Madrid - Le taux de créances douteuses des banques espagnoles, qui avait atteint fin 2013 son plus haut niveau en cinquante ans, a enregistré en février son deuxième mois consécutif de légère baisse, passant de 13,5% à 13,4%, selon les chiffres publiés lundi par la Banque d'Espagne.
Ces créances, surtout présentes dans l'immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s'élevaient à 195,093 milliards d'euros en février, selon la banque centrale, qui attribue ce changement en partie à une nouvelle méthodologie mais aussi à une baisse réelle en comparaison avec la série historique.
En effet, les établissements financiers de crédit (EFC) ne sont plus, depuis le 1er janvier, considérés comme des organismes prêtant de l'argent mais plutôt en recevant d'autres entités de crédit: la base totale de crédit concédé augmente donc, ce qui réduit mécaniquement le taux de créances douteuses.
Sans ce changement méthodologique, le taux de créances douteuses atteint 13,66%, en baisse par rapport au taux de 13,78% enregistré en janvier selon l'ancienne méthode.
Indice de la vulnérabilité des banques, les créances douteuses ont commencé à grimper dans le bilan de tous les établissements financiers du pays après l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.
Fortement fragilisé par la fin de cette bulle, le secteur bancaire a bénéficié d'un plan d'aide européen accordé en juin 2012, de 41,3 milliards d'euros, dont il est sorti fin janvier.
Dans le cadre de ce sauvetage, l'Espagne a créé une structure de défaisance, ou "bad bank", baptisée Sareb, pour les actifs immobiliers considérés comme les plus toxiques.
Pour la première fois en 17 mois, le taux et le montant des créances douteuses avaient baissé en décembre 2012 après le transfert des actifs des quatre banques nationalisées vers la Sareb. Mais il était depuis reparti à la hausse et se maintient proche du niveau record depuis le début de la série statistique, en 1962.
Lors de la précédente grande crise économique et bancaire en Espagne, qui avait frappé le pays dans les années 1990, les créances douteuses avaient atteint un record de 9,15%, en février 1994, désormais largement dépassé.
awp
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