Madrid - L'Espagne songe à créer une agence pour regrouper les actifs immobiliers de ses banques, a indiqué à l'AFP le ministère de l'Economie, et selon le journal El Mundo, la banque centrale a mandaté pour cela la même entreprise de conseil impliquée dans le cas irlandais.
Le ministère envisage de créer "une sorte d'agence où plusieurs banques pourraient s'unir (...), pour qu'elles externalisent leurs actifs immobiliers", jugés les plus risqués, a indiqué cette source.
"L'Etat n'interviendrait pas", a-t-elle précisé. "Des conditions seraient imposées, notamment que les banques aient provisionné ces biens, à hauteur de leur prix sur le marché."
Il s'agit de permettre aux "banques de retourner à leur activité bancaire et que quelqu'un d'autre s'occupe de vendre ces biens" et des "investisseurs étrangers pourraient intervenir", a indiqué cette source.
Selon le journal El Mundo, la Banque d'Espagne a mandaté la même entreprise de conseil impliquée dans le cas irlandais, BlackRock, pour créer une "bad bank" ou banque de défaillance.
La banque centrale aurait aussi fait appel à la société Oliver Wyman, précise le quotidien.
Le régulateur a refusé, lundi, de faire un commentaire sur ces deux sociétés.
"Cette étude est encore à un stade très préliminaire. Mais il apparaît clairement qu'il n'y aura pas de +mauvaise banque+ car il n'y aura pas de fonds publics pour la soutenir", a précisé à l'AFP une source financière.
Le secteur bancaire espagnol est l'une des grandes sources d'inquiétudes des marchés, car il est fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. La Banque d'Espagne a révélé vendredi que le secteur accumulait 184 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques fin 2011, soit 60% de son portefeuille.
Standard and Poor's s'en était inquiétée jeudi soir, en abaissant de deux crans la note souveraine de l'Espagne, de A à BBB+.
"Nous percevons une probabilité croissante que l'Etat espagnol doive fournir un soutien budgétaire supplémentaire au secteur bancaire", expliquait-elle, ce qui menacerait le devoir de réduction du déficit.
Lundi, l'agence a donc mis en pratique ses mises en garde, en dégradant de un à deux crans les notes de neuf banques espagnoles, dont Santander et BBVA, ainsi que celle de la confédération des caisses d'épargne (Ceca).
Les autorités espagnoles ont imposé au secteur bancaire de nettoyer une fois pour toutes leur bilan face aux actifs immobiliers risqués, ce qui a conduit les banques du pays à réaliser pour 53,8 milliards d'euros de provisions.
L'Irlande, comme l'Espagne, a fortement souffert de l'éclatement de sa bulle immobilière, qui est à l'origine de la sévère récession dont le pays est difficilement sorti l'an dernier. L'effondrement du marché a provoqué la quasi-faillite des banques de l'île, qui n'ont été sauvées que grâce à l'injection massif d'argent public.
Mais cette intervention a fait exploser le déficit public et contraint Dublin à mettre en place un plan de sauvetage international de plusieurs dizaines de milliards d'euros, avec l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.
AWP
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