter davantage aux entreprises et ménages, afin d'encourager la croissance. En effet, les banques vont être désormais contraintes de payer pour stocker leur argent auprès de la BCE.

La BCE espère aussi peser sur le niveau de l'euro, qui s'est nettement apprécié depuis quelques mois. En effet, si les banques sont dissuadées de laisser leurs euros à la BCE, elles pourraient chercher des placements ailleurs, dans d'autres monnaies, faisant baisser la valeur de la monnaie unique européenne.






awp

La BoE maintient comme attendu le statu quo monétaire en juin

Londres - La Banque d'Angleterre (BoE) a, comme attendu, maintenu jeudi le statu quo sur son taux directeur et son programme de rachats d'actifs, malgré une reprise économique vigoureuse et des spéculations sur un resserrement monétaire anticipé l'année prochaine.

Lors de sa réunion mercredi et jeudi, la banque centrale britannique a ainsi maintenu son taux directeur à 0,50%, un niveau exceptionnellement bas auquel il est fixé depuis mars 2009 et a laissé inchangé à 375 milliards de livres (461 milliards d'euros) le montant total de son programme de rachats d'actifs.

"Il n'y avait que peu de doute sur le fait que la Banque d'Angleterre maintiendrait son taux directeur à 0,50% lors de sa réunion de juin, et cela a été dûment confirmé", a observé Howard Archer, analyste chez IHS Global Insight.

Mais comme l'a fait remarquer Samuel Tombs, économiste chez Capital Economics, "les signaux envoyés par les récents rapports d'activité et de confiance montrant que la reprise économique a pris de la vitesse au deuxième trimestre pourraient avoir conduit certains membres (du Comité de politique monétaire, CPM) a remettre en question la nécessité de maintenir des taux d'intérêt très bas".

Avec un moral des consommateurs au plus haut en neuf ans et des perspectives de croissance record, la reprise de l'économie britannique semble se confirmer, et de plus en plus d'observateurs avancent ainsi, dans leurs prévisions économiques, la date d'une première hausse des taux au Royaume-Uni.

Dans ce contexte, les observateurs décortiqueront les minutes de cette réunion dont la publication est prévue le 18 juin.

Cependant, "si la robustesse de l'économie a pu pousser un ou deux membres du CPM (sur les neuf qui le composent) vers un vote en faveur d'une hausse de taux, nous pensons toujours que les perspectives de l'inflation et l'apaisement dans la hausse du marché immobilier vont persuader la majorité des membres à maintenir le statu quo au moins jusqu'à courant 2015", a prévenu M. Tombs.

Si l'inflation au Royaume-Uni a accéléré à 1,8% en avril sur un an après 1,6% en mars, elle reste sous le niveau de 2% visé par la Banque d'Angleterre.







awp

lundi 19 mai 2014

Une action de la BCE dès juin très probable, selon l'un de ses directeurs

Francfort - La possibilité de voir la Banque centrale européenne (BCE) agir début juin contre l'inflation basse persistante en zone euro a considérablement augmenté, a déclaré lundi l'un de ses directeurs, Yves Mersch. 

La probabilité que le conseil des gouverneurs agisse dès sa prochaine réunion de politique monétaire en juin a considérablement augmenté, a jugé M. Mersch, dans un discours prononcé lors d'une conférence de la banque BayernLB à Munich (sud), et communiqué par la BCE.

La BCE ne voit toujours pas de signe qu'un scénario déflationniste se matérialise en zone euro, a répété M. Mersch, soulignant que les perspectives d'inflation (étaient) solidement ancrées et qu'il n'y (avait) pas de signe d'un report des décisions d'achat des consommateurs, qui au contraire affichent un moral au plus haut en sept ans.

Cependant, nous devons tout au moins être préparés au risque résiduel de déflation, a ajouté le Luxembourgeois.

Une phase trop longue d'inflation très basse ne nous laisse pas froids car elle risque de faire chuter les attentes d'inflation, selon lui. Et cela en retour augmente les probabilité de déflation.

La semaine dernière, le chef économiste de la BCE Peter Praet avait également déclaré que la BCE ne pouvait pas laisser l'inflation trop basse trop longtemps.

La hausse des prix en zone euro a été de 0,7% en avril sur un an, après +0,5% en mars. Soit loin de l'objectif de la BCE de la maintenir proche de 2%. Pour l'instant, l'institution monétaire de Francfort table sur une accélération progressive, et prévoit que l'inflation atteigne 1,6% en 2016. Mais depuis le début de l'année l'inflation a été plutôt plus basse qu'attendu, avait souligné M. Praet. 

