New York - "Je t'aime, moi non plus", c'est un peu le sentiment face à l'euro des habitants de cinq pays européens, dont la Grèce, deux ans après le début de la crise de la dette qui plombe l'économie du Vieux Continent, d'après un sondage publié par le "New York Times" (édition du 29 mai).
"Malgré les troubles financiers qui secouent l'Europe, une majorité des habitants des cinq pays sondés préfère garder la monnaie unique, de 52% en Italie à 71% en Grèce", d'après ce sondage réalisé également en Allemagne, France et Espagne par le projet Global Attitudes (comportements mondiaux) du Pew Research Center.
La Grèce, pays qui risque même de sortir de la zone euro, est l'exemple même de cette contradiction, écrit le New York Times: "c'est là que les sondés ont eu le plus tendance à dire que leur pays avait été affaibli par l'intégration européenne. Et leur soutien à l'euro y est le plus fort, selon l'enquête, peut-être une indication de la tendance de leur vote au moment où de nouvelles élections législatives sont prévues pour le 17 juin".
D'après Bruce Stokes, directeur des comportements économiques mondiaux du Pew Research Center, situé à Washington, c'est l'aversion au risque qui est le moteur de cette apparente contradiction: les gens "réalisent (qu'abandonner l'euro) serait un grand bond dans l'inconnu".
Le soutien aux programmes d'aides dans les pays les plus touchés par la crise a divergé d'une manière qui semble aller à l'encontre des idées préconçues: le sondage a mis en évidence que 49% des Allemands, pourtant réputés peu enclins à aider des pays qui ont été moins vertueux en matière de finances publiques, sont en faveur de ces programmes, en hausse par rapport aux 42% de réponse à la même question il y a un an.
En France, à l'inverse, le soutien à ces programmes d'aide a chuté à 44% contre 53 au printemps 2010.
"Il y a une connexion directe entre la perception de l'économie et la perception de l'intégration", remarque M. Stokes. "A présent les gens sont au milieu d'une économie qui décline et ils en sont très affectés, et cela semble influencer leur volonté de s'aider les uns les autres, ce qui n'est pas sans conséquences".
Malgré le quasi-effondrement de l'économie grecque, le pourcentage de Grecs qui pensent que l'euro est une bonne chose pour leur pays s'élève à 46%, le solde divisé à part à peu près égales entre "une mauvaise chose" et "ni l'un ni l'autre".
En Italie, seules 30% des personnes interrogées pensent que l'euro est "une bonne chose", et 31% en France.
Par comparaison, à l'automne 2011, l'Eurobaromètre de la Commission européenne trouvait que 53% des européens étaient en faveur de la monnaie unique, ce qui s'affichait déjà en baisse par rapport à 63% au printemps 2007, avant le début de la crise financière.
L'étude met aussi en évidence le fait que l'Allemagne est le pays le plus admiré de la zone et sa dirigeante, la chancelière Angela Merkel, la plus respectée, malgré son combat pour plus d'orthodoxie budgétaire en Europe. Le pays le moins admiré est la Grèce.
Le sondage a été réalisé entre le 17 mars et le 16 avril auprès de 1000 personnes environ dans chaque pays.
AWP
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