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jeudi 21 mars 2013

Zone euro: nette contraction de l'activité en mars, PMI à 46,5


Bruxelles - La contraction de l'activité privée dans la zone euro s'est accélérée en mars, avec un indice PMI composite à 46,5, ce qui pourrait signifier une intensification de la récession au cours des prochains mois, surtout si la situation chypriote n'est pas rapidement maîtrisée, selon les économistes.

L'indice composite était encore de 47,9 en février, et à l'exception du mois de janvier, l'activité globale n'a cessé de se contracter depuis décembre 2011 dans la zone euro, rappelle jeudi la société Markit, qui publie l'indice.

L'indice de mars est nettement moins bon que ne l'attendaient les analystes interrogés par DowJones Newswires, qui le voyaient progresser à 48,3.

Lorsqu'il dépasse 50 points, cela signifie que l'activité progresse, tandis qu'elle se contracte s'il est inférieur à ce seuil.

"Alors que beaucoup, y compris la Banque centrale européenne, espéraient voir l'économie de la zone euro se stabiliser au deuxième trimestre, la récession pourrait bien s'intensifier au cours des prochains mois", pronostique Chris Williamson, chef économiste chez Markit.

"La nette dégradation de l'indice composite en mars a douché les espoirs d'une sortie imminente de la récession dans la zone euro", pense également Martin Van Vliet, de la banque ING.

"Ce qui est encore plus étonnant, c'est que la plupart des enquêtes ont été réalisées avant que la possibilité d'une taxe sur les dépôts à Chypre ne soit annoncée. Les chiffres auraient donc pu être encore plus mauvais si les enquêtes avaient été réalisées quelques jours plus tard", note, pessimiste, Constantin Wirschke, de Natixis.

Pour M. Williamson, "la dégradation de la situation à Chypre pourrait en tout cas faire chuter la confiance des ménages et des entreprises dans la zone de la monnaie unique et entraîner un nouveau fléchissement de l'indice PMI en avril".

Dans le détail, l'activité dans le secteur des services atteint son plus bas niveau en cinq mois, à 46,5 contre 47,9 en février. Dans le secteur manufacturier, il est à 46,6 contre 47,9 également en février, soit un plus bas de trois mois.

Une fois de plus, l'activité globale enregistre une forte divergence entre les deux principales économies de la zone euro: elle enregistre son plus fort repli depuis mars 2009 en France alors qu'elle progresse pour le quatrième mois consécutif en Allemagne.

L'indice est tombé à 42,1 en France, contre 43,1 en février, et s'il a diminué en Allemagne, il est toutefois resté en territoire positif, à 51,0 contre 53,3 en février.

"En termes de perspectives, nous continuons de privilégier l'idée que l'Allemagne fera sortir la zone euro de la récession avant la fin de l'année. Mais l'austérité budgétaire, les difficiles conditions de crédit et le chômage élevé qui pourraient maintenir les économies de la périphérie en récession risquent de rendre le chemin vers la croissance plus long et plus accidenté", avertit Martin Van Vliet.

"Surtout, si la situation de Chypre prend des proportions hors de contrôle, la reprise pourrait bien être retardée", selon lui.







awp

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