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Bienvenue sur bip-trading. Ce blog est consacré au suivi des fondamentaux des marchés financiers mondiaux. L'information est centrée sur l'Europe et l'Euroland.

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jeudi 24 octobre 2013

BCE : les bilans de 124 banques examinés dès début novembre

Francfort  - La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé mercredi ses critères d'évaluation des bilans des banques de la zone euro, une étape jugée cruciale et pour sa crédibilité et pour la poursuite de la guérison du système financier de la région.

"C'est une avancée importante pour l'Europe et l'avenir de l'économie de la zone euro", a souligné son président Mario Draghi, dans un communiqué.

Cet état des lieux --baptisé asset quality review (AQR)--, réalisé avant que la BCE n'endosse le rôle de superviseur bancaire unique (SSM) à partir de novembre 2014, se doit d'assurer la transparence des banques, de "réparer" ce qui doit l'être dans leurs bilans et ainsi d'assurer un retour définitif de la confiance des investisseurs privés, souligne la BCE.

Car si la situation s'est notablement améliorée depuis deux ans grâce à l'action de la BCE et aux réformes entreprises par les Etats membres, les incertitudes continuent de planer sur la santé des établissements européens, a rappelé Ignazio Angeloni, directeur général pour la Stabilité financière, lors d'une conférence de presse.

Et les déroutes récentes de Bankia en Espagne ou de l'italienne BMPS ont contribué à entretenir ces doutes ainsi que la méfiance sur la capacité des autorités nationales de supervision à évaluer leurs banques sans complaisance.

Pour son AQR, la BCE s'appuiera toutefois sur ces superviseurs nationaux, avec le soutien du cabinet de conseil externe Oliver Wyman. Le travail démarrera en novembre avec la définition du portefeuille qui sera examiné dans chaque pays, pour une mise en oeuvre début 2014.

La BCE, qui a décidé de réclamer de chacune des banques un ratio de fonds propres de 8%, examinera les risques présentés par le bilan des 124 banques concernées, en se penchant sur leurs liquidités, leur endettement et leur financement.

Le deuxième pilier de l'exercice vise à passer en revue les actifs des banques au 31 décembre 2013, et s'intéressera aux actifs les plus risqués et les moins transparents des banques.

Un test de résistance, mené conjointement avec l'Autorité bancaire européenne (EBA), complètera l'examen en fournissant un aperçu de la capacité des banques à absorber des chocs dans des conditions de tension, voire de crise. Ses détails seront communiqués plus tard, la discussion n'étant pas terminée, selon M. Angeloni.


BEAUCOUP DE BRUIT

Avec ces annonces, le premier jalon du projet d'Union bancaire "est sur les rails pour de bon", a commenté Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg.

"Un exercice couronné de succès complèterait le mouvement de guérison après les crises de Lehman (Brothers) et de la zone euro", a-t-il ajouté, s'inquiétant toutefois de la longueur du processus. Les résultats de ces différents examens ne doivent en effet pas être publiés avant octobre 2014, soit dans un an.

Alors que l'AQR, en améliorant la confiance, est destiné à relancer le crédit et donc l'investissement pour soutenir une croissance fragile, "les banques pourraient se tenir éloignées de tout business risqué pour se présenter sous leur meilleur jour au superviseur", selon lui.

"L'AQR a créé beaucoup d'attente sur le redémarrage du crédit or on ne peut pas exclure que les banques restent très prudentes", selon un autre analyste qui ne souhaite pas être cité.

En outre, ce délai risque de "générer une machine à créer du bruit", avec des fuites sur les résultats, des questionnements, loin de la sérénité attendue, a-t-il ajouté, tout en estimant que la BCE n'avait pas le choix: un tel exercice ne s'improvise pas, d'autant qu'une partie du personnel doit encore être embauchée tandis que le responsable du SSM n'a pas encore été choisi.

Autre écueil: une fois le diagnostic posé, il faudra que les outils de recapitalisation des banques soient en place. Or les négociations ne sont pas terminées à ce sujet.

