Francfort - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé inchangé jeudi son principal taux directeur, baromètre du coût du crédit en zone euro, à 0,75%, son plus bas niveau historique auquel il stationne depuis juillet 2012.
Cette décision était attendue par les économistes, en dépit d'indicateurs économiques qui restent décevants, de la crise chypriote et des risques inflationnistes qui s'éloignent.
Mais une nouvelle baisse de taux n'aurait eu que peu d'effet, de l'aveu même des responsables de la BCE, alors que les précédents assouplissements monétaires n'ont guère contribué à relancer le crédit et l'activité économique dans la région.
Au contraire, le coût du crédit pour les Petites et moyennes entreprises (PME) dans les pays en crise s'est encore enchéri, provoquant l'inquiétude de certains membres du conseil des gouverneurs de l'institution monétaire de Francfort (ouest).
A leurs yeux, "ce n'est pas le niveau du taux directeur le principal problème, mais le fait que les taux de crédit dans la périphérie ne reflètent pas la politique de taux bas" pratiquée par la BCE, note Michael Schubert, économiste chez Commerzbank.
Le président de la BCE Mario Draghi s'est lui aussi ému à plusieurs reprises du défaut de transmission de sa politique monétaire, sans pour autant esquisser jusqu'ici de solution à ce problème.
Face à cette situation pénalisant la reprise et l'embauche alors que le chômage en zone euro a atteint un nouveau sommet en février avec 12% de la population active concernée, certains économistes estiment que la BCE pourrait accepter les prêts accordés par les banques aux PME comme garanties en échange des liquidités bon marché dont elle les abreuve.
"FRANCHIR LE RUBICON"
D'autres suggèrent qu'elle rachète directement des titres d'entreprises, à l'instar de la Banque d'Angleterre.
Mais ce serait "franchir un nouveau Rubicon", juge Carsten Brzeski, économiste d'ING, prédisant des remous en son sein.
Une telle action devrait en effet susciter l'opposition virulente de certains de ses membres, dont la Banque centrale allemande, qui n'a toujours pas digéré le programme de rachat de dette publique adopté en mai 2010, ni sa nouvelle version de septembre 2012, même si celle-ci n'a encore jamais été mise en application.
Pour la Bundesbank et les autres partisans de l'orthodoxie monétaire, la BCE doit s'en tenir à assurer la stabilité des prix, quand d'autres banques centrales, comme la Banque du Japon jeudi, n'ont pas hésité à amplifier leurs mesures d'assouplissement pour soutenir l'économie de leur pays.
La BCE s'inquiète pour la reprise et cherche activement de nouveaux instruments
"La faiblesse économique s'est poursuivie en début d'année. Une reprise graduelle est attendue dans la deuxième partie de l'année mais sujette à des risques à la baisse", a déclaré M. Draghi lors de sa conférence de presse mensuelle à Francfort, soulignant que la BCE poursuivrait sa politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire.
Parmi les risques en question, M. Draghi a mentionné une demande intérieure plus faible qu'attendu ou encore des réformes structurelles insuffisantes dans les pays de la zone euro.
"La BCE est prête à agir et examine divers instruments grâce auxquels elle pourrait soutenir l'économie toujours chancelante de la zone euro. Nous devons réfléchir intensément pour trouver quelque chose qui soit à la fois utile et compatible avec notre mandat", a précisé son président, "et prendre en compte l'expérience d'autres pays".
Il a assuré chercher de l'inspiration à 360 degrés, c'est-à-dire partout.
La Banque d'Angleterre rachète par exemple directement des titres d'entreprises, la Banque du Japon a décidé jeudi d'accélérer et d'amplifier ses mesures d'assouplissement monétaire et d'augmenter ses achats d'obligations d'Etat. La Fed américaine mène également actuellement une politique monétaire ultra-accommodante pour accompagner la reprise économique aux Etats-Unis.
De nouvelles mesures non-conventionnelles devront impliquer d'autres acteurs, a-t-il encore dit, citant les gouvernements, et les banques centrales nationales.
M. Draghi en a profité pour exhorter une nouvelle fois les pays de l'union monétaire à continuer leurs efforts en matière de réformes et de redressement de leur budget.
Interrogé sur la difficulté des entreprises à accéder au crédit dans les pays en crise de la région, notamment pour leurs Petites et moyennes entreprises (PME), M. Draghi a encore averti que la BCE ne pouvait pas remplacer le manque d'action des gouvernements sur ce front, tout comme elle ne peut pas remplacer le manque de capital dans le système bancaire.
"L'une de nos mesures exceptionnelles permet déjà aux banques de prêter aux entreprises et d'utiliser ces titres de créances comme garanties pour se refinancer en liquidités auprès de la BCE. Cela fonctionne merveilleusement dans certains pays et pas du tout dans certains pays de la périphérie, nous devons comprendre pourquoi, suivre cela de près", a-t-il dit.
Egalement interrogé sur la crise chypriote et sur ses éventuelles conséquences pour l'ensemble de la zone euro, M. Draghi a souligné à plusieurs reprises que le cas chypriote n'était en aucun cas un modèle de résolution de crise applicable à d'autres pays.
Parmi les risques en question, M. Draghi a mentionné une demande intérieure plus faible qu'attendu ou encore des réformes structurelles insuffisantes dans les pays de la zone euro.
"La BCE est prête à agir et examine divers instruments grâce auxquels elle pourrait soutenir l'économie toujours chancelante de la zone euro. Nous devons réfléchir intensément pour trouver quelque chose qui soit à la fois utile et compatible avec notre mandat", a précisé son président, "et prendre en compte l'expérience d'autres pays".
Il a assuré chercher de l'inspiration à 360 degrés, c'est-à-dire partout.
La Banque d'Angleterre rachète par exemple directement des titres d'entreprises, la Banque du Japon a décidé jeudi d'accélérer et d'amplifier ses mesures d'assouplissement monétaire et d'augmenter ses achats d'obligations d'Etat. La Fed américaine mène également actuellement une politique monétaire ultra-accommodante pour accompagner la reprise économique aux Etats-Unis.
De nouvelles mesures non-conventionnelles devront impliquer d'autres acteurs, a-t-il encore dit, citant les gouvernements, et les banques centrales nationales.
M. Draghi en a profité pour exhorter une nouvelle fois les pays de l'union monétaire à continuer leurs efforts en matière de réformes et de redressement de leur budget.
Interrogé sur la difficulté des entreprises à accéder au crédit dans les pays en crise de la région, notamment pour leurs Petites et moyennes entreprises (PME), M. Draghi a encore averti que la BCE ne pouvait pas remplacer le manque d'action des gouvernements sur ce front, tout comme elle ne peut pas remplacer le manque de capital dans le système bancaire.
"L'une de nos mesures exceptionnelles permet déjà aux banques de prêter aux entreprises et d'utiliser ces titres de créances comme garanties pour se refinancer en liquidités auprès de la BCE. Cela fonctionne merveilleusement dans certains pays et pas du tout dans certains pays de la périphérie, nous devons comprendre pourquoi, suivre cela de près", a-t-il dit.
Egalement interrogé sur la crise chypriote et sur ses éventuelles conséquences pour l'ensemble de la zone euro, M. Draghi a souligné à plusieurs reprises que le cas chypriote n'était en aucun cas un modèle de résolution de crise applicable à d'autres pays.
awp
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