BRUXELLES - Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a appelé jeudi les responsables européens à clarifier leur vision de l'avenir de l'euro, une étape clé à ses yeux pour résoudre la crise que la région traverse actuellement.
Nos responsables doivent clarifier leur vision de l'euro dans quelques années, à quoi la zone euro ressemblera, a déclaré M. Draghi, qui s'exprimait devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen à Bruxelles, audition retransmise sur le site du Parlement.
Ce sera leur meilleure contribution à la croissance, a estimé M. Draghi.
Selon lui une telle clarification permettra de réduire l'aversion au risque des investisseurs dans la région ainsi que les écarts de taux d'emprunt entre pays, alors que certains Etats, confrontés à des difficultés budgétaires, ont vu leur taux s'envoler.
Le plus tôt cela sera clarifié, le mieux ce sera, a ajouté M. Draghi car selon lui la situation actuelle de la zone euro pourrait s'avérer difficilement tenable si de nouvelles étapes ne sont pas franchies.
Conscient que tous les yeux sont de nouveau tournés vers la BCE ces dernières semaines en raison d'une aggravation de la crise, bien que moins forte qu'en novembre 2011 selon lui, il a signifié encore une fois qu'il ne revenait pas à l'institution monétaire de Francfort de pallier les manques de la politique budgétaire ou ceux de la gouvernance européenne.
La BCE ne peut pas non plus s'occuper du déficit de capitalisation de certains établissements bancaires, a poursuivi M. Draghi, qui soutient une union bancaire. Celle-ci se traduirait par une supervision centralisée de certaines banques, en particulier celles qui présentent des risques systémiques pour la zone euro, et une garantie des actifs déposés auprès des banques de la région.
La veille, dans ses recommandations économiques, la Commission européenne avait appelé à renforcer l'intégration de la zone euro à travers une telle union bancaire et en permettant à son fonds de sauvetage, le MES, de participer directement à la recapitalisation des banques.
Interrogé sur les situations de Dexia et Bankia, M. Draghi a regretté la lenteur de la réaction des pays concernés quand des problèmes de capitalisation apparaissent.
M. Draghi a ajouté que son institution continuait de soutenir et prêter aux banques solvables de la région et souligné que les quatre banques grecques qui avaient été exclues du programme de prêt classique avaient été réintégrées une fois leur recapitalisation assurée.
M. Draghi s'exprimait à Bruxelles sous sa deuxième casquette de président du Comité européen des risques systémiques (CERS).
AFP
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