Face à ce danger, la BCE est prête à dégainer une mesure ou une combinaison de mesures, avait-il ajouté, citant la possibilité d'accorder un nouveau prêt à très long terme aux banques pour encourager le crédit de baisser ses taux.

Son taux directeur, auquel les banques se refinancent auprès d'elle, est, avec 0,25% depuis novembre, à son plus bas niveau historique.

Son taux de dépôt pourrait, lui, passer en territoire négatif, ce qui serait une première. Ce taux, auquel la BCE rémunère les liquidités placées par les banques auprès d'elle pour 24 heures, stationne à 0% depuis juillet 2012. Une telle mesure, outre qu'elle pourrait pousser les banques à prêter davantage, aiderait aussi à faire baisser le niveau de l'euro. Avec un euro plus faible, le prix des importations augmenterait et tirerait l'inflation à la hausse.

Début mai, le président de la BCE Mario Draghi avait déclaré que le conseil des gouverneurs était à l'aise pour agir la prochaine fois mais qu'il attendait de voir les nouvelles projections économiques de ses services, qui seront publiées en juin.

La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE a lieu le 5 juin. 






awp

jeudi 8 mai 2014

La BCE laisse son principal taux directeur inchangé à 0,25% et envisage une action

Bruxelles - La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi son principal taux directeur inchangé, au niveau historiquement bas de 0,25%, lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire délocalisée à Bruxelles, a annoncé un porte-parole.

Cette décision était largement attendue par les analystes, après le léger rebond de l'inflation en avril et alors que les derniers indicateurs publiés confirment la poursuite de la reprise économique en zone euro.

Les données disponibles "suggèrent que la BCE n'a nul besoin d'agir maintenant", a estimé Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg, soulignant que "la crise systémique de l'euro est finie, l'économie a retrouvé une tendance à la croissance début 2014, les principaux indicateurs restent optimistes et les conditions du crédit se relâchent".

Quant aux prix en zone euro, ils ont augmenté de 0,7% en avril, après seulement 0,5% en mars. Cela reste toutefois loin de l'objectif de moyen terme de la BCE d'une inflation proche, mais sous la barre des 2%.


Soucieuse de la montée de l'euro:

La Banque centrale européenne (BCE) s'est, par ailleurs, montrée soucieuse de l'appréciation de l'euro et de la situation en Ukraine et a laissé entendre jeudi qu'elle était prête à agir le mois prochain s'il le fallait, après avoir laissé ses taux inchangés.

Le niveau de l'euro représente "une inquiétude sérieuse" pour la BCE, a déclaré son président Mario Draghi, lors de sa réunion mensuelle de politique monétaire exceptionnellement délocalisée à Bruxelles.

Des propos tenus alors que la monnaie unique a atteint son plus haut face au dollar depuis octobre 2011, après l'annonce du statu quo monétaire. La BCE a en effet décidé de laisser son principal taux directeur inchangé à 0,25%, son niveau le plus bas historique. L'euro s'est ensuite replié devant la bonne volonté affichée par M. Draghi.

"Nous avons eu une discussion sérieuse sur le taux de change (de l'euro), c'est très important pour la stabilité des prix et pour la croissance. Dans une période où l'inflation est basse de manière prolongée, le renforcement de l'euro est une inquiétude sérieuse", a-t-il déclaré, sans toutefois vouloir donner de seuil à partir duquel la BCE pourrait agir.

Plus tôt, il avait promis de "surveiller de près" les répercussions du niveau de l'euro ainsi que de la situation en Ukraine.

"Les risques géopolitiques, s'ils augmentent, vont affecter la zone euro davantage que d'autres régions du monde", a-t-il mis en garde, évoquant la crise ukrainienne, la situation économique en Russie ainsi que la possible escalade des sanctions.

Dans ce contexte, la BCE est "à l'aise" pour agir le mois prochain, a dit M. Draghi sans dire de quelle manière, ni s'engager définitivement.

"La BCE est à l'aise pour agir la prochaine fois mais avant nous voulons voir les projections économiques qui seront publiées début juin", a-t-il déclaré.

En juin, ses services doivent actualiser leurs prévisions de croissance et d'inflation pour la zone euro pour 2014 et les deux années suivantes. La plupart des analystes s'attendent à ce que le chiffre de la hausse des prix pour cette année, déjà au niveau faible de 1%, soit encore révisé à la baisse.
Holger Schmieding, économiste de la banque Berenberg, prévoit ainsi que cette prévision tombe à 0,8%, à l'instar de celle de la Commission européenne. Soit loin de l'objectif de la BCE d'une inflation proche de 2%.


AGIRA OU PAS ?

