MADRID - Il n'y aura pas de conditions supplémentaires de politique budgétaire, ni de réformes structurelles dans l'aide européenne de jusqu'à 100 milliards d'euros que recevra l'Espagne pour ses banques, a réaffirmé mercredi le ministre de l'Economie Luis de Guindos.
La conditionnalité sera spécifique à ce secteur bancaire et l'aide ne sera liée à aucun programme d'ajustement macroéconomique, a-t-il déclaré devant les députés, alors que l'opposition l'interrogeait sur les contreparties que devra concéder l'Espagne en échange de cet argent.
J'insiste: il n'y aura pas de conditions supplémentaires de politique budgétaire, ni de réformes structurelles et il n'y aura pas de nouvelles recommandations par rapport à celles de la Commission européenne du 30 mai dernier, dans le cadre de la procédure de déficit excessif, et sur lesquelles l'Ecofin et le Conseil européen se prononceront bientôt, a-t-il ajouté.
Ce qu'il y aura, ce sont des conditions pour faciliter la restructuration du secteur bancaire, conditions que devront remplir les entités qui reçoivent les aides, a-t-il précisé.
Cela ne va générer aucun coût pour la société, bien au contraire, a-t-il promis, car l'aide financière sera accordée à long terme, avec des conditions avantageuses, beaucoup plus favorables que celles qu'a eues le Frob (fonds public d'aide aux banques, ndlr) sur le marché récemment.
C'est un crédit aux banques que les banques elles-mêmes vont payer et nous devons nous réjouir que nos partenaires européens nous aient aidé, a de son côté assuré le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy.
Je suis très satisfait parce que l'Espagne n'a pas en ce moment ces 100 milliards d'euros, ni ne peut, comme vous le savez, émettre de la dette publique aux taux actuels des marchés, a-t-il dit.
La question des conditions du prêt qui sera accordé aux banques espagnoles fait débat ces derniers jours, et les doutes qui persistent font hésiter les investisseurs, ce qui rend la Bourse madrilène très volatile.
Ainsi, mercredi, l'Ibex-35 des valeurs vedettes espagnoles a ouvert en légère hausse avant de repasser dans le rouge. A 09H20 GMT il s'inscrivait finalement en forte progression, de 1,63%.
Lundi le vice-président de la Commission européenne, Joaquin Almunia, a affirmé qu'il y aurait évidemment des conditions qui restent à définir et une troïka comprenant le FMI pour vérifier que celles-ci sont bien remplies.
Le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, Amadeu Altafaj, a lui assuré qu'il il n'y a pas de conditions supplémentaires en termes d'austérité, comme on pourrait le penser, ni en termes de réformes économiques parce que c'est déjà en cours et cela est suivi évidemment par l'Europe.
Il a toutefois souligné que la Commission avait fait des recommandations, même si elles ne figurent pas dans l'accord de l'Eurogroupe pour l'Espagne: les impôts indirects, comme la TVA, et aussi les taxes écologiques, les taxes sur les grandes fortunes sont des voies qu'il faudrait prendre en considération.
AFP
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