La Commission européenne privilégie l'implication des actionnaires et des créditeurs privés, avant de faire appel à de l'argent public au niveau national puis européen. Or M. Draghi, dans une lettre adressée à la Commission cet été et rendue publique récemment, s'inquiète d'une déstabilisation des marchés financiers en cas d'"interprétation trop stricte" de ce principe, jugeant que "les aides d'Etat devraient être possibles pour recapitaliser les banques à titre préventif".







awp

lundi 28 novembre 2011

Crise: les mauvaises nouvelles génèrent angoisse et risques de dérive

PARIS - Dettes des Etats, bourse chaotique, menaces sur l'euro, plans de rigueur: les nouvelles anxiogènes qui affluent peuvent renforcer l'angoisse des plus fragiles, mais aussi encourager la désignation de boucs émissaires, voire les dérives sectaires, selon les psychiatres.

Cette instabilité de la bourse dépossède complètement de leurs capacités de prévision les politiques, les grandes banques, des éléments supposés stables de notre organisation sociale, note le Dr Bertrand Garnier (hôpital Saint-Anne).

Lorsque nous ne sommes pas soutenus par une sérénité de notre groupe social, une angoisse de fond s'inscrit, un peu chez tout le monde, et de façon plus marquée chez les gens plus sensibles, à tendance plus anxieuse, dit-il.

Toutefois, les phénomènes anxieux, comme la douleur, sont indispensables. Ce sont des éléments de survie, tempère ce psychiatre. Le coeur bat plus vite, on irrigue davantage le cerveau, donc on est plus vigilant, explique-t-il. 

Il serait presque inquiétant de ne pas se préoccuper du tout de ce qui se passe, note le Dr Garnier.

Il y a les névrosés qui s'inquiètent à l'excès quand tout va bien, mais là ne pas être inquiet, c'est se voiler la face, le déni, renchérit le Dr Pierre Angel.

Pour ce professeur des universités en psychologie, zapper les informations n'est pas une solution: Quand on nous annonce une fois de plus que l'euro est en péril, on est tous touchés directement. 

Connaître le danger permet de mieux l'appréhender et de réduire la panique, assure ce psychiatre qui recommande de s'intéresser à l'économie, en déplorant l'inculture ambiante à ce sujet.

Distorsion de la réalité

Les gouvernements adoptent traditionnellement des attitudes rassurantes, parfois déconnectées de la réalité: Durant la crise de 1929, le président (Herbert) Hoover ne cessait de dire que la prospérité était au coin de la rue, alors que le pays s'enfonçait, pointe le Dr Samuel Lepastier, psychiatre-psychanalyste.

Vouloir rassurer à tout prix les marchés, comme on dit, entretient en fait l'anxiété car, au fond, dire que tout va bien est une +distorsion de la réalité+, ajoute ce petit-fils et arrière-petit-fils d'agents de change.

Sur le stress immédiat, ça dépend du métier des gens, il y a ceux qui vont se sentir immédiatement touchés, dans la finance, avec parfois des risques de suicide et d'autres qui développent des maladies psychosomatiques de stress, parfois très rapidement, poursuit-il.

Et la rumeur fait le lit de la paranoïa. C'est toujours la faute d'un autre (un coupable) ou d'un groupe (le complot). Et donc cela créé des phénomènes de bouc émissaire. Je dirais, à la limite, que le nazisme est né en grande partie de l'effondrement du mark en 1922-23, souligne-t-il.

Solutions miracles et réponses simplistes peuvent fleurir comme l'idée qu'il suffirait d'avoir un leader, un père politique ou religieux, pour que tout s'arrange.

Beaucoup de gens très inquiets structurellement, à titre individuel, de l'avenir, trouvent l'apaisement dans un fort investissement religieux ou dans des sectes, note le Dr Garnier.

Si le stress devient trop fort, le Dr Angel conseille: Ne pas s'isoler, sortir, parler, apprendre aussi, car c'est toujours investir pour son épanouissement personnel et professionnel, et surtout ne pas se précipiter sur les médicaments, mais plutôt faire du sport et de la relaxation.








AFP