Berlin - La production de l'industrie allemande, pilier de l'économie du pays, a reculé de 1,1% en juin, selon un chiffre provisoire publié vendredi, mais a grimpé de 2% sur l'ensemble du deuxième trimestre.
Le ministère de l'Economie, qui publie ces données, a attribué la contre-performance de juin entre autres à plusieurs jours fériés et ponts qui ont "affaibli de manière significative les résultats de la production".
Les chiffres de juin sont certes provisoires et corrigés des variations saisonnières, mais il semble que "les procédures habituelles de correction des données corrigées n'aient pas pris en compte de manière adéquate" ce calendrier atypique, soupçonne Heinrich Bayer, analyste de Postbank.
Il en veut pour preuve les autres indicateurs économiques allemands de juin qui, des ventes de détail aux commandes industrielles, ont tous pris les observateurs par surprise.
Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient d'ailleurs une production industrielle inchangée par rapport à mai.
Mais pas de raison de s'inquiéter, jugent les uns et les autres. "Il ne faut pas accorder trop d'importance à l'évolution négative de juin", juge ainsi M. Bayer, "ce n'est pas encore le signe d'un affaiblissement de l'industrie allemande".
Non seulement le deuxième trimestre dans son ensemble affiche une solide performance, mais "les carnets de commandes bien remplis et une progression des entrées de commandes indiquent un rythme soutenu de croissance dans les mois à venir", se félicite le ministère de l'Economie.
En juin, les commandes ont profité de gros ordres en provenance de l'étranger, selon des chiffres meilleurs que prévu publiés jeudi.
De manière générale, c'est toujours essentiellement la demande étrangère qui tire l'économie allemande vers le haut, et les nuages qui s'amoncellent dans le ciel de la conjoncture mondiale rendent inéluctable une baisse de régime de la première économie européenne dans les mois à venir.
"Mais la question à un million d'euro est: est-ce-qu'il s'agira seulement d'un coup de mou ou de quelque chose de plus pernicieux?", s'interroge Alexander Koch, d'Unicredit. Selon lui "les entreprises allemandes ont un atout dans leur jeu: elles sont assises sur une énorme pile d'arriérés de commandes" et devraient donc bien s'en sortir au moins jusqu'à la fin de l'année.
Les grands noms allemands de l'industrie, et notamment les constructeurs automobiles, ont appuyé cette vue ces dernières semaines à l'occasion de la publication de leurs résultats. Daimler et BMW n'arrivent pas à suivre le rythme, les usines de ce dernier utilisant leurs capacités à 102%.
cha
AWP
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