BRUXELLES - Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a demandé vendredi du temps aux marchés pour mettre en place les décisions prises par la zone euro lors d'un sommet extraordinaire en juillet, assurant qu'il s'agissait d'une affaire de semaines, et non de mois.
Ca aurait été fantastique si les décisions prises lors du sommet avaient été appliquées dès le 22 juillet (le lendemain, ndlr), mais cela était impossible, a estimé M. Rehn, revenu spécialement de vacances pour tenir une conférence de presse à Bruxelles.
Les éléments très techniques de cet accord doivent encore être mis en place, puis acceptés et ratifiés par chaque Etat membre de la zone euro, a-t-il poursuivi. Ce processus devrait intervenir à la rentrée.
Face à des marchés gagnés par les inquiétudes, il a assuré que la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds européen de soutien (FESF) travaillent nuit et jour à la mise en place de l'accord sur la Grèce et pour l'ensemble de la zone euro.
Des rencontres et des conférences téléphoniques sont organisées régulièrement et se tiendront aussi souvent que nécessaire dans les jours qui viennent, a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agissait d'une affaire de semaines, et non de mois.
L'absence de dirigeants européens en période estivale inquiète alors que les risques de contagion de la crise de la dette sont très élevés et concernent l'Italie et l'Espagne, troisième et quatrième économies de la zone euro.
A ce propos, M. Rehn a tenu à rappeler que les tensions en Europe découlent en partie des blocages qui ont eu lieu récemment aux Etats-Unis sur le relèvement du plafond de la dette ainsi que des craintes sur le ralentissement de l'économie mondiale.
Dans sa déclaration, le commissaire européen a réaffirmé sa confiance dans le rôle de la BCE, qui selon lui, continuera à faire le nécessaire pour préserver la stabilité financière de la zone euro.
L'institut monétaire n'avait pas réussi à rassurer les investisseurs jeudi en annonçant de nouveaux rachats de dettes souveraines.
En conséquence: les Bourses ont lourdement chuté et les taux se sont envolés sur le marché de la dette, l'Italie et l'Espagne se retrouvant sous pression.
Le commissaire a jugé ces tensions sur les marchés injustifiées au regard des fondamentaux économiques et budgétaires des deux pays. Pour lui, ils n'auront pas tout simplement besoin de plans d'aide.
Comme réponses à la crise, il a insisté sur le nécessaire renforcement des capacités du Fonds européen de soutien.
Je ne veux pas entrer dans une bataille de chiffres, a-t-il affirmé. Mais la position de longue date de la Commission est que la capacité de prêts du fonds doit être renforcée et son champ d'activité élargi.
Ce fonds créé en 2010 pour venir en aide à l'Irlande et au Portugal dispose d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros. Un volume jugé insuffisant pour venir en aide à un pays de la taille de l'Italie, par exemple.
M. Rehn a également estimé qu'une coordination avec le G7 et le G20 était capitale pour résoudre la crise que traverse la zone euro et qui a désormais des répercussions mondiales.
AFP
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