La BCE n'est pas disposée "à avoir une inflation faible pendant trop longtemps", a d'ailleurs réagi M. Draghi, alors que de nombreuses voix se sont élevées ces dernières semaines pour demander à l'institution monétaire d'agir contre le risque croissant de déflation en zone euro. Un risque que la BCE ne voit pas pour sa part émerger.

Côté croissance, la reprise économique en zone euro se poursuit "à un rythme lent" et reste "très modeste", a souligné M. Draghi.

"Est-ce que la BCE agira en juin'", s'interroge donc Holger Schmieding. Elle a en tout cas donné des indices importants d'un possible relâchement de sa politique mais sans s'engager, souligne-t-il.

Mais selon lui, une action telle qu'une légère baisse de taux ou un nouveau prêt à long terme (LTRO) aux banques afin qu'elles prêtent davantage aux ménages et entreprises n'aurait que peu d'effet.

Quant à un achat massif d'actifs privés et publics (ou "quantitative easing"), cela n'est pas à l'ordre du jour, estime-t-il. "Il faudrait une baisse majeure des indicateurs importants (...) pour entraÎner une mesure d'urgence de ce genre".

Pour Tom Rogers, du cabinet Ernst and Young, certes une baisse de taux aurait "un effet réel limité (mais) il s'agirait du bon geste car cela soulignerait au moins la volonté de la BCE de revenir à une inflation proche de 2% et pourrait calmer la pression sur l'euro au moins temporairement".




awp

lundi 5 mai 2014

Zone euro: le doigt sur la gâchette, la BCE devrait une fois encore ne pas tirer

Francfort - Appelée à agir contre le risque de déflation en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) peaufine ses armes monétaires mais devrait une fois de plus éviter de s'en servir lors de sa prochaine réunion jeudi, selon les analystes.

L'institution monétaire de Francfort, qui tiendra sa réunion mensuelle délocalisée à Bruxelles, devrait s'en tenir à des propos rassurants et économiser ses forces avant l'actualisation en juin de ses prévisions de croissance et d'inflation, prévoit Michael Schubert, économiste chez Commerzbank.

Le mois dernier, son président Mario Draghi avait fermement insisté sur sa détermination à agir si la stabilité des prix venait à vaciller et à menacer la reprise en zone euro, sans pour autant dégainer de nouvelles mesures en ce sens.

"Nous attendons un ton très accommodant de M. Draghi (jeudi) laissant présager de nouvelles décisions en juin", souligne Jennifer McKeown, du cabinet Capital Economics. Ces décisions pourraient prendre la forme d'une baisse de taux, voire de mesures non-conventionnelles comme des rachats d'actifs.

Mais "nous doutons que les derniers événements et indicateurs publiés aient été suffisamment significatifs pour garantir plus d'action de la part de la BCE lors de sa réunion de mai", ajoute cette analyste.

Selon un chiffre provisoire, l'inflation en zone euro a légèrement rebondi en avril, atteignant 0,7%, renouant ainsi avec son niveau de février après avoir reculé à 0,5% en mars, son plus bas niveau en plus de quatre ans.

Ce résultat a toutefois été jugé décevant par les analystes, qui tablaient sur un rebond plus marqué, et reste nettement inférieur à l'objectif de la BCE d'une hausse des prix légèrement en dessous de 2%.

"L'inflation d'avril relâche un peu la pression immédiate sur la BCE, mais elle n'altère pas le tableau général d'un risque croissant de déflation en zone euro", synonyme de baisse générale des prix et des salaires, estime-t-on chez Capital Economics.

"Le fait de rester inactive dans ce contexte pourrait affecter sa crédibilité", relève Marco Valli, analyste chez UniCredit.


RISQUE SUR LE TAUX DE CHANGE

Pour l'heure, son principal taux d'intérêt directeur, baromètre du crédit en zone euro, est à son niveau le plus bas historiquement, 0,25%, et l'institution alimente les banques en liquidités illimitées et très bon marché avec l'espoir qu'elles prêtent davantage aux entreprises et ménages et ainsi soutiennent la croissance.

La Banque centrale a justifié ces dernières semaines l'absence de nouvelles mesures en répétant ne pas voir se concrétiser le risque de déflation et espère toujours que la croissance en zone euro va continuer de s'affermir dans les mois à venir, ce que plusieurs indicateurs récemment publiés tendent à confirmer, comme la croissance de l'activité privée.

La demande de prêts, dont la faiblesse est considérée comme un obstacles à l'efficacité de la politique monétaire, s'est quant à elle redressée au premier trimestre et devrait progresser très nettement au deuxième, selon l'étude trimestriel du crédit publiée par la BCE.

Si la BCE venait à renforcer son action, "il est très probable que cela inclurait des mesures sur la liquidité", souligne Howard Archer, chef économiste Europe chez IHS, évoquant notamment l'arrêt possible de la stérilisation de ses achats de dette publique.

Pour Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis Asset Management, la question sera également de connaÎtre les pensées de M. Draghi concernant le cours de la monnaie unique européenne, après que l'Italien a laissé entendre ce mois-ci que la BCE était également prête à agir pour lutter contre un euro trop fort.

"Ca va commencer à être compliqué pour M. Draghi car il a été très accommodant le mois dernier et si sa communication paraÎt plus fermée que prévu ce mois-ci, il y a un risque attendu sur le taux de change", ajoute Gilles Moec, économiste chez Deutsche Bank.












awp

jeudi 3 avril 2014

La BCE ne fait rien, n'exclut rien si la stabilité des prix vacille

Francfort - La Banque centrale européenne (BCE) a affirmé très fermement jeudi sa détermination à agir si la stabilité des prix venait à vaciller et à menacer la reprise en zone euro, y compris en gonflant son bilan à travers le rachat d'actifs.

"Nous sommes résolus dans notre détermination à maintenir une orientation très accommodante de notre politique monétaire et à agir rapidement si nécessaire", a déclaré son président Mario Draghi, confirmant que l'institution monétaire de Francfort n'excluait pas de baisser à nouveau son principal taux directeur.

Mais pour l'heure, elle a décidé de le maintenir à 0,25%, soit son niveau le plus bas historique, malgré une inflation qui s'éloigne dangereusement de son objectif de la maintenir proche de 2%.

En mars, la hausse des prix s'est élevé à 0,5% après 0,7% en février. Un chiffre qui a surpris y compris au sein de la BCE, a laissé entendre M. Draghi, tout en ne modifiant pas son appréciation de l'évolution de cette statistique à moyen terme.

M. Draghi a justifié l'absence d'action en répétant qu'il ne voyait pas se concrétiser le risque de déflation brandi par certains, synonyme de baisse générale des prix et de marasme économique, et a notamment attribué le niveau faible de la hausse des prix en mars à des fêtes de Pâques tardives.

"Les prévisions d'inflation restent ancrées à moyen terme", a-t-il ajouté, alors que la BCE s'attend à ce que la hausse des prix atteigne 1% cette année, puis 1,3% en 2015 et 1,5% en 2016.


LIMITE DES PROMESSES VERBALES

"Mais ce n'est pas une raison pour rester indifférent", a-t-il aussi dit, soulignant que les gouverneurs de la BCE surveillaient de près l'évolution des prix et étaient unanimement prêts à user, outre de l'arme des taux, des outils non-conventionnels à leur disposition pour maintenir la stabilité des prix. 

Et ce y compris l'assouplissement quantitatif (quantitative easing), soit des rachat d'actifs auxquels certains de ses membres semblaient allergiques, bien qu'il n'a pas été précisé de quels types de titres il pourrait s'agir.

Toutefois, notent Frédérique Cerisier et Jean-Luc Proutat, économistes chez de BNP Paribas, M. Draghi a répété "son plaidoyer en faveur d'un assouplissement des règles prudentielles appliquées au marché des ABS standards, dont le développement serait ainsi encouragé". Les ABS, des crédits adossés à des actifs, avaient été accusés d'avoir été au coeur de la crise des crédits immobiliers à risque aux États-Unis, dits "subprime", à partir de l'été 2007.

Pour Christian Schulz, de la banque Berenberg, "M. Draghi a élevé le niveau d'alerte" jeudi et il en conclut que toute nouvelle mauvaise surprise du côté de l'inflation devrait entraÎner dans un premier temps une baisse de taux et, "si le choc est très sérieux" des rachats d'actifs.

Mais ce n'est pas le scénario qui a les faveurs de la BCE, qui espère bien que la croissance en zone euro va continuer à s'affermir et lui éviter d'en arriver à ces extrémités.

"La reprise modérée se confirme" et "les risques entourant les perspectives économiques de la zone euro continuent de reculer", a souligné M. Draghi alors qu'en mars, la croissance du secteur manufacturier s'est vérifiée pour le neuvième mois consécutif.

Carsten Brzeski, d'ING, estime peu probable que la BCE agisse lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 8 mai. "La réunion de juin, avec les nouvelles projections (d'inflation et croissance) des équipes de la BCE devrait être le test décisif de la détermination plus ferme de la BCE".

Car pour ce qui est des promesses verbales, "elles ne peuvent aller plus loin". "Le fameux +nous sommes prêts à agir+ semble avoir été tiré à son maximum", juge-t-il.









awp