Paris - L'agence de notation Fitch Ratings estime qu'une sortie de la zone euro d'un de ses Etats membres est improbable, malgré l'intensification récente de la crise de la dette, et juge que les jalons d'une solution existent déjà.
"Les inquiétudes sur un risque d'éclatement de la zone euro sont grandement exagérées", affirme David Riley, responsable de la notation des dettes souveraines dans une analyse publiée mardi.
L'agence précise que les notes qu'elle attribue aux Etats membres de la zone euro "continuent d'être étayées" par l'existence même de l'union monétaire. Pour elle, l'adhésion à l'euro constitue une "situation +sans retour en arrière+" possible.
De ce point de vue, une sortie de la zone euro de la Grèce ou d'autres pays en difficultés serait "économiquement +irrationnelle+" et constituerait un "malheureux précédent".
Selon Fitch, un tel désengagement conduirait à "un processus qui saperait de manière définitive la crédibilité de l'engagement des autres Etats membres".
Entre éviction de la zone euro et union budgétaire pleine et entière, une "troisième voie" pour assurer la viabilité de l'euro à long terme existe pourtant aux yeux de l'agence de notation.
Cette option implique la mise en place d'une structure paneuropéenne de surveillance et de régulation des institutions financières, ainsi qu'une plus grande supervision et coordination européennes des politiques économiques et fiscales des Etats membres. Cette panoplie doit comprendre la possibilité d'une sanction ultime consistant en une restructuration en bon ordre et ce afin de s'assurer de la bonne discipline des gouvernements en matière budgétaire.
A ce titre, le futur mécanisme de soutien aux pays de la zone euro en difficulté (ESM) constitue "un pas important" dans cette direction. La création d'obligations européennes pourrait également être nécessaire pour assurer le financement des dettes publiques et éventuellement la recapitalisation des banques.
Fitch pointe toutefois que la réforme de la gouvernance de la zone euro est politiquement et techniquement complexe et prendra du temps à mettre en place, mais aussi pour gagner la confiance des investisseurs et des opinions publiques.
Entretemps, "la Banque centrale européenne (BCE) n'a pas d'autre choix que de continuer à absorber encore plus de dette souveraine et de risque bancaire dans son bilan jusqu'à ce et à moins que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) soit élargi et rendu plus flexible opérationnellement", conclut Fitch.
L'agence se dit ainsi "confiante dans le fait que la BCE va continuer à intervenir" sur les marchés pour s'assurer que la crise actuelle de liquidité ne se transforme pas en "défaut non nécessaire et +accidentel+".
rp
AWP
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