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mercredi 20 mars 2013

Chypre à la recherche d'un "plan B" - Moscou hausse le ton


Le gouvernement et les partis chypriotes ont cherché mercredi un "plan B" pour empêcher une faillite de l'île après le rejet par le Parlement d'une taxe sur les dépôts bancaires. Les bailleurs de fonds européens sont prêts à donner une deuxième chance au pays, alors que Moscou se fâche.

Le gouvernement s'est réuni en début de soirée pour une session de crise afin de se pencher sur une alternative permettant de rendre le plan de sauvetage européen acceptable et sur des projets de lois limitant les sorties de capitaux et restructurant le secteur bancaire.

Selon les médias, ces textes prévoient aussi de scinder le secteur bancaire en deux, les "bonnes banques" et les "mauvaises". Cette législation devrait être mise en place avant la réouverture des banques, qui n'ont pas rouvert depuis le week-end afin d'éviter des retraits massifs. La Banque centrale a indiqué qu'elles resteraient fermées jusqu'à mardi, lundi étant de nouveau férié à Chypre.



Solution à trouver

Le président Nicos Anastasiades a convoqué une nouvelle réunion des chefs de file parlementaires jeudi matin. Selon le député Marios Mavrides, du parti présidentiel Disy, un plan B pourrait être finalisé dans les trois jours.

Mardi, le Parlement a rejeté le plan de sauvetage proposé par les bailleurs de fonds européens, qui exigent que Chypre mette 5,8 milliards d'euros sur la table en taxant les dépôts bancaires, en échange d'un prêt de 10 milliards.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui s'est entretenue à plusieurs reprises avec le président chypriote, a de son côté affirmé que trouver une solution pour Chypre était un "devoir" pour les pays de la zone euro. Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a dit que la crise bancaire chypriote ne présentait pas, pour l'heure, de "risque majeur" pour les Etats-Unis.




Russie piquée au vif

Dans le même temps, le ministre chypriote des Finances a entamé à Moscou de difficiles négociations avec la Russie, résolue à obtenir le maximum en échange de son soutien financier, et qui a par ailleurs mis ses relations avec l'UE dans la balance.

Mercredi soir, le premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé que "toutes les erreurs possibles" avaient été commises dans l'approche de la crise financière à Chypre. Alors que Moscou accueille jeudi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, M. Medvedev a averti l'UE et le gouvernement chypriote que leurs décisions pouvaient nuire aux relations Russie-UE.

Arrivé mardi soir à Moscou, le ministre, Michalis Sarris, a rencontré mercredi son homologue russe Anton Silouanov puis le premier vice-premier ministre Igor Chouvalov, sans qu'une annonce ne soit faite sur un accord. Nicosie demande une extension du crédit de 2,5 milliards d'euros accordé par la Russie en 2011, que Chypre doit finir de rembourser en 2016.

La Russie a été piqué au vif par l'idée de la taxe sur les dépôts bancaires, de 9,9 % pour les comptes dépassant 100'000 euros, qui met à contribution les fortunes russes placées sur l'île au régime fiscal très favorable.





awp

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