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jeudi 19 avril 2012

Allemagne: les économistes inquiets et divisés face à la crise de la dette

Berlin - Les grands instituts économiques allemands sont unanimes à dire que la crise de la dette présente la plus grande menace pour la florissante conjoncture dans leur pays, mais en désaccord sur la solution à apporter.

Dans leur rapport de printemps présenté jeudi, toujours très suivi et dont le gouvernement allemand s'inspirera pour présenter prochainement ses propres projections, ces instituts, au nombre de cinq, ont légèrement relevé leur prévision de croissance 2012, à 0,9% contre une estimation de 0,8% auparavant.
Pour 2013, ils prévoient une accélération à +2%.

Le gouvernement allemand, lui, table jusqu'ici sur une croissance de 0,7% cette année, puis 1,6% l'an prochain.

Dans un communiqué, les instituts, qui représentent divers courants de pensée économique mais majoritairement néo-libéraux, indiquent s'attendre à ce que "les forces de croissance conjoncturelles prennent le dessus" jusqu'à la fin de l'année prochaine.

Ils voient le taux de chômage reculer à 6,6% cette année puis 6,2% l'an prochain, contre 7,1% en 2011.
Le déficit budgétaire devrait quant à lui être réduit à la portion congrue: 0,6% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, puis 0,2% en 2013.

"Le plus grand facteur de risque pour l'évolution économique en Allemagne continue d'être la crise de la dette", même si les interventions massives de la Banque centrale européenne (BCE) en faveur des banques ont permis "de gagner du temps", selon les instituts.

Ils appellent d'ailleurs le gouvernement d'Angela Merkel, qui promeut l'austérité budgétaire en Europe, à balayer devant sa porte: dans leur rapport ils jugent "critique la paralysie observée actuellement des efforts de consolidation" dans le pays, dont le taux d'endettement reste conséquent, à plus de 80% du PIB.

Toutefois, lorsqu'il s'agit des solutions à apporter à la crise, et notamment du rôle de la BCE, les opinions des instituts divergent, nuançant l'image d'une Allemagne tout acquise à la cause de l'austérité.

Le rapport estime que l'institution monétaire, en prenant des mesures exceptionnelles telles que des prêts géants sur trois ans aux banques privées, "oriente sa politique non en fonction de l'ensemble de la zone euro mais du pays le plus faible", et que par conséquent elle pourrait "ne plus agir de manière appropriée pour lutter contre l'inflation", sa mission première.

"Il existe diverses opinions sur la manière de libérer la BCE de ce dilemme", reconnaissent les instituts.

Deux d'entre eux, le IWH et le RWI, défendent ainsi un projet peu orthodoxe: flanquer la BCE d'un mécanisme visant à garantir en grande partie et "en dernier ressort" la dette des pays en difficultés, sans détailler exactement le rôle dévolu à la BCE.
Ce mécanisme permettrait aux Etats de la zone euro de se refinancer en bénéficiant de garanties émises par tous les membres, à hauteur de leur quote-part au capital de la BCE, et ainsi d'échapper à la "spirale" de la méfiance sur les marchés financiers, selon les promoteurs de ce projet.

Les deux instituts reconnaissent toutefois qu'il verrait l'Allemagne, première contributrice au capital de la BCE, "sans aucun doute prendre à son compte des garanties conséquentes pour d'autres pays".

Ce qui "ne mène à rien" selon deux instituts très opposés à ce projet, l'Ifo et l'IfW. Ces derniers jugent en outre que l'initiative découragerait les pays en crise de faire des efforts.

L'ensemble des instituts retrouve toutefois un ton plus conforme à la tradition de la banque centrale allemande, la sévère Bundesbank, pour s'inquiéter des rapports entre BCE et gouvernements.

"L'impression est née ces derniers mois que la BCE n'était plus indépendante mais réduite à réagir aux ratages de la politique budgétaire".





AWP

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