Francfort - La fédération allemande des banques (BdB) a appelé mercredi à éclaircir rapidement les questions juridiques qui entourent l'examen de 124 banques de la zone euro par la Banque centrale européenne (BCE) prévu à partir de novembre.
"Des détails importants doivent encore être rapidement éclaircis. Sinon, nous allons embarquer à bord d'un avion dont on ne sait pas ni où ni comment il va atterrir. Il faut éviter ce risque", a souligné lors d'une conférence de presse à Francfort (ouest) Michael Kemmer, directeur général de la BdB, qui représente les banques privées dont font partie les deux géants allemands Deutsche Bank et Commerzbank.
"Les résultats, ou plus précisément les incertitudes liées à l'examen du bilan des banques et des stress tests, peuvent avoir des conséquences immédiates sur les marchés financiers", a-t-il ajouté, plaidant pour que la BCE précise au plus vite ses méthodes d'examen et le mode de communication retenu pour présenter ses conclusions.
La fédération appelle également les responsables politiques à "établir de façon claire qui va mettre l'argent à disposition", si de nouveaux besoins de financement venaient à être révélés par l'audit de la BCE.
Si la BdB refuse toute mutualisation des actifs à risques via la supervision européenne, elle prône en revanche la mise en place de soutiens nationaux, capables de mettre la main à la poche au cas où une banque ne parviendrait pas à se financer seule auprès des marchés ou de ses actionnaires. A titre d'exemple, le fonds allemand d'aide public SoFFin "est un bon instrument", a estimé M. Kemmer.
En cas de crise d'un institut bancaire, "il est juste que les créanciers apportent une contribution après les actionnaires, afin de protéger les contribuables", poursuit la BdB. Pour autant, la question du renflouement interne des banques ("bail in") doit encore être éclaircie par les superviseurs nationaux. "Juridiquement, cette question n'est pas claire", a jugé M. Kemmer.
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé fin octobre le démarrage début novembre de l'examen des bilans de 124 banques de la zone euro, dont le résultat sera connu dans un an, en même temps que celui des tests de résistance de l'Autorité bancaire européenne (EBA).
awp
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