WASHINGTON - L'inflation est suffisamment maîtrisée dans les pays riches pour permettre aux banques centrales de poursuivre leur politique de relance et d'injections massives de liquidités, en dépit de certains risques, a estimé mardi le Fonds monétaire international (FMI).
Les craintes d'une inflation élevée ne doivent pas dissuader les autorités monétaires de poursuivre leur politique fortement accommodante, a indiqué le Fonds dans un rapport publié à Washington.
Plusieurs banques centrales de pays riches, notamment la Fed aux Etats-Unis et la BCE en Europe, sont engagées dans une politique mêlant rachat d'actifs et abaissement des taux d'intérêts afin d'injecter des liquidités sur le marché dans l'espoir d'éviter un resserrement du crédit.
Critiquée par certains pays émergents, cette politique expansionniste a pour effet mécanique d'augmenter la masse monétaire en circulation, au risque d'alimenter des poussées inflationnistes.
Dans son rapport, le FMI affirme toutefois que ce risque est actuellement faible précisément grâce aux banques centrales qui contribuent à la stabilité des prix en se tenant fermement à leur objectif d'inflation.
Le chômage élevé a aussi pour conséquences de limiter les pressions pour une augmentation des salaires qui pourraient mécaniquement entraîner les prix à la consommation à la hausse.
A l'heure où les injections de liquidités sur le marché font craindre une surchauffe de l'économie, le FMI se veut par ailleurs plutôt rassurant.
Une stimulation excessive mais temporaire de l'économie, qui viendrait d'une perception erronée de la perte de richesse, ne devrait avoir qu'un effet limité sur l'inflation, écrit le FMI dans son rapport, prélude à ses perspectives économiques mondiales publiées mardi prochain.
Le Fonds met toutefois en garde contre certains risques, rappelant que la maîtrise des prix à la consommation dans les années 2000 s'était, en parallèle, accompagnée d'une flambée de certains actifs, notamment immobiliers.
Ces bulles immobilières ont contribué à déstabiliser le système financier mondial, souligne le Fonds, assurant que des prix à la consommation stables n'étaient pas synonymes d'absence de déséquilibre.
Certaines banques centrales, qui ont acquis massivement des obligations d'Etat, pourraient par ailleurs être soumises à des pressions politiques au risque d'ébrécher une indépendance que le Fonds juge cruciale.
Enfin, en écho aux craintes qui se font jour aux Etats-Unis, le FMI suggère qu'il pourrait être difficile de mettre un terme à ces politiques expansionnistes des banques centrales sans compromettre la reprise.
AFP
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