Bonjour

Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

Dans une économie sur la voie de la mondialisation, on se trouve quotidiennement confronté à des évènements et des nouvelles qui bouleverse les sphères économiques et financières.




Affichage des articles dont le libellé est secret bancaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est secret bancaire. Afficher tous les articles

vendredi 26 avril 2013

Luxembourg: plus de la moitié des banques pourraient fermer après 2015


Luxembourg - Plus de la moitié des banques luxembourgeoises actives dans la gestion privée pourraient disparaître avec l'entrée en vigueur en 2015 de l'échange automatique de données bancaires, a affirmé vendredi Me Alain Steichen, un des avocats fiscalistes les plus réputés du Luxembourg.

"Il faut s'attendre à ce que seules 60 à 70 banques subsistent dans les années qui viennent", a déclaré l'avocat luxembourgeois qui s'exprimait lors d'une conférence sur les conséquences du passage à l'échange automatique d'informations auquel le Luxembourg s'est engagé à partir de 2015.

La place financière compte actuellement 141 banques dont 120 sont actives dans la gestion privée.
"Je m'attends à un sérieux changement du paysage bancaire, car il y aura des retraits des clients", a estimé l'avocat, précisant que certaines banques de gestion privée "perdront, suite à ces retraits, la masse critique pour leur permettre de survivre".

L'Association des banques et banquiers Luxembourg (ABBL) évalue les avoirs en gestion privée à 300 mrd EUR, dont plus de la moitié appartiennent à des ressortissants de l'UE, qui ne bénéficieront plus du secret bancaire vis-à-vis du fisc. Pour Me Steichen, la majorité des clients européens des banques du Luxembourg ont des avoirs entre 100'000 et 500'000 EUR, pour l'essentiel non déclarés au fisc de leur pays.

"La grande partie de la clientèle des banques luxembourgeoises a de l'argent non déclaré", a-t-il souligné, ajoutant que ces clients n'avaient pas beaucoup d'autres choix que de fermer leurs comptes au Luxembourg et rapatrier leur argent dans leur pays d'origine.

Ce discours tranche avec celui du Premier ministre Jean-Claude Juncker qui avait affirmé que le Luxembourg ne vivait pas de l'argent de l'évasion fiscale et que les "lumières n'allaient pas s'éteindre en 2015" pour les banques de son pays, après la levée du secret bancaire.




awp

mardi 9 avril 2013

Secret bancaire: les grands pays européens demandent à Bruxelles d'agir

PARIS - La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Italie ont écrit à la Commission européenne pour demander un échange automatique d'informations bancaires au sein de l'UE, a annoncé mardi le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, à l'Assemblée nationale.

Ce matin, j'ai signé avec mes homologues allemand, britannique, italien, espagnol une lettre à la Commission européenne pour qu'il y ait un Fatca européen, pour que ce soit appliqué dans toute l'Union et en particulier en France, a déclaré le ministre en réponse à une question de la députée Europe-ecologie-Les Verts (EELV) Barbara Pompili.

Le Foreign Account Tax Compliance Act (Fatca) est la loi adoptée en 2010 par les Etats-Unis, aujourd'hui considérée comme un modèle car elle permet d'obtenir toutes les informations sur tous les comptes bancaires, les placements et les revenus à l'étranger de tous les contribuables américains.

Les paradis fiscaux, personne ne peut nier qu'ils existent (...). Non, contrairement à ce que disait (l'ancien président) Nicolas Sarkozy, ce n'est pas fini les paradis fiscaux, a commenté M. Moscovici.

C'est la raison pour laquelle il faut passer des échanges d'informations à la demande à des échanges d'informations automatiques, a-t-il poursuivi, citant le Fatca qui devrait être adopté à l'échelle européenne.

Cette initiative a été saluée par le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, qui y voit un pas pour aller plus loin dans la lutte contre l'évasion fiscale. Je ne peux que soutenir les efforts pour élargir le champ d'application de l'échange automatique d'informations, a-t-il indiqué dans un communiqué.

La transparence est un élément clé pour lutter contre l'évasion fiscale et l'environnement mondial actuel laisse peu de place à ceux qui s'y opposent, a-t-il ajouté.

Vingt-cinq des 27 pays de l'UE se sont engagés à suivre les règles européennes en matière d'échange d'informations, seuls l'Autriche et le Luxembourg refusant de transmettre automatiquement des informations sur les comptes de résidents de l'UE à la suite de demandes judiciaires, au nom du secret bancaire. Ces deux pays réfléchissent toutefois à assouplir leur position.

Une directive entrée en vigueur début 2013 prévoit que les Etats membres ne peuvent plus refuser de transmettre des informations au seul motif que ces informations sont détenues par une banque ou un autre établissement financier.

A partir de janvier 2015, l'Europe compte imposer un échange automatique d'informations sur cinq catégories de revenus et de capitaux, à condition toutefois que tous les Etats membres soient d'accord. Les lois en matière de fiscalité requièrent l'unanimité en Europe, un principe de plus en plus décrié.

La France est secouée par le scandale de la révélation par l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, du fait qu'il détenait un compte bancaire non déclaré à l'étranger.





awp

lundi 8 avril 2013

Secret bancaire: la lutte mondiale peine à passer à la vitesse supérieure


Paris- La lutte contre le secret bancaire au niveau mondial atteint aujourd'hui ses limites, comme le montre l'affaire Cahuzac en France, mais les efforts vers un combat plus systématique butent notamment sur une Union européenne encore frileuse.

"Le secret bancaire est intact", déplore Gabriel Zucman, spécialiste des paradis fiscaux à l'Ecole d'économie de Paris. "On a réalisé de vrais progrès, la lutte contre l'évasion fiscale a changé de nature en 2009", proteste au contraire le responsable de ces questions à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Pascal Saint-Amans, tout en reconnaissant certaines "limites".

En avril 2009, alors que l'opacité financière est accusée d'avoir favorisé la crise mondiale, le G20 des principaux pays riches et émergents érige en priorité la fin des paradis fiscaux. Sous la pression, la plupart des territoires "non coopératifs" signent des accords d'échange de renseignements et sont donc blanchis par l'OCDE, fer de lance institutionnel de ce combat.

Seulement, ces traités bilatéraux ne règlent pas tous les problèmes.


COOPÉRATION RIME AVEC CONFIRMATION

Ainsi, la demande administrative faite par la France à la Suisse en janvier, au nom d'une de ces conventions fiscales, n'a pas permis de détecter le compte caché de Jérôme Cahuzac.

Pourquoi? Notamment parce que Paris a demandé, sur la foi d'informations de presse, si celui qui était encore ministre du Budget avait eu un compte chez UBS, alors que les fonds avaient été transférés dans une autre banque.

"Cela démontre que l'échange de renseignements, ça ne marche aujourd'hui que pour valider des informations qu'on a déjà", explique Mathilde Dupré, membre du Tax Justice Network qui réunit des associations en pointe contre l'évasion fiscale.

Pour Gabriel Zucman, "c'est un camouflet terrible pour l'OCDE et le G20". "Le risque de se faire prendre quand on a un compte non déclaré dans un paradis fiscal est toujours quasiment nul", insiste l'économiste.

En cause, la norme de l'OCDE, qui préconise pour l'instant l'échange d'informations "à la demande", uniquement en réponse à une requête officielle: il faut avoir des soupçons déjà bien étayés pour poser des questions ciblées.

Les experts assurent pourtant connaître la solution. "Elle est simple", plaide même Gabriel Zucman, "c'est l'échange d'informations automatique".

A Paris, le gouvernement, empêtré dans l'affaire Cahuzac, tente de rebondir sur ce terrain. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a proposé dimanche un "échange d'informations automatique" au niveau de l'Union européenne, via un "Fatca européen".

Le Foreign Account Tax Compliance Act (Fatca), c'est la loi adoptée en 2010 par les Etats-Unis, aujourd'hui considérée comme un modèle. "Un tsunami", résume Mathilde Dupré. "Elle permet d'obtenir toutes les informations sur tous les comptes bancaires, tous les placements et tous les revenus à l'étranger de tous les contribuables américains", détaille Pascal Saint-Amans.


L'EXEMPLE AMÉRICAIN

Le responsable de l'OCDE, qui souhaite une "solution globale", estime qu'il serait "assez logique que l'UE essaye d'obtenir la même chose que les Etats-Unis", d'autant plus que plusieurs pays adeptes du secret bancaire semblent jouer le jeu: la Suisse a conclu un accord Fatca avec Washington et Luxembourg envisage de le faire.

La Commission européenne pousse depuis plusieurs années une directive sur l'épargne censée imposer l'échange automatique sur certains revenus. Mais l'Autriche bloque toute avancée dans ce domaine où l'unanimité des Vingt-Sept est nécessaire, ainsi que, jusqu'à récemment, Luxembourg.

Après les ouvertures de Luxembourg, Vienne s'est retrouvée lundi sur la sellette. Mais même si elle venait à céder, l'entrée en vigueur de ce texte serait désormais jugée comme une avancée modeste.

"La directive épargne est un gruyère avec plein de trous qui est infiniment moins puissante que Fatca, c'est 10% de Fatca", souligne Pascal Saint-Amans, puisqu'il s'agit d'un échange automatique "très restrictif".

Pour un expert très au fait de ce dossier, "il ne faudrait pas que le Luxembourg lève ses réserves sur la directive épargne uniquement pour éviter la mise en place d'un Fatca européen, et qu'ensuite Bruxelles présente comme une grande avancée cette directive qui est de facto rendue caduque par le chamboulement venu des Etats-Unis!"